Ouseribrê Senebkay

Ouseribrê Senebkay
Image illustrative de l’article Ouseribrê Senebkay
Cartouche de Senebkay à l'intérieur de la tombe
Période Deuxième Période intermédiaire
Fonction principale roi
Sépulture
Nom Tombe de Senebkay
Type Tombeau
Emplacement Sohag
Date de découverte 2014
Découvreur Université de Pennsylvanie

Ouseribrê Senebkay est un souverain d'Égypte ayant régné vers 1650 avant notre ère, durant la Deuxième Période intermédiaire. Il n'est rattaché à aucune dynastie précise. Il règne pendant une période troublée. Le début de la Deuxième Période intermédiaire est marqué par une décomposition profonde de l'État égyptien, aggravée ultérieurement par l'invasion des Hyksôs. Les structures politiques usuelles laissent place à de petits royaumes instables, sur lesquels les pharaons peinent à imposer leur légitimité. Le règne de Senebkay semble avoir été l'un des plus longs de ces temps chaotiques : il aurait duré quatre ans et demi[1].

Attestations

Attestations contemporaines

Une ou deux attestations contemporaines du roi ont été retrouvées[2] :

  • la première est sa tombe, découverte en 2014 à Abydos[2],
  • la seconde est une baguette de magie en bois portant le nom de Sebkay inscrit grossièrement, trouvée à Abydos et maintenant au Musée du Caire (CG 9433 / JE 34988)[3] ; l'identité du souverain avait été diversement interprétée, mais l'une d'elles en faisait un roi de la XIIIe dynastie[4] ; cependant, depuis la découverte de la tombe, il a été suggéré que le nom Sebkay était simplement une graphie fautive du nom du roi Senebkay[2].
Baguette en bois portant le nom du roi.

Attestation postérieure

Le roi est peut-être inscrit dans l'une des positions 11.16 et 11.17 du Canon royal de Turin ; le nom inscrit commence en effet, dans les deux cas, par Ouser...[5],[6]. Cependant, l'état du papyrus ne permet pas d'en être certain, il y a un nombre élevé de lignes manquantes où le nom du roi pourrait être inscrit.

Position chronologique

Le roi semble avoir régné pendant la Deuxième Période intermédiaire. Il pourrait s'inscrire soit parmi les rois non classés[note 1] de la XIIIe dynastie, soit parmi les rois de la XVIIe dynastie, comme le propose Julien Siesse[7],[8], ou dans une éventuelle dynastie locale, baptisée « Dynastie d'Abydos » qui serait parallèle aux XVe et XVIe dynasties. L'existence de cette dynastie dite d'Abydos a d'abord été proposée par Detlef Franke[9] puis développée par l'égyptologue Kim Ryholt en 1997[10]. Cette tombe royale confirmerait l'hypothèse de la subsistance d'une forme d'autorité centrée sur la ville d'Abydos authentiquement égyptienne pendant la période hyksôs[11],[12], ce que Julien Siesse conteste, arguant que les rois thébains étaient également attestés à Abydos et utilisaient par ailleurs les mêmes ateliers royaux que les rois que certains classent dans la dynastie d'Abydos[13].

Sépulture

En janvier 2014, une équipe d'archéologie du Penn Museum de l'université de Pennsylvanie[note 2] annonce la découverte d'une tombe qui serait celle de Senebkay, « un pharaon inconnu »[11].

La tombe a été violée par des pilleurs de tombes qui ont déchiqueté la momie du roi et dépouillé les surfaces dorées de la tombe du pharaon. Néanmoins, les archéologues du Musée de Pennsylvanie ont pu récupérer les ossements du roi Senebkay au milieu des débris fragmentaires de son cercueil : masque funéraire et coffre à vases canopes.

L'identification permet d'apporter plusieurs indications biographiques. Senebkay est un homme de grande taille, 1,78 m, et il est mort à la fin de sa quarantaine. Des études sur son squelette montrent qu'il est mort durant une bataille : en effet, dix-huit marques de traumatismes sur les os sont répertoriées, essentiellement dans le bas du corps (pieds, cheville, genou). Selon toute vraisemblance, Senebkay était à cheval lors de l'attaque, ce qui explique le schéma des traumatismes[14].

Architecture

Le tombeau de Senebkay est de taille modeste ; il se compose de quatre chambres dont une chambre funéraire décorée avec des peintures des déesses Nout, Nephtys, Serket et Isis accompagnant la dépouille du roi. D'autres textes donnent la titulature du roi et permettent de l'identifier comme le « roi de Haute et Basse-Égypte, Ouseribrê, le fils de Rê, Senebkay ».

Le sarcophage de quartzite rouge pourrait être daté de la fin du Moyen Empire, provenant d'une tombe royale construite à l'origine pour un pharaon Sobekhotep, probablement Khâneferrê Sobekhotep, un roi de la XIIIe dynastie.

Titulature

Notes et références

Notes

  1. Voir ci-dessous la « Chronologie des rois et pharaons ».
  2. Le Penn Museum de l'université de Pennsylvanie (musée d'archéologie et d'anthropologie) à Philadelphie est consacré à l'étude et la compréhension de l'histoire humaine et de la diversité. Fondé en 1887, le musée a envoyé plus de trois cents expéditions archéologiques et anthropologiques sur tous les continents habités du monde.

Références

Bibliographie

  • Georges Daressy, Catalogue Général des Antiquités Égyptiennes du Musée du Caire : Textes et dessins magiques, Le Caire, Imprimerie de L'Institut français d'archéologie orientale, (lire en ligne) ;
  • (de) Detlef Franke, « Zur Chronologie des Mittleren Reiches. Teil II: Die sogenannte Zweite Zwischenzeit Altägyptens », dans Orientalia, vol. 57, No. 2, Peeters Publishers, coll. « NOVA SERIES », (JSTOR https://www.jstor.org/stable/43075561), p. 113-138 ;
  • (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
  • (en) Julien Siesse, « Throne Names Patterns as a Clue for the Internal Chronology of the 13th to 17th Dynasties (Late Middle Kingdom and Second Intermediate Period) », GM, no 246,‎ , p. 75-98 (lire en ligne) ;
  • Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674) ;
  • (en) Josef Wegner et Kevin Cahail, King Seneb-Kay's Tomb and the Necropolis of a Lost Dynasty at Abydos, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, , 386 p. (ISBN 978-1949057096).
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