Merhoteprê Sobekhotep
| Merhoteprê Sobekhotep V ou VI | |
Statue de Merhoteprê Sobekhotep, Musée égyptien du Caire. | |
| Période | Deuxième Période intermédiaire |
|---|---|
| Dynastie | XIIIe dynastie |
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Merneferrê Aÿ, ou Khâneferrê Sobekhotep |
| Successeur | Sânkhenrê Souadjetou, ou Mersekhemrê Ined, ou Khâhoteprê Sobekhotep |
Merhoteprê Sobekhotep V ou VI est un roi de la XIIIe dynastie. Plusieurs chercheurs l'identifient à Merhoteprê Ini.
Attestations
Attestations contemporaines
Les attestations contemporaines de Merhoteprê Sobekhotep sont les suivantes[1],[2] :
- deux statues découvertes dans la « cour de la cachette » à Karnak et conservé au Musée égyptien du Caire (CG 42027 et CG 42028), bien qu'il y a un doute sur l'attribution de la seconde (l'état lacunaire de la titulature pourrait correspondre à Merkaourê Sobekhotep[2], bien que l'attribution à Merhoteprê Sobekhotep soit généralement admise),
- une statuette trouvée au même endroit et également conservée au Musée du Caire (JE 39258),
- un scellement découvert à Karnak,
- un scarabée provenant de Toukh[3] d'attribution cependant douteuse[4].
Deux attestations contemporaines mentionnent un roi Merhoteprê sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit du roi Sobekhotep ou du roi Ini, si tant est qu'il soit pertinent de distinguer deux rois[5],[2] :
- une stèle découverte à Abydos et aujourd'hui conservée au Musée du Caire (JE27578 = CG 20044),
- un sceau-cylindre de provenance inconnue et conservée dans l'ancienne collection Michaelides.
Il existe également deux sceaux-scarabées au nom d'un roi Sobekhotep conservés au British Museum (EA 67071) et au Metropolitan Museum of Art (MMA 26.7.94)[6] et reportant le nom de la « mère du roi » Noubhetepti ; le roi Sobekhotep avait été identifié à Merhoteprê Sobekhotep par Kim Ryholt[7].
Attestations ultérieures
Deux listes royales du Nouvel Empire donnent le nom Merhoteprê sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit du roi Sobekhotep ou du roi Ini, si tant est qu'il soit pertinent de distinguer deux rois[8],[9] :
- le Canon royal de Turin à la position 8.4 et crédité d'un règne de deux ans, deux mois et neuf jours,
- la liste de Karnak en position 50.
Une stèle, connue sous le nom de Stèle juridique, découverte dans la salle hypostyle de Karnak et datée de Souadjenrê Nebiryraou mentionne un roi Merhoteprê ; la stèle est conservée au Musée du Caire (JE 52463)[2].
Identité
Deux noms de rois de cette période porte le nom de Nesout-bity Merhoteprê : Merhoteprê Sobekhotep et Merhoteprê Ini. Si plusieurs égyptologues, comme Franke, von Beckerath[10], Claude Vandersleyen[11] et Siesse[12],[13], voient en ces deux noms un seul et même roi, d'autres, en particulier Ryholt, les différencient[14].
Position chronologique
Les égyptologues, dont Jürgen von Beckerath[10], Claude Vandersleyen[11] et Siesse[12],[15], qui identifient ce roi à Merhoteprê Ini le place après Merneferrê Aÿ, en s'appuyant sur le Canon royal de Turin qui indique le nom Merhoteprê après celui de Merneferrê, correspondant au roi Merneferrê Aÿ. Kim Ryholt, qui distingue deux rois, place Merhoteprê Ini après Merneferrê Aÿ et place Merhoteprê Sobekhotep entre Khâneferrê Sobekhotep (position 7.27 sur le Canon royal de Turin) et Khâhoteprê Sobekhotep (position 8.1), considérant en effet qu'une ligne tout en bas de la colonne 7 du Canon royal de Turin a été perdue[16].
Famille
Quatre rois de la XIIIe dynastie sont attestés par des sceaux généalogiques qui mentionnent leurs parents. Trois de ces rois sont Sekhemrê-Souadjtaouy Sobekhotep, Khâsekhemrê Neferhotep et Khâneferrê Sobekhotep qui se succèdent dans cet ordre. Le dernier roi est attesté par deux autres sceaux indiquant le nom de la « mère du roi » : Noubhetepti, ainsi que le nom de Sa-Rê du roi lui-même : Sobekhotep. La mère du roi Sekhemrê-Souadjtaouy Sobekhotep se nommant Iouhetibou et celle des frères Khâsekhemrê Neferhotep, Sahathor et Khâneferrê Sobekhotep se nommant Kemi, ces deux sceaux ne peuvent les concerner. Une autre empreinte de sceau trouvé à Toukh mentionne le père de ce roi Sobekhotep, et, bien qu'il soit brisé et partiellement illisible, le nom du père ne peut pas être Montouhotep, père de Sekhemrê-Souadjtaouy Sobekhotep, ni Haânkhef, père des trois rois frères Khâsekhemrê Neferhotep, Sahathor et Khâneferrê Sobekhotep. Cette empreinte de sceau est donc probablement celle de l'homologue paternel du sceau portant le nom de Noubhetepti. Comme l'empreinte du sceau porte un nom de Nesout-bity qui semble se lire mr-[...]-rˁ, Ryholt affirme que nous avons affaire à un roi de nom de Sa-Rê Sobekhotep et de nom de Nesout-bity Mer...rê. Seuls deux rois possèdent de tels noms : Merhoteprê Sobekhotep et Merkaourê Sobekhotep. Ce dernier étant plus tardif, le premier est la seule solution retenue par Ryholt[17].
Cependant, ces éléments sont réfutés par Julien Siesse :
- le scarabée de Toukh est trop illisible pour une lecture certaine, et son attribution à Merhoteprê Sobekhotep est douteuse[18],
- les scarabées au nom du roi Sobekhotep et de la mère du roi Noubhetepti sont bien chronologiquement proches de ceux des rois Sekhemrê-Souadjtaouy Sobekhotep, Khâsekhemrê Neferhotep et Khâneferrê Sobekhotep[4] ; toutefois, Julien Siesse y verrait plutôt, sans certitude cependant, le roi Khâânkhrê Sobekhotep qu'il place à la suite de ces rois, en lieu et place de Merhoteprê Sobekhotep selon la chronologie de Ryholt[19].
Titulature
Notes et références
- ↑ Ryholt 1997, p. 352-353.
- Siesse 2019, p. 393.
- ↑ Ryholt 1997, p. 231-232 et 353.
- Siesse 2019, p. 45.
- ↑ Ryholt 1997, p. 402-403.
- ↑ (en) « MMA 26.7.94 »
- ↑ Ryholt 1997, p. 232-233.
- ↑ Ryholt 1997, p. 356 et 402.
- ↑ Siesse 2019, p. 28 et 34.
- von Beckerath 1999, p. 98-99.
- Vandersleyen 1995, p. 142 et 661.
- Siesse 2015, p. 75-98.
- ↑ Siesse 2019, p. 64-65, 99 et 393.
- ↑ Ryholt 1997, p. 197.
- ↑ Siesse 2019, p. 64-65.
- ↑ Ryholt 1997, p. 73.
- ↑ Ryholt 1997, p. 231-232.
- ↑ Siesse 2019, p. 45, note 109.
- ↑ Siesse 2019, p. 390.
Bibliographie
- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674) ;
- (en) Julien Siesse, « Throne Names Patterns as a Clue for the Internal Chronology of the 13th to 17th Dynasties (Late Middle Kingdom and Second Intermediate Period) », GM, no 246, ;
- (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
- Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522).
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