Pat O'Brien (1899-1983)

Pat O'Brien
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Pat O'Brien en 1936.
Nom de naissance William Joseph Patrick O'Brien
Naissance
Milwaukee (Wisconsin, États-Unis)
Nationalité Américaine
Décès (à 83 ans)
Santa Monica (Californie, États-Unis)
Profession Acteur
Films notables Les Anges aux figures sales
Knute Rockne, All American

Pat O'Brien, de son nom complet William Joseph Patrick O'Brien, est un acteur américain né le à Milwaukee (Wisconsin) et mort le à Santa Monica (Californie).

Acteur parmi les plus connus des années 1930 et 1940, avec plus de cent films à son actif, il a incarné des prêtres, des policiers, des militaires, des pilotes, avec son accent irlandais caractéristique et prononcé (qu'il n'utilisait jamais hors caméra)[1]. Il a souvent partagé l'écran avec la star hollywoodienne et ami proche James Cagney.

Biographie

Pat O'Brien naît en 1899 à Milwaukee dans une famille catholique irlandaise-américaine. Ses quatre grands-parents sont originaires d'Irlande. Les parents de sa mère ont émigré aux États-Unis au milieu ou à la fin du XIXe siècle[2].

Enfant, il fréquente le lycée Marquette University High School (en) avec l'acteur Spencer Tracy, qui deviendra son ami pour la vie. Tous deux souhaitent initialement devenir prêtres (O'Brien rendra visite au pape en 1946)[3], mais ils s’engagent dans la marine américaine pendant la Première Guerre mondiale sans jamais prendre la mer car la guerre se termine avant la fin de leur formation. Après la guerre, O'Brien intègre l'Université Marquette. Pendant ses études, il décide de se lancer dans une carrière d'acteur. Avec Spencer Tracy, il s'installe à New York où ils suivent tous deux les cours de l'American Academy of Dramatic Arts. Les deux jeunes acteurs, qui peinaient à percer, partagent un petit studio et débutent leur carrière sur les planches.

Les débuts

Pat O'Brien passe une décennie à jouer au théâtre à Broadway et dans la région de New York.

Il fait ses débuts au cinéma à New York dans les Vitaphone Varieties (en), des court métrages parlants produits par le studio Warner Bros[4]. Son premier rôle principal est celui du reporter vedette Hildy Johnson dans la version originale de 1931 de The Front Page, avec Adolphe Menjou[5].

Il tient le rôle principal dans Personal Maid (en) (1931) de Paramount et apparaît dans la comédie musicale Dans la stratosphère (Flying High, 1931) de Metro-Goldwyn-Mayer, au côté de Bert Lahr. Dans le film de la RKO, Consolation Marriage (1932), il incarne l'amant d'Irene Dunne, puis il partage l'affiche avec la jeune Bette Davis dans Prisons d'enfants (Hell's House, 1932). Passant d'un studio à l'autre, il enchaîne les rôles principaux : Scandal for Sale (en) (1932) chez Universal ; The Strange Case of Clara Deane (1932) chez Paramount ; Hollywood Speaks (en) (1932) ou encore dans l'un des premiers films à traiter de la Grande Dépression : La Ruée (American Madness, 1932), produit par Columbia Pictures.

Toujours en 1932, il incarne un pilote héroïque dans le film de John Ford, Tête brûlée (Air Mail), produit par Universal. Au sein de ce même studio, il joue dans des films poignants : Le Bagnard (Laughter in Hell, 1932) où il est un forçat qui s'évade, et Destination inconnue (1933). Il tient ensuite le rôle principal dans The World Gone Mad (en) (1933), produit par le petit studio Majestic Pictures (en).

Chez Warner Bros

Le premier film de Pat O'Brien pour la Warner est Bureau des personnes disparues (1933), où il interprète un policier connu pour sa dureté, et dans lequel il a Bette Davis pour partenaire. Il travaille ensuite pour la RKO dans Flaming Gold (en) et pour la MGM dans Mademoiselle Volcan (Bombshell, 1933). Il signe alors un contrat à long terme avec la Warner, qu'il quittera néanmoins en 1940 à la suite d'un désaccord sur les termes du renouvellement de son contrat[6].

En 1934, il tourne son premier film avec James Cagney (lui aussi sous contrat avec la Warner) : Voici la marine (Here Comes the Navy). Les deux hommes s'étaient rencontrés en 1926 et resteront amis pendant près de soixante ans. Ils tourneront huit films ensemble. Cagney y interprètera systématiquement le personnage rebelle, dynamique et inflexible, tandis que O'Brien en est le contre-pied par son calme, son humour et sa maturité d'Irlandais solide[7]. L'association des deux acteurs s'avère particulièrement convaincante auprès du public, à tel point qu'elle est confirmée l'année suivante avec trois autres films. Après la mort de Pat O'Brien, Cagney dira de lui qu'il était son « ami le plus cher »[8].

Après ce film, O'Brien interprète le rôle principal d'un boxeur dans The Personality Kid (en) (1934), puis joue un rôle secondaire aux côtés de Dick Powell dans Mademoiselle Général (Flirtation Walk, 1934) et incarne un commissaire-priseur dans I Sell Anything (en). En 1935, Cagney et O'Brien se retrouvent dans un film d'aviation, Le Bousilleur (Devil Dogs of the Air) puis il tient le rôle principal dans le film biographique, Lampes de Chine (Oil for the Lamps of China) dont il dira que c'est « l'un de mes films préférés »[9].

Il partage à nouveau l'affiche avec James Cagney dans Tête chaude (The Irish in Us, 1935) au côté d'Olivia de Havilland, puis reprend un rôle de second plan auprès de Dick Powell dans Reine de beauté (Page Miss Glory, 1935), avec Marion Davies. Il est ensuite la vedette de la comédie musicale Stars Over Broadway (en) (1935). Il retrouve James Cagney dans un film de Howard Hawks sur l'aviation : Brumes (Ceiling Zero) : Cagney poursuivra plus tard en justice le studio Warner pour avoir placé le nom de O'Brien avant le sien au générique[10].

« C’est un plaisir de travailler avec Jimmy [James Cagney, ndrl] », declare O'Brien en 1935. « On ne pourrait pas rêver d'un meilleur partenaire, mais il y a des limites à tout ça. Je pense qu'un film par an avec Jimmy, ce serait bien. Mais voilà, je l'ai accompagné dans tous les uniformes – l'armée de terre, la marine, la police, les marines, l'armée de l’air – et c’est toujours la même histoire : je craque pour sa copine ou lui pour la mienne. Ça devient lassant… Je ne veux pas passer ma vie à être un beau parleur[11],[12]. »

Le studio Warner lui confie quelques rôles principaux en 1936 et 1937 : I Married a Doctor (en) ; Public Enemy's Wife (en) ; Courrier de Chine (un film d'aviation) ; Septième District (The Great O'Malley) où il est un policier ; Rivalité (Slim) avec Henry Fonda. Il incarne le capitaine de la garde (en permission spéciale de l'armée américaine) face à Humphrey Bogart dans La Révolte (San Quentin) ; dans Sous-marin D-1 (1938), il interprète un marin vétéran.

En 1938, Pat O'Brien est retiré de la distribution de Swing Your Lady afin de pouvoir jouer aux côtés de Kay Francis dans Women Are Like That (en). Il tourne à nouveau avec Dick Powell dans le western musical Joyeux Compères (Cowboy from Brooklyn), puis et avec James Cagney dans Le Vantard (Boy Meets Girl). Il devait retrouver Dick Powell pour Garden of the Moon, mais Powell refusa de tourner dans le film (il fut remplacé par John Payne).

Pat O'Brien livre l'une de ses meilleures prestation dans Les Anges aux figures sales (Angels with Dirty Faces), en 1938, au côté de Cagney : il y incarne le père Jerry Connolly, un ancien enfant des rues devenu prêtre et qui se donne pour mission de réinsérer les enfants vagabonds dans la société. Il retrouve son vieil ami Rocky Sullivan (Cagney), devenu un gangster redouté, et lui demande son aide pour mener à bien sa mission, au nom de leur amitié passée. Ce film marque l'apogée de la collaboration artistique entre les deux acteurs.

L'année suivante, il partage l'affiche avec Joan Blondell dans Une tête brûlée (Off the Record (en)) et dans Une étrange famille (The Kid from Kokomo).

En 1940, il retrouve Cagney dans un film de guerre, Le Régiment des bagarreurs (The Fighting 69th), puis tourne Le Château de l'angoisse avec Ann Sheridan et John Garfield. Il incarne un policier dans Voyage sans retour ('Til We Meet Again), et retrouvent James Cagney et Ann Sheridan dans Zone torride.

C'est aussi en 1940 que Pat O'Brien obtient ensuite son rôle le plus célèbre en incarnant le légendaire entraîneur de football américain, Knute Rockne, dans Knute Rockne, All American. Vers la fin du film, Rockne exhorte à la victoire en prononçant la phrase : « Gagnez-en juste une pour le Gipper »[13], en mémoire du joueur de football américain George Gipp (en), mort prématurément à l'âge de 25 ans, et interprété dans le film par un jeune Ronald Reagan. Cette phrase devient une marque de fabrique de O'Brien ; il la récite à plusieurs reprises devant ses fans lors de diverses occasions publiques. Reagan reprendra plus tard cette phrase comme slogan pour sa campagne présidentielle de 1980.

Pat O'Brien est alors au sommet de sa carrière. On pense à lui pour le rôle d'Alvin York dans le film Sergent York, rôle qui a échu finalement à Gary Cooper et qui a valu à celui-ci l'Oscar du meilleur acteur. Cependant, à ce moment charnière, Pat O'Brien quitte la Warner en . Il signe un contrat avec la 20th Century Fox pour deux films par an[14] mais le studio ne fait finalement pas appel à lui. Il signe ensuite chez Columbia pour deux films par an. Il joue dans Escape to Glory (1940) puis reste inactif pendant un an avant de tourner Two Yanks in Trinidad (en) (1942) avec Brian Donlevy et Le Pilote de la mort (1942) avec Glenn Ford.

Chez RKO

Il signe rapidement un contrat avec RKO, qui lui attribue principalement des rôles d'autorité ou de militaire, comme dans La Marine triomphe (The Navy Comes Through, 1942) et Bombardier (1943). Son film suivant, The Iron Major (en), tente de reproduire le succès de Knute Rockne, All American, avec O'Brien dans le rôle de Frank Cavanaugh. Chez Universal, où il est prêté, il donne la réplique à Deanna Durbin dans la comédie romantique de Frank Borzage, La Sœur de son valet (His Butler's Sister, 1943), puis il retourne chez RKO pour le film de guerre Le Pacifique en feu (Marine Raiders, 1944).

Avec son agent Phil Ryan, O'Brien fonde sa propre société de production, la Teneen Productions. Ils signent un contrat avec la Columbia pour produire un film avec O'Brien : Les Saboteurs (Secret Command, 1944). En 1955, le fisc américain le poursuivra en justice pour les revenus tirés de ce film[15]. Chez RKO, il réalise Having Wonderful Crime (en) (1946) et Man Alive (1945).

En 1946, il obtient le rôle principal dans le film noir à suspense Faux Chefs-d'œuvre (Crack-Up), qui est un grand succès. En 1948, il incarne à nouveau un prêtre qui sauve des enfants de la rue, dans le film biographique Ses mauvais Garçons (Fighting Father Dunne).

Tout en travaillant comme acteur sous contrat à Hollywood, Pat O'Brien fait des participations occasionnelles à la radio dans les années 1930 et 1940.

Fin de carrière

Sa carrière cinématographique ralentit considérablement au début des années 1950, même s'il parvient à trouver du travail à la télévision. Dans son autobiographie, « The Wind at My Back »[16], il écrit qu'il a été complètement dérouté face au déclin de sa carrière. Son ami proche, Spencer Tracy, se bat avec son studio, la MGM, pour lui faire obtenir des rôles dans ses films : Le peuple accuse O'Hara (The People Against O'Hara, 1951) et La Dernière Fanfare (The Last Hurrah, 1958).

Il tient tout de même encore des rôles principaux comme dans le film de guerre Okinawa (1952), le film policier Inside Detroit (en) (1956) et Meurtre sur un air de rock (Kill Me Tomorrow, 1957). En 1959, l'acteur interprète un second rôle dans l'un de ses films les plus connus, celui d'un inspecteur de police face à George Raft dans Certains l'aiment chaud (Some like it hot), avec Marilyn Monroe, Jack Lemmon et Tony Curtis.

Durant ses dernières années, O'Brien travaille souvent pour la télévision. Il est engagé en 1956 et 1957 pour quatre épisodes de la série d'anthologie religieuse Crossroads (en) : dans trois de ces quatre épisodes, il incarne un prêtre. Au milieu des années 1960, il tourne également dans deux épisodes de la série Le Virginien (The Virginian). Après cela, il fait de nombreuses apparitions dans son propre rôle, sa toute dernière en 1982 dans un épisode de la série Happy Days.

Plus tard, O'Brien dira qu'il se souvient d'avoir interprété trois « grands » rôles au cinéma : Knute Rockne, Hildy Johnson dans The Front Page et le père Duffy dans Le Régiment des bagarreurs (The Fighting 69th)[17].

Des années 1960 au début des années 1980, il parcourt souvent les États-Unis en solo et en tournée. Il se produit également fréquemment dans des boîtes de nuit.

Pat O'Brien meurt le 15 octobre 1983 d'une crise cardiaque à l'âge de 83 ans, après une intervention chirurgicale mineure à la prostate. Le président Ronald Reagan publie un communiqué de la Maison Blanche exprimant sa tristesse face au décès de son vieil ami ; le président avait téléphoné à l'acteur à l'hôpital quelques jours seulement avant sa mort[18]. L'acteur repose au cimetière Holy Cross de Culver City, en Californie.

Vie privée

Il a été marié à l'actrice Eloise Taylor (1903–1987) depuis 1931 et jusqu'à son décès. Le couple a eu un fils, Sean, et a adopté par la suite trois autres enfants.

Hommage

Pat O'Brien est honoré de deux étoiles sur le Hollywood Walk of Fame (le trottoir des célébrités) : l'une pour le cinéma (au no 1531 Vine Street) et l'autre pour la télévision (au no 6240 Hollywood Boulevard).

Filmographie

Années 1930

Années 1940

Années 1950

Années 1960/1970

Bibliographie

  • Auobiographie de Pat O'Brien : The Wind at My Back: The Life and Times of Pat O'Brien ; New York: Doubleday, 1964 (B0007DKGHC)

Notes et références

  1. (it) [Le Garzantine, Garzanti, 2002, page 850-851]
  2. (en) Pages 18 à 21 de l'autobiographie de Pat O'Brien : The Wind at My Back: The Life and Times of Pat O'Brien ; New York: Doubleday, 1964 (B0007DKGHC)
  3. Pat O'Brien reçu par le pape, article de la revue française Cinévogue du 3 décembre 1946 (page 11) - Lire en ligne sur Gallica
  4. Roy Liebman : Vitaphone Films: A Catalogue of the Features and Shorts ; Jefferson, North Carolina: McFarland & Company, Inc., 2003 (ISBN 9780786446971).
  5. En 2010, ce film a été sélectionné par le National Film Preservation Board pour être conservé au Registre national du film de la Bibliothèque du Congrès, en raison de son importance culturelle, historique et esthétique. Voir : Mike Barnes : " 'Empire Strikes Back,' 'Airplane!' Among 25 Movies Named to National Film Registry" ; The Hollywood Reporter ; 28 décembre 2010.
  6. (en) Page 260 à 261 de l'autobiographie de Pat O'Brien : The Wind at My Back: The Life and Times of Pat O'Brien ; New York : Doubleday, 1964 (B0007DKGHC)
  7. Andrew Bergman : James Cagney ; Milano Libri Edizioni, 1976, page 48 à 80 (EAN:2568912533453)
  8. (en) Heart Attack Kills Actor Pat O'Brien ; Washington, PA: Observer-Reporter. AP. 17 octobre 1983.
  9. (en) Pat O'Brien : The Wind at My Back: The Life and Times of Pat O'Brien ; New York : Doubleday, 1964, page 251. B0007DKGHC
  10. Cagney tells court warners book him below pat O'brien ; Chicago Daily Tribune, 7 mars 1936.
  11. FRANK S. NUGENT : Sentimental Irishman, article de The New York Times du 1er décembre 1935.
  12. Citation originale : « You couldn't ask for a better partner but there's a limit to all that. I think one picture a year with Jimmy would be fine. But as it is I've been with him in every uniform – the army, the navy, the police, the marines, the air corps – and it's always a case of me falling for his girl or him falling for mine. It gets tiresome… I don't just want to be a fast-talking Charlie all my life. »
  13. Citation originale : « win just one for the Gipper »
  14. Pat O'brien will make 'manila calling' at fox – reagan in 'dangerous journey'  ; article de The New York Times du 16 janvier 1942.
  15. Pat O'Brien v. Commission | 25 T.C. 376 (1955) | avtc3761354 | Leagle.com.
  16. (en) Autobiographie de Pat O'Brien : The Wind at My Back: The Life and Times of Pat O'Brien ; New York: Doubleday, 1964 (B0007DKGHC)
  17. Page 243 de son livre autobiographique : The Wind at My Back: The Life and Times of Pat O'Brien ; New York: Doubleday, 1964 (B0007DKGHC).
  18. Heart Attack Kills Actor Pat O'Brien ; Washington, PA: Observer-Reporter. AP. October 17, 1983.

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