Mohammed Bedjaoui

| Ministre des Affaires étrangères de l'Algérie | |
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| Président du Conseil constitutionnel | |
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| Président de la Cour internationale de justice | |
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Steve Schwebel (en) | |
| Juge à la Cour internationale de justice | |
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| Ministre de la Justice | |
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| Ambassadeur | |
| Vice-président de la Commission internationale contre la peine de mort (d) |
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محمد بجاوي |
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Mohammed Bedjaoui (en arabe : محمد بجاوي), né le à Sidi-Bel-Abbès, est un juriste, haut fonctionnaire, diplomate et homme politique algérien. Il est également une figure importante du droit international public, ayant officié au sein de la Cour Internationale de justice en tant que juge et président.
Biographie
Jeunesse et études
Né dans une famille modeste en 1929[1], Mohammed Bejaoui a vu le jour à Sidi-Bel-Abbès, à l’Ouest du pays. Orphelin à quatre ans, il ne connaît pas son père, décédé en 1933. Il grandit dans la grande banlieue de Tlemcen après que son oncle maternel l'a recueilli.
Il rencontre son épouse, Leïla Francis, avec qui il se marie en 1962. L'oncle de son épouse, Ahmed Francis, est le premier ministre des Finances de l'Algérie indépendante. Il est le père de la réalisatrice de cinéma Amal Bedjaoui.
Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Grenoble en 1952. En 1953, il décide de présenter le concours de l'École nationale d'administration. Il est exclu du concours d'entrée par décision du secrétaire général du Conseil du fait de son engagement communiste. Il introduit un recours auprès du Conseil d'État, qui aboutit à l'arrêt Barel du 28 mai 1954, un des grands arrêts du droit administratif français.
Il décide de continuer ses études de droit et obtient un doctorat en droit à l'université de Grenoble en 1956[2].
Guerre d'algérie
Durant la guerre d'Algérie, il est conseiller juridique du FLN et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Il figure aussi parmi la délégation algérienne lors des négociations d’Evian[3].
Après l'indépendance de l'Algérie
Il occupe le poste ministre de la Justice, de 1964 à 1971. En tant que ministre de la Justice, il s'est notamment manifesté pour avoir refusé la grâce de Desiré Drai, français de confession juive qui a été condamné à mort pour faux monnayage, et ce, alors qu'elle avait été accordée aux deux autres condamnés à mort dans la même affaire (Giovanni Corti, également français, et l'Algérien Ahmed Bouharid)[4]. Il a notamment dans cette affaire tenu personnellement à déclarer que "un tel verdict répond au vœu profond du peuple algérien et jette la lumière crue sur l'originalité de l'expérience algérienne de répression des infractions économiques portant atteinte grave aux intérêts de l'économie nationale"[5]. Outre le traitement différencié appliqué à M. Desire Drai par rapport aux deux autres condamnés, la sentence apparaissait d'autant plus dure qu'il ne s'agissait que d'une tentative (les personnes ayant été arrêtés avant toute diffusion des faux billet) mais surtout car il s'agissait d'un cas d'application rétroactive de la loi pénale, la peine de mort n'étant pas prévu en droit algérien pour l'émission et la diffusion de fausse monnaie à l'époque du délit [4].
Il préside le Conseil constitutionnel de 2002 à 2005[6], Mohammed Bejaoui[7] a été président de la Cour internationale de justice en 1993 et président de la Commission de Surveillance de l’élection présidentielle du . Il est nommé Ministre des Affaires étrangères du au . Il a demandé à être déchargé de ses fonctions pour des raisons personnelles et sa requête a été acceptée.
Après avoir quitté le gouvernement, il est désigné ambassadeur en France, auprès de l'Unesco et de l’ONU (1971-1979). Il fut nommé ambassadeur, représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies à New York jusqu’à 1982. Durant cette période, outre celui d’être vice-président du Conseil des Nations unies pour la Namibie et président du Groupe de contact pour Chypre, Mohmamed Bejaoui a été coprésident de la Commission d’enquête des Nations unies en Iran pour la libération des diplomates américains retenus en otages à Téhéran (1980). Titulaire de plusieurs diplômes, M. Bejaoui a été juge à la Cour internationale de justice de La Haye pendant près de vingt ans (1982-2001), puis président de Chambre (1984-1986) et président de la Cour (1994-1997)[8].
Bedjaoui est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages qui font autorité en droit international[réf. nécessaire], dont La Révolution algérienne et le Droit, Traités de conventions de l’Algérie, Non-alignement et droit international, Terra nullius, droit historique et autodétermination et Pour un nouvel ordre économique international. Il a donné trois cours à l’Académie de droit international de La Haye, dont le cours général de droit public en 2006. Il a rédigé près de 300 articles portant sur les matières de droit international public, contribuant à améliorer le droit constitutionnel, le droit d’arbitrage commercial international et les sciences politiques.
En , Mohammed Bedjaoui admet avoir introduit Pierre Falcone auprès des autorités algériennes pour appuyer un consortium répondant à l'appel d'offres pour la construction de l'autoroute Est-Ouest, consortium qui a remporté le marché. Ce comportement est dénoncé par Djilali Hadjadj, porte parole de l'Association algérienne de lutte contre la corruption qui y voit un abus de droit, l'intéressé étant alors président du Conseil constitutionnel[9]. En , dans le cadre de la lutte contre la corruption engagée envers d'anciens ministres ou hauts fonctionnaires, son nom apparaît dans la liste de personnalités susceptibles d'être inquiétées[10].
En , l'hebdomadaire Jeune Afrique indique que Mohammed Bedjaoui occupe jusqu'à une période récente, un poste de conseiller diplomatique à l'ambassade d'Algérie à Paris, touchant un salaire de 9 000 euros par mois sans exercer d'activité diplomatique[11],[12].
En , il fait l'objet d'une enquête de la part du parquet national financier (PNF) en France à la suite de la « constitution d’un patrimoine considéré comme disproportionné au regard de ses revenus légaux ». Il est suspecté de corruption par des officiels qataris dans les années 1990 lors d'un contentieux entre le Qatar et le Bahrein; malgré les mises en garde repetées du tribunal international de justice concernant les preuves fabriquées par le Qatar au coeur de cette affaire[13],[14].
Sources et références
- ↑ « Biographie Mohammed Bedjaoui », sur bedjaoui.com via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ « Biographie Mohammed Bedjaoui », sur bedjaoui.com via Wikiwix (consulté le ).
- ↑ « Mohamed Bédjaoui se dit “atteint dans son honneur” par les accusations portées contre son neveu dans l’affaire Sonatrach », sur algerie360.com, (consulté le ).
- "Un faux-monnayeur français condamné à mort a été exécuté jeudi matin à Alger", Le Monde, 16 septembre 1966
- ↑ "La condamnation à mort de cinq faux-monnayeurs a causé surprise et émotion dans divers milieux", Le Monde, 13 septembre 1966
- ↑ « Accueil - Cour constitutionnelle », sur Cour constitutionnelle (consulté le ).
- ↑ « Site personnel de Mohammed Bedjaoui », sur bedjaoui.com via Wikiwix (consulté le ).
- ↑ « France : nouvelles révélations dans l’affaire d’un ex-ministre algérien », sur tsa-algerie.com, (consulté le ).
- ↑ Affaire de l’autoroute Est-Ouest : Quand un président de Conseil constitutionnel reconnaît qu’il a joué les…intermédiaires dans un marché public de plus de 11 milliards de dollars !!!
- ↑ D’anciens ministres de Bouteflika rattrapés par des affaires de corruption, El Watan, 21 septembre 2020.
- ↑ Elle bénéficiait d’un statut diplomatique aux côtés de Mohamed Bedjaoui, selon "Jeune Afrique" - L’ex- épouse d’Abdelaziz Bouteflika perd ses privilèges à Paris, site elwatan.com, 4 mars 2021
- ↑ « Nouvelles révélations sur les privilèges de Mohamed Bedjaoui en France », sur algerie360.com, (consulté le ).
- ↑ Le patrimoine français de Mohammed Bedjaoui sous enquête du Parquet national financier, site lejdd.fr, 29 janvier 2026.
- ↑ Mourad Benyahia, « Le patrimoine français de Mohammed Bedjaoui sous enquête du Parquet national financier », sur Le Matin d'Algérie, (consulté le )
Liens externes
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