Marie, Antoine, Charles, Suzanne de Terrier de Santans

Marie, Antoine, Charles, Suzanne de Terrier de Santans
Fonction
Député français
Biographie
Naissance
Décès
(à 59 ans)
Besançon
Nationalité
Activité

Marie-Antoine-Charles-Suzanne de Terrier de Santans est un notable[1] et homme politique français né le à Besançon (Doubs) et mort le [1] à Besançon.

Famille

Sa famille est noble depuis des lettres patentes de Charles Quint en 1550. Elle occupe des postes locaux dans le domaine judiciaire. Marie-Antoine-Charles-Suzanne et ses ascendants descendent de la branche Montciel des Terrier, anoblie par une charge au Parlement en 1619.

Le père de Marie-Antoine-Charles-Suzanne, François-Félix-Bernard, est seigneur de Mailley et de Cléron, et baron de Moncley. Il est substitué aux nom et armes de son arrière-grand-père paternel, Alexandre-Ignace de Santans[2]. Il est d'abord conseiller au Parlement de Besançon, avant de succéder à son père, qui se résigne, au poste de président à mortier entre le 29 juillet 1760 et 1790. C'est lui, dans la dynastie familiale, qui obtient le titre de marquis. Il meurt en prison le 28 floréal an IV (17 mai 1796).

La mère de Marie-Antoine-Charles-Suzanne a tenu un salon réunissant royalistes et anciens émigrés.

Biographie

Son père écarte Marie-Antoine-Charles-Suzanne de la France à partir de 1791, l'envoyant étudier au collège Saint-Symphorien de Metz, puis à Trèves en mai 1791 auprès d'un ancien professeur de Metz. Toujours sous les ordres de son père, il rejoint l'armée de Condé le 19 novembre 1791, participant à leurs campagnes militaires de 1792 à 1797, d'abord dans la compagnie des gentilshommes de Franche-Comté durant sa première année, puis au sein de la cavalerie noble. Face aux actions de leur fils, ses parents, restés à Besançon, sont logiquement suspects et emprisonnés.

Charles rentre quelques mois en France un an après la mort de son père le 24 juin 1797, au bénéfice d'une radiation provisoire. Il repart ensuite à l'étranger, où il doit travailler pour vivre, occupation traditionnellement attribuée aux non-nobles, permettant aux nobles de se distinguer d'eux.

Il revient une seconde fois en France à Besançon en vendémiaire an IX (octobre 1800), avec une autorisation du ministère de la Police. Deux ans plus tard, il est radié de la liste des émigrés, le 12 thermidor an X (31 juillet 1802). Il n'est plus surveillé à partir de 1805. Malgré ces levées de suspicions, il occupe peu de fonctions publiques politiques, n'intégrant notamment les collèges électoraux[3]. Il gravit seulement les grades à la garde nationale du Doubs, passant de lieutenant à capitaine, preuve supplémentaire pour Claude-Isabelle Brelot d'une mise en marge de Charles de la vie politique locale[1]. Simultanément, il est quelqu'un de riche, permettant d'occuper la cinquième place dans la liste des trente plus imposés du Doubs de floréal an XIII (mai 1805). Il paie également un cens de 2 254 francs, l'intégrant également dans la liste des soixante plus imposés[3].

Il épouse le Claude-Marie-Ignace Favière de Charmes, fille unique d'un conseiller au Parlement. De cette union nait deux fils et deux filles. Foncièrement parlant, Marie-Antoine-Charles-Suzanne obtient de ce mariage une maison à Besançon et d'autres propriétés à Quincey, Vesoul, Authoison, Amoncourt et Fleurey. Claude-Marie-Ignace décède à Paris le 29 avril 1862.

Bien que sa famille ait perdu des propriétés par la vente de biens nationaux, Charles obtient à la succession de son père en floréal an XI (mai 1803) le château et le domaine de Moncley, évalués à 91 271 francs. Il récupère également la moitié de l'hôtel familial à Besançon, estimée à 70 000 francs. Au cours des années, il se constitue un patrimoine foncier conséquent, à Berthelange et à La Borde-Dame-Nicole en 1808, momentanément à Pont-sur-l'Ognon acheté en 1806 et vendu en 1811, participant à sa légitimation pour entamer une carrière politique durant la Restauration.

Nommé maire de Besançon le 22 février 1816, il est également élu député du Doubs de 1820 à 1830, incarnant l'ultraroyalisme à Besançon. Il est gentilhomme de la chambre du Roi le 30 mai 1835, à l'occasion du sacre de Charles X. Il est parallèlement chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'Honneur. Il est confirmé dans le titre de marquis de Santans-Terrier par lettres patentes du [4]. Il refuse de prêter serment à la monarchie de Juillet, démissionnant de toutes ces charges en août et septembre 1830. Il meurt peu après, peut-être du choléra.

Sources

  1. Claude-Isabelle Brelot, « Doubs (notices) », dans Louis Bergeron & Guy Chaussinand-Nogaret, Grands notables du Premier Empire. 4 Jura Haute-Saône Doubs, Paris, Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), , 181 p. (ISBN 2-222-02458-7), p. 164 à 167
  2. ↑ Révérend, Titres, Anoblissement et Pairies de la Restauration, tome 6-333 (avec généalogie descendante).
  3. Thierry Lentz (dir.) et Clémence Zacharie (docteur en droit, maître de conférences en droit public à l'université Paris Est Créteil), « Système électoral », dans Thierry Lentz, Dictionnaire des institutions du Consulat et de l'Empire, Paris, Tallandier, , 770 p. (ISBN 979-10-210-2340-6)
  4. ↑ Jean-Marie Thiébaud, Dict. Encyclop. Toponymique de Franche-Comté, 2003, to 2.

Liens externes

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