Panorama du Congo
| Artistes | |
|---|---|
| Date | |
| Type | |
| Dimensions (H × L) |
14 × 115 m |
| Localisation |
Le Panorama du Congo est une peinture circulaire de 115 mètres de long et de 14 mètres de hauteur réalisée par Alfred Bastien et Paul Mathieu à partir de 1911. Le panorama est présenté de la Section Coloniale belge de l'Exposition universelle de 1913 à Gand. Il fait l'objet d'un programme de recherche depuis 2020. On peut le qualifier d’œuvre de propagande.
Création
En 1911, le gouvernement belge commande à Paul Mathieu et Alfred Bastien, un catholique et un franc-maçon[1], un panorama accompagné de quatre dioramas destinés à valoriser, lors de l'exposition de Gand en 1913, le Congo belge. Il s'agit de contrecarrer la mauvaise image laissée par l'exploitation du Congo par Léopold II alors que la région était sa propriété personnelle[1]. Le budget alloué pour la réalisation du panorama est considérable pour l’époque, 123 000 francs belges[1].

Après un voyage d'étude au Congo de huit semaines, Mathieu et Bastien rapportent 150 photos, 70 esquisses et des enregistrements de voix faits sur des phonographes. Les Établissements Mommen de Saint-Josse-ten-Noode fournissent la toile et le matériel pour la réalisation du panorama. Les nombreuses toiles et sketches préparatoires montrent que la plus grande partie du paysage est de Mathieu et les personnages sont de la main de Bastien. Ils sont aidés par d'autres artistes : Charles Léonard, Armand Apol et Adrien Schultz[1]. Le panorama fut érigé dans le complexe de la Section Coloniale belge.
La toile, de 115 mètres de long et de 14 mètres de hauteur[1], se divise en huit scènes, s'organisant autour de la ville de Matadi avec sa vie indigène, la forêt vierge proche et la route des caravanes. L'analyse des archives laissées par les peintres montre qu'ils ont occulté la réalité de la colonisation belge pour réaliser une œuvre de propagande vantant les bienfaits du régime belge au Congo[1]. Malgré son succès, le Panorama du Congo est démonté avant la Première Guerre mondiale[2].
-
Congolais discutant avec un colon belge. -
Fragment du Panorama du Congo.
- Cartes postales d'après le Panorama du Congo de Bastien et Mathieu, réparti en huit tableaux.
-

-

-

-

-

-

-

-

Histoire du panorama
Bastien profite de l'Exposition universelle de 1935 à Bruxelles[1] pour remonter sa toile dans un pavillon dû à l'architecte Bourgeois. La toile est ensuite enroulée et conservée dans un cylindre au Palais des colonies, à Tervuren, puis dans le musée de l’armée au parc du Cinquantenaire. Elle est endommagée par des soldats allemands durant la Seconde guerre mondiale[1]. La toile, qui est très abimée, est déroulée dans le Grand Hall du Musée de l'Armée en 1956 avant de tomber dans l'oubli.
Retrouvé vers 2011 dans un entrepôt militaire, le panorama fait depuis 2020 l'objet d'un projet de recherche[3]. En 2023, l'équipe de recherche a procédé à une campagne de photographies de la toile[4]. En 2025, une reproduction digitale réduite est présentée au musée Tervuren, qui expose aussi des fragments du panorama dans ses sous-sol[1]. Les visiteurs peuvent également écouter les enregistrements réalisés par les peintres lors de leur séjour à Matadi[1].
Références
- Colette Braeckman, « « Le Panorama du Congo », une fake news coloniale enfin démasquée - Histoire », sur Afrique XXI, (consulté le )
- ↑ Isabelle Leroy, « La peinture de panorama et son développement en Belgique », Annales d'histoire de l'art et d'archéologique, ULB, (lire en ligne).
- ↑ (en) Victor Flores et Leen Engelen, « Decolonising the Panorama of Congo: A Virtual Heritage Artistic Research », sur www.filmeu.eu, (consulté le )
- ↑ (en) « The monumental Panorama du Congo photographed by FilmEU’s Congo VR research team and the War Heritage Institute », sur www.filmeu.eu, (consulté le )
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Portail de la peinture
- Portail des années 1910
- République démocratique du Congo
- Portail de la Belgique
- Portail du monde colonial
- Portail de Bruxelles