Nome du Veau divin

Combinaison de hiéroglyphes, symbole du Nome.

Le nome du Veau divin ou encore nome du Veau de la Vache divine[1] (Tjeb-Netjeret, en transcription hiéroglyphique : ṯb-nṯrt) est l'un des quarante-deux nomes (division administrative) de l'Égypte antique. C'est l'un des vingt nomes de la Basse-Égypte et il porte le numéro douze.

Symbole

Le taureau[note 1], symbolisant la puissance, est représenté pour le « nome du Veau de la Vache divine », précédé d'un veau sur un pavois[note 2], le tout sur le déterminatif des noms de provinces[note 3].

Géographie

Du fait de l'état de la fameuse inscription de la chapelle blanche qu'est liste des nomes de Sésostris Ier, la taille du nome à cette époque est inconnue. Ce nome était situé pendant une bonne partie de l'histoire égyptienne entre, au nord, la mer Méditerranée puis le nome du Trône lorsqu'il fut créé, le nome du Taureau de la montagne à l'ouest, le nome supérieur de Neith au sud-ouest, le nome d'Andjety au sud et le nome de l'Ibis à l'est[2]. Cependant, pendant la période ptolémaïque, le territoire du nome évolua, s'échangeant des territoires avec le nome du Trône ; le nome borda alors le nome du Taureau de la montagne à l'ouest, le nome d'Andjety au sud, le nome de l'Ibis au sud est et le nome du Trône à l'est ainsi que la mer Méditerranée au nord[3].

Histoire

En son sein faisait partie les territoires de ce qui sera nommé plus tard le nome du Trône, nome qui n'est attesté qu'à partir de la XVIIIe dynastie ; la métropole de ce dernier, Behedet (Tell el-Balamoun), faisait ainsi partie à l'origine du nome du Veau divin ; c'est d'ailleurs probablement à la création de ce nome que la ville pris le nom de Sema-Behedet[4].

Peu de choses sont connues du nomes avant la Troisième Période intermédiaire. En effet, dans la dernière partie de la cette période, le nome était dominé par le « chef des  » de Sebennytos et de Sema-Behedet (Tell el-Balamoun), notamment Akanosh A pendant la campagne de Piânkhy contre la coalition de Tefnakht de Saïs ; ce dirigeant local garda d'ailleurs une position neutre dans ce conflit[5]. Akanosh A a pour un certain Youpout, qui est peut-être son fils ; ce dernier a pour successeur son fils Akanosh B ; enfin, ce dernier a pour successeur un certain Horsaïset, peut-être un fils de ce dernier. C'est Horsaïset qui gouverne la région en -671 lors des affrontements entre les Assyriens d'Assarhaddon et les Koushites de Taharqa pour le contrôle de l'Égypte[6].

À la fin de la Basse Époque, la dernière dynastie nationale (la XXXe) était originaire de Sebennytos[7].

« Le Veau divin » est connue plus tard pour être la patrie de l'historien Manéthon[8].

Divinités locales

Les nomes de Basse-Égypte

Les habitants de Sebennytos vouent un culte à Onouris-Shou, fils d'Atoum-[8],[9], auquel un sanctuaire était dédié ainsi qu’à son épouse la déesse Mehyt[8],[10], déesse qui fut assimilée à Tefnout, Bastet ou encore « Dédit, fille de Rê ». À proximité de la ville se trouve l'Iseum, sanctuaire primitif d'Isis dans lequel était également située une chapelle d'Osiris « le Ressuscité »[11].

Lieux principaux

Les frontières du nome ont changé avec le temps, les villes citées ci-dessous ont été identifiées comme faisant partie du nome dans ses frontières ptolémaïques.

Notes et références

Notes

Références

  1. Dessoudeix 2008, p. 760.
  2. Dessoudeix 2008, p. 770-771.
  3. Dessoudeix 2008, p. 771.
  4. Montet 1957, p. 111.
  5. Payraudeau 2020, p. 178.
  6. Payraudeau 2020, p. 211-212.
  7. Payraudeau 2020, p. 320.
  8. Aufrère et Golvin 1997, p. 284.
  9. Montet 1957, p. 104.
  10. Montet 1957, p. 105.
  11. Aufrère et Golvin 1997, p. 284-286.
  12. Jean-François Champollion, l'Égypte, vol. ii. p. 206.

Bibliographie

  • Heinrich Brugsch-Bey, La Géographie des nomes, ou Division administrative de la Haute et de la Basse-Égypte aux époques des Pharaons, des Ptolémées et des Empereurs Romains, Leipzig, J. C. Hinrichs,  ;
  • Henri Gauthier, « Les Nomes d’Égypte depuis Hérodote jusqu’à la conquête arabe », Mémoires de l’Institut d’Égypte, Le Caire, Imprimerie de l’Institut français d'archéologie orientale, no XXV,‎  ;
  • Henri Henne, « Liste des stratèges des nomes Égyptiens à l’époque Gréco-romaine », MIFAO, Le Caire, IFAO, no 67,‎  ;
  • Émilie Martinet, Le nomarque sous l’Ancien Empire, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne,  ;
  • Alexandre Moret, Une liste des nomes de la Haute-Égypte sous la VIIIe dynastie, Paris, A. Picard,  ;
  • Pierre Montet, Géographie de l'Égypte ancienne : La Basse-Égypte, t. 1, Paris, Librairie C. Klincksieck,  ;
  • (en) Richard H. Wilkinson, The Complete Gods and Goddesses of Ancient Egypt, Londres, Thames & Hudson, , 256 p. (ISBN 978-0-500-28424-7) ;
  • (en) Richard H. Wilkinson, The Complete Temples of Ancient Egypt, Londres, Thames & Hudson Ltd, , 256 p. (ISBN 978-0500051009) ;
  • (en) Steven Snape, The Complete Cities of Ancient Egypt, New York, Thames & Hudson, , 240 p. (ISBN 978-0-500-05179-5) ;
  • Michel Dessoudeix, Chronique de l'Égypte ancienne : Les pharaons, leur règne, leurs contemporains, Arles, Actes Sud, , 780 p. (ISBN 978-2-7427-7612-2) ;
  • Sydney Aufrère et Jean-Claude Golvin, L'Égypte restituée : Sites, temples et pyramides de Moyenne et Basse-Égypte, t. 3, Paris, Éditions Errance, , 363 p. (ISBN 978-2-87772-148-6) ;
  • Frédéric Payraudeau, L'Égypte et la Vallée du Nil : Les époques tardives, t. 3, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 624 p. (ISBN 978-2130591368).

Liens externes

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