Paroles d'honneur

Paroles d'honneur
Présentation
Type
Fondation

Paroles d'honneur est un média en ligne français à l'orientation décoloniale, fondé le et issu du Parti des indigènes de la République (PIR).

Il couvre des thèmes tels que l'antiracisme, l'anticolonialisme, les violences policières et les conditions de vie dans les quartiers populaires. Plusieurs figures du PIR y occupent des fonctions éditoriales ou y interviennent régulièrement. Le média entretient des liens avec La France insoumise (LFI), dont plusieurs élus ont participé à ses émissions.

Historique

Paroles d'honneur est lancé le avec une émission tournée au lieu La Colonie à Paris, avec pour rédactrice en chef Louisa Yousfi. Le média est parrainé par le rappeur Kery James. Son slogan est « par nous, pour tous »[1].

Paroles d'honneur est issu du Parti des indigènes de la République. Houria Bouteldja, ancienne porte-parole du PIR, soutient publiquement le média et apparaît régulièrement dans leurs émissions, tandis que le cofondateur du PIR Youssef Boussoumah et Wissam Xelka, qui a milité au sein du PIR, y occupent le rôle de chroniqueurs[2],[3].

En , Paroles d'honneur coorganise avec le collectif Urgence Palestine un colloque consacré à la cause palestinienne. L'événement est perturbé par un happening de militants de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), avant d'être évacués par le service d'ordre[4]. Une vidéo montrant l'un des militants simuler une agression antisémite devient virale sur les réseaux sociaux et conduit à sa démission de ses fonctions d'adjoint municipal[5],[6].

Ligne éditoriale

Le média se revendique d'une approche « politique et décoloniale » et ses émissions couvrent des thèmes tels que l'antiracisme, l'anticolonialisme, l'immigration, les violences policières et les conditions de vie dans les quartiers populaires. Il s'appuie sur des cadres théoriques issus de la pensée décoloniale, notamment les travaux de Walter Mignolo et Ramón Grosfoguel, et donne la parole à des intellectuels, militants et artistes habituellement peu présents dans l'espace médiatique mainstream[1].

Paroles d'honneur entretient des liens avec La France insoumise, dont plusieurs députés ont participé à ses émissions, notamment Jérôme Legavre, Ersilia Soudais, Thomas Portes, Danièle Obono, Alma Dufour, Antoine Léaument, Éric Coquerel, Younous Omarjee et Rima Hassan[2],[3]. Ces présences sont analysées par le politiste Damien Saverot comme une convergence d'intérêts entre LFI, cherchant à mobiliser un électorat populaire issu de l'immigration sur la question palestinienne, et la mouvance décoloniale, qui y voit une opportunité de peser sur la gauche radicale. Il fait remonter ce rapprochement à la marche contre l'islamophobie de 2019[2].

Controverses

Paroles d'honneur est accusé par Libération et Le Point d'antisémitisme et de « racialisme »[2],[3]. Les accusations d'antisémitisme y seraient selon Libération systématiquement requalifiées en « instrumentalisation » visant à stigmatiser les musulmans[3], tandis que le chroniqueur Youssef Boussoumah multiplie les prises de position favorables au Hamas[2],[3]. Pour Libération, le média structure son discours autour d'une opposition entre « blancs », présentés comme colonisateurs et corrupteurs, et « indigènes », assignés à une communauté définie par l'origine et la religion, les individus qui s'en écarteraient étant stigmatisés comme des « traîtres »[3].

Références

  1. Célia Sadai, « « Paroles d’honneur » ou le décryptage décolonial des élections présidentielles françaises » Accès libre, sur Africultures, (consulté le )
  2. Ismaël El Bou-Cottereau, « Paroles d’honneur, un média « décolonial » au service de LFI ? » Accès payant, sur Le Point, (consulté le )
  3. Charlotte Belaïch, « Stream politique : le retour en force de la gauche «décoloniale», en guerre contre le «progressisme blanc» » Accès payant, sur Libération, (consulté le )
  4. Anaïs Condomines, « Que sait-on de cette vidéo d’un militant de l’UEJF au sol, lors d’un colloque autour du 7 Octobre ? » Accès payant, sur Libération, (consulté le )
  5. « Accusé d’avoir simulé une agression antisémite, Kevin Cohen démissionne de son poste de conseiller municipal » Accès libre, sur L'Aisne nouvelle, (consulté le )
  6. Inès Cussac, « Seine-Saint-Denis : un élu contraint de démissionner après une vidéo polémique » Accès libre, sur Actu.fr, (consulté le )
  • icône décorative Portail de la politique française