Palais de justice de Coulommiers

Palais de justice de Coulommiers
Vue d'ensemble depuis la rue du Palais-de-Justice.
Présentation
Fondation
Usage
Tribunal (en) ( - ), maison France services (depuis )
Patrimonialité
Localisation
Adresse
22 rue du Palais-de-Justice (d)
Coulommiers, Seine-et-Marne
 France
Coordonnées
48° 48′ 47″ N, 3° 05′ 09″ E
Carte

Le palais de justice de Coulommiers est un bâtiment du milieu du XIXe siècle situé à Coulommiers, en France. Il est un monument d'intérêt local.

Situation et accès

L’édifice est situé au no 22 de la rue du Palais-de-Justice, une façade longeant le square Henri-Bouvenot, à l'est du centre-ville de Coulommiers. Plus largement, il se trouve dans le département de Seine-et-Marne, en région Île-de-France.

Histoire

L'édifice est construit en 1864[1]. Le Tribunal prend possession des nouveaux locaux le , sans cérémonie d'inauguration, mais avec un discours du président, avant de poursuivre par la première audience[2].

« Messieurs,

Au nom de l’Empereur, et selon le vœu de Monsieur le Préfet de Seine-et-Marne, le Tribunal civil et de commerce de Coulommiers prend solennellement possession du nouveau palais de justice qui lui est destiné.

Car, Messieurs, nous ne reverrons plus notre pauvre et vieux palais : il avait fait son temps ; qu’il achève de s’écrouler sous le pic des démolisseurs ! Sic transit gloria mundi.

Sur ses ruines, hélas ! viendra s’asseoir la Force, celle du mois qui rassure, obéissante ou protectrice toujours, aveugle ni brutale jamais, simplement armée du glaive de Thémis auprès du livre de la Loi, telle enfin que les idées modernes en ont fait l’auxiliaire utile et respectée du Droit : nommons-la, Messieurs, c’est la Gendarmerie. Oh ! comme volontiers, pour lui faire place auprès de nous, nous avons abandonné la nôtre !

Il est vrai que, semblables à ces lueurs fugitives qui brillent d’un éclat trompeur, de nombreuses illusions ont environné le Berceau du Palais où nous sommes. À présent que leur mirage prend un corps, nous nous en saisissons, de peur d’avoir à recommencer.

Ici, du moins, plus de mur éventré, plus de poutre qui tremble, plus de plafond ventru, de parquets affamés, plus de hallaîs ; et puis, plus d’hiver sans feu, ni d’été sans ombre.

Combien la réalité présente est préférable aux misères du temps passé ! aussi n’oublions pas, Messieurs, que cet édifice encore si frais, que cette terre promise, accessible d’hier, que ces ébauches de splendeur et d’élégance dont nous vous offrons les prémices, que cela, nous le devons, meubles compris, à l’initiative d’un Préfet honoré, qui, maintenant, administre un des plus beaux départements de la France agrandie, aux libéralités du Conseil général de Seine-et-Marne, qui, comprenant nos besoins, y a noblement pourvu par un généreux emploi de nos centimes accumulés ; enfin à l’énergie et décisive impulsion du plus haut magistrat de ce département, monsieur le vicomte de Vesins, dont l’aménité sympathique a pu, dès son apparition parmi nous, lui concilier la gratitude, disons mieux, l’affection de tous, ce qui lui vaut, absent, d’être aujourd’hui très-regretté. Nul ici, Messieurs, n’oublie ces choses, et je me reprocherais de les avoir omises, comme de méconnaître que nos convenances inspirent de sollicitude à notre cher et bienveillant Sous-Préfet.

Voilà pourquoi, Messieurs, le premier à prendre la parole dans la grand’salle du palais de Coulommiers, je tiens à honneur, me faisant l’écho du Tribunal entier, de rendre grâces à quiconque, de près ou de loin, nous a fait has ædes et sedes, grâces aussi à l’Empereur de qui le Tribunal a reçu son autorité, à l’Empereur au nom de qui s’intitulent nos jugements, à l’Empereur qui a permis que son image nous fût promise par son ministre des Beaux-Arts, au Souverain vers qui s’élève l’humble hommage de notre fidélité ; grâces enfin à Dieu, de qui toute justice émane, et qui, nous l’en prions, vivifiera de son esprit nos humaines décisions ! »[2]

— Discours du président du Tribunal

Vue aérienne des façades arrières du palais de justice, en .

Depuis 2010, le bâtiment accueille un centre France services[3],[4].

Structure

Le bâtiment est construit en calcaire, dans un ensemble cohérent la maison d’arrêt qui lui fait face. Dans un plan rectangulaire, les façades se développent avec des pilastres et ornés d’écussons où figurent la balance et l’inscription latine Lex (« la loi »)[1]. À l’intérieur, on peut retrouver une salle d'audience, datant du XIXe siècle, boisée avec son parquet en chêne[5].

Statut patrimonial et juridique

Le palais de justice et le square Henri-Bouvenot qui lui est adjacent sont des monuments du patrimoine d’intérêt local défini par le règlement du plan local d’urbanisme de Coulommiers, en tant que propriétés de la Ville. Le palais de justice représente un « intérêt exceptionnel » pour « le caractère rare de ce type de construction (style néoclassique) et la fonction historique du bâtiment » et « son fort impact visuel dans le paysage urbain, en particulier avec la présence de son imposante façade et des écussons représentant des textes de lois »[6].

Références

  1. Flohic 2001, p. 329.
  2. « L'Éclaireur de l'arrondissement de Coulommiers : feuille d'annonces légales et avis divers », sur Gallica, (consulté le )
  3. ↑ « France services », sur Coulommiers Pays de Brie Agglomération (consulté le )
  4. ↑ https://www.coulommiers.fr/wp-content/uploads/2021/06/Piece-5-Coulommiers-Reglement.pdf
  5. ↑ « Ancien Palais de Justice », sur Coulommiers Pays de Brie Tourisme (consulté le )
  6. ↑ Règlement du plan local d’urbanisme de Coulommiers, Champs-sur-Marne, Ingespaces (no 5), , 176 p. (lire en ligne Accès libre [PDF])

Bibliographie

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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