Michaelina Wautier

Michaelina Wautier
Autoportrait, 1649.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Maria Magdalena Watier
Activité
Période d'activité
Fratrie
Autres informations
Mouvement
Genres artistiques
Œuvres principales

Michaelina Wautier ou Woutiers (Mons, 1614[1]- Bruxelles, ) est une artiste peintre baroque des Pays-Bas du Sud au XVIIe siècle. Longtemps ignorée, elle n'a obtenu une reconnaissance qu'à partir des années 2010.

Biographie

Originaire de Mons (Belgique), Michaelina Wautier est née en 1614 dans une famille de onze enfants, dont huit garçons. Elle passe sa vie aux côtés de son frère, l'artiste peintre Charles Wautier dont elle est la partenaire d'atelier. En 1668, ils s'installent dans une maison de maître à proximité de l'église Notre-Dame de la Chapelle, à Bruxelles[2].

Carrière artistique

Michaelina Wautier est à l'origine aussi bien de petits formats que de toiles plus ambitieuses avec comme sujets principaux l'histoire, la religion et la mythologie. À l'époque, les peintures grand format sont considérées comme étant un domaine réservé aux peintres masculins. L'artiste multiplie les représentations de scènes de genre, les tableaux historiques, tout comme des représentations plus minutieuses de bouquets[3]. Ses travaux comportent également une série de portraits. Elle se distingue des autres femmes peintres par la diversité de ses sujets et formats, et devient rapidement une artiste unique du XVIIe siècle[4].

En 1649, son premier autoportrait, longtemps associé par erreur à la peintre italienne Artemisia Gentileschi, reste l'une de ses peintures les plus connues[5]. La peinture est incluse dans l'ouvrage Women Painters of the World, datant de 1905[6]. À Paris, il faut attendre 1672 pour que la peintre Élisabeth-Sophie Chéron réalise le premier autoportrait féminin français[7].

La toile nommée Le Triomphe de Bacchus (1655-1659), conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne, est souvent citée comme l'une des œuvres les plus représentatives de sa peinture. Elle connaît l'anatomie masculine et la peint sans pudeur, devenant ainsi la première peintre à exposer un homme nu[7]. L'artiste se dessine au milieu de la foule bariolée, seul personnage à fixer le spectateur dans les yeux[2].

Contrairement à nombre de femmes peintres de cette époque, Michaelina Wautier connaît la reconnaissance de son vivant. L'artiste vend notamment quatre peintures à Léopold-Guillaume de Habsbourg pour sa galerie de peinture. Les toiles sont citées dans le catalogue de la collection dressée en 1659[8]. Cependant, son œuvre tombe dans l'oubli après sa mort. Pour certains historiens de l'art, cette absence est liée à l'attribution de ses toiles à Thomas Willeboirts Bosschaert, Jacob van Oost le Vieux ou encore son frère Charles Wautier[9].

Expositions

Hommages

De juin à , la première rétrospective mondiale consacrée à Michaelina Wautier est présentée conjointement au Museum aan de Stroom (MAS) et à la Maison de Rubens, sous la direction de Katlijne Van der Stighelen (en), professeure dont les recherches se concentrent sur l'expression de l'identité de la femme en tant qu'artiste[2],[10],[11]. Du au , le Kunsthistorische Museum de Vienne offre la présentation la plus complète à ce jour des œuvres de l’artiste : un dessin signé, une gravure d'après une œuvre perdue, et surtout 29 peintures, dont sa célèbre série Les cinq sens, qui est exposée pour la première fois dans son intégralité en Europe, provenant de ses propres collections et de prêts exceptionnels provenant d’institutions internationales et de collections privées [12]. Cette exposition est inaugurée en présence de la reine Mathilde de Belgique. Les toiles de Michaelina Wautier seront par la suite présentées à la Royal Academy of Arts de Londres[13]. La Royal Academy of Arts (RA) de Londres accueille, du 27 Mars au 21 Juin 2026, l'exposition, organisée avec le Kunsthistorisches Museum de Vienne[14].

Le , le moteur de recherche Google lui dédie son Google Doodle en page d'accueil à l'occasion du 415e anniversaire de sa naissance[15].

Notes et références

  1. Dans sa conférence donnée le 18 mai 2023 à Boston, Katlijne Van der Stighelen (en), qui avait publié en 2018 l'ouvrage Michaelina Wautier, 1604-1689, est revenue sur cette date de naissance en 1604, en la situant en 1614 et en précisant que Michaelina Wautier était morte à 75 ans en 1689
  2. « Michaelina Wautier | MAS | Museum aan de Stroom », sur www.mas.be (consulté le )
  3. (en) Jahel Sanzsalazar, « Michaelina Wautier et les fiançailles de son frère: histoire d'un portrait identifié », Tendencias del mercado del arte,‎ , p. 90-94 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  4. (en) Katlijne Van der Stighelen (dir.) et al., Michaelina Wautier, 1604-1689: Glorifying a Forgotten Talent, Anvers, BAI Rubenshuis, , 323 p. (ISBN 978-90-8586-763-0)
  5. (en-US) Caroline Elbaor, « Female Old Master Painter Gets Her First Big Show | artnet News », artnet News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Walter Shaw Sparrow, Women painters of the world : from the time of Caterina Vigri, 1413-1463, to Rosa Bonheur and the present day, University of Michigan Library, , 352 p.
  7. Pierre Dambrine, « Michaelina Wautier, une femme peintre tombée dans l'oubli », sur www.wukali.com (consulté le )
  8. (en) « Discover painter Michaelina Wautier », sur rkd.nl (consulté le )
  9. (en-US) Julie Baumgardner, « Michaelina Wautiers’ Paintings Were Attributed to Her Brother for Hundreds of Years », Observer,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « La Maison Rubens recherche six tableaux de Michaelina Wautier | Rubenshuis », sur www.rubenshuis.be (consulté le )
  11. (nl) « Rubenshuis zoekt zes schilderijen van de 17de-eeuwse Michaelina Wautier », sur ATV - Antwerpse televisie (consulté le )
  12. (de) « Kunsthistorisches Museum zeigt ab 30. September "Michaelina Wautier, Malerin" », sur OTS.at (consulté le )
  13. Belga, « La reine Mathilde inaugure une exposition sur une peintre belge redécouverte à Vienne », sur RTBF, (consulté le )
  14. Gabriele Neher, « Michaelina Wautier : une peintre du baroque flamand au talent époustouflant », sur The Conversation, (consulté le )
  15. (en) « Celebrating Michaelina Wautier », sur Google (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Katlijne Van der Stighelen (en) (dir.), Gerlinde Gruber, Jahel Sanzsalazar, Martha Howell, Francesca Del Torre Scheuch, Ben van Beneden (en) et al., Michaelina Wautier, 1604-1689: Glorifying a Forgotten Talent, Anvers, BAI Rubenshuis, , 323 p. (ISBN 978-90-8586-763-0)
  • (en) Gerlinde Gruber (dir.), Katlijne Van der Stighelen (en) (dir.), Julien Domercq (dir.) et al., Michaelina Wautier (catalogue d'exposition), Vienne, Kunsthistorisches Museum, , 192 p. (ISBN 978-3-99020-256-2)

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail de la peinture
  • icône décorative Portail des femmes et du féminisme
  • icône décorative Portail du XVIIe siècle
  • icône décorative Portail de la Belgique
  • icône décorative Portail du baroque