Mir Alicher Navoï

Mir Alisher Navoï
Mir Alisher Navoïy devant le sultan Husayn Bayqara en 1486 à Herat.
Fonction
Vizir
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Mécène
Plaque commémorative.

Mir Alisher Navoï ou Nizomiddin Mir Alisher (1441-1501, né et mort à Hérat, Afghanistan) est un poète et homme d'État perso-ouzbek, de langue tchaghataï à la cour du sultan timouride Husayn Bayqara (1469-1506) à Hérat[1], à la fin du XVe siècle, durant la Renaissance timouride. Il fut le plus haut représentant de la littérature tchaghataï[2] et de la littérature en turc[1].

Biographie

Navāʾī est né à Hérat (ville dans laquelle il a passé la plus grande partie de sa vie) dans une famille aristocrate et militaire. Il a étudié à Hérat et à Mashhad. Le futur sultan Husayn Bayqara fut son ami et camarade d'école[1],[2]. Il a commencé à écrire des poèmes déjà vers l'âge de dix ou douze ans — et il semblerait que son grand prédécesseur Luṭfī (1367-1463) aurait connu l'enfant et loué son talent poétique[1].

Lorsque Hussein Bayqarah accéda au pouvoir, Navāʾī occupa diverses fonctions officielles à la cour[2]. En 1472, Alisher Navoï devient premier vizir (chef des ministres)[3] et obtient le titre d'émir[4].

Riche propriétaire terrien, il fut aussi un grand mécène. Il découvrit le talent du grand peintre miniaturiste Behzad qui travailla pour lui avant d'entrer au service du sultan[réf. nécessaire].

Navāʾī fut membre de l'ordre des derviches naqshbandī, étudia les œuvres des grands mystiques sous la direction de son maître Jāmī, célèbre poète et mystique de Hérat. Par ailleurs, il se montra philanthrope, finançant plusieurs édifices d'Hérat. Il s'intéressait également à la peinture miniature, à la musique, à l'architecture et à la calligraphie[2].

Œuvre

Il a écrit des poèmes en turc tchaghataï sous le pseudonyme de Navā’ī, et d'autres en persan sous le pseudonyme de Fānī[1]. On lui doit plus de trente ouvrages, la plupart en turc[1].

Son œuvre la plus célèbre est Leïli et Medjnoun (« Leily et Majnoun »).

Page d'un manuscrit du Divān de Nava'î. Miniature de Sultan Ali Mashhadi (en), 1499-1500. New York, The MET.

Divers

Le grand théâtre d'opéra et de ballet de Tachkent, capitale de l'Ouzbékistan, porte son nom[5].

Le film soviétique Alicher Navoï (1948) de Kamil Iarmatov lui est consacré.

Notes et références

  1. Erkinov 2015, § 4 (NB : Renvois vers les paragraphes de l'article en ligne.)
  2. (en) « ʿAlī Shīr Navāʾī. Turkish poet », sur britannica.com, Encyclopædia Britannica, (consulté le )
  3. Sirojiddinov 2018, p. 32
  4. Papas 2018, p. 58
  5. (en) « Alisher Navoï Theatre », sur www.operabase.com (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

Traductions en français

  • Action poétique, « Gazhels ouzbèkes », no  121, 1991, 79 p.
    Quelques poèmes d'Alisher Navoï.
  • Alisher Navoï (trad. du turc (Oubékistan) par Hamid Ismaïlov, adapté par Jean-Pierre Balpe), Gazels et autres poèmes, La Différence, coll. « Orphée  », , 130 p. (ISBN 978-2-729-10729-1)
  • Alisher Navoiy (ill. Jahongir Ashurov, trad. et adaptation Mourodkhon Ergashev et Jean-Jacques Gaté), Gazels, Porspoder, Éd. Géorama, , 72 p. (ISBN 978-2-915-00222-5)

Études

  • (en) Aftandil Erkinov, « From Herat to Shiraz: the Unique Manuscript (876/1471) of ‘Alī Shīr Nawā’ī’s Poetry from Aq Qoyunlu Circle », Cahiers d'Asie Centrale, no 24 « Littérature et Société en Asie centrale »,‎ , p. 47-79 (lire en ligne)
  • Alexandre Papas, Ainsi parlait le derviche. Les marginaux de l'islam en Asie centrale, Paris, Cerf, , 362 p. (ISBN 978-2-204-12699-1), p. 51-83 et passim
    Analyse de la présentation que Navâ'î donne de diverses classes sociales d'Hérat dans le Mahbûb al-Qulûb (L'Aimé des cœurs - ou de tous) écrit en 1501.
  • (en) Shuhrat Sirojiddinov (en), Mir ʿAlī-Shīr Navā'ī the Great, Tashkent, G'afirr G'ulom nomidagi nashriyot-matbaa ijodiy uyi (sic), , 148 p. (ISBN 978-9-943-52987-8, lire en ligne)

Liens externes

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