Minute de silence

Une minute de silence est un moment de recueillement pendant lequel, debout le plus souvent, on s'abstient de parler en signe d'hommage, pendant une durée assez longue pour s'assimiler à une minute.
La minute de silence sert généralement à la commémoration d'un événement tragique pour une communauté qui est diverse, de sorte qu'un rite particulier à une religion est inapproprié.
Antériorité : manifestations silencieuses
Depuis l'Antiquité lors des funérailles royales l'ordre du cortège, la discipline du public et la solennité vont parfois de pair avec la retenue et le silence de la foule qui n'est cependant pas explicitement prescrit[1].
Au XVIIIe siècle certains moments sont marqués par l'idée d'une suspension collective du bruit et du mouvement qui indique la gravité de l'évènement. Ainsi lors des fêtes révolutionnaires, les organisateurs prévoient des processions, des discours, des chants et l'immobilité collective associé à un silence momentané qui visent à transformer la foule en une communauté civique disciplinée. L'ensemble s'inscrit dans une dramaturgie politique et non pas comme un rite spécifique du silence[2]. De même lors de certaines exécutions publiques la foule devient silencieuse notamment lors des prières finales. Mais ce silence, sans durée définie, n'est pas prescrit par l'autorité comme un rite autonome il relève du contexte religieux et judiciaire. Il dramatise l'autorité de l'État[3].
Au XIXe siècle, en exemple, le meurt l'ancien Premier ministre du Royaume-Uni William Ewart Gladstone. Ses funérailles d'État à l'abbaye de Westminster provoquent un immense rassemblement public. La presse rapporte alors une foule extrêmement silencieuse le long du cortège et parfois des spectateurs qui se découvrent et restent immobiles[4]. Les funérailles publiques de la fin de ce siècle, sont autant de moments de discipline collective, qui contribuent à créer une culture politique de la retenue[5].
Au XXe siècle il est classique de rappeler que le lors des obsèques d'Édouard VII, la foule observe un silence qualifié d'intense et révérencieux sur le trajet du cortège funèbre (Westminster Hall, Paddington puis Windsor) associé à une immobilisation minutée de la vie publique que ce soit la circulation, les tramways, les autres transports, ou les activités. Les véhicules s'arrêtent à Londres pendant deux minutes et il est observé à 13 heures dix minutes d'arrêt plus général dans le Royaume-Uni. Mais l'ensemble se fait dans un environnement sonore certain avec les soixante-huit coups de Big Ben, les salves d'honneur et les marches funéraires jouées par les fanfares. Aucune autorité commanditaire n'est rapportée que ce soit dans la presse[6],[7] ou dans le compte-rendu officiel[8]. Cette chorégraphie funéraire apparait comme une possibilité d'arrêt synchronisé du mouvement accompagné d'un recueillement non encore codifié[9],[10].
Le , décède à Rio de Janeiro José Maria da Silva Paranhos Júnior, baron de Rio Branco[11]. Sous l'influence de ce ministre des Affaires étrangères, le gouvernement brésilien, auquel il appartient, est le premier à reconnaitre la République portugaise[12]. Le Sénat portugais, à la demande de son président Anselmo Braamcamp Feire, interrompt pendant 10 minutes sa séance no 39 du , ses membres restant assis en silence. Un compte-rendu officiel relate cet ordre de geste collectif[13]. Mais cet hommage diplomatique, de 10 minutes, est décidé par et pour le Sénat portugais sans répétition ultérieure. Il constitue un précédent parlementaire qui indique que la grammaire politique du silence commémoratif existe en Europe avant l'après-Grande Guerre, mais il n'est pas l'origine institutionnelle de la pratique mondiale de la minute de silence[10].
Instauration du rite
La fin de la Première Guerre mondiale est marquée par l'Armistice du 11 novembre 1918 qui convient de l'arrêt des combats à 11 heures[14]. De très nombreux foyers ont au moins un disparu parmi les leurs. La commémoration de ces morts de la Grande Guerre par un silence, promue par Honey et FitzPatrick, est ordonnée par George V.
Honey propose
Edward George Honey est un journaliste australien résidant à Londres. En 1915 il s'engage dans le Middlesex Regiment de l'infanterie britannique, mais il est vite libéré en raison sa faible constitution et il ne part pas à l'étranger[15]. Selon son épouse, voyant les trains remplis de blessés revenant aux gares de Richmond et de Charing Cross il souhaite réaliser quelque chose en regard des « stay-at-home exploiters » (« exploiteurs au foyer ») qui s'enrichissent afin de les faire réfléchir. Puis lors du Joy Day de 1918, il réprouve les manifestations bruyantes et enthousiastes, un feu d'artifice tiré à Hyde Park, la reprise de la chanson Old Soldiers Never Die par des jeunes hommes[16]. Ces scènes lui font écrire, sous son nom de plume Warren Foster[17], le dans un journal londonnien, The Evening News, un article titré « Five Minutes' Silence: On Peace Day to the Memory of the Dead » — le titre n'est pas « A Piece Day Essential »[a]. Dans celui-ci, rappelant le silence observé par le peuple et l'arrêt des trains lors des funérailles d'Édouard VII, il préconise que les Anglais observent un silence de cinq minutes afin de commémorer les morts de la Grande Guerre[19].
« I would ask for five minutes, five little minutes only. Five silent minutes of national remembrance. A very sacred intercession[19]! »
« Je demanderais cinq minutes, cinq petites minutes seulement. Cinq minutes silencieuses de souvenir national. Une intercession très sacrée[b] ! »
FitzPatrick propose
Sir James Percy FitzPatrick est un romancier, financier et homme politique sud-africain dont le fils aîné est tué au front le alors qu'il sert dans la batterie de Brydon. Il a présent à l'esprit les silences observé en 1916 dans son église au Cap à l'initiative d'un paroissien John Albert Eagar. Ces silences, après les listes des tués à l'ennemi, commémorent l'hécatombe des ressortissants sud-africains lors de la bataille de la Somme. Puis Robert Rutherford Brydone[c], conseiller municipal du Cap, suggére au maire qu'une période de silence soit instaurée en souvenir des victimes tombées en France. Le maire du Cap, Sir Harry Hands, perd lui-même son fils aîné le qui appartient à la batterie de Brydon. Après une séance du conseil municipal[e], il préconise dans le Cape Times du une période de silence de trois minutes tête baissée avec arrêt de toute activité pour honorer tous ces morts[25],[26]. Le , le début de cette pause est marquée par un coup du Noon Gun[d] situé sur Signal Hill. Dès le lendemain, afin de garder l'adhésion de la population, dans The Cape Argus il arrête une durée de deux minutes[28],[29]. Au coup de canon s'adjoint un trompettiste, debout sur le balcon du Fletcher and Cartwright's Building qui sonne le Last Post. Une fois les deux minutes écoulées retentit la sonnerie Reveille. Il en va ainsi jusqu'au [30],[31],[32],[33].
Ceci l'incite à adresser un mémorandum intitulé A salute to the dead: Memorandum[34] à Lord Milner, alors secrétaire d'État aux Colonies[35]. Il le connait depuis 1898 à la suite d'un première rencontre au Cap[36]. Ce mémorandum suggére une commémoration silencieuse des soldats morts, dans tout l'Empire britannique. Il prend pour exemple le silence de trois minutes observé au Cap et rappelle qu'aucune organisation spécifique est nécessaire. Après quelques semaines Lord Milner le transmet, avec un mot daté du , à Lord Stamfordham, secrétaire particulier du monarque[37]. Dans une missive datée du , le roi George V appuie fermement la proposition de FitzPatrick. À la suite d'une présentaion par Lord Milner[38], le cabinet de guerre (War Cabinet) l'adopte finalement le [35].
« — the moving, awe-inspiring silence of a vast Cathedral where the smallest sound must seem a sacrilege […] Why not perpetuate this and extend it to the Whole Empire ? […] None will forget the eleventh hour on the eleventh day of the eleventh month[39]. »
« — le silence émouvant, solennel, d'une vaste cathédrale, où le plus léger son eût semblé un sacrilège. […] Pourquoi ne pas la perpétuer et l'étendre à l'Empire tout Entier ? […] Nul n'oubliera la onzième heure du onzième jour du onzième mois[b]. »
Georges V déclare
Selon l'Armée australienne, des essais sont menés par les Grenadier Guards au palais de Buckingham en présence d'Honey et de FritzPatrick (sans pour autant que l'on puisse affirmer que le second connaissait l'article du premier)[40]. Veterans UK indique une discussion entre le Roi et Lord Stamfordham[41]. Il est estimé que cinq minutes sont trop longues et la durée est ramenée à deux minutes[42],[43].
Ainsi le roi George V réalise, le , un message pour commémorer l'Armistice avec un silence de deux minutes et l'arrêt de toutes les activités à la onzième heure du onzième jour du onzième mois. Celui-ci paraît dès le dans la presse britannique[44],[45]. Ce message officiel[f] est aussi télégraphié par Lord Milner aux états de l'Empire britannique[47],[48]. Il est transcrit par les journaux de ces pays[49],[50].
« To afford an opportunity for the universal expression of this feeling it is my desire and hope that at the hour when the armistice came into force, the eleventh hour of the eleventh day of the eleventh month there may be for the brief space of two minutes a complete suspension of all our normal activities[47]. »
« Afin de permettre à tous d'exprimer universellement ce sentiment, tel est mon désir et mon espoir qu'à l'heure où l'armistice entra en vigueur, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois, toutes nos activités habituelles soient complètement suspendues pendant deux brèves minutes[b]. »
Edward Honey assiste à ce commémoration à Londres juqu'à son décès le [42]. Sir Percy FitzPatrick, alors aux États-Unis d'Amérique, apprend par la presse[g] dès le que la consigne est appliquée dans tout l'Empire britannique[51].
Paternité discutée : Honey ou FitzPatrick ?
Selon le pays la paternité d'une idée de pause silencieuse collective est attribuée tantôt à Honey tantôt à FitzPatrick par la presse qui construit, par une communication de masse, la mémoire collective. Quant aux mémoires d'État elles prennent parti[54]. Au XXIe siècle les auteurs divergent mais dans l'ensemble, tel Ross Brown[h], ils attribuent plutôt la formulation publique à Honey et la primauté de la démarche politico-insitutionnelle à FitzPatrick[56].
Au Royaume-Uni, Sir Percy FitzPatrick reçoit, dès le , une lettre de Lord Samfordham qui écrit : « The King […] desires me to assure you that he ever gratefully remember that the idea of the tow-minutes pause on Armistice Day was due to your iniation (sic)[51],[31] […] »[i]. Une lettre du , signée au nom du secrétaire d'État à l'Intérieur, exprime la position officielle du Bureau de l'Intérieur : sans méconnaitre que probablement d'autres ont eu l'idée, il y a peu de doute qu'il soit à l'origine de la première proposition concrète de two minutes' silence[57]. Un article du Times le , indique que l'attribution est déjà publique[58],[j]. Le role d'Honey apparait dans la presse le lorsque sa nécrologie est faite par The Daily Graphic[59],[k]. Il est notamment rappelé le dans The Times[60]. Cependant ce n'est qu'en 2018 qu'il est retrouvé une reconnaissance officielle, qui reste locale, dûe aux autorités de la ville de Plymouth[61]. Celle-ci est officiellement confirmée, toujours par une instance locale, en 2025 par la ville d'Oxford[62].
En Afrique du Sud, FitzPatrick est donc cité dans l'article The Pretoria News du . Il semble que ce soit seulement fin 1930 que son role soit porté à la connaissance du public dans les dépendances de l'Empire britannique selon le The Straits Times[63],[l]. Pinang Gazette and Straits Chronicle du en annonçant son décès rappelle son action[64],[m]. En 1997, l'Armée sud-africaine publie une brochure commémorative, A Debt of Honour, où il « is credited with this honour » (« est crédité de cet honneur »)[52]. En 2004, Edward Honey n'appartient toujours pas à la tradition mémorielle sud-africaine[65].
En Australie, le quotidien The Argus du attribue le role premier à Honey[66],[n]. Plus tard l’Edward George Honey Memorial Executive Commitee produit en 1963 des pièces qui témoignent d'une campagne structurée en faveur de la primauté d'Honey[67]. Le major Warren Perry, historien militaire, ancien officier et haut fonctionnaire[68], les valident[69]. Le un communiqué ministériel de la Défense rapporte à Honey l'idée de la pause silencieuse[70],[o]. Le role de FitzPatrick apparait les puis dans The Daily News de Perth[71] puis le Newcastle Morning Herald and Miners' Advocate[72],[p]. En 2023, le gouvernement australien ne le reconnait que dans un récit mémoriel concurrentiel où Honey est lui aussi mis en avant[73],[q].
Évolution chez les principaux belligérants du front d'Occident
L'Armistice qui suspend les hostilités, notamment sur le front d'Occident, est signé avec l'Allemagne par le maréchal Foch et l'amiral Wemyss au nom des « puissances alliées et associées »[74]. Suivant le traité de Versailles, bien qu'elles ne soient pas toutes présentes lors de la signature, les « Principales Puissances alliées[r] » sont l'Empire britannique, la France, l'Italie, le Japon et la principale puissance « associée[r] » sont les États-Unis[76],[75]. Le Japon n'envoie pas de troupe sur le vieux continent mais en Sibérie[77],[78]. Les États-Unis, tout en envoyant un corps expéditionnaire et en prenant les mêmes positions politiques que les Alliés, ne souhaitent pas être liés aux obligations diplomatiques. Ils veulent être qualifiés d'« associés »[79].
Principaux Alliés
Empire britannique
Royaume-Uni
Lors de l'entre-deux-guerre le rituel reste centré dans l'ensemble du pays sur le avec les deux minutes de silence[80]. Puis il se modifie apès l'intervention de Clement Attlee du à la Chambre des communes. Désormais le dimanche précédant le commémore les guerres de 1914-1918 et 1939-1945 — Remembrance Sunday (« dimanche du Souvenir »). Au Cenotaph à 11 h est observé deux minutes de silence. Ainsi définie, cette cérémonie nationale officielle n'a plus jamais lieu en semaine quelque soit le jour du [81]. En 1956 la date est fixée au deuxième dimanche de novembre[82]. Puis deux manifestations nationales apparaissent en 1996[83],[84],[85] qui coexistent au début du XXIe siècle. Le Remembrance Sunday que la famille royale présente comme l'événement principal. Conduite au Cenotaph par le roi, elle commence à 11 heures, comprend deux minutes de silence et commémore les militaires et civils britanniques et du Commonwealth des deux guerres mondiales et les conflits ultérieurs. LʼArmistice Day avec sa cérémonie au National Memorial Arboretum rappelle la onzième heure du onzième jour du onzième mois. À cette occasion des millions de personnes à travers le pays observent deux minutes de silence au cours desquelles les activités s'interrompent[86].
Les annonces officielles — elles n'ont pas de caractère législatif ; hors le périmètre gouvernemental les annonces invitent à un acte volontaire[s] — instaurent de façon ponctuelle un moment de recueillement collectif en diverses occasions. Que ce soit lors de deuils royaux, ainsi une minute de silence est instaurée en 2017 pour le duc d'Édimbourg[88], de même lors d'attentats ou de grandes tragédies comme celui de la Manchester Arena en 2017[89], ou de façon récurrente sans rite annuel lors de certains jalons majeurs de la Seconde Guerre mondiale tel le Victory in Europe Day ou VE Day (« Jour de la Victoire ») où sont annoncés deux minutes de silence[90]. Il existe aussi des usages fréquents mais non nationaux qu'ils soient institutionnels, tels ceux du Parlement du Royaume-Uni par exemple lors du décès d'un des siens, Sir David Amess, en 2021[91] ou sectoriels tels ceux par exemple des services de secours et les autorités publiques partenaires qui commémorent les personnels de secours morts en service le 999 Day[92].
Dépendances de l'Empire britannique
France
Sous le gouvernement de Clemenceau, l'Armistice est annoncée en 1918 en France avec notamment — de façon bruyante — les cloches et des salves d'armes à feu ou de canon[93]. Le La Presse de Paris porte à la connaissance des Français que Poincaré alors à Londres, adjoint à l'observation de deux minutes de silence, l'envoi d'une couronne de fleurs au pied du cénotaphe de Whitehall[94]. Mais il faut attendre 1922 pour que L'Intransigeant du présume d'une minute de silence lors de la cérémonie de commémoration de l'Armistice[95],[96]. Cependant celle-ci ne figure pas dans la loi du qui stipule seulement que le a lieu « la commémoration de la victoire et de la paix[97] » et qu'il s'agit d'un jour férié[97]. Néanmoins Le Gaulois rapporte que le une minute de silence est observée[98]. Plus tard des textes à portée restreinte entérinent une pratique établie[99]. Il s'agit d'une « forme laïcisée de prière[100] ». Toutefois en 2011 il n'existe en France aucun texte de portée nationale qui encadre la pratique de la minute de silence[101]. La loi du [102], alors qu'il est affirmé que la commémoration — dont fait en pratique partie la minute de silence — doit être actualisable[103], s'adresse au-delà des morts de 1914-1918 à « tous les morts pour la France[102] ».
Une évolution se fait en 2001, où d'un rite commémoratif la minute de silence devient un instrument de deuil national. Jusqu'alors réservée surtout aux présidents décédés, ces journées sont décrétées par le président de la République à la suite d'attentats ou de catastrophes naturelles. Selon l'organisation dictée par le Premier Ministre, elles comprennent inconstamment une minute de silence[104]. Il faut noter que la circulaire du est particulière car elle s'inscrit dans un cadre européen et pour la première fois elle rend hommage à des personnes décédées hors du territoire national. Le silence alors demandé pour le 11-septembre est de trois minutes[105]. Cette extension touche aussi l'École donc l'un des lieux les plus centraux de la République. Ainsi son premier hommage a lieu en pour Samuel Paty[106]. En 2024, officiellement le Guide à l'attention des élus et des acteurs territoriaux indique que la minute de silence est « généralement autour de 30 secondes ». Ceci témoigne moins une durée chronométrée qu'un temps rituel de recueillement[107].
Italie
Principal associé
États-Unis d'Amérique
Allemagne
En Allemagne, la Gedenkminute (« minute de recueillement ») (ou Schweigeminute (« minute de silence »)) n'est pas instaurée comme un rite nationnal autonome à une date unique[108]. Le rituel du silence commémoratif apparaît après la Première Guerre mondiale. La première commémoration des morts à l'initiative du gouvernement du Reich a lieu le devant le palais du Reichstag[109]. Elle comprend deux minutes de silence[110]. La date est choisie car il s'agit du dixième anniversaire de la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France[111]. Ainsi Erdmann Graeser dans son article « Stille und Stillstand » (« Silence et arrêt ») paru le dans le Vossische Zeitung indique aux Berlinois que l'essai d'un souvenir silencieux de deux minutes, avec un arrêt de toutes les activités, est tel que les « Invisibles » doivent devenir visibles à l'œil de leur esprit pour les saluer, penser à eux, et leur montrer leur amour[t]. Il rappelle que dix ans auparavant la foule est devenue silencieuse devant le palais du Reichstag[112] — 30 000 personnes assistent le à une cérémonie religieuse et patriotique en plein air devant le Bismarckdenkmal[113]. Georg Pahl témoigne de l'observation des deux minutes de silence avec une photographie légendée[114]. Certes un recueillement avec une minute de silence peut être employé, ainsi il est mentionné dans le Kattowitzer Zeitung du pour les décès de membres d'une association[115], cependant le rituel du silence ne s'impose pas dans l'entre-deux-guerres. Il est perçu alors comme un symbole des puissances victorieuses[116]. L'Allemagne organise plutôt son deuil public autour du Volkstrauertag (« journée nationale de deuil »)[116] qui ne bénéficie d'aucune loi nationale[117].
Le Volkstrauertag est réintroduit après la Seconde Guerre mondiale — en place du Heldengedenktag (« journée de commémoration des héros ») du régime nazi — lors de la cérémonie du au Bundestag à Bonn. En 1992 il revient à Berlin et depuis 1999 précisément dans l'hémicycle du Reichstag. Il a lieu le deuxième dimanche précédant le premier dimanche de l'Avent. Il comprend le Totengedenken (« texte officiel d'hommage aux morts »), une Gedenkminute (« minute de recueillement ») et la sonnerie aux morts[118]. Ceci commémore les victimes de la guerre[119] puis le rituel officiel s'élargit : morts à la frontière allemande en 1961, victimes des crimes nazi vers 1990, du terrorisme, de l'antisémitisme, du racisme, policiers morts en service, chute du Mur… La manière de commémorer continue d'être redéfinie chaque année. Il n'a jamais été envisagé d'en faire une journée de commémoration au sens juridique fort[120]. Enfin la Schweigeminute (« minute de silence ») devient aussi un geste parlementaire souple ; le Bundestag l'utilise pour les victimes de l'attaque contre Israël en 2023[121], le décès du président Wolfgang Schäuble en 2024[122], les victimes d'attentats sur des marchés de Noël en 2025[123]… L'ArchivKomplex constitue un exemple plus restreint. Ce collectif citoyen et artistique indépendant organise six ans après l'effondrement des archives de Cologne, en 2015, une pause silencieuse de six minutes avec un rassemblement à 13 h 58 (heure de la catastrophe) devant le cratère de l'effondrement avec interruption de la circulation. Une centaine de personnes dont une autorité municipale y assiste[124]. Ceci relève bien du rituel de la minute de silence que le ministère fédéral de l'Intérieur définie comme pouvant être un peu plus longue ou plus courte que 60 secondes[125].
Significations
Le « silence » dont il est question se comprend dans le sens premier, l'état d'une personne qui s'abstient de parler. La minute de silence montre le consensus du groupe, puisqu'elle offre l'occasion d'une manifestation d'opposition, et que si aucun son ne l'accompagne, l'indifférence même se manifeste par un brouhaha comme cela est arrivé en France en 2015[126]. Mais les minutes de silence sont quelquefois accompagnées de sons, comme dans les enceintes sportives, d'applaudissements[127].
Le silence des voix est le plus souvent complété par une suspension de l'activité : on s'immobilise debout, dans une attitude recueillie[128].
Textes promoteurs
Textes fondateurs
« FIVE MINUTES' SILENCE
ON PEACE DAY TO THE MEMORY OF THE DEAD.
By WARREN FOSTER.
A line of bonfires stretching from north to south, from east to west of the United Kingdom! This Elizabethan jig-jag, so far as I have been able to discover, is the only Peace Day celebration we have as yet been able to decide upon.
The vast majority of us do not hanker a single second after any set pieces for our joy-making on that great day. [u] Almost unanimously [v] we would willingly dispense with even the bonfires already arranged.
But if only we think of it in time, I fancy we will each of us wish to insist upon the observance of one very simple, but very beautiful rite on that day of days.
In the culmination of victory I, for one, will find myself thinking back to the mad, glad days of blind '14. I will find myself pondering again that look on the faces of Kitchener's recruits as, awakening from the madness and the gladness of a false Paradise, they went out to wipe the falsity and insecurity away.
The crusade is over – the falsity is swept away – but in France, in Flanders, and in deserts of the East stand crosses unnumbered to mark the splendour of their sacrifice.
Can we not spare some fragment of those hours of Peace rejoicing for a silent tribute to these mighty dead? Individually, yes! Too many of us know we will for our own kith and kin, for the friend who will never come back.
But nationally?
I would ask for five minutes, five little minutes only. Five silent minutes of national remembrance. A very sacred intercession!
When, eight years ago, a very great English King passed to his burial we gave this silence. Impressive though the scenes surrounding his funeral cortege must have been, they could not have exceeded the impressiveness of the five minutes' pause on their journey every railway traveller in Britain knew that day. I myself chanced to be travelling to the West of England and just on the stroke of noon our train came to a standstill. There were five of us in the compartment and all stood uncovered.
A very beloved King was passing!
Not a word was spoken during those minutes of waiting. Then as we resumed our way each of us gripped hands in turn.
" King George — God bless him! " we said.
Should not this be the spirit of at least a fragment of our Peace Day?
Communion with the glorious dead who won us Peace, and from the communion new strength, hope and faith for the morrow. Church services, too, if you will, but in the street, the home, the theatre, anywhere indeed where Englishmen and their women chance to be, surely in this five minutes of bitter-sweet silence there will be service enough.
Before and afterwards sing and make merry as we will. On one thing, though, I am quite certain, and that is that our songs will take a deeper, truer note after those five minutes of remembrance.
We shall have gathered from them strength for the morrow.
God knows we need it[19]! »
« CINQ MINUTES DE SILENCE
AU JOUR DE LA PAIX, À LA MÉMOIRE DES MORTS.
Par WARREN FOSTER.
Une ligne de feux de joie s'étendant du nord au sud, de l'est à l'ouest du Royaume-Uni ! Ce zigzag à l'élisabéthaine est, pour autant que j'aie pu le découvrir, la seule forme de célébration du Jour de la Paix sur laquelle nous ayons jusqu'ici réussi à nous décider.
La très grande majorité d'entre nous n'aspire pas une seule seconde à des réjouissances réglées d'avance pour donner cours à notre joie en ce grand jour. [u] Presque à l'unanimité [v] nous renoncerions volontiers même aux feux de joie déjà prévus.
Mais pourvu que nous y pensions à temps, j'imagine que chacun de nous voudra insister pour qu'en ce jour des jours soit observé un rite très simple, mais très beau.
Au couronnement de la victoire, pour ma part, je me surprendrai à repenser aux jours fous et joyeux de cette aveugle année '14. Je me surprendrai à méditer de nouveau cette expression sur les visages des recrues de Kitchener lorsque, s'éveillant de la folie et de l'allégresse d'un faux Paradis, elles partirent pour en effacer la fausseté et l'insécurité.
La croisade est achevée — la fausseté est balayée — mais, en France, en Flandre et dans les déserts de l'Orient, se dressent des croix sans nombre pour marquer la splendeur de leur sacrifice.
Ne pouvons-nous pas prélever quelque fragment de ces heures de réjouissance de la Paix pour un hommage silencieux à ces grands morts ? Individuellement, oui ! Trop nombreux sommes-nous à savoir que nous le ferons pour les nôtres, pour les parents comme pour les proches, pour l'ami qui ne reviendra jamais.
Mais comme nation ?
Je demanderais cinq minutes, cinq petites minutes seulement. Cinq minutes silencieuses de souvenir national. Une intercession très sacrée ! Quand, il y a huit ans, un très grand roi anglais fut porté à sa sépulture, nous observâmes ce silence. Aussi impressionnantes qu'aient dû être les scènes entourant son cortège funèbre, elles ne purent surpasser l'impression produite par les cinq minutes d'arrêt que vécut ce jour-là, au cours de son voyage, tout voyageur en chemin de fer en Grande-Bretagne. Il se trouva que je voyageais moi-même vers l'Ouest de l'Angleterre et, au premier coup de midi, notre train s'immobilisa. Nous étions cinq dans le compartiment et tous nous nous levâmes, tête nue.
Un roi bien-aimé passait !
Pas un mot ne fut prononcé durant ces minutes d'attente. Puis, lorsque nous reprîmes notre route, nous nous serrâmes la main tour à tour.
« Le roi George — que Dieu le bénisse ! » dîmes-nous.
Cela ne devrait-il pas être l'esprit d'au moins une part de notre Jour de la Paix ?
La communion avec les glorieux morts qui nous ont conquis la Paix, et, de cette communion, une force nouvelle, l'espérance et la foi pour le lendemain. Des offices religieux aussi, si vous le voulez, mais, dans la rue, à la maison, au théâtre, partout enfin où des Anglais et leurs femmes viendront à se trouver, assurément, dans ces cinq minutes de silence doux-amer, il y aura là tout l'office qu'il faut.
Avant et après, chantons et réjouissons-nous à notre guise. Sur un point, pourtant, je suis tout à fait certain, et c'est que nos chants prendront une note plus profonde, plus vraie, après ces cinq minutes de souvenir.
Nous y aurons puisé de la force pour le lendemain.
Dieu sait que nous en avons besoin[b] ! »
« Pause for three minutes.
In some places in the Union it has been the practice during the past few weeks to call halt at midday in order to direct the minds of the people to the tremendous issues which are being fought out on the Western Front, and to afford a minute or two for silent prayer for the forces of the Allies engaged there.
This seems to be an excellent example to copy. And I now appeal to all citizens to observe the same practice in Cape Town as from tomorrow (Tuesday). Upon the sound of the midday gun all tramway cars will become stationary for three minutes and other trams should halt wherever it may be, for the same period.
Pedestrians are asked to remain standing wherever they may be when the gun sounds and everyone, however engaged, to desist from their occupations and observe silence for this short spell. Employers can greatly assist by advising their staff to this effect. I cannot conceive anything more calculated to bring home to us the critical time through which we are passing and it's responsibilities for all of us and I hope most fervently that all our citizens will help to make the recognition of the solemnity of the occasion as real as possible.
(Signed) H. Hands
« Pause de trois minutes.
En certaines parties de l'Union, l'on a, durant les dernières semaines, adopté l'usage de suspendre toute activité à l'heure de midi, afin de porter les esprits de la population vers les redoutables questions qui se débattent sur le Front occidental, et de ménager une minute ou deux de prière silencieuse pour les forces alliées qui y sont engagées.
Cet exemple me paraît excellent et digne d'être suivi. Aussi en appelle-je dès à présent à tous les citoyens, afin que semblable pratique soit observée au Cap à compter de demain (mardi). Au son du canon de midi, toutes les voitures de tramway s'immobiliseront durant trois minutes, et les autres tramways devront pareillement s'arrêter, en quelque lieu qu'ils se trouvent, pour le même espace de temps.
Les passants sont priés de demeurer debout à l'endroit même où ils se trouveront lorsque retentira le canon, et chacun, à quelque occupation qu'il soit livré, de suspendre ses travaux et d'observer le silence pendant ce court intervalle. Les employeurs peuvent grandement concourir à cette fin en donnant telles instructions à leur personnel. Je ne saurais concevoir rien de plus propre à nous faire sentir l'heure critique que nous traversons et les devoirs qu'elle impose à chacun de nous ; et j'espère très ardemment que tous nos concitoyens aideront à rendre aussi réelle qu'il sera possible la conscience du caractère solennel de cette circonstance.
(Signé) H. Hands
Maire du Cap[b] »
« His Worship decided that the pause will retain its hold on the people if it is altered to two minutes instead of three, and that this change will not in any way diminish the power of its appeal. Consequently the pause will be two minutes tomorrow, when Bugler Biccard will again sound ‘The Post'[28],[29] »
« Monsieur le Maire a décidé que la pause conserverait son emprise sur la population si elle était ramenée à deux minutes au lieu de trois, et que ce changement n'en diminuerait en aucune façon la force d'évocation. En conséquence, la pause durera deux minutes demain, lorsque le clairon Biccard sonnera de nouveau « The Post »[b]. »
« A salute to the dead: Memorandum
In the hearts of our people there is a real desire to find some lasting expression of their feeling for those who gave their lives in the War. They want something done now while memories of sacrifice are in the minds of all; for there is the dread — too well grounded in experience — that those who have gone will not always be first in the thoughts of all, and that when the fruits of their sacrifice become our daily bread there will be few occasions to remind us of what we realise so clearly today. Year by year there will be fewer who will remember.
During the War we in South Africa observed what was called the "Three Minutes Pause". At noon each day all work, all talk and all movements were suspended for three minutes that we might concentrate as one in thinking of those — the living and the dead — who had pledged and given themselves for all that we believe in. In Cape Town it was the twelve o'clock gun that gave the signal, and in a few seconds the whole place was still. Silence, complete and arresting, closed upon the City — the moving, awe-inspiring silence of a vast Cathedral where the smallest sound must seem a sacrilege. On the Rand Goldfields, from the sirens and hooters on the mines, one great blast swept along the fifty miles of reef, and perfect silence followed. Only those who have experienced it can realise the effect of this sudden call to all. It was as though a trumpet call had sounded through the World, "Stop — and Think" ! Only those who have felt it can understand the overmastering effect in action and reaction of a multitude moved suddenly to one thought and one purpose.
Only those who have been swept along by such a tide can guess the force of a common will and a common purpose appealing to the best that is in us.
And none will deny that the purpose was achieved. Some call it thought; some prayer; some more emotion. Call it what you will; the effect is magnetic. The feeling — the conviction — of those who had most at stake was that for some moments there was direct intense communion with the absent — the living and the dead. Whether that be fact or illusion all were the better for it; for, at its least, it united us all in one grateful and unselfish purpose.
Think what would have been the effect of such a pause in the great Peace Procession !
Why not perpetuate this and extend it to the Whole Empire ?
The day and the very hour are marked out for us. Armistice Day at
11 o'clock. None will forget the eleventh hour on the eleventh day of the eleventh month. Then the last shot was fired our first thought was for those who had fallen, and it is fitting that on this day in every year we unite in one salute to them. From the Heart of the Empire to its uttermost limits, just silence and remembrance !
No organisation is needed. If the word went out from the Press, the call at the hour would come from gun or belfry, from mine, factory or ship; one call all round the World; and flags at masthead, for it is not in the mourning but in greeting that we should salute them on that day. When we are divided it may serve to remind us of the greatness we hold in common. When we are gone it may help to bring home to those who will come after us, the meaning, the nobility, and the unselfishness of the great sacrifice by which their freedom was assured.
It is due to the women who have lost and suffered and borne so much, with whom the thought is ever present. It is due to the children that they know to whom they owe their dear-bought heritage of freedom. It is due to the men, and from them — as men ! But far and away and above all else it is due to those who gave their all, who sought no recompense, and whom we can never repay — our Glorious and Immortal Dead[39] ! »
« Salut aux morts : mémorandum
Dans le cœur de notre peuple, il existe un véritable désir de trouver une expression durable au sentiment qu'il éprouve envers ceux qui ont donné leur vie pendant la guerre. On veut que quelque chose soit fait dès maintenant, tandis que le souvenir du sacrifice est encore présent dans tous les esprits ; car on craint — et l'expérience ne justifie que trop cette crainte — que ceux qui nous ont quittés ne soient pas toujours au premier rang des pensées de tous, et que, lorsque les fruits de leur sacrifice seront devenus notre pain quotidien, les occasions soient rares de nous rappeler ce que nous comprenons si clairement aujourd'hui. D'année en année, il y en aura moins qui se souviendront.
Pendant la guerre, nous observions en Afrique du Sud ce que l'on appelait la « Pause de trois minutes ». Chaque jour à midi, tout travail, toute parole et tout mouvement étaient suspendus pendant trois minutes, afin que nous puissions, d'un seul élan, penser à ceux — les vivants et les morts — qui s'étaient engagés et s'étaient donnés pour tout ce en quoi nous croyons. Au Cap, c'était le canon de midi qui en donnait le signal, et, en quelques secondes, tout s'immobilisait. Le silence, complet et saisissant, s'abattait sur la ville — le silence émouvant, solennel, d'une vaste cathédrale, où le plus léger son eût semblé un sacrilège. Sur les champs aurifères du Rand, des sirènes et sifflets des mines, un grand appel retentissait tout au long des cinquante milles du filon, et un silence parfait lui succédait. Seuls ceux qui l'ont éprouvé peuvent mesurer l'effet de ce soudain appel adressé à tous. C'était comme si un appel de trompette avait retenti à travers le Monde : « Arrêtez-vous — et pensez ! » Seuls ceux qui l'ont ressenti peuvent comprendre l'effet irrésistible, dans l'action comme dans la réaction, d'une multitude soudain ramenée à une seule pensée et à une seule fin. Seuls ceux qui ont été emportés par une telle vague peuvent deviner la force d'une volonté commune et d'un dessein commun faisant appel à ce qu'il y a de meilleur en nous. Et nul ne niera que le but fut atteint. Les uns appellent cela la pensée ; d'autres, la prière ; d'autres encore, une émotion plus vive. Appelez cela comme vous voudrez ; l'effet en est magnétique. Le sentiment — la conviction — de ceux qui avaient le plus en jeu était que, pendant quelques instants, il y avait communion directe et intense avec les absents — les vivants et les morts. Qu'il s'agît d'un fait ou d'une illusion, tous en étaient meilleurs ; car, à tout le moins, cela nous unissait tous dans une même intention reconnaissante et désintéressée.
Songez à ce qu'aurait été l'effet d'une telle pause dans la grande Procession de la Paix !
Pourquoi ne pas la perpétuer et l'étendre à l'Empire tout Entier ?
Le jour et l'heure même nous sont désignés. Le Jour de l'Armistice à onze heures. Nul n'oubliera la onzième heure du onzième jour du onzième mois. Alors que le dernier coup de feu venait d'être tiré, notre première pensée fut pour ceux qui étaient tombés, et il convient qu'en ce jour, chaque année, nous nous unissions en un même salut à leur adresse. Du Cœur de l'Empire jusqu'à ses limites les plus lointaines, rien que le silence et le souvenir !
Aucune organisation n'est nécessaire. Si le mot d'ordre était lancé par la presse, l'appel, à l'heure dite, viendrait du canon ou du beffroi, de la mine, de l'usine ou du navire ; un seul appel tout autour du Monde ; et les drapeaux en tête de mât, car ce n'est pas dans le deuil, mais dans le salut, que nous devons les saluer ce jour-là. Lorsque nous sommes divisés, cela peut servir à nous rappeler la grandeur qui nous est commune. Quand nous aurons disparu, cela pourra aider à faire comprendre à ceux qui viendront après nous le sens, la noblesse et le désintéressement du grand sacrifice grâce auquel leur liberté fut assurée.
Nous le devons aux femmes qui ont perdu, souffert et tant enduré, chez qui cette pensée demeure toujours présente. Nous le devons aux enfants, afin qu'ils sachent à qui ils doivent leur cher héritage de liberté acquis à si haut prix. Nous le devons aux hommes, et cela de leur part — en tant qu'hommes ! Mais, de très loin et par-dessus tout le reste, nous le devons à ceux qui ont tout donné, qui n'ont cherché aucune récompense, et que nous ne pourrons jamais dédommager — nos Glorieux et Immortels Morts[b] ! »
« « Buckingham Palace,
To all my People : Tuesday next, 11th November, is the first anniversary of the armistice which stayed the world wide carnage of the four preceding years, and marked the victory of right and freedom. I believe that my People in every part of the Empire fervently wish to perpetuate the memory of that great deliverance and of those who laid down their lives to achieve it.
To afford an opportunity for the universal expression of this feeling it is my desire and hope that at the hour when the armistice came into force, the eleventh hour of the eleventh day of the eleventh month there may be for the brief space of two minutes a complete suspension of all our normal activities. During that time, except in the rare cases where this might be impracticable, all work, all sound and all locomotion should cease, so that in perfect stillness the thoughts of everyone may be concentrated on reverent remembrance of the glorious dead.
No elaborate organization appears to be necessary. At a given signal, which can easily be arranged to suit the circumstances of each locality I believe that we shall all gladly interrupt our business and pleasure whatever it may be and unite in this simple service of silence and remembrance.
GEORGE , R.I.[47] »
« Palais de Buckingham,
À tous mes sujets,
Mardi prochain, le , sera le premier anniversaire de l'armistice qui a mis fin au carnage mondial des quatre années précédentes et marqué la victoire du droit et de la liberté. Je crois que, dans toutes les parties de l'Empire, mes sujets souhaitent ardemment perpétuer le souvenir de cette grande délivrance et de ceux qui ont donné leur vie pour l'obtenir.
Afin de permettre l'expression universelle de ce sentiment, tel est mon désir et mon espoir qu'à l'heure où l'armistice est entré en vigueur à la onzième heure du onzième jour du onzième mois toutes nos activités habituelles soient entièrement suspendues pendant le bref espace de deux minutes. Durant ce temps, sauf dans les rares cas où cela pourrait se révéler impossible, tout travail, tout bruit et toute circulation devraient cesser, afin que, dans un silence et une immobilité parfaits, les pensées de chacun puissent se recueillir dans le souvenir des glorieux morts.
Il ne semble pas qu'une organisation compliquée soit nécessaire. À un signal convenu, qu'il sera aisé d'adapter aux circonstances propres à chaque localité, je crois que nous interromprons tous volontiers nos occupations comme nos loisirs, quels qu'ils soient, pour nous unir dans cette simple cérémonie de silence et de souvenir.
GEORGE, R.I.[b] »
Texte sans suite
« Stille und Stillstand.
Die Zwei-Minuten-Gedenkpause.
Aus Anlaß der Gedenkfeier für die Opfer des Weltkrieges werden, wie schon mitgeteilt, heute alle Berliner Verkehrsmittel von 12 Uhr bis 12.02 Uhr eine Ruhepause eintreten lassen.
Stillstand und Stille plötzlich in dem brausenden Lied der großen Stadt — nur zwei Minuten. Doch — für den, der sie in ihrem Ernst und ihrer Trauer durchfühlen soll, eine unendlich lange Spanne, kann man doch in einer letzten Sekunde des Daseins sein ganzes Leben noch einmal erleben.
Kennt man das Ergreifende von Stillstand und Stille? In andern Ländern wohl bei uns ist diese Art der Feier neu. Für mancherlei Zwecke haben die Berliner ihre Uhren schon gestellt, für Sonnen- und Mondfinsternisse, aber noch nie für eine solche Gedenkpause zum stillen Gedächtnis derer, die für uns ihr Leben ließen.
Jeder — ja jeder von uns ist betroffen worden durch schweren Verlust — nur wollen wir unsere Wunden, kaum vernarbt, wieder bluten lassen.
Es kann sein, daß sich in manchem etwas dagegen auflehnt, auf eine Aufforderung hin in einer Stelle des Zufalls seine Herzensgedanken zu verraten. Denn man geht sonst mit seinem Schmerz abseits, die Wunden brennen oft genug von selbst plötzlich in der Stille der Nacht. Wie sollen wir uns nun — mit Wildfremden zusammengewürfelt — in diese Situation schicken?
Aber erinnere man sich jener Morgenstunde vor zehn Jahren, alswir — geeint und vereint durch großes, schönes Empfinden — uns auf dem Platze vor dem Reichstagsgebäude zusammengefunden hatten. Auf der obersten Stufe der steinernen Treppe stand der Geistliche, und als er zu sprechen begann, trat jene feierliche Stille ein, die jedes seiner Worte bis hin zum Rande des Tiergartens vernehmbar machte. Als wir uns dann anblickten, begegneten sich unsere Seelen, wir waren bereit, Schwerstes auf uns zu nehmen und willig zu tragen…
Nun soll ein solcher weihevoller Augenblick wiederkehren. Die Wissenschaft sagt, daß es dem Menschenhirn nicht möglich sei, einen und denselben Gedanken auch nur eine Minute lang festzuhalten, immerfort werde er von Nebengedanken verdrängt, wir brauchten die ganze Kraft der Konzentration, ihn festzuhalten.
Zugegeben! Auch uns wird es heute wohl so ergehen, die wir unterwegs sind, das Gefühl wird zersplittert werden durch Nebenempfindungen. Es wird vielleicht nur ein einziger Augenblick des Aufflammens sein, wie ihn so mancher von uns erlebt, den sein Weg an einer Kapelle, an einem Friedhof vorüberführt, wo er Abschied für immer nahm von einem treuen Herzen.
Doch die, die daheim sind, die Mütter, die Frauen, die Bräute von damals, die der Verlust ans Schmerzenskreuz geschlagen hatte, sie werden imstande sein, diese Gedenkfeier heute in jener Ergriffenheit zu begehen, die sie haben soll.
Braungolden waren die Sommertage damals, in schwerer Reife lagen Felder und Fruchtgärten — und diese Stimmung liegt auch jetzt wieder in der Natur. Wie damals segeln die großen, weißen Wolkenschiffe in ferne, geheimnisvolle Länder, verfolgt von unsern Blicken, befrachtet mit unserer Wehmut. „Ich glaube nicht“ — hat einer der großen Freigeister gesagt — „ich glaube nicht an eine Unsterblichkeit im Sinne der Frommen, aber ich nenne die Toten die „Unsichtbaren“, die immer um uns sind, wenn wir zu ihnen sprechen wollen.“
Nun, die „Unsichtbaren“ sollen heute, wo auch immer uns Stillstand und Stille treffen werden, unserm geistigen Auge sichtbar werden. Dann wollen wir sie grüßen und ihrer denken und unsere Liebe zeigen.
Ach, man schäme sich doch nicht seiner tiefsten und besten Empfindungen — niemand wird heute zu lächeln wagen, wenn er den Nachbar in Ergriffenheit sieht.
Erdmann Graeser[112]. »
« Silence et arrêt.
La pause commémorative de deux minutes.
À l'occasion de la cérémonie commémorative pour les victimes de la Guerre mondiale, comme il a déjà été communiqué, tous les moyens de transport berlinois observeront aujourd'hui une pause de repos de 12 h à 12 h 2.
Arrêt et silence, soudain, dans le chant bruissant de la grande ville — seulement deux minutes. Pourtant — pour celui qui doit les ressentir jusqu'au fond, dans leur gravité et leur deuil, c'est un intervalle infiniment long ; car, dans une ultime seconde de l'existence, on peut encore revivre toute sa vie.
Connaît-on ce que l'arrêt et le silence ont de saisissant ? Dans d'autres pays, sans doute ; chez nous, cette manière de célébrer est nouvelle. Pour toutes sortes d'occasions, les Berlinois ont déjà réglé leurs montres, pour des éclipses de soleil et de lune, mais encore jamais pour une telle pause commémorative, en silencieuse mémoire de ceux qui ont laissé leur vie pour nous.
Chacun — oui, chacun de nous a été frappé par une lourde perte — seulement, voulons-nous faire saigner de nouveau nos blessures à peine cicatrisées ?
Il se peut qu'en certains quelque chose se révolte contre le fait de dévoiler, sur une invitation, en un lieu livré au hasard, les pensées de son cœur. Car, d'ordinaire, on s'écarte avec sa douleur ; les blessures brûlent assez souvent d'elles-mêmes, soudain, dans le silence de la nuit. Comment devons-nous donc, maintenant — jetés pêle-mêle avec de parfaits inconnus — nous accommoder de cette situation ?
Mais que l'on se souvienne de cette heure matinale, il y a dix ans, lorsque nous nous étions rassemblés sur la place devant le bâtiment du Reichstag — unis et réunis par une grande et belle émotion. Sur la marche la plus haute de l'escalier de pierre se tenait l'ecclésiastique ; et lorsqu'il commença à parler, s'installa ce silence solennel qui rendait chacun de ses mots perceptible jusqu'au bord du Tiergarten. Lorsque ensuite nous nous regardâmes, nos âmes se rencontrèrent ; nous étions prêts à prendre sur nous le plus lourd, et disposés à le porter de bon gré…
Maintenant, un tel instant plein de consécration doit revenir. La science dit qu'il n'est pas possible au cerveau humain de maintenir une seule et même pensée, ne fût-ce qu'une minute ; sans cesse elle serait chassée par des pensées accessoires, et il nous faudrait toute la force de la concentration pour la retenir.
Soit ! À nous aussi, aujourd'hui, cela arrivera sans doute, à nous qui sommes en route ; le sentiment sera morcelé par des impressions secondaires. Ce ne sera peut-être qu'un unique instant d'embrasement, comme celui que plus d'un d'entre nous éprouve lorsque son chemin le fait passer devant une chapelle, devant un cimetière, là où il prit congé pour toujours d'un cœur fidèle.
Mais celles qui sont à la maison, les mères, les épouses, les fiancées d'alors, que la perte avait clouées à la croix de la douleur, elles seront capables d'accomplir aujourd'hui cette cérémonie commémorative dans le saisissement qu'elle doit avoir.
Brun-doré étaient alors les jours d'été ; les champs et les vergers reposaient dans une lourde maturité — et cette atmosphère est maintenant de nouveau présente dans la nature. Comme alors, les grands navires de nuages blancs voguent vers des pays lointains et mystérieux, suivis par nos regards, chargés de notre mélancolie. « Je ne crois pas » — a dit l'un des grands libres penseurs — « je ne crois pas à une immortalité au sens où l'entendent les pieux, mais j'appelle les morts les « Invisibles », qui sont toujours autour de nous lorsque nous voulons leur parler. »
Eh bien, les « Invisibles » doivent aujourd'hui, où que l'arrêt et le silence nous atteignent, devenir visibles à l'œil de notre esprit. Alors nous voulons les saluer, penser à eux, et leur montrer notre amour.
Ah, que l'on n'ait donc pas honte de ses sentiments les plus profonds et les meilleurs — personne aujourd'hui n'osera sourire s'il voit son voisin saisi d'émotion.
Erdmann Graeser[b]. »
Notes et références
Notes
- ↑ The Argus, journal australien, mentionne le que le titre de l'article d'Edward George Honey — souvent repris — est « A Piece Day Essential »[18].
- Traduction libre.
- ↑ Très souvent le nom de Brydone est écrit sans « e » (Brydon). La confusion tient au fait que les fils aînés de FitzPatrick et de Hands servent dans la même batterie du major Walter Brydon — dont le feu père est William Walter Brydon, qui n'est pas conseiller municipal. Ce major est décédé au front le . Quant à Robert Gilray Brydone — dont le père est Robert Rutherford Brydone, conseiller municipal — il sert aussi durant la Grande Guerre mais comme médecin et survit au conflit[20].
- Le Noon Gun est un canon. Pendant la période coloniale il tire à des heures prédéterminées : initialement à 13 h tous les jours, puis en 1867 à 12 h, donnant ainsi naissance au célèbre nom de Noon Gun (« canon de midi »)[27].
- ↑ Plusieurs versions existent quant à la suggestion de Brydone auprès d'Hands. Parmi celles-ci Brydone, présente ses condoléances au maire. Tous les deux entendent alors le Noon Gun[d] et les carillons de Westminster puis la tour de l'Horloge de l'hôtel de ville. De ce fait ils observent, ainsi que cela se fait dans de nombreuses églises anglicanes, la pause silencieuse avec la traditionnelle prière de l'Angélus. Puis Brydone, à l'image de ce moment, suggère que soit instaurée en ville une période de silence pour honorer les morts[21]. Ailleurs il est écrit que tous les deux entendent sonner 11 heures à la tour de l'Horloge. Une heure plus tard, ils entendent le Noon Gun. Brydone suggére alors une pause silencieuse, semblable à celle de l'Angélus qui soit annoncée par le canon[22]. Pour d'autres, les carillons de Westminster à 11 heures sont aussi associés aux coups d'heure plus lents de l'horloge de la tour[23]. Certains indiquent que Brydone écrit une lettre à l'éditeur du Cape Times en suggérant qu'une période de silence soit instaurée pour se souvenir des victimes. Hands en prend connaissance et l'approuve[24].
- ↑ Il n'est pas retrouvé de décret ou proclamation royale instituant le temps de silence avec arrêt des activités notamment dans The London Gazette: Official Public Record qui se présente bien comme l'organe officiel des publications au public[46].
- ↑ Cartwright indique qu'il s'agit du journal Hearst. L'article ainsi désigné est titré « The whole world stands to attention » (« Le monde entier est au garde-à-vous »)[51]. Il est repris dans « A debt of honour »[52]. Contrairement à de nombreux écrits il ne se trouve pas dans The Times[53].
- ↑ Ross Brown est un universitaire anglais, auteur, compositeur et spécialiste du son au théâtre[55].
- ↑ « Le Roi […] désire que je vous assure qu'il se souvient toujours avec gratitude que l'idée de la pause de deux minutes le jour de l'Armistice était due à votre initiative (sic) […] » — Traduction libre.
- ↑ « The Pretoria News to-day discloses the fact that the Two Minutes Silence on Armistice Day was adopted on the initiative of Sir Percy FitzPatrick. » (« Le Pretoria News révèle aujourd'hui que les deux minutes de silence le jour de l'armistice ont été adoptées à l'initiative de Sir Percy FitzPatrick »)[58].
- ↑ « He was the originator of the idea of tne great silence » (« Il a été à l'origine de l'idée du grand silence »)[59].
- ↑ « It has at last been revealated to the public that the originator of the Two Minutes' Silence on Armistice Day is Sir Percy FitzPatrick » (« Il a enfin été révélé au public que l'auteur des deux minutes de silence le jour de l'armistice est Sir Percy FitzPatrick. »)[63].
- ↑ « Sir Percy FitzPatrick who originated the idea of two minutes silence on Armistice Day » (« Sir Percy FitzPatrick, à l'origine de l'idée de deux minutes de silence le jour de l'Armistice »)[64].
- ↑ « To him there came first the thought that the nation should remember the dead in a few minutes' silence at eleven o'clock on the eleventh day of the eleventh month in each year » (« Il lui est venu en premier l'idée que le la nation devrait se souvenir des morts par quelques minutes de silence à onze heures du matin onzième jour du onzième mois de chaque année. »)[66].
- ↑ « Standing silent to honour those killed in war was originally proposed by Australian journalist Edward Honey. » (« Rester silencieux pour honorer les morts de la guerre a été initialement proposé par le journaliste australien Edward Honey »)[70].
- ↑ « Sir Percy FitzPatrick […] was the originator of the two minutes silence on Armistice Day » (« Sir Percy FitzPatrick […] est à l'origine des deux minutes de silence le jour de l'Armistice. »)[72].
- ↑ « The idea for the two-minutes silence is said to have originated with Edward George Honey, […] Sir Percy Fitzpatrick, a South African, suggested a period of silence » (« L'idée des deux minutes de silence proviendrait d'Edward George Honey, […] Sir Percy Fitzpatrick, un Sud-Africain, a suggéré une période de silence. »)[73].
- La notion et le terme de « Principales Puissances alliées et associées », reprise ultérieurement, se trouve dans le traité de Versailles[75].
- ↑ Les pauses silencieuses sont toutes publiées sur gov.uk comme press releases (« comuniqués/annonces officiels ») ou guidance. Il ne s'agit jamais de statutory instruments (« actes de législation délégués ou secondaires ») qui sont équivalents aux textes réglementaires français[87].
- ↑ « Nun, die „Unsichtbaren“ sollen heute, wo auch immer uns Stillstand und Stille treffen werden, unserm geistigen Auge sichtbar werden. Dann wollen wir sie grüßen und ihrer denken und unsere Liebe zeigen » (« Eh bien, les « Invisibles » doivent aujourd'hui, où que l'arrêt et le silence nous atteignent, devenir visibles à l'œil de notre esprit. Alors nous voulons les saluer, penser à eux, et leur montrer notre amour »)[112].
- Dans la reproduction du texte faite par Muriel F. Orford, le titre n'apparait pas. Et figure entre « that great day. » et « Almost unanimously » : « Of this I am fully aware. Only when it is impromptu is true joy possible. Arrange for Joy's arrival and he inevitably sends a substitute – Boredom, more often than any other! » (« J'en suis pleinement conscient. Ce n'est que lorsqu'elle est improvisée que la joie véritable est possible. Réglez l'arrivée de la Joie, et c'est inévitablement un remplaçant qu'elle envoie — l'Ennui, plus souvent que tout autre ! »)[129].
- Dans la reproduction du texte faite par Muriel F. Orford, figure entre « Almost unanimously » et « we would willingly » : « , then, » (« , donc, »)[129].
Références
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- ↑ Mona Ozouf, La fête révolutionnaire : 1789-1799, Histoire Premium, (réimpr. 1981, 1986, 1987, 1988, 1989) (1re éd. 1976), 352 vues, e-book, II - La fête de la Fédération : le modèle et les réalités, « Les fêtes fédératives », p. 51-54.
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- Orford 1961, p. 119 (vue 57).
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en) Warren Foster (nom de plume d'Edward George Honey), « Five Minutes' Silence : On Peace Day to the Memory of the Dead » [« Cinq minutes de silence : à l'occasion de la Journée de la Paix à la mémoire des morts »], The Evening News, London, Associated Newspapers, no 11696, , p. 4 col. 7 (lire en ligne
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- (en) « The Glorious Dead : King's call his People - Armitice Day Observance - Two Minutes' Pause from Work' » [« Les Glorieux morts : Le roi appelle son peuple - Célébration du jour de l'Armitice - Pause de deux minutes du travail »], The Times, London, Times Publishing Company, no 42251, , p. 12 col. 1 (lire en ligne
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- (en) Muriel F. Orford, « Lest we forget : A Tribute to the late Edward George Honey » [« N'oublions pas : un hommage à feu Edward George Honey »], The Victorian Historical Magazine, Victoria, Royal Historical Society of Victoria, vol. XXXII, nos 126 - 2, , p. 119-123 (vues 57-61) (ISSN 1030-7710, lire en ligne [PDF], consulté le ).

- (en) Edward George Honey Memorial. Executive Committee, Remembrance Day Silence : Proposed Memorial to Edward George Honey, Australian Journalist [« Silence du jour du Souvenir : projet de mémorial à Edward George Honey, journaliste australien »] (Executives Committee's Report), Melbourne, The Committee, , [7], 2, [1], 2, 27 cm (OCLC 220424809, lire en ligne).
Cet ouvrage est un dossier pour l'érection d'un mémorial à Honey. Il contient notamment les copies de l'article d'Honey, de la lettre de FitzPatrick, de la missive de George V et l'analyse de ces documents par Perry. - Emmanuelle Loyer, « Vacarmes d'hier et minute était trop courted'aujourd'hui »
, sur lemonde.fr, Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde, (consulté le ).
Articles connexes
- Liste des minutes de silence observées par l'Assemblée nationale française
- Deuil national
- Drapeau en berne
- Sonnerie aux morts
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