Michel Bénézech

Michel Bénézech
Fonctions
Médecin
Professeur de médecine (d)
Professeur de droit public (d)
Biographie
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Bordeaux
Sépulture
Cimetière de la Chartreuse (Bordeaux)
Nationalité
Française
Formation
Docteur en médecine et en droit
Activités

Michel Bénézech (1942-2025) est un médecin psychiatre et docteur en droit français, professeur à l'université de Bordeaux, considéré comme une référence internationale dans le domaine de la criminologie clinique et médico-légale. Il a consacré l'essentiel de sa carrière à promouvoir une approche de la criminologie et de la psychiatrie légale fondée sur des méthodes scientifiques et multidisciplinaires, et à défendre les droits et la mémoire des personnes concernées par des troubles psychiatriques.

Biographie

Michel Bénézech est né le à Agen (Lot-et-Garonne) et est décédé le à Bordeaux (Gironde)[1]. Il est le fils de René Bénézech, opticien, issu d'une famille protestante, et de Marguerite Charles, qui l'éleve dans la religion catholique. Il effectue sa scolarité dans des écoles religieuses, et prépare son baccalauréat au Lycée Saint Genès à Bordeaux[2]. Son parcours scolaire est marqué par de nombreuses sanctions disciplinaires et renvois, motivés par son « esprit frondeur, indiscipliné, voire provocateur, et son aversion pour l'injustice »[2].

Formation

Michel Bénézech a une triple formation initiale en médecine, droit et criminologie, ce qui est exceptionnel pour les psychiatres de sa génération[3]. Suivant les directives de sa mère, il débute ses études à la faculté de médecine de Bordeaux[2]. Il est externe des Hôpitaux de Bordeaux de 1964 à 1968[4], dont il préside l'association professionnelle[5]. Il est l'élève du Pr Jean-Didier Vincent, alors maître de conférences agrégé de physiologie et exploration fonctionnelle[4]. En 1969, il soutient sa thèse pour le doctorat en médecine sur l’atrophodermie folliculaire, une pathologie dermatologique rare d'origine génétique[4]. La même année, il passe avec succès les épreuves nationales du certificat d'études spécialisées (CES) de médecine légale[5], qui était une des voie d'accès à une spécialisation médicale avant la réforme des études médicales du 6 juillet 1979[6]. Son mémoire porte sur Le devenir des décérébrés traumatiques. En 1970, il est reçu aux épreuves du CES de médecine du travail, avec un mémoire portant sur Le travail des malades mentaux et ses nuisances dans le service de sûreté de l’hôpital psychiatrique de Cadillac. Il est titulaire du CES de psychiatrie en 1973 et est qualifié en médecine générale en 1993.

Il s'inscrit, en parallèle à ses études médicales, à des études de psychologie, d'anthropologie et de droit[2]. Il soutient en 1973 une thèse sur La responsabilité pénale des sujets porteurs d'une anomalie du chromosome Y, pour l'obtention du doctorat en droit et sciences criminelles de la faculté de droit de Bordeaux[7]. Il est titulaire d'une Habilitation à Diriger les Recherches en 1992.

Carrière à l'hôpital de Cadillac-sur-Garonne

Michel Bénézech a effectué toute sa carrière hospitalière dans les hôpitaux psychiatriques publics de la Gironde[3]. A partir de 1969, il est interne au centre hospitalier de Cadillac-sur-Garonne, d'abord en tant qu'interne non titulaire, puis après avoir été reçu au concours de l'internat, en tant qu'interne des hôpitaux psychiatriques[5]. Dernier interne recruté, il prend le seul poste vacant de l'hôpital, dans le Service Spécial des Malades Difficiles (SSMD) dénommé Boissonnet du nom de son lieu d'implantation[5]. Ce « service de sûreté » de huit pavillons a été ouvert en 1963. Il accueille dans des conditions sécurisées des personnes hospitalisées en placement d'office et présentant des troubles psychiatriques associés à une dangerosité marquée[8]. Le SSMD correspond à l'actuelle Unité pour Malades Difficiles (UMD) de Cadillac-sur-Garonne[9].

Du fait de son profil de médecin « physicien » et de sa qualification de médecin légiste, Michel Bénézech s'intègre rapidement dans ce service peu apprécié des autres internes[5]. Il assure initialement des tâches principalement médicales et chirurgicales à Boissonnet et sur l'ensemble des services de l'hôpital de Cadillac, avant de se spécialiser en psychiatrie. Après son internat, il reste assistant à Boissonnet jusqu'en 1979.

Carrière au Service Médico-Psychologique Régional (SMPR) de Bordeaux-Gradignan

Après avoir réussi le concours de psychiatre des hôpitaux en 1979, Michel Bénézech quitte Boissonnet pour prendre le poste de chef de service du Service Médico-Psychologique Régional (SMPR) du centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, qu'il occupera jusqu'à la fin de sa carrière[2],[10].

Dans le cadre de ses fonctions de responsable du SMPR, Michel Bénézech est lanceur d'alerte en 1985 sur les collectes de sang dans les prisons au début de l'épidémie de syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA)[11]. Dès 1984, il prend connaissance dans la presse internationale de la forte prévalence de séropositivité au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) chez les personnes détenues dans les prisons aux USA. En accord avec les autorités sanitaires, il met en place début 1985 un dépistage systématique du VIH pour les personnes présentant une addiction par voie intraveineuse lors de leur entrée à la maison d'arrêt[11]. Lors d'une collecte de sang à la maison d'arrêt en juillet 1985, ce dépistage permet d'identifier que six des quatorze donneurs sont séropositifs. Plusieurs médias régionaux et nationaux diffusent cette information sur la fréquence importante de la contamination au VIH en prison, entrainant d'importantes réactions au sein du personnel pénitentiaire et de l'administration[12],[13],[14]. Des pressions visant à interrompre le dépistage sont exercées par la préfecture et la direction nationale de l'administration pénitentiaire[11]. Michel Bénézech résiste à ces pressions, auxquelles il oppose des données épidémiologiques montrant que 54 % des détenus de la maison d'arrêt de Bordeaux-Gradignan utilisant l’héroïne par voie intraveineuse sont séropositifs au VIH[15]. Il poursuit les études sur l'infection au VIH chez les détenus, et met en place des collaborations avec les médecins internistes spécialistes du SIDA[16],[17],[18],[19].

Malgré cette alerte, les collectes de sang se poursuivront jusqu'en 1991 dans les prisons françaises[20],[21]. Le courrier dénonçant la décision de dépistage prise par Michel Bénézech, envoyé le par le préfet de la Gironde aux ministères de la Justice et des Affaires Sociales, se trouve dans l'Annexe 138 du rapport d'enquête sur les collectes de sang en milieu pénitentiaire de novembre 1992[11].

Dans le cadre de ses fonctions de chef de service du SMPR, un autre épisode, que Michel Bénézech désigne sous le terme « d'ivresse administrative », l'oppose en 2001 à l'administration pénitentiaire[11]. Un homicide est commis le au sein de la maison d'arrêt de Bordeaux Gradignan, par un détenu présentant un trouble psychotique sur son co-détenu, avec un important retentissement médiatique[22],[23],[24]. Dans un contexte de relations préalablement tendues entre le SMPR et l'administration pénitentiaire, une décision administrative de retrait d’habilitation à exercer en milieu carcéral est prise à l'encontre de Michel Bénézech le [25],[26]. Cette décision de suspension est annulée le par le tribunal administratif de Bordeaux[27].

Carrière universitaire

Tout au long de sa carrière, Michel Bénézech a eu une double valence académique avec des fonctions d'enseignant et de chercheur en médecine et en droit[2]. Dans le cadre de la faculté de médecine de Bordeaux, il est attaché-assistant de sciences fondamentales en médecine du travail et médecine légale dans le service du Pr Lazarini (1971-1974), puis attaché de recherche sur les maladies mentales au service de pédiatrie et au laboratoire de cytogénétique de l’Hôpital des Enfants de Bordeaux (1974-1978)[5]. Il est directeur de stage et de recherche à l’Unité Collégiale Universitaire de Psychiatrie d’Aquitaine (1974-1985), puis professeur associé en médecine légale à la faculté de médecine de Bordeaux (1989-1992). Il est maître de conférences à l’École Nationale de la Magistrature de Bordeaux (1970-1985) où il enseigne la criminologie clinique, puis professeur associé de droit privé à l’Université de Bordeaux IV (1997-2003)[28].

Expertise judiciaire et activité de conseil en criminologie

Michel Bénézech est un des plus éminents experts français de sa génération concernant l'évaluation des auteurs d’homicides, de la dangerosité liée à des troubles psychiatriques, et de la responsabilité pénale des personnes concernées par ces troubles[2],[28]. Il est expert judiciaire près la Cour d’appel de Bordeaux de 1974 à 2001. Il est conseiller en sciences psychiatriques et criminologiques pour la brigade criminelle, direction de la police judiciaire de la Préfecture de Paris (1996), puis pour le département des sciences du comportement de la Gendarmerie Nationale (2007), où il aide à construire les méthodes du premier groupe de travail d'analyse comportementale[29],[30],[31].

Oeuvre et travaux

Michel Bénézech est l'auteur d'une oeuvre considérable, incluant plus de 600 articles dans des revues scientifiques francophones et internationales, et une cinquantaine de livres dont il est auteur ou co-auteur[2],[28]. Il a été rédacteur en chef du Journal de la Médecine Légale, Droit Médical. Sa production scientifique et littéraire a toujours été mise au service des nombreux combats dans lesquels il s'est engagé au cours de sa carrière, pour promouvoir une pratique scientifique de la criminologie médicale, ou pour défendre les droits et la mémoire des personnes concernées par des troubles psychiatriques[3].

Travaux sur les liens entre anomalies chromosomiques et dangerosité psychiatrique

Dès les années 1970, Michel Bénézech acquiert une notoriété nationale et internationale pour ses travaux de recherche sur les anomalies chromosomiques chez les personnes concernées par des troubles psychiatriques. Ces recherches visent à explorer les liens entre syndrome 47, XYY (chromosome Y surnuméraire) et comportement violent. Alors qu'il commence son internat, le Dr Ginette Robert, chef du Service Spécial des Malades Difficiles de l'hôpital de Cadillac, lui confie l'organisation d'une étude sur les anomalies chromosomiques chez les patients hospitalisés dans ce service[5]. Cette étude est réalisée en collaboration avec le laboratoire de cytogénétique du Centre de Transfusion Sanguine de Chambéry[32]. Michel Bénézech est initialement en charge des aspects logistiques : expédition rapide des prélèvements sanguins permettant de réaliser un caryotype, réalisation d'examens complémentaires en cas de découverte d'un syndrome 47, XYY (mesure des testicules, dosage des hormones sexuelles, spermogramme, biopsie testiculaire).

Caryotype du syndrome 47, XYY

A partir des données collectées sur cette cohorte, Michel Bénézech réalise de nombreuses études publiées dans la presse scientifique nationale et internationale[33],[34],[35],[36],[37],[38],[39],[40]. Ces recherches sont synthétisées dans un livre[32] et dans un film pédagogique, qui obtient un diplôme d'honneur au 36° congrès de l'Association Internationale du Cinéma Scientifique en 1983[41]. Ces travaux montrent que l'hypothèse dite du « chromosome du crime » n'est pas fondée : même si la fréquence du syndrome 47, XYY est un peu plus élevée dans une population de personnes ayant commis des actes violents, la très grande majorité des personnes avec un chromosome Y surnuméraire n'ont jamais affaire à la justice. Ces résultats indiquent que la recherche systématique d'une telle anomalie chromosomique n'est pas justifiée dans le cadre d'une procédure judiciaire[42],[43].

Criminologie clinique et médico-légale

Les travaux de Michel Bénézech dans le champ de la criminologie ont pour principal objectif de promouvoir une procédure scientifique et multidisciplinaire pour l'évaluation des crimes violents, afin d'améliorer le profilage criminel, la qualité de l’enquête judiciaire, la qualité des expertises psychiatriques et la recherche scientifique[29],[30],[44],[45]. Il réalise ses premières études de criminologie clinique à l'UMD de Cadillac[46]. Il participe avec le Pr Marc Louis Bourgeois à l'introduction du DSM-III en France, avec une évaluation diagnostique standardisée des détenus de la maison d'arrêt de Bordeaux Gradignan[47].

Procès de Marie Besnard (Poitiers, 1952)

Michel Bénézech élabore une méthode originale de profilage criminel à partir de l'analyse de la scène de crime, fondée sur six composantes fondamentales (violente, émotionnelle, opérationnelle, sexuelle, relationnelle, circonstancielle), dont les caractéristiques doivent être explorées au cours du temps (périodes prédélictuelle, délictuelle et postdélictuelle)[48],[30]. Cette méthode est expérimentée par le Groupe Analyse Comportementale (GAC) de la Gendarmerie Nationale et suscite l'intérêt de la presse généraliste[31] . A partir de ce protocole standard, Michel Bénézech élabore une technique d'évaluation de la scène de crime spécifique aux agressions sexuelles extrafamiliales fondée sur l'analyse du mode opératoire, ainsi que des composantes relationnelle et circonstancielle[29]. Du fait de son expertise sur le profilage criminel, Michel Bénézech est régulièrement sollicité dans les médias lors de crimes violents, incluant ceux commis par des tueurs en série[49],[50],[31],[51].

La promotion d'expertises psychiatriques pénales rigoureuses et standardisées occupe une place centrale dans les prises de position de Michel Bénézech[52]. Il préconise l'utilisation de méthodes scientifiques pour l'évaluation de la dangerosité et du risque de récidive violente, et le remplacement de l'expertise psychiatrique traditionnelle par une analyse criminologique exhaustive et pluridisciplinaire. Il participe à des projets de recherche sur des échelles actuarielles visant à améliorer la prédiction du risque de violence[53],[54].

L'intérêt de Michel Bénézech pour la criminologie se manifeste également dans les nombreuses études de crimes célèbres, qu'il a publiées dans des articles scientifiques, et dans deux de ses livres, La Chair de l'âme[55] et A-t-on jugé Marie Besnard, le dossier de l’affaire[56]. Il y analyse des crimes passés ou contemporains[57],[58],[59],[60],[61], ainsi que ceux décrits dans des oeuvres littéraires[62],[63],[64],[65],[66],[67].

Droits des personnes concernées par des troubles psychiatriques

L'engagement de Michel Bénézech pour la promotion d'une pratique médico-légale fondée sur des méthodes scientifiques s'exprime aussi par des prises de position et travaux concernant les droits des personnes concernées par des troubles psychiatriques. Dès 1978, il co-rédige un livre sur L'irresponsabilité pénale des handicapés mentaux comparant les différentes législations internationales[68]. Il défend le droit des patients impliqués dans des actes médico-légaux à bénéficier d'une évaluation standardisée et rigoureuse de leur responsabilité pénale et des risques de récidive[69],[70],[71],[72],[73]. Il plaide pour l'ouverture d'un poste de psychiatre au palais de justice[74]. Il consacre des travaux aux droits des patients hospitalisés et à la législation des hospitalisations psychiatriques sans consentement[75],[76],[77], et co-rédige avec le Pr Bernard Hoerni des livres sur le secret médical et l'information en médecine[78],[79].

Ses derniers travaux portent sur les liens en radicalisation et troubles psychiatriques[80],[81]. Ils visent à démontrer que les actes terroristes organisés ne sont pas imputables à des troubles psychiatriques sévères, mais que de tels troubles peuvent être associés à « la figure du loup solitaire ». Michel Bénézech a été auditionné en 2017 au titre d'expert pour le rapport sur Psychiatrie et Radicalisation de la Fédération Française de Psychiatrie[82].

Oeuvre mémorielle concernant l'hôpital de Cadillac-sur-Garonne et le « cimetière des oubliés »

Asile des aliénés de Cadillac au début du XX° siècle

La contribution de Michel Bénézech à la préservation de la mémoire des personnes hospitalisées à l'hôpital de Cadillac-sur-Garonne est considérable. Plusieurs de ses articles sont consacrés à l'histoire de cet hôpital, et aux conditions de vie et de mort des personnes qui y ont été hospitalisées[83],[84],[85]. Il étudie de manière très approfondie l'impact des deux guerres mondiales sur le fonctionnement et les missions de l'hôpital de Cadillac. Lors de la 1re guerre mondiale, il met en lumière le rôle important de la neuropsychiatrie bordelaise pour l'accueil des militaires présentant des troubles psychiatriques sévères[86], à l'iniative du Pr Emmanuel Régis (1855-1918), titulaire de la chaire de clinique des maladies mentales à la faculté de médecine de Bordeaux[87],[88]. Plus de 500 militaires sont hospitalisés à l'asile d'aliénes de Cadillac entre 1914 et 1925, dont un tiers décèdent dans l'établissement, le plus souvent de tuberculose[86]. Lors de la 2de guerre mondiale, les personnes hospitalisée à l'asile de Cadillac souffrent de famine du fait des restrictions alimentaires très sévères[89],[90], qui affectent alors la plupart des hôpitaux psychiatriques en France[91].

L'oeuvre mémorielle de Michel Bénézech est illustrée par son combat pour la restauration du « cimetière des oubliés » de l'hôpital de Cadillac, visant à préserver la mémoire et la dignité des personnes qui y ont été enterrées[92]. Ce cimetière situé derrière l'UMD est créé sur un terrain acheté par la ville en 1920, du fait du grand nombre de décès à l'asile dépassant les capacités du cimetière municipal. Les soldats de la 1re guerre mondiale internés et décédés à l'asile y sont inhumés dans le carré dits des « mutilés du cerveau »[86], ainsi que plus de 4000 personnes nées entre 1869 et 1948. La dernière inhumation a lieu en 2000[93].

En 2007, Michel Bénézech entreprend l'identification des personnes « oubliées » à partir des archives de l'hôpital. En menant ce travail pendant plusieurs années, il parvient à dénombrer 895 sépultures et à identifier toutes les personnes inhumées dans le cimetière. Cette identification permet la création d'une base de données nominatives disponible en ligne sur le site Patrimoine et Inventaire de la Région Nouvelle Aquitaine[94], afin pour que les proches puissent rechercher une personne inhumée, et trouver sa localisation dans le cimetière. Sur sollicitation des habitants de Cadillac, Michel Bénézech fonde l’Association des Amis du Cimetière des oubliés, dont il est président de de 2009 à 2017, puis président honoraire. Son argumentaire visant à démontrer l'intérêt historique de ce cimetière convainc la Commission Régionale des Patrimoines et des Sites[95]. L'inscription d'une partie du site et des murs à l’inventaire des Monuments Historiques met un terme au risque de destruction du cimetière pour un projet de création de parking[93]. Cet argumentaire convainc aussi le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine de l'intérêt historique et mémoriel de ce cimetière, permettant que l'ensemble du site soit classé, ainsi que le financement de sa réhabilitation réalisée entre 2018 et 2020[96],[97]. Grâce au recensement effectué par Michel Bénézech, un « mur du souvenir » est créé avec les noms des personnes jusqu'alors « oubliées ». L’inauguration du site du Cimetière des Oubliés s’est tenue le [96].

L'engagement de Michel Bénézech pour la préservation du « cimetière de oubliés » de Cadillac s'inscrit dans une fascination pour la mort que l'on retrouve en filigrane de toute sa carrière. Il décrivait ainsi sa vocation pour la médecine légale : « La mort et la maladie, sont les seules choses importantes de la vie. Le crime est une dimension tragique de l'homme. J'ai peut être suivi cette voie pour maîtriser mes pulsions matricides... M'intéresser aux criminels, c'est peut être devenir l'un d'eux par procuration »"[2]. Il a été inhumé au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux dans lequel il aimait se promener, et auquel il a consacré une nouvelle[98].

Tombeau de Michel Bénézech au cimetière de la Charteuse (Bordeaux)

Hommage et distinctions

Notes et références

  1. ↑ « MatchID Fichier des décès. Bénézech Michel »
  2. Patrice Jayat, « Michel Bénézech : médecin du crime », Le Quotidien du Médecin,‎ (lire en ligne)
  3. Verdoux Hélène, Le Bihan Patrick et Monique Ferré, « Michel Bénézech (1942–2025) », Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique,‎ (ISSN 0003-4487, DOI 10.1016/j.amp.2026.05.008, lire en ligne, consulté le )
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  5. (en) Michel Bénézech, « Les suites institutionnelles de Mai 1968 à l’internat de l’hôpital psychiatrique de Cadillac : l’ambiance et les personnes », Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, vol. 177, no 5,‎ , p. 422–426 (DOI 10.1016/j.amp.2019.03.008, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ Ministère de la santé, Direction générale de la santé, Sous-direction des professions de santé : législation et réglementation des études médicales (1941-1993); https://francearchives.gouv.fr/findingaid/b52bf8072b6d4c98f5422bd52645c2a4f534b4ed
  7. ↑ Bénézech Michel, La responsabilité pénale des sujets porteurs d'une anomalie du chromosome Y. Thèse de 3e cycle de Criminologie. Université Bordeaux I, Bordeaux, Éditions Bergeret, , 224 p. (lire en ligne)
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Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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