Petit point rouge

Assemblage montrant 20 galaxies petits points rouges en fausses couleurs.

Les petits points rouges (LRD, pour l'anglais little red dots[a]), ainsi nommés en raison de leur compacité et de leur émission dans les grandes longueurs d'onde, sont des objets célestes découverts par le télescope spatial James Webb (JWST). En 2025, leur nature et leur formation ne sont pas connues avec certitude.

Découvertes

Les premiers petits points rouges ont été découverts par le JWST en 2022, et vite qualifiés de Universe breakers (« briseurs de l'Univers ») parce qu'ils contredisaient la vision standard des caractéristiques de l'Univers primitif. En 2025 on en a détecté des centaines, qui constellent le cosmos ancien. On les appelle communément « rubis » (rubies en anglais), une référence à leur couleur reprise en 2024 par le programme RUBIES du JWST (Red Unknowns: Bright Infrared Extragalactic Survey, « Inconnus rouges : étude extragalactique dans l'infrarouge brillant »)[2].

L'un des petits points rouges les plus remarquables est RUBIES-UDS-154183, découvert en et distant d'environ 11,9 milliards d'années-lumière (z = 3,55), surnommé The Cliff (en) (« La Falaise ») en raison de la chute brutale de son intensité lumineuse en deçà d'une certaine longueur d'onde (Balmer break)[3],[4].

Photographie JWST de la galaxie petit point rouge CANUCS-LRD-z8.6, observée 570 Ma après le Big Bang, hébergeant un trou noir supermassif, actif[5][6].

J1007 AGN, découvert en et encore plus éloigné (z = 7,26), est entouré de huit galaxies proches et enchâssé dans une masse particulièrement importante de matière noire. Les halos massifs de matière noire abritant généralement des quasars, il est possible que les petits points rouges de ce type évoluent en quasars[2],[7].

La plupart des petits points rouges découverts depuis 2022 sont éloignés de 12-13 milliards d'années-lumière (Gal)[2], le plus éloigné (donc le plus ancien) connu en 2025 étant CAPERS-LRD-z9 avec z = 9,288, observé tel qu'il était 500 millions d'années après le Big Bang[8]. En 2025, on en a cependant découvert trois distants d'environ 1 Gal seulement[9].

Interprétations

La découverte des petits points rouges était inattendue, car ces objets semblent trop compacts pour être des galaxies tandis que le spectre de la lumière qu'ils émettent ne correspond pas à ce qu'on attend de l'environnement d'un trou noir. Une première interprétation a été qu'il s'agit de galaxies extrêmement anciennes (plus anciennes que la théorie dominante ne l'autorisait)[3]. En 2025, l'interprétation dominante est qu'un petit point rouge est un hybride entre un trou noir et une étoile (une quasi-étoile), un trou noir actif enveloppé dans un cocon de gaz chaud et dense (semblable à l'atmosphère d'une étoile), qui émet de la lumière au fur et à mesure que le trou noir le réchauffe[2],[3],[4]. D'après cette deuxième hypothèse, le manque de rayons X, qui reste une énigme depuis la découverte (tous les trous noirs en émettent), peut être expliqué par la densité exceptionnelle du cocon de gaz. Une équipe de l'université de Copenhague a en effet découvert que la plupart des rayons X et ultraviolets sont filtrés[10]. Les petits points rouges restent l'objet de nombreuses études : trois ans après la première découverte, environ 200 articles les discutant ont été déposés sur la base ArXiv[2].

Notes et références

Notes

  1. L'expression little red dots a été employée pour la première fois par Matthee et al. en 2024[1].

Références

  1. (en) Jorryt Matthee, Rohan P. Naidu, Gabriel Brammer, John Chisholm, Anna-Christina Eilers et al., « Little Red Dots: An Abundant Population of Faint Active Galactic Nuclei at z ∼ 5 Revealed by the EIGER and FRESCO JWST Surveys », The Astrophysical Journal, vol. 963, no 2,‎ , p. 1-28, article no 129 (DOI 10.3847/1538-4357/ad2345 Accès libre).
  2. (en) Jenna Ahart, « Mysterious ‘little red dots’ are baffling astronomers. What are they? », Nature,‎ (DOI 10.1038/d41586-025-03352-6 Accès libre).
  3. (en) Adrienne Berard, « Mysterious ‘red dots’ in early universe may be ‘black hole star’ atmospheres », sur Université d'État de Pennsylvanie, (consulté le ).
  4. (en) Anna de Graaff, Hans-Walter Rix, Rohan P. Naidu, Ivo Labbé, Bingjie Wang et al., « A remarkable ruby: Absorption in dense gas, rather than evolved stars, drives the extreme Balmer break of a little red dot at z = 3.5 », Astronomy & Astrophysics, vol. 701,‎ , p. 1-20, article no A168 (DOI 10.1051/0004-6361/202554681 Accès libre).
  5. (en) ESA, « CANUCS-LRD-z8.6 in MACS J1149.5+2223 » Accès libre, sur esawebb.org, (consulté le )
  6. (en) Roberta Tripodi, Nicholas Martis, Vladan Markov, Maruša Bradač et al., « Extreme properties of a compact and massive accreting black hole host in the first 500Myr », Nature Communications, vol. 16,‎ (lire en ligne Accès libre)
  7. (en) Jan-Torge Schindler, Joseph F. Hennawi, Frederick B. Davies, Sarah E. I. Bosman, Ryan Endsley et al., « A little red dot at z = 7.3 within a large galaxy overdensity », Nature Astronomy,‎ (DOI 10.1038/s41550-025-02660-1 Accès libre).
  8. (en) Anthony J. Taylor, Vasily Kokorev, Dale D. Kocevski, Hollis B. Akins, Fergus Cullen et al., « CAPERS-LRD-z9: A Gas-enshrouded Little Red Dot Hosting a Broad-line Active Galactic Nucleus at z = 9.288 », The Astrophysical Journal Letters, vol. 989, no 1,‎ , article no L7 (DOI 10.3847/2041-8213/ade789 Accès libre).
  9. (en) Xiaojing, Lin Xiaohui, Fan Zheng, Cai Fuyan et Bian Hanpu Liu, « The Discovery of Little Red Dots in the Local Universe: Signatures of Cool Gas Envelopes », version 1, ..
  10. James Saunders, « Space mystery of ' littre red dots ' in space is solved as astronomers confirm ' violent forces ' at hand », GB News,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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