Mansur ibn al-Hasan

| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
منصور بن الحسن الإدريسي الهاشمي |
| Surnom |
Mansur el-Qadi |
| Époque |
XVIIe siècle |
| Activité | |
| Appartenance ethno-culturelle |
Arabe adnanite |
| Père |
Al-Hasan ibn Aissa al-Idrissi al-Hashimi |
| Religion |
|---|
| قاضي القضاة، القاضي الأكبر |
|---|
Mansur ibn al-Hasan al-Idrissi al-Hashimi (arabe : منصور بن الحسن الإدريسي الهاشمي), également surnommé Mansur el-Qadi (« Mansur le Juge », arabe : منصور القاضي), est une figure religieuse et judiciaire chérifienne[1] intimement liée à l’histoire du Rif oriental. Cadi formé au droit malikite, il est tenu par les généalogistes marocains pour l’ancêtre de la tribu arabe chérifienne des Ouled el-Qadi, à laquelle son nom et sa fonction ont donné une identité durable.
Biographie
Origines et formation
Issu de la tribu chérifienne des Ouled Ibn Abī Bakr[1],[2], il est présenté comme le septième descendant direct de ʿUmar ibn Abī Bakr, fondateur de cette lignée, lui-même descendant d’Idrīs al-Azhar par son fils Aḥmad. À la suite de l’expulsion des Idrissides de Fès par les Fatimides[3], ses ancêtres se seraient installés à Tlemcen. C’est dans cette ville que Mansur naquit et reçut une solide formation en sciences religieuses et en droit malikite auprès de son père, al-Hasan, alors chef de la tribu. Sa compétence juridique et son sens de l’équité lui valurent une réputation reconnue, au point d’être nommé cadi à Tlemcen même.
Installation dans le Rif
Les récits locaux rapportent qu’à l’occasion d’un jugement rendu à Tlemcen, des représentants de tribus berbères du Rif oriental furent témoins de sa capacité à restituer au plaignant son droit tout en ménageant à l’accusé une issue conforme à la charia. Impressionnés, ils l’invitèrent à s’installer dans leur région afin d’y exercer la judicature, d’arbitrer les conflits intertribaux et de faire bénéficier la population de la baraka attachée à sa qualité chérifienne. Mansur s’établit alors avec sa famille à la frontière des territoires des Beni Saïd et des Beni Sidel, sur la rive gauche de l’embouchure de l’oued Kart[4]. Il y exerça la fonction de cadi et acquit une autorité morale unanimement reconnue, tant par les populations berbères que par les minorités arabes : sa parole mettait fin aux vendettas et ses décisions étaient acceptées sans contrainte. On le surnomma el-Qadi el-Akbar (القاضي الأكبر, le juge le plus grand), et certains allaient jusqu’à le qualifier de Qadi el-Qudat (قاضي القضاة, le juge des juges), non par décret sultanien, mais par reconnaissance populaire.
Postérité
La tradition rapporte qu’il mourut alors même qu’il rendait un jugement entre deux tribus rivales, sous un arbre qui devint par la suite un lieu symbolique de la judicature familiale. Ses descendants poursuivirent l’exercice de la fonction judiciaire pendant plusieurs générations, au même endroit et sous ce même arbre, donnant naissance à une lignée connue sous le surnom d’al-Quḍāt — prononcé el-Qudaya ou el-Qadiya dans le dialecte local —, « les Juges ». De cet usage s’imposa progressivement l’appellation d’Awlād al-Qāḍī (أولاد القاضي, « les enfants du juge »), donnant naissance à la tribu chérifienne des Ouled el-Qadi, solidement implantée dans le Rif oriental. Les descendants de Mansur, membres de cette tribu rifaine, portent aujourd’hui la nisba de Qadawi, et sont connus sous le nom de Qadawiyun (القضاويون).
Filiation
Mansur el-Qadi serait le descendant d’Idris II par son fils Ahmed. La chaîne de ses ancêtres[5] indique qu'il serait le fils d'al-Ḥasan, fils de ʿĪsā, fils de Mūsā, fils d'al-Ḥasan, fils d'Ismāʿīl, fils de ʿUmar, fils d’Abū Bakr le Tlemcénien, fils de ʿUmar, fils de Mūsā, fils de Yaḥyā, fils de Zakariyyā, fils de Yaḥyā, fils de Manṣūr, fils d'al-ʿĀfiya, fils de ʿUmar, fils de Hāšim, fils de Muṣṭafā, fils de ʿAlī, fils de Šūšān, fils d'al-Ḥasan, fils d'Ibrāhīm, fils de Saʿīd, fils de Muḥammad, fils de ʿAbd al-Raḥmān, fils de ʿAlī, fils d'Aḥmad, fils d'Idrīs al-Azhar, fils d'Idrīs al-Akbar, fils de ʿAbd Allāh al-Kāmil, fils d'al-Ḥasan al-Muthanna, fils d'al-Ḥasan, fils du Lion de Dieu ʿAlī — Que la paix soit sur lui — et de la Mère des deux petits-fils Fāṭima al-Zahrāʾ, fille du Messager de Dieu Mahomet — que Dieu prie sur lui et le salue.
Notes et références
- (ar) عبد الهادي التازي, الفهرس في عمود نسب الأدارسة, p. 67
- ↑ (ar) عبد الوهاب بن منصور, قبائل المغرب
- ↑ Quand les Idrissides furent expulsés de la ville de Fès…
- ↑ (ar) حسن الفكيكي, المقاومة المغربية
- ↑ D’après un manuscrit du début du XXᵉ siècle, authentifié et validé par la Niqābat al-Ashrāf (نقابة الأشراف), institution chérifienne marocaine chargée de reconnaître les lignées se réclamant de la descendance du Prophète Muḥammad et jouant un rôle central dans la légitimation religieuse et politique de la monarchie alaouite[1].
Annexes
Bibliographie
- Mohammad Ali Amir-Moezzi, « Famille de Mahomet », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (Dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Laffont / Bouquins, , 981 p. (ISBN 978-2-221-09956-8), p. 335-338
- (en) Moshe SHARON, « The Umayyads as ahl al-bayt », Jerusalem Studies in Arabic ans Islam, no 14, , p. 116-152
- (en) Moshe SHARON, « Ahl al-bayt, People of the House », Jerusalem Studies in Arabic ans Islam, no 8, , p. 169-184
- Ṭabarī (trad. annotée de l'arabe et éd. critique de Frédéric Bauden), Les trésors de la postérité ou les fastes des proches parents du prophète, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 579 p. (ISBN 978- 2-724-70363-4)
Articles connexes
Liens externes
- Portail du Maroc
- Portail du Maghreb