Musique guinéenne


La musique guinéenne définit la musique produite en Guinée, une nation ouest-africaine, composée de nombreux groupes ethniques. Parmi ses musiciens les plus connus, se trouve Mory Kanté.
Musique nationale
En 1958, l'ancienne colonie française de Guinée devient le deuxième pays africain après le Ghana de Kwame Nkrumah à accéder à l'indépendance. Les Français vivant ce camouflet comme une humiliation, emportent tout ce qu'ils peuvent, du matériel médical au câbles électriques, en passant par les moyens de communication. Exsangue, le pays se retrouve confronté à son propre destin. Son premier dirigeant, Sékou Touré, afin de restaurer la fierté nationale et assoir son autorité, remet la culture locale au premier plan, tout en adoptant des moyens de créations modernes[1]. Il dissout tous les orchestres de danse privés et créé un réseau de groupes parrainés par l'État[2]. Touré introduit une politique culturelle appelée « authenticité », par laquelle les musiciens et les artistes sont chargés de « regarder le passé » pour l'inspiration, et d'incorporer les pratiques traditionnelles dans leurs arts. Ce mécénat a permis à la musique guinéenne de vivre un véritable âge d’or dans les années 1960 et 1970[3].
Le gouvernement forme rapidement le Syli Orchestre National, un orchestre de danse qui comptait certains des meilleurs musiciens du pays.
Liberté est l'hymne national de la Guinée depuis l'indépendance en 1958. Il est arrangé par Fodéba Keïta, basé sur la mélodie Alfa yaya.
Musique traditionnelle
Les 10 millions d'habitants de la Guinée appartiennent à au moins 24 groupes ethniques (Peuls, Mandinka, Susu...). La musique mandé est dominée par les djelis, des chanteurs-historiens itinérants. Traditionnellement, les instruments populaires incluent le ngoni, un parent éloigné du banjo, et le balafon. Les joueurs de balafon célèbres incluent El Hadj Djeli Sory Kouyaté et, au début de sa carrière, Mory Kanté. La kora, croisement entre une harpe et un luth, est également très répandue. D'autres musiques populaires utilisent le Dunun cylindrique associé au djembé en forme de gobelet.
Comme au Mali, un élan de retour aux racines se produit dans les années 1960 et 1970, avec le soutien de l'État de Sekou Touré, père de l'indépendance guinéenne et premier président de la Guinée. Il introduit une politique culturelle appelée « authenticité », par laquelle les musiciens et les artistes sont chargés de « regarder le passé » pour l'inspiration, et d'incorporer les pratiques traditionnelles dans leurs arts. L'« authenticité » prend fin avec le décès de Sékou Touré en 1984.
Musique populaire
Après la Seconde Guerre mondiale, la guitare est importée en Guinée et des joueurs comme Kanté Facelli et son cousin Kanté Manfila développent leur propre style de jeu. À l'époque contemporaine, la guitare joue un rôle très important. Certains des premiers groupes de danse comprennent des groupes populaires comme Keletigui et ses tambourinis, Balla et ses balladins et Kebendo Jazz (également connu sous le nom d'Orchestre de Danse de Guéckédou). Le Bembeya Jazz enrichit encore le melting pot musical de la Guinée après sa visite à Cuba en 1965.
Mory Kanté est un chanteur et musicien guinéen internationalement connu. Son titre 10 Cola Nuts connait un succès majeur en Guinée et au Mali, tandis que Yéké yéké, single de l'album Mory Kanté à Paris, est un succès européen en 1988. Saïfond Baldé est un jeune chanteur contemporain, qui marie sonorités afro et rythme pastoral[4],[5]. Il sort en 2020 son single Fodari (dont le clip dépasse 2 millions du vues en 3 mois)[6].
Straïker est un jeune rappeur qui marie sonorités traditionnelles telles que la flûte pastorale et le djembé aux instruments du rap comme la batterie. Il est le détenteur de plusieurs records dans le hip-hop guinéen dont King of king et un clip très populaire intitulé Poullosophe[7],[8].
Le hip-hop guinéen est aussi composé du rap, ragga, RnB. Duuda est l'un des groupes pionniers du Guinée ; ce groupe est composé clax, momoh, sidi[9] . Ces jeunes par leur musique dénoncent les inégalités sociales et les manques sur le plan politique.
Musiciens et groupes notables
- Mory Kanté
- Sékou Diabaté
- Grand P
- Manamba Kanté
- Sayon Camara
- Straiker
- Dudda
- Sékouba Bambino
- Fodé Baro
- Binta Lally Sow
- Sékouba Fatako
- Momo Wandel Soumah, saxophoniste et chanteur, « doyen du jazz africain »[10]
- Mamadou Barry
- Sia Tolno, chanteuse, autrice et compositrice
- Kora Jazz Trio, groupe d'afro-jazz
- Djeli Moussa Diawara, koriste
- Bembeya Jazz
- Les Ballets africains
- Fodéba Keïta
- N'Faly Kouyaté, koriste
- Kandia Kouyaté, chanteuse
- African Virtuoses
- Orchestre Paillote
- Super Biton de Ségou, groupe d'afro-jazz
- Balla et ses balladins
- Les Amazones de Guinée
- Sékouba Bambino, chanteur
- Queen Rima
- Soul Bang's
Discographie
- African Pearls vol. 2 : Guinée - Cultural Revolution, compilation de musiques guinéennes post-indépendance[11],[12]
- Authenticité - Les années Syliphone (2008), Sterns.
Instruments traditionnels
-
N'Faly Kouyaté, joueur de kora. -
Harpe-luth mandingue (seron). -
Cordophone malinké. -
Lamellophone (gongoma). -
Tam-tam de Samory Touré. -
Sékou Kouyaté jouant du sosso bala.
Notes et références
- ↑ Mazzoleni 2008, Guinée, p. 17-36.
- ↑ (en) Graeme Counsel, ande Popular Music and Cultural Policies in West Africa : Griots and Government Policy since Independence, VDM Verlag, , 304 p. (ISBN 978-3639153057)
- ↑ Sylvie Clerfeuille, « Mamadou Barry », sur Afrisson, (consulté le )
- ↑ Alpha Camara, « Humanitaire : l’artiste Saïfond Baldé au chevet des démunis de Conakry », sur generations224.com (consulté le ) : « un artiste qui fait la une de l’actualité culturelle guinéenne, Saïfond Baldé, jeune artiste qui sut faire un cocktail entre le rythme pastoral et les sonorités afro »
- ↑ Youssef Haidara, « Saïfond Baldé dévoile "Ghari Djinna" son nouveau single », sur gnakrylive.com, (consulté le ) : « le titre « Ghari Djinna », nouveau single de l’artiste chanteur guinéen, Saïfond Balde est enfin disponible (...). Dans ce nouveau morceau, les fans de cette révélation pourront apprécier ses lyrics au sens romantique. »
- ↑ « ’’Fodari‘’ de Saifond Baldé enregistre plus 2 millions de vues sur YouTube », sur guinee-rarilinews, (consulté le ) : « deuxième extrait de son album ‘’Fodari’’, sorti en janvier dernier [...]. À ce jour, « Fodari » qui a seulement trois mois de durée sur YouTube atteint 2 millions de vues. [...] ce n’est pas la première fois que les tubes du jeune artiste de l’afro pastorale atteint un nombre aussi remarquable en un laps de temps. »
- ↑ « Straïker : le rappeur qui trône sur le Hip-hop guinéen », sur choco.ci (consulté le ).
- ↑ « Cabaret Sauvage à Paris. Straïker mis en avant par Audace », sur guinee7.com, (consulté le ).
- ↑ « Hip-hop guinéen, Dudda, groupe mythique », sur www.lepopuaireguinee.com
- ↑ « De l'afro jazz au jazz africain : itinéraire musical », L'influx, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Francis Dordor, « African Pearls vol.2 : Guinée - Cultural Revolution », sur Les Inrockuptibles, (consulté le )
- ↑ Gérald Arnaud, « Guinée : Cultural Revolution », sur Africultures, (consulté le )
Voir aussi
Ressources
Bibliographie
- Florent Mazzoleni, L'épopée de la musique africaine, Hors Collection, , 176 p. (ISBN 9782258103375)
- (en) Duran, Lucy. West Africa's Musical Powerhouse. 2000. Dans Broughton, Simon et Ellingham, Mark avec McConnachie, James, et Duane, Orla (Ed.), World Music, Vol. 1 : Africa, Europe and the Middle East, p. 539–562. Rough Guides Ltd, Penguin Books. (ISBN 978-1-85828-636-5).
- (en) Graeme Counsel, ande Popular Music and Cultural Policies in West Africa : Griots and Government Policy since Independence, VDM Verlag, , 304 p. (ISBN 978-3639153057)
Clips
- Clip audio BBC Radio 3 (60 minutes): Koo Nimo et King Ayisoba, web.archive.org, (consulté le ).
- Clips audio - musique traditionnelle de Guinée. Bibliothèque nationale de France, web.archive.org, (consulté le ).
- Clips audio: Musique traditionnelle de Guinée. Musée d'ethnographie de Genève, web.archive.org, (consulté le ).
Articles connexes
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