Parc zoologique de Clères

Parc zoologique de Clères
Date d’ouverture
Situation
Superficie
12,53 hectares
Coordonnées
49° 35′ 49″ nord, 1° 06′ 28″ est
Nombre d’animaux
1500
Site web
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Le parc zoologique de Clères est un parc zoologique et botanique français, situé en Seine-Maritime, à Clères. Il est une propriété du conseil départemental de la Seine-Maritime. C'est une création de l'ornithologue Jean Delacour qui achète le domaine de Clères en 1919 pour y développer sa passion pour la zoologie, la botanique et l'ornithologie. Le parc zoologique de Clères est classé au titre des sites naturels, tandis que les différents éléments castraux préexistants au domaine sont inscrits au titre des monuments historiques.

Histoire

Le château et domaine de Clères appartenaient, au moment de la Révolution française, à Armand-Louis-François-Edmé de Béthune, fils de Louise-Suzanne-Edmée Martel, héritère des comtes de Clères, et de Armand Joseph de Béthune, duc de Charost. Armand-Louis-François-Edmé de Béthune est guillotiné en 1794 et son domaine confisqué. Il sera restitué à son père, le duc de Charost, qui le lègue à sa seconde épouse, Henriette-Adélaïde-Josèphe du Bouchet de Sourches de Tourzel, héritage contesté par les descendants directs des comtes de Clères mais qui perdent leur procès contre la duchesse de Charost sous la Restauration. Le domaine sort donc de la lignée des comtes de Clères. À la mort de la duchesse de Charost, le , le domaine de Clères passe à sa sœur, Pauline de Béarn, puis au décès de celle-ci, le , à son fils, Louis Hector de Galard de Brassac (1802-1871), de la famille des comtes de Béarn.

La rénovation du site de Clères, existant depuis le Moyen Âge, commence en 1864. Le comte de Béarn fait combler le fossé entourant le château et dessiner un parc à l'anglaise aménagé par Édouard Busigny [1]. Le château est restauré et agrandi sous la direction de l’architecte parisien Henri Parent, avec tous les aménagements modernes tels que salles de bains, calorifères, eau courante à tous les étages, et décoré d'œuvres du sculpteur Jean-Baptiste Foucher.

Le château et domaine sont achetés en 1913 à Pauline de Galard de Brassac de Béarn par l’Américaine Lucy Tate, veuve de Charles Hamilton Paine, devenue duchesse de Choiseul-Praslin par son mariage avec Jean-Baptiste de Choiseul-Praslin. En 1919, elle les revend à Jean Delacour. Celui-ci réaménage le parc, où il crée un zoo, en acclimatant les espèces trouvées lors de ses voyages à travers le monde : en Amérique du sud, en Afrique, en Asie [2]. Le parc est ouvert au public en 1930 et devient une attraction [3].

Le , un incendie ravage le château et fait disparaitre les aménagements intérieurs effectués dans les années 1860 [4] , [5]. Le , un autre incendie détruit les combles du manoir du XVIe siècle[6].

Le parc zoologique ferme pendant la guerre et subit des bombardements, pendant l'invasion de 1940, puis à nouveau à la fin de la guerre[7]. En , Jean Delacour quitte la France pour s'installer aux États-Unis, où il exerce différentes fonctions scientifiques durant la guerre. Alors que le parc zoologique est mis en sommeil, la majeure partie des oiseaux et des mammifères sont les victimes du marché noir.

Le parc rouvre le . L’après-guerre permet la reconstruction et Jean Delacour importe beaucoup d’animaux des États-Unis pour reconstituer les collections du parc. En 1960, Delacour prend sa retraite et s’installe à Clères où il rédige ses mémoires (The Living Air). En 1966, il cède l’établissement au Muséum national d'histoire naturelle pour poursuivre les missions de conservation des espèces, d’éducation et de recherche.

Le , un arrêté classe le zoo au titre de site naturel Logo des sites naturels français Site classé[8]. Les différents éléments castraux préexistants au domaine sont inscrits au titre des monuments historiques[9].

En 2012, le Muséum n'a plus les moyens d'entretenir et rénover le parc : le conseil général de la Seine-Maritime le lui achète pour un euro symbolique[10],[11] et entreprend de nombreuses restaurations (salles d'exposition, toitures…).

Le , un colloque est organisé à Rouen par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen pour commémorer le centenaire du parc zoologique de Clères, colloque dont les actes retracent l'historique et les perspectives de ce parc zoologique[12].

Le zoo est membre de l'association européenne des zoos et aquariums[13] et de l'association nationale des parcs zoologiques, fondée par Jean Delacour lui-même.

Visite

Site

De nombreuses essences d'arbres sont présentes dans le parc. Quelques arbres remarquables sont à noter : séquoia géant, ginkgo biloba, érable…
On y trouve aussi des bâtiments patrimoniaux : les ruines d'un château médiéval [9], un manoir construit au XVe siècle qui a été remanié plusieurs fois, surtout au XIXe siècle, avec sa cour intérieure ; un manoir à pans de bois du XVIe siècle et la cohue (bâtiment où se rendait la justice du bailliage de la ville)…

Le parc est desservi par la gare de Clères et la ligne de bus no 29.

La collection animale

Le canard mandarin, un des nombreux anatidés du parc.

Le zoo abrite à présent de nombreuses espèces de mammifères et d'oiseaux, tels que le gibbon, le maki catta, le wallaby de Bennett, l'ibis sacré, la grue de Mandchourie, la chouette lapone[14]…

Principalement ornithologique, la collection animale du parc de Clères comprend tout d’abord une quantité impressionnante d’anatidés. Des espèces diverses de cygnes, canards percheurs et plongeurs, sarcelles, pilets, dendrocygnes, oies et bernaches évoluent sur la rivière qui longe le parc et sur le plan d'eau principal.

Les ibis sacrés déambulent dans le parc.

Des grues demoiselle de Numidie, des ibis sacrés, des paons, des flamants du Chili, des cigognes et des grues couronnées vivent également dans les différents espaces herbeux et boisés du parc. Depuis 2010, une colonie de pélicans frisés, espèce en voie de disparition, y a été introduite[15].

Dans de grandes volières aménagées, on retrouve des espèces moins communes et parfois menacées comme le faisan d'Edwards, le calao terrestre ou l'ibis chauve.

Beaucoup d'animaux évoluent en semi-liberté, dont un certain nombre de mammifères. Les wallabys de Bennett, les antilopes cervicapres et les hydropotes de Chine peuvent ainsi être observés sans clôtures et viennent parfois à la rencontre des visiteurs. Sur de petites îles, on aperçoit dans le feuillage des arbres les gibbons et les makis catta qui y vivent en toute quiétude.

Les wallabys et les antilopes cervicapres évoluent en semi-liberté.

Le parc de Clères a également intégré dans sa collection animale un couple de pandas roux (depuis 2019)[16] et un groupe reproducteur d'hapalémurs qui sont réputés en « danger critique d’extinction »[17]. Les individus qui y naissent peuvent être échangés avec d'autres zoos afin d'améliorer la diversité génétique.

Les collections se sont enrichies de mammifères avec des tamarins empereurs et des ouistitis pygmées. Depuis 2016, des restaurations importantes ont été menées sur les installations animalières.

Notes et références

  1. ↑ Georges Dubosc, La Normandie Monumentale et Pittoresque, Seine-inférieure, Le Havre, Lemale et Cie, imprimeurs, éditeurs, (lire en ligne), p. 205-214
  2. ↑ « Parc du château, actuellement parc zoologique », notice no IA76002250.
  3. ↑ « L'histoire du domaine », Parc zoologique de Clères.
  4. ↑ « Le château de Clères est ravagé par le feu », Journal de Rouen,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
  5. ↑ « Le château de Clères est ravagé par un incendie », Journal de Rouen,‎ , p. 1, 3 (lire en ligne, consulté le ).
  6. ↑ « Un nouvel incendie au château de Clères », Journal de Rouen,‎ , p. 4 (lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ Pierre Pellerin, Le Parc zoologique de Clères, Paris, Nouvelles éditions latines, ca 1970, 32 p., p. 11-15
  8. ↑ « Le parc zoologique de Clères », sur Carmen - L'application cartographique au service des données environnementales (consulté le )
  9. « Château », notice no PA76000108.
  10. ↑ « Clères - Le premier site touristique de Seine-Maritime, propriété du Département », sur normandie-actu.fr, .
  11. ↑ Selon les deux sources Site internet du parc [1] et site internet du Muséum national d'histoire naturelle [2]
  12. ↑ « Centenaire du Parc zoologique de Clères », Précis analytique des travaux de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen - 2019-2020,‎ , p. 75-152
  13. ↑ (en) « EAZA Member Zoos & Aquariums », .
  14. ↑ « Nos animaux », Parc zoologique de Clères.
  15. ↑ Parc de Clères, l'affaire pélicans (article non daté), sur [www.seinemaritime.net].
  16. ↑ Angele De Vecchi, « C'est une fille ! Un panda roux a vu le jour au Parc de Clères et vous pouvez choisir son prénom », sur france3-regions.franceinfo.fr, (consulté le ).
  17. ↑ Marc Moiroud-Musillo, « Près de Rouen, naissance d'un bébé lémurien au parc de Clères », sur france3-regions.franceinfo.fr, (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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