Nikolaï Khanykov

| Naissance | Likhvinsky Uyezd (en) |
|---|---|
| Décès |
(à 59 ans) Rambouillet |
| Sépulture |
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Khanikoff (d) |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Famille |
Famille Khanykov (d) |
| Père |
Vladimir Yakovlevich Khanykov (d) |
| Fratrie |
Yakov Khanykov (d) |

Nikolaï Vladimirovitch Khanykov (Николай Владимирович Ханыков) ou Hanykov ou Nicolas de Khanikof ou Khanikoff, né le dans le gouvernement de Kalouga et mort le à Rambouillet, est un orientaliste russe. Membre-correspondant de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
Biographie
D'abord élève du Premier gymnasium classique de Saint-Pétersbourg, il poursuit sa formation au lycée de Tsarskoïe Selo à partir du 1832.
Il apprend les langues orientales de manière indépendante et sera envoyé auprès du gouverneur général d'Orenbourg, Vassili Perovski. En 1839, il participe à la conquête russe du Turkestan.
Affecté à la mission scientifique dirigée par Konstantin Boutenev à Boukhara en 1841-1842, il rédige la Description du khanat de Boukhara (Saint-Pétersbourg, 1843)[1], traduite en anglais, français et allemand. En remontant le fleuve Zeravchan, l'expédition réalise une carte détaillée de du Khanat de Boukhara, découvre plusieurs gisements minéraux et réunit une collection d'insectes principalement rassemblés dans la vallée du Zarafchan, comprenant plus d'un millier d'espèces.
Il publie également deux articles dans le Journal du ministère de l'Intérieur de 1843 au sujet des steppes kirghizes occupées par la horde de Boukeï et la petite jüz (traduit en allemand à la demande d'Alexander von Humboldt dans Ausland).
À la fin des années 1840, Khanikov entra au service diplomatique dans le Caucase sous la direction de Mikhaïl Vorontsov. Là, il se consacre avec zèle à l'exploration de la région sous tous ses aspects. Il essaie de dater notamment les inscriptions à l'intérieur des mosquées au Daghestan méridional et d'analyser les hauts-faits relatés par lesdites inscriptions[2]. Lors de l'ouverture d'une section de la Société impériale de géographie de Russie à Tiflis (), il fut élu assistant du président et contribua à plusieurs publications de la section. Parallèlement, il envoya ses articles aux sociétés archéologiques et géographiques de Saint-Pétersbourg, ainsi qu'à l'Académie des sciences. Son œuvre la plus précieuse durant cette période fut son étude Sur les variations intermittentes du niveau de la mer Caspienne (Notes de la section caucasienne de la Société impériale de géographie de Russie, livre II), qui révéla sa connaissance approfondie de la littérature orientale, ainsi que de la physique et de la géologie. Sa Note (1853) sur l'étude des langues et dialectes du Caucase inspira par la suite les travaux de Schiefner et Uslar. Nommé directeur du consulat général à Tabriz en 1853, il y poursuit ses recherches et établit une station météorologique. En , il devient drogman au Département d'Asie et détaché auprès du vice-roi du Caucase. De passage à Saint-Pétersbourg, il soumet un dossier détaillé au grand-duc Constantin Nikolaïevitch concernant l'organisation d'une expédition scientifique au Khorassan. Khanikov en fut nommé commandant (Piotr Semionov-Tian-Chanski, Histoire du demi-siècle d'activité de la Société impériale de géographie russe, Saint-Pétersbourg, 1896, I, pp. 307-326). L'expédition dura toute l'année 1858 et la moitié de 1859. En 1860, à la demande d'Alexandre Bariatinsky, Khanikov est envoyé en mission à Paris pour traiter les documents qu'il avait collectés. À la demande du ministère de l'Éducation nationale, sa mission à l'étranger est prolongée jusqu'en 1866, puis pour trois ans encore. Khanykov publie les résultats de l'expédition dans les Mémoires de la Société de Géographie de Paris, dans deux articles : Mémoires sur la partie méridionale de l'Asie Centrale (1862)[3] et Mémoires sur l'ethnographie de la Perse (1866)[4] ; le premier à recevoir la Grande médaille d'or des explorations de la Société Géographique de Paris.
En 1858-1859, il parcourt la partie nord de la Perse en effectuant une triangulation établie sur plus de cent positions astronomiques et apporte de nouvelles indications sur l'orographie de la région[5].
En 1865, Khanykov, comme c'était la mode à l'époque, se livre à des mesures crâniennes et d'autres mesures corporelles des peuples iraniens. Il en conclut entre autres de la similitude entre les Tadjiks et les Perses. De plus, il percevait une distinction entre les Perses orientaux et occidentaux, concluant que « le sang persan s'est enrichi par des croisements pendant plus de 2 000 ans avec diverses populations, notamment les Sémites et les Touraniens »[6].
Mort à Rambouillet, Khanykov est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 86).
Son frère Iakov Khanykov (1818-1862) - homme d'État et explorateur russe, cartographe, gouverneur d'Orenbourg en 1851-1856, conseiller d'État.
Quelques publications
- (ru) Description du khanat de Boukhara (1843)[7]
- Mémoire sur la partie méridionale de l'Asie centrale, Paris : Martinet, 1861 (lire en ligne).
- Étude sur l'instruction publique en Russie (1865)
- Mémoire sur l'ethnographie de la Perse, in Recueil de voyages et de mémoires publié par la Société de géographie, t. 8, Paris, Imprimerie impériale, 1866 (lire en ligne).
- Notice sur le livre de Marco Polo édité et commenté par M. G. Pauthier, Paris : Journal asiatique, 1866-6 (tiré à part à lire en ligne).
Notes et références
- (ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Ханыков, Николай Владимирович » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Paolo Sartori, Explorations in the Social History of Modern Central Asia (19th - Early 20th Century), Brill, , 348 p. (ISBN 9789004254190, lire en ligne), p. 34
- ↑ Nikolaï Khanykov, « Sur quelques inscriptions musulmanes. Extrait de deux lettres de M Khanykov », Bulletin de la classe historico-philologique de l'Académie impériale des sciences de St. - Pétersbourg, vol. 5-8, , p. 25-30 (lire en ligne)
- ↑ (en) Mohammad-Reza Djalili, Thierry Kellner, Géopolitique de la nouvelle Asie centrale : De la fin de l’URSS à l’après-11 septembre, Institut de hautes études internationales et du développement, , 588 p. (ISBN 9782940549160, lire en ligne), p. 32
- ↑ (de) Otto Baumann, Untersuchungen über die Hilfsquellen und Bevölkerungsverhältnisse von Persien, Buchdr. H. Bauer, , 159 p. (lire en ligne)
- ↑ Jules Rouch, Époque contemporaine, tome IV de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, p. 124
- ↑ (en) Firat Oruc, Sites of Pluralism : Community Politics in the Middle East, Oxford University Press, (ISBN 9780190092610, lire en ligne), p. 163
- ↑ (en) Michael Kemper, Ralf Elger, The Piety of Learning: Islamic Studies in Honor of Stefan Reichmuth, Brill, , 446 p. (ISBN 9789004349841, lire en ligne), p. 81
Liens externes
- (en) Encyclopaedia Iranica Online, art. Khanykov, Nikolaï (lire en ligne).
- (ru) N. A. Khalfin, Nikolaï Vladimirovitch Khanykov, 1973 (lire en ligne).
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
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