Paul Badré (aviateur)
| Paul Badré | ||
Paul Badré en 1936 | ||
| Naissance | Saint-Saëns (Seine-Maritime) |
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| Décès | (à 94 ans) La Ferrière-Bochard (Orne) |
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| Formation | École polytechnique | |
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| Années de service | 1929 – 1946 | |
| Distinctions | Légion d'honneur | |
Paul Badré (1906-2000) est un pilote et ingénieur aéronautique français, combattant de la Seconde Guerre mondiale.
Membre du SR Air de Georges Ronin, il transmit par radio des renseignements aux Alliés depuis son village de Bellerive, à côté de Vichy. Ses émissions clandestines continuèrent jusqu’au débarquement américain en Afrique du Nord. Il fut ensuite envoyé à Londres comme officier de liaison avec le BCRA et le MI6. À l'été 1944, il commanda un escadron de bombardiers pendant le débarquement de Provence.
Biographie
Paul Badré, né le à Saint-Saëns, était le fils de Louis Badré (1875-1969), conservateur des eaux et forêts et officier de la Légion d’honneur[2],[3], et de Claire Maire (1884-1934)[4].
Il était l’aîné de six enfants : Louis Badré[5] (directeur général de l’Office national des forêts[6],[7]), Jean Badré (vicaire aux Armées françaises puis évêque de Bayeux), Jacques Badré (curé de Semallé[8]), Charles Badré (dit « père Jean », moine bénédictin assassiné par les Khmers rouges en 1975[9],[10],[11]) et Marie Badré.
Après son baccalauréat au lycée de Colmar[12] et des classes préparatoires au lycée Kléber de Strasbourg[13], Paul Badré fut reçu en 1926 à l’École polytechnique à Paris. Sa promotion, avec celle de 1927, réunit Henri Ziegler (président de l’Aérospatiale), Georges Glasser (président du GIFAS et d’Alstom), Henri Desbruères et Joseph Roos (présidents d’Air France), Louis Bonte (directeur du CEV), ou le pilote Jacques Lecarme[14].
À la sortie de polytechnique en 1928, il s’engagea dans l’Aéronautique militaire, rejoignant comme sous-lieutenant l’École d’application de l’aéronautique à Versailles[15]. Formé à la base d’Avord, sur Morane-Saulnier MS.138, Caudron C.59, Breguet 14 et Farman F.60, il fut breveté pilote en [16] et intégra l’année suivante le 21e régiment d’aviation, à Nancy. Promu capitaine et chef de son escadrille en 1933, il fit à cette époque la connaissance de Georges Ronin[17].
Pilote d’essai
Au printemps 1935, Paul Badré fut muté en même temps que Constantin Rozanoff au Centre d'essais du matériel aérien (CEMA) de Villacoublay[18], où étaient testés les avions de Marcel Bloch[19],[20]. Il prit part notamment aux essais du Douglas DC-2[21], du Potez 540[22] et du Leo 45, dont il suivit la production avec Jacques Lecarme, de l’usine aux essais en vol[23].
Au moment des accords de Munich, en , il effectua une mission pour le Secret Intelligence Service et la section « Air » du 2e bureau (commandée par son ami Ronin). Badré photographia la frontière des Alpes et la plaine du Pô à dix kilomètres d’altitude, à bord d’un Potez 540[24],[17]. Le , en visite à Angkor pendant une mission de transport[25], il apprit à la radio l’entrée des nazis dans Prague.
Seconde Guerre mondiale
Au déclenchement de la mobilisation française, le , il fut affecté à la base aérienne d’Orléans[26]. Au tournant de l’année 1940, il fut envoyé en Écosse[27] pour des essais en vol de nouvelles technologies radar. Au printemps, à la demande de l’état-major de l’Armée de l’air, il fit une tournée auprès des escadres de bombardement dans le Sud-Ouest pour contrôler l’entraînement des pilotes sur Leo 45[28].
La veille de l’armistice, il décolla pour Oran[29] avec René Gervais. Le colonel Ronin les intégra à son escadre comme adjoints. Ils visitèrent les bases aériennes militaires du Maroc pour tenter de remotiver les troupes. Ronin décida de rebâtir en France un service de renseignement en contact avec les Britanniques.
Comprenant l’allemand, Paul Badré fut affecté à la mi-août à la Waffenstillstandskommission – chargée de l’application de la convention d’armistice –, où il succéda à Christian Sarton du Jonchay comme officier de liaison avec la Luftwaffe[30]. Il fut mis en congé d’armistice le et s’installa avec sa famille à Bellerive-sur-Allier, un village voisin de Vichy.
SR AIR
À Bellerive, il prit la direction d’un poste du SR Air[31],[32],[33], le service de renseignement mis sur pied par Georges Ronin[34] avec l’accord du général Bergeret, ministre de l’aviation du maréchal Pétain[35].
En , Frederick Winterbotham (nom de code Summer), officier de la Royal Air Force responsable de la source Ultra au MI6, fit parvenir au SR Air des émetteurs-récepteurs dissimulés dans des valises diplomatiques[36]. Depuis sa villa de Bellerive, le capitaine Badré (nom de code Beard) établit clandestinement une liaison radio avec l’Angleterre (le Groenland)[37].
Il recruta plusieurs agents[38] dont Robert Masson, qu’il mit en lien avec le mouvement Ceux de la Libération en zone occupée[39]. Masson lui apportait chaque mois des renseignements en traversant la ligne de démarcation. Badré obtint du colonel Jean Touzet du Vigier[40] que des armes fussent livrées secrètement en zone occupée à destination de Ceux de la Libération et du réseau d’Alfred Heurtaux[41].
À partir du printemps 1942, l’ingénieur des PTT Robert Keller[42] et ses équipes mirent sur écoute les communications téléphoniques allemandes entre Paris et Berlin – interceptant les échanges de hauts responsables de la Kriegsmarine, de la Luftwaffe, de la Wehrmacht Heer et de la Gestapo. Ils parvinrent même à écouter la voix d’Adolf Hitler[43]. Des retranscriptions des conversations récoltées (la « source K ») furent acheminées par le réseau Vengeance à Bellerive, où Beard les communiqua au Groenland[44]. Il transmit en particulier des informations sur les mouvements des troupes allemandes vers l’Union soviétique[45],[46].
Au début du mois d’octobre, il fut convoqué à Vichy par le général Revers, chef d'état-major de la défense nationale, qui le prévint qu’avec l’accord de Pierre Laval, l’Abwehr et la Gestapo s’apprêtaient à envoyer en zone libre des équipes mobiles, pour identifier par la radiogoniométrie les postes clandestins[47]. Cette opération avait pour nom de code Aktion Donar. Le matin du , les services spéciaux allemands circulaient dans son village de Bellerive-sur-Allier. Alerté à temps par un complice[48], il interrompit l’émission en cours, démonta son poste et brûla les papiers compromettants[17].
Après cette incident, informé de l’imminence du débarquement allié en Afrique du Nord, le service suspendit ses liaisons avec Londres[49]. Dans la nuit du 9 au – la veille de l’invasion de la zone libre –, Ronin et ses principaux officiers s’envolèrent pour l’Algérie à bord de deux Dewoitine D.338 mis à disposition par le général d’Harcourt[50].

Londres
Promu commandant à son arrivée, Paul Badré voyagea en Tunisie et au Maroc pour le compte du SR Air[52]. Le colonel Ronin, qui s'était rallié au général Giraud, chapeautait désormais les services spéciaux avec Louis Rivet et Paul Paillole. Ronin retrouva Winterbotham à Londres le . À son retour, dans les premiers jours de 1943, il confia à Badré un poste d’officier de liaison avec le MI6 et le BCRA du colonel Passy (chef du renseignement gaulliste)[53].
Accompagné de recrues françaises du Special Operations Executive[54], Paul Badré partit pour Londres le [55]. D’abord logé Albemarle Street, dans l’appartement de Claude Dansey[56] (où il fit la connaissance du colonel Passy[57]), il s’installa ensuite dans une villa de l’Intelligence Service en bordure de Wimbledon Common[58]. Au 12 Caxton Street, il travaillait avec le Circus de Wilfred Dunderdale qui récoltait des renseignements sur le front de l'Est[59].
En mars, le commandant Badré se cassa une jambe au terme d’un saut en parachute à Ringway[60]. À l’hôpital, il reçut la visite de Robert Masson, qui avait rejoint l’Angleterre après avoir traversé l’Espagne dans la clandestinité. Ce dernier fut parachuté en Normandie à la pleine lune suivante. Un autre agent fut parachuté, André Duthilleul[61] (Oscar) que son frère Jean Badré hébergea à Paris[62].
Le , il organisa l’exfiltration aérienne du général Georges à la demande du cabinet de Churchill[63]. Masson profita de l’opération pour quitter la France occupée, après y avoir implanté le réseau Samson.
Méditerranée
Le , les armées du général de Gaulle et du général Giraud fusionnèrent sous l'égide du Comité français de libération nationale. À 37 ans, Badré s’estimait encore en âge de piloter et de combattre[17] : il remit sa démission à Stewart Menzies – chef du MI6 – et quitta Londres le [64] quelques jours avant l’opération Husky.
En Afrique du Nord, Georges Ronin perdit le contrôle des services spéciaux au profit du colonel Passy. Commandant le groupe 2/52 en Méditerranée, Badré fut stationné dans la région d’Oran, avec les divisions du général du Vigier et du général Rignot[65],[66]. Ses troupes furent ensuite affectées pour l’hiver au Maroc, à Médiouna. Au printemps, ils s’entraînèrent dans la région de Constantine, à Teleghma[67]. Ce ne fut qu’à la fin du mois de juin que son groupe devint opérationnel, après la livraison par l’Armée de l’air américaine de seize Marauder B26 flambant neufs.
Le , le 2/52 fut envoyé en Sardaigne, à la base de Villacidro. Il y reçut la visite de Saint-Exupéry, quelques jours avant la mort de l’écrivain[68].
Débarquement de Provence
Le , Badré bombarda un pont d’Asti avec son escadron. Trois jours plus tard, une escadre franco-américaine de 72 avions attaqua un pont ferroviaire d'Arles[69]. Les bombes de son Marauder s’abattirent sur un cimetière où s’était retranchée la Flak allemande, qui fut intégralement pulvérisée. Le , premier jour du débarquement de Provence, 72 avions (36 de l’Armée française de la Libération et 36 « forteresses volantes » américaines) avaient pour mission de détruire des ponts sur la Buëch et la Durance. La météo était mauvaise et des pilotes de l’USAAF, forcés à une manœuvre d'évitement après leur premier passage, se libérèrent de plusieurs dizaines de tonnes de bombes, tuant cent civils à Sisteron.
Le , le groupe de Badré attaqua les batteries côtières de Toulon qui lui infligèrent de lourdes pertes[70]. Il réessaya le surlendemain avec une tactique plus furtive qui s’avéra concluante[71]. Le 2/52 combattit ensuite en Italie[72],[73].
Industrie aéronautique d’après-guerre
Promu lieutenant-colonel en , il fut nommé chef du 5e bureau (« programmes ») de l’état-major de l’Armée de l’air. Il supervisa la « mission d’information scientifique et technique[74] » (MIST), qui envoya un commando en Allemagne, dans la zone américaine, pour capturer l’ingénieur Willy Messerschmitt et saisir ses travaux, lesquels furent microfilmés par des étudiants de polytechnique avant d’être rendus aux Américains[75]. La MIST s’appropria aussi une station d’essais de missiles V2 cachée dans la forêt entre Sigmaringen et le lac de Constance[76].

Le , Paul Badré fut le premier pilote français à piloter un avion à réaction sur le territoire national (un Messerschmitt Me 262 pris à l’ennemi)[77] lors de l’inauguration du centre d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge. Il fut désigné membre du conseil chargé du perfectionnement de l’École polytechnique[78]. Au mois de , il accompagna en Angleterre le général Bouscat, chef d’état-major de l’Armée de l’air[79],[80]. Comme Rozanoff, il quitta l’Armée en [81], à l’approche du déclenchement de la guerre d’Indochine[1].
Dans le civil, Paul Badré s’occupa d’abord des essais en vol de la Snecma, fabricant national des moteurs aéronautiques[82],[83],[84]. Georges Glasser le recruta en 1948 comme directeur de production de la Sncaso[85]. Il fut impliqué dans la production de trois avions de chasse de Marcel Dassault (l’Ouragan, le Mystère II et le Mystère IV) et dans celle du biréacteur Vautour et de l’hélicoptère Djinn. En 1957, la Royal Aeronautical Society de Londres le reçut avec le statut de Fellow[86].
Au départ de Georges Glasser pour Alstom, la Sncaso fusionna avec la Sncase pour former Sud-Aviation. Paul Badré devint président de la Sferma (1957-1965[87]) puis de Maroc-Aviation (1966-1972[88]) ainsi qu’administrateur de plusieurs entreprises, parmi lesquelles la société de Jean Bertin, dont le projet d’Aérotrain fut abandonné à la suite du premier choc pétrolier[89],[86].
Fin
Intronisé membre d’honneur de l’Académie de l'air et de l'espace en 1999[86], Paul Badré mourut à quatre-vingt-quatorze ans, le , à La Ferrière-Bochard dans l’Orne.
Il avait épousé en l’église Sainte-Jeanne-d'Arc de Versailles, le [90], Cécile Cordier (1909-2005), fille de Jean Cordier – chef du 4e bataillon de chasseurs à pied tué dans le Labyrinthe en 1915 – et de Madeleine Beaudenom de Lamaze, fille du général de Lamaze. Dix enfants sont nés de leur union[91]. Cécile Badré était la cousine germaine de deux compagnons de la Libération, Jacques Beaudenom de Lamaze et Jacques Lecompte-Boinet.
À Brétigny-sur-Orge, la rue Paul-Badré longe l’Institut de recherche biomédicale des armées (site d’une base aérienne militaire jusqu’en 2012).
Décorations
Commandeur de la Légion d'honneur (1955)
Croix de guerre 1939-1945
Rosette de la Résistance[92]
Médaille de l'Aéronautique
Notes et références
- « Journal officiel de la République française du 10 octobre 1948 »
- ↑ Louis Badré était un vétéran de la Grande Guerre, décoré de l’Army Distinguished Service Medal (avec une citation à l’ordre de l’Armée américaine) et de la Croix de Guerre 1914-1918 (avec palme de bronze). Il fut cité à l’ordre de l’Armée française à deux reprises. La première fois le 24 juillet 1917 par le général Jacquot (chef du 35e corps d’armée) : « A mis à profit tous les instants libres de son service pour se mettre au courant du service d’état-major. Devenu excellent officier de troisième bureau, a pris part aux opérations offensives du corps d’armée sur la Somme et à l’installation du secteur reconquis entre Somme et Oise, remplissant maintes fois en premières lignes des missions de reconnaissance dangereuses avec un calme parfait et un beau mépris du danger. » La seconde fois le 4 juillet 1919 par le général Gouraud (chef de la 4e armée) : « Travailleur infatigable, d’un dévouement absolu, d’un courage calme et magnifique, a pris part aux opérations offensives du 35e corps d’armée sur la Somme, dans la poursuite de Lassigny à St Quentin, et sur le chemin des dames. A exécuté de très nombreuses reconnaissances en premières lignes sous des bombardements violents et son exemple était pour les troupes visitées un réconfort précieux. »
- ↑ « Notice de Louis Badré (1875-1969) aux archives nationales »
- ↑ Petite-fille du recteur Louis Maggiolo et nièce d’Adrien Maggiolo, publiciste au service du comte de Chambord puis du comte de Paris. Un autre oncle de sa mère, Ernest Maire (1847-1924), exerça pour la famille d’Orléans la charge de garde de la forêt d’Eu puis d’intendant de la chapelle royale de Dreux. Claire Maire était aussi lointainement apparentée à deux pionniers de l’aviation, Charles Renard et Paul Renard (Paul Badré, Survol, Versailles 1971, p.10-13).
- ↑ Époux de la sœur du général Zeller (et nièce de Louis Madelin). Ils étaient les parents du sénateur Denis Badré et de Michel Badré, et les grands-parents de l’homme d’affaires Bertrand Badré.
- ↑ « Notice de Louis Badré (1907-2001) à la BNF »
- ↑ « « Une histoire de la forêt française », Le Monde du 8 décembre 1983 »
- ↑ « Des habitants fêtent les 100 ans du père Badré »
- ↑ Sa trace se perdit en compagnie de Paul Tep Im Sotha le 24 avril 1975. Leur assassinat par les communistes khmers fut confirmé par une enquête diligentée par le gouvernement américain dans les camps de réfugiés khmers à Surin en Thaïlande. Abattus par des salves de Kalachnikov, ils furent décapités et leurs têtes accrochées à des piquets sur le pont dit « des Vietnamiens », sur la route de Sisophon.
- ↑ (en) Indochina : Hearing Before the Subcommittee on East Asian and Pacific Affairs of the Committee on Foreign Relations, United States Senate, Ninety-fifth Congress, Second Session, U.S. Government Printing Office, (lire en ligne), p. 80
- ↑ Marie-Laure Bourboulon, Charles Badré, Oncle Charly, Père Jean, 154 p.
- ↑ Il fut au lycée de Colmar le condisciple de Paul Stehlin et d’Alfred Kastler, futur prix Nobel de physique (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.48).
- ↑ Il eut pour professeur à Strasbourg le père du général Jean Thiry, qui dirigea les essais nucléaires en Polynésie dans les années 1960 (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.64).
- ↑ « Paul Badré, Alumni de l’École Polytechnique » (consulté le ).
- ↑ Sa vocation de pilote remontait à ses 7 ans, lorsqu’à l’été 1913, il avait assisté à un vol de Louis Mouthier à Arbois, puis aperçu l’avion du colonel Girod au-dessus de la forêt de la Joux (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p. 29). Son baptême de l’air eut lieu le 29 décembre 1926, au Bourget, comme passager d’un Breguet 19 (Survol, p. 78).
- ↑ Marcel Catillon, Qui était qui ? : Mémorial de l'aéronautique, vol. 2, t. 2, Nouvelles Éditions Latines, , 220 p. (ISBN 978-2-7233-2053-5), p. 18-19.
- « Entretien avec le colonel Badré, enregistré le 22 avril 1976 à Versailles - Service historique de la défense nationale ».
- ↑ Le Centre était commandé par le colonel Delaître, dont il devint l’adjoint à l’été 1936. Au CEMA, il côtoya entre autres Lionel de Marmier, Guy Fanneau de la Horie et Pierre Satre (le concepteur de la Caravelle).
- ↑ Il participa aux essais des Bloch MB.130, Bloch MB.200 et Bloch MB.220.
- ↑ Entre 1935 et 1939, il vola sur une trentaine d’appareils : Potez 39, Potez 540, Mureaux 115, Morane 315, Farman F.420 (en), Romano R.82 (en), Dewoitine D.500, Blériot-SPAD S.510, Cierva C.30, Caudron C.440, Guillemin JG.10 (en), Morane-Saulnier MS.225, Dewoitine D.338, Farman F.222, Breguet 460, SPCA 82, de Havilland DH.88, Caudron C.640, Morane-Saulnier MS.406, Loire-Nieuport LN 161, Bernard 86, etc…
- ↑ À bord d’un Douglas DC-2, il fit survoler à Louis Renault sa propriété dans l’Eure, près des Andelys. Cet avion avait été acheté en 1935 par le gouvernement français avec la participation de Renault qui, à l’initiative de Christian Sarton du Jonchay, y fit voler tous ses dirigeants (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p. 136).
- ↑ Après la victoire du Front Populaire, il eut pour passager le maréchal soviétique Mikhaïl Toukhatchevski, au cours d’un vol de démonstration sur Potez 540.
- ↑ Cet appareil, le premier avion militaire français à dépasser une vitesse de 500 km/h en altitude, était l’œuvre du jeune ingénieur Pierre Mercier. Paul Badré présenta le Leo 45 à Villacoublay le 10 juillet 1938.
- ↑ Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.22.
- ↑ La direction de l’aviation civile lui fit effectuer un aller-retour complet de trois semaines sur la ligne d’Extrême-Orient, à bord de la version définitive du Dewoitine 338. Le voyage de Marignane jusqu’à Hong Kong nécessitait alors 18 escales : Tunis, Tripoli, Alexandrie, Damas, Bagdad, Bouchehr, Djask, Karachi, Jodhpur, Allahabad, Calcutta, Akyab, Rangoun, Bangkok, Saïgon, Da Nang, Hanoï et Zhanjiang. Au retour, il compta parmi ses passagers les parents de Valéry Giscard d’Estaing et l’archéologue Georges Salles (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.151-173).
- ↑ Il était logé au château de Chevilly avec Henri Ziegler, Maurice Cambois et le colonel Montrelay (successeur du colonel Delaître à la tête du CEMA).
- ↑ À la base de Leuchars, alors commandée par Brian Edmund Baker (en).
- ↑ Il fit à cette époque la connaissance d’Antoine de Saint-Exupéry.
- ↑ Il vit arriver Saint Exupéry aux commandes d’un Farman.
- ↑ La Luftwaffen-Kontrolkommission II, établie à l’hôtel Carlton de Lyon et dirigée par l’Oberst Karl Kettembeil, devait faire l’inventaire du matériel et des infrastructures aéronautiques en zone occupée. Le capitaine Badré servit d’interprète.
- ↑ Il eut d’abord pour adjoint Pierre Rolland-Foxonnet (X1934), rencontré dans l’escadre de Ronin, qui sera tué le 14 février 1945 dans le crash de son Marauder B-26, abattu au-dessus de Lauterbourg par un canon antiaérien.
- ↑ À partir de juillet 1941, il eut pour adjoint René Gervais, lequel avait fermé son poste de Perpignan (les liaisons avec l’Espagne étant assurées depuis Madrid par le colonel Malaise).
- ↑ « Avant novembre 1942 : un premier noyau de résistance dans l’armée d’armistice », sur x-resistance.polytechnique.org
- ↑ À cette époque, Ronin voulait monter une section paramilitaire pour des actions de sabotage. Il mit Badré en contact avec deux membres de la « Cagoule », Georges Groussard et Henri Martin.
- ↑ « Claude d’Abzac-Épezy. Les services de renseignements clandestins de Vichy : l'exemple du S.R. Air. In: Revue Historique des Armées, no 195, 1994. Libération et Résistance. pp. 58-67. »
- ↑ Elles furent rapportées de Londres par le colonel de Berroëta, pris en charge par les services secrets britanniques à Lisbonne.
- ↑ Il fut assisté par deux spécialistes des émissions radios, Gourriou (Gallic) et Lemoine (Leprêtre), et par un ingénieur de la SFR, Maurice Vidrequin, rencontré par l’intermédiaire de Louis Bonte (Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p. 38).
- ↑ Il s’entoura notamment d’un pionnier du mouvement des « Compagnons de France », Léon Vernet (Jules Verne), qui fut chargé d’identifier des points de passages sur la ligne de démarcation. Il put aussi compter sur Roger Hardouin, ex-pilote de chasse qui se fit embaucher comme contremaître à l’atelier de réparation Junkers de Villacoublay et opéra en agent double ; Pierre Bucaille (camarade de polytechnique), notaire parisien qui prospecta les milieux industriels en rapport avec les allemands ; M. Varin, ancien professeur d’anglais au lycée de Versailles, fonctionnaire du ministère des affaires étrangères à l’hôtel du Parc, qui organisa l’exfiltration des agents (en particulier au Portugal) ; ou M. Sabatier, habitant de Charolles (commune située sur la ligne de démarcation) et détenteur d’un laissez-passer frontalier permettant l’acheminement du courrier (Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.59-60).
- ↑ Robert Masson, Mes missions au clair de Lune, 1975, p.17-23
- ↑ Il fut mis en contact avec le colonel du Vigier par son beau-frère Henri Zeller, chef du 3e bureau de l’état-major de l’Armée d'armistice.
- ↑ Après la mutation du colonel de Vigier, ces livraisons d’armes furent interrompues. En juin 1942, au cours d’une réunion générale des officiers du SR Air à Nice, le capitaine Badré souligna la nécessité d’élargir les activités du service au-delà du renseignement, en fournissant des armes à la résistance intérieure (Robert Masson, Mes missions au clair de Lune, 1975, p. 39). Peu avant son départ pour l’Afrique du Nord, il mit en contact les équipes du général Revers (chef d’état-major de la défense nationale) avec Ceux de la Libération.
- ↑ Dénoncé par René Bousquet à Carl Oberg, Robert Keller fut arrêté par la Gestapo le 25 décembre 1942. Il fut déporté en Allemagne où il mourut le 14 avril 1945 à Bergen-Belsen, la veille de la libération du camp par les Britanniques.
- ↑ Hitler sur table d’écoute, documentaire de Laurent Bergers, 52 min, 2018.
- ↑ Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.58.
- ↑ À l’été 1942, son poste effectuait une liaison radio quotidienne avec Londres, Madrid et Alger. Le SR fut aussi mis en contact par le comte Józef Alfred Potocki (en) avec le service polonais de Stanisław Gano, pour lequel une deuxième liaison avec Londres fut mise en place.
- ↑ Il anima avec Maurice Cambois et Henri Ziegler un groupe de résistants (auquel se joignirent notamment Jacques Maillet et Roland Pré), qui se réunit au château du Cluzel à la fin septembre 1942 pour discuter de la libération du pays et de sa reconstruction économique.
- ↑ Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.61.
- ↑ Lemoine, venu relever Gourriou au poste de radio, arriva à bicyclette et les informa de la présence des camionnettes suspectes (Robert Masson, Mes missions au clair de Lune, 1975, p. 41).
- ↑ Avant de partir, Paul Badré et Jean Bezy tentèrent de prévenir le général Romatet (chef de l’état-major de l’Armée de l’air), mais celui-ci refusa de mobiliser les formations sous ses ordres (Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.88).
- ↑ Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p. 90.
- ↑ Traduction complète du document : « Le 21 décembre 1942, au cours d'une conversation, le Secrétaire Général à la police française Bousquet a porté à la connaissance du SS-Brigadeführer Oberg qu'un branchement avait été effectué sur le câble principal de la Wehrmacht Paris-Strasbourg-Berlin sur la Route Nationale n° 3 à la borne kilométrique 20,800. Comme auteurs, étaient dénoncés un ingénieur français des télégraphes et un fonctionnaire vérificateur. Les mesures exécutives prises ensuite avec les techniciens-experts d'une section des branchements téléphoniques de campagne apportèrent la preuve que cette information était fondée. La dérivation était installée dans une villa. Celui qui était chargé des écoutes, un Alsacien, a pu également être appréhendé. Le dispositif d'écoutes est qualifié d'exceptionnel et d'inconnu jusqu'ici par les techniciens-experts. Des interrogatoires menés jusqu'ici, il résulte que le dispositif d'écoutes a été installé sur ordre du Major Beard, officier du Deuxième Bureau à Vichy. Les recherches continuent. Signé : H. HIMMLER. »
- ↑ Il retrouva Constantin Rozanoff et Paul Stehlin à Casablanca.
- ↑ Avant son départ, il s’entretint plusieurs fois avec le général Bergeret, Rivet et Paillole (qui lui confia la branche londonienne du service des « Travaux ruraux »).
- ↑ Deux recrues du nom de Lejeune et Lerat. Badré fut briefé à Alger par deux officiers du SOE, Tony Keswick (en) et Jacques Vaillant de Guélis.
- ↑ Un Douglas C-47 Skytrain le déposa à Gibraltar où il fut accueilli par John Alfred Codrington (en). Un paquebot le conduisit ensuite jusqu’à Glasgow.
- ↑ Robert Masson, Mes missions au clair de Lune, 1975, p.94.
- ↑ De retour d’une mission en France en avril, Passy lui apprit que sa femme et ses enfants avaient pu se réinstaller à Versailles (Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.117).
- ↑ Où habitaient Émile Champion (le mari de Gilberte Champion que Badré décora de la Légion d’honneur après la guerre), André et Madeleine Chelley (un couple d’agents de Dunderdale) et le prince Galitzine (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.249-250 ; Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.114).
- ↑ Il eut pour collègue l’as du chiffre Roger Baudouin (Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.113).
- ↑ Après la mort accidentelle de Lerat, il décida de faire un stage de parachutisme pour remonter le moral des jeunes recrues françaises du Special Operations Executive (Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p.116). Il arriva à temps pour empêcher que soit expédiée en France une équipe de jeunes Canadiens français, qui s’imaginaient passer inaperçus avec leur accent et leur vocabulaire.
- ↑ Recruté par Alfred Heurtaux en 1941.
- ↑ André Duthilleul fut pris dans une souricière de la Gestapo en décembre 1943, blessé par balle en tentant de fuir, torturé, puis déporté en Allemagne.
- ↑ Jean Bezy, Le SR Air, éditions France Empire, 1979, p. 118.
- ↑ A bord d’un Armstrong Whitworth Albemarle.
- ↑ La base d’Aïn Nouïssy fut visitée par le général Clarck (29 juillet) et le général Patton (31 août), puis par le maréchal Juin et le général Roosevelt en septembre (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.262-264).
- ↑ En août 1943, son groupe de reconnaissance fut transformé en groupe de bombardement.
- ↑ Le 9 mai, au cours d’une mission d’observation à Villacidro, en Sardaigne, son avion piloté par un jeune lieutenant italo-américain fut détruit dans un accident au décollage. L’intégralité de l’équipage parvint à fuir avant l’explosion. Le lendemain, il assista au bombardement d’un pont de chemin de fer entre Florence et Arezzo (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p. 277).
- ↑ Saint-Exupéry lui posa la question suivante : « Pourquoi, lorsqu’on se regarde debout dans un miroir, voit-on son bras droit représenté par le bras gauche de l’image, et réciproquement, et pas la tête à la place des pieds ? » Ils invoquèrent Riemann, Lobatchevski et Gauss, sans parvenir à une réponse satisfaisante. Le 31 juillet, l’avion de « Saint-Ex » disparut au large de Marseille, probablement abattu par un chasseur allemand (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.281).
- ↑ Les bombardiers étaient escortés par 48 chasseurs Thunderbolt. 72 avions américains attaquèrent simultanément le pont de Tarascon.
- ↑ Il fut accompagné pendant cette mission par le général Rignot.
- ↑ Les avions, par vagues de trois (au lieu de six précédemment), prirent de l'altitude et piquèrent fortement juste avant le bombardement pour limiter leur exposition aux canons antiaériens. Le 2/52 bombarda aussi l’île de Ratonneau.
- ↑ Son escadre subit pendant dix minutes les tirs de la Flak au cours d’une mission dans les Apennins. Le 25 août, lors d’un bombardement à côté de Bologne, un éclat d’obus fut dévié par le genou de son copilote – ce qui lui sauva la vie.
- ↑ Pie XII le reçut avec une dizaine d’autres soldats français pour une audience particulière au Vatican.
- ↑ La MIST était commandée par Albert Mirlesse, l'un des créateurs du Régiment de chasse 2/30 Normandie-Niémen actif aux côtés des soviétiques entre 1942 et 1945.
- ↑ Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p. 291.
- ↑ Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.293.
- ↑ Durant la Seconde guerre mondiale, Maurice Claisse fut le premier Français à voler en avion à réaction, en 1943 au Royal Aircraft Establishment à Farnborough, quand il participa à la mise au point du prototype Gloster E.28/39.
- ↑ « Journal officiel de la République française du 2 mars 1945 »
- ↑ Le général Corniglion-Molinier leur présenta le comte de Paris au Claridge's de Londres (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.296).
- ↑ Il siégeait à cette époque dans la « Commission de réparation des préjudices de carrière », destinée à examiner le cas de tous les officiers français qui s’estiment lésés dans leur avancement, soit parce qu’ils avaient été victimes de Vichy comme juifs ou francs-maçons, soit du fait de l’épuration qui avait suivi la Libération.
- ↑ « Combat du 3 décembre 1946 »
- ↑ « Technique et science aéronautiques (1947) »
- ↑ « Combat du 16 novembre 1946 »
- ↑ Il fut invité par les Anglais à visiter l’usine de Rolls Royce à Derby, ainsi que le ‘’National Gas Turbine Establishment (en)’’ à côté d’Oxford (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p. 305).
- ↑ Il avait sous sa responsabilité les usines de Suresnes, Saint-Nazaire, Nantes, Rochefort, Bordeaux et Châteauroux. Accompagné d’Henri Deplante, il voyagea aux États-Unis pour négocier avec les dirigeants de la Lockheed Corporation et de la Douglas Aircraft Company (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.308).
- « biographie de Paul Badré » (consulté le ).
- ↑ Il se rendit plusieurs fois aux États-Unis à l’invitation de Beechcraft et de Rocketdyne, qui lui présenta les prototypes du moteur-fusée F-1 commandé par la NASA. En 1962, il obtint de l’US Air Force la gestion de l’usine de Châteauroux, à côté de la base aérienne de l’OTAN (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p.325-326). Il recruta Robert Masson comme directeur commercial. Le général Puget, successeur de Georges Héreil à la présidence de Sud-Aviation, décida d’absorber la Sferma en 1965.
- ↑ Maurice Papon succéda à Puget comme président de Sud-Aviation pendant l’affaire Ben Barka. Président de Maroc-Aviation, Badré fut accueilli dans le royaume par le général Oufkir, commanditaire probable de la disparition de Mehdi Ben Barka – qui fut éliminé en 1972 par Hassan II, après une tentative de coup d’Etat. Paul Badré fut admis en retraite en 1969, tandis que Ziegler, successeur de Papon, commercialisa le Concorde et fonda l’Aérospatiale – ancêtre d’Airbus et d’Ariane (Paul Badré, Survol, Versailles, 1971, p. 328-330).
- ↑ Il fut aussi président de l’association ‘’Clubs automobiles de marque’’ entre 1968 et 1997.
- ↑ Faire-part de mariage relevé par la Collection Châtelet
- ↑ Ils étaient les grands-parents de l’écrivain Frédéric Badré (1965-2016).
- ↑ « Journal officiel de la République française du 9 septembre 1945 »
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