Philippine Wolff-Arndt

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(à 90 ans) 16e arrondissement de Paris |
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Philippine Wolff-Arndt, née le à Francfort-sur-le-Main et morte le à Paris[1], est une artiste peintre allemande. Elle exercera ce métier toute sa vie.
Philippine Wolff-Arndt soutient les artistes féminines à Leipzig vers 1900. Elle se bat pour que la Hochschule für Grafik und Buchkunst Leipzig admette les femmes étudiantes ; elle cofonde l'« Association des femmes artistes de Leipzig » (Künstlerinnenvereins Leipzig).
Elle se joint au mouvement féministe et, avant 1914, est présidente de la branche de Leipzig du Deutscher Verband für Frauenstimmrecht (« Association allemande pour le droit de vote des femmes »).
Biographie
Jeunesse et formation
Philippine Arndt est née à Francfort-sur-le-Main le , dans une famille aisée[2],[3]. De 1865 à 1875, elle suit les cours de dessin auprès de la peintre Caroline Ziefraß[4],[5].
Après quelques années, elle cherche un enseignement plus poussé et demande à ses parents de l'aider à entrer au Städelsche Zeicheninstitut de Francfort-sur-le-Main[2]. Ses parents la soutiennent[2]. Philippine Arndt étudie pendant un an au Göbelschen Dameninstitut (Institut des femmes de Göbel) et suit les cours du peintre Angilbert Göbel[4],[5].
Elle est admise au Städelsche Zeicheninstitut et y poursuit ses études[2]. Les étudiants des deux sexes sont séparés[4]. Les femmes n'ont pas les mêmes cours que les étudiants masculins. Elles n'ont pas le droit de dessiner de nus, et organisent des séances de pose en secret. Les natures mortes et les paysages deviennent donc des spécialités de l'« art féminin »[2],[4].
Philippine Arndt s'intéresse au portrait[2]. En 1874, elle passe un printemps à la campagne dans la région de Francfort-sur-le-Main ; elle peint des femmes d'agriculteurs et des personnes vivant dans des conditions difficiles[2]. L'année suivante, elle entre en contact avec le peintre Anton Burger ; elle décrit : « Il a dessiné et peint avec enthousiasme le tableau que j'avais commencé jusqu'à ce que quelque chose de complètement différent soit apparu sur la toile. Après son départ, je n'avais rien de plus urgent à faire que de transformer à nouveau le précieux « Burger » en un modeste « Arndt ». »[4]. Il lui déconseille aussi de se marier et de faire ses valises immédiatement si elle en avait l'intention[4].
Après le « Städelsche Zeicheninstitut », elle poursuit ses études artistiques à Munich. Les académie et les écoles d'arts n’acceptent pas les femmes ; elle suit des cours à l'Alte Pinakothek auprès de Franz von Lenbach qui lui fait faire des copies de maîtres anciens[2],[5].
À l'hiver 1877-1878, elle fait un séjour en Italie de 1877 à 1879. Elle visite le Vatican, des monastères et des villas, et rejoint le cercle de dessin romain Circolo Chigi. Durant cette période, elle réalise de nombreuses études de têtes. Les femmes ne sont pas autorisées à dessiner des nus, elles ne peuvent participer qu'au cours de peinture de costumes[4].
Carrière à Leipzig
Vers 1880, à l'âge de 32 ans, elle épouse Anton Heinrich Wolff (1854-1917 ?) à Francfort-sur-le-Main et s'installe avec lui à Leipzig où le jeune homme d'affaires prend la direction d'une entreprise. Heinrich Wolff est également un violoniste de talent. Leurs trois enfants : Constanze, Erich et Oscar, naissent à Leipzig.
Elle y travaille comme peintre et fait de nombreux portraits de personnalités, comme Henriette Goldschmidt. Ses œuvres sont appréciées, sauf quand il s'avère qu'elles sont l'œuvre d'une femme[4].
Elle participe à des expositions : en 1892 à l'« Exposition de peintures d'artistes saxons » au Palais Brühlschen[Lequel ?] à Dresde[2]. La critique remarque ses portraits du géographe Julius Löwenberg, de l'actrice Borchardt et de la violoniste Edith Robinson[2].
En 1894, elle participe à l'exposition des femmes artistes de Leipzig ; Lina Burger écrit : « Philippine Wolff-Arndt a exposé deux têtes d'étude vives et un grand portrait, un monsieur avec un violoncelle. La tête est éminemment spirituelle et merveilleusement capturée. ». En 1897, elle est présente à la Kunstschau der Sächsisch-Thüringischen Industrie- und Gewerbe-Ausstellung (STIGA)[2].
Action en faveur des femmes artistes
En 1896, Philippine Wolff-Arndt fonde avec Charlotte Windscheid, la Künstlerinnenverein Leipzig, (« Association des femmes artistes de Leipzig ») ; son objectif est de favoriser l'entraide et le réseautage. L'association propose, entre autres, des cours donnés par des artistes renommés et des expositions et la vente d'œuvres dans sa boutique. Philippine Wolff-Arndt en est la vice-présidente, puis la présidente[2],[5],[4].
En 1901, elle réussit à convaincre le nouveau directeur de la Königliche Akademie für Grafik und Buchgewerbe de Leipzig (Académie royale du graphisme et du livre), Max Seliger, d'admettre des femmes dans son école ; ce sera la première en Allemagne[2]. En 1913, plus de femmes que d’hommes y étudient.
« Autrefois, si l'on voulait argumenter que le talent des femmes n'était pas égal à celui des hommes, on disait : pourquoi si peu de femmes se sont-elles distinguées dans les beaux-arts - on peut les compter - alors qu'ici rien n'a jamais été mis en travers de leur chemin, où toutes les opportunités leur ont toujours été ouvertes ! Les gens ont négligé le fait qu'une réussite complète – dans l'art comme dans la science – nécessite une préparation complète. »
— Frauen von Einst
Action pour les droits des femmes
Pendant la Première Guerre mondiale, elle est une des cofondatrices du Wirtschaftlichen Vereinigung Bildender Künstler (Association économique des artistes visuels) et siège dans son conseil d'administration[2].
« La position désavantagée des femmes par rapport aux hommes m'était déjà apparue au cours de ma carrière artistique. De là, j'ai appris à comprendre à quel point il était devenu urgent de concevoir différemment l'éducation des femmes et donc le travail des femmes et comment le développement logique de ces revendications devaient également aboutir à la revendication de l'égalité politique. »
Elle assiste aux premières réunions de l'« Association générale des femmes allemandes », créée en 1865 par Louise Otto-Peters et Auguste Schmidt ; elle plaide, à plusieurs reprises, en faveur de l’égalité politique des femmes. Elle est présidente d'honneur de la branche de Leipzig du Deutscher Verband für Frauenstimmrecht (« Association allemande pour le droit de vote des femmes »)[5],[4].
En 1919, après la mort de son mari, Philippine Wolff-Arndt s'installe à Munich avec sa fille, Constanze Hallgarten. Celle-ci est militante féministe et pacifiste, dirige le groupe de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (IFF) et est une des dirigeantes du mouvement pacifiste allemand. Les deux femmes font partie de la délégation allemande à la Congrès international des femmes de La Haye en 1915, sans mentionner ce fait dans leur autobiographie[6].
Philippine Wolff-Arndt a son atelier à Munich et continue de peindre. Elle réalise surtout des natures mortes et des autoportraits. Elle ne cherche plus à exposer : la critique continue à être féroce envers les femmes artistes[2],[4].
En 1929, elle publie son autobiographie « Wir Frauen von Einst. Erinnerungen einer Malerin » (Nous, les femmes d'antan. Souvenirs d’une peintre). Elle y raconte les luttes et les accomplissements des femmes artistes de sa génération[3].
« Je repense à ma vie : quand il s'agit d’art, on peut appeler ça un combat. »
Fin de vie
Après la prise du pouvoir par les nazis en 1933, Constanze Hallgarten et Philippine Wolff-Arndt émigrent en Suisse puis en France. Philippine Wolff-Arndt meurt, peut-être dans un attentat à la bombe, à Paris, le , à l'âge de 91 ans[3].
Œuvre

Philippine Wolff-Arndt s'intéresse très tôt aux portraits. Une critique parue dans un journal de Francfort vers 1870 rapporte :
« Deux portraits féminins peints par des femmes sont actuellement exposés à l'Institut Städel. Les deux artistes, Mesdemoiselles Marie Schulze et Philippine Arndt, révèlent un talent non négligeable et en même temps un certain courage qui s'aventure au-delà du domaine traditionnel de la nature morte assigné aux femmes pour atteindre les exigences bien plus élevées du portrait. »
En 1878, pendant son séjour en Italie, elle réalise Porteuse d'eau dans la campagne, peinture à l'huile grandeur nature. À Leipzig, elle peint plusieurs portraits de personnalités, notamment Otto von Corbin et d'Henriette Goldschmidt (en). Ce dernier est accroché à l'école Henriette Goldschmidt de Leipzig. Plus tard, elle vend des autoportraits et des natures mortes[4].
Elle expose à plusieurs reprises dans le bâtiment de l'Association des Arts de Leipzig. Le peintre Hans Thoma lui suggère de s'essayer à la lithographie et elle réalise quelques portraits avec cette technique[4].
L'influence de Franz von Lenbach, son professeur à la Pinacothèque, est visible dans ses portraits : sujets représentés éclairés sur fond sombre, et généralement vêtus de vêtements sombres[5].
Certaines de ses œuvres sont représentées dans son autobiographie ; elle ne signait généralement pas ses œuvres ; le portrait d'Henriette Goldschmidt et deux portraits à l'huile du musée d'histoire de la ville de Leipzig sont reconnus comme étant de sa main[2].
En 2022, Philippine Wolff-Arndt figure dans l'exposition Unterschätzt. Künstlerinnen in Leipzig um 1900 au Musée des Beaux-Arts de Leipzig[5].
Reconnaissance
Une rue de Leipzig porte le nom de Philippine-Arndt-Weg[7].
Publication
- (de) Wir Frauen von Einst: Erinnerungen einer Malerin, E. Reinhardt, , 102 p.
Bibliographie
- (de) Eva-Maria Bast, « Philippine Wolff-Arendt [sic]. „Diese Tochter ist verrückt“ – Eine vergessene Malerin », Leipziger Frauen. Historische Lebensbilder aus der Bürgerstadt, . Bast Medien GmbH, , p. 91-94 (ISBN 9783946581727)
- (de) Renate Berger, Und ich sehe nichts, nichts als die Malerei : Autobiographische Texte von Künstlerinnen des 18.–20. Jahrhunderts, Francfort-sur-le-Main, Fischer, , 423 p. (ISBN 978-3596237227)
- (de) Constanze Hallgarten, Im besetzten Paris, Manuscrit, non publié (présentation en ligne)
- (de) Anne-Katrin Herber, Frauen an deutschen Kunstakademien im 20. Jahrhundert. Ausbildungsmöglichkeiten für Künstlerinnen ab 1919 unter besonderer Berücksichtigung der süddeutschen Kunstakademien. Inauguraldissertation zur Erlangung der Doktorwürde der Philosophischen Fakultät der Universität Heidelberg, Heidelberg, (lire en ligne)
Références
- (de)/(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en allemand « Philippine Wolff-Arndt » (voir la liste des auteurs) et en anglais « Philippine Wolff-Arndt » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris 16e, n° 835, vue 24/31.
- (de) Rita Jorek, « Wolff-Arndt, Philippine - Leipziger Frauenporträts », sur Stadt Leipzig, 2014/2022
- (de) Caroline Kolisang, « Philippine Wolff-Arndt : "Hinsichtlich der Kunst kann man es schon ein Ringen nennen" : [« Philippine Wolff-Arndt : En ce qui concerne l'art, on peut déjà parler d’un combat ] », dans Sylke Bartmann (eds.), „Wie ein Schatten ging ich meinen Weg zu Ende“ – Emigrantinnen aus Wissenschaft und Kunst : Autobiographische Rückblenden aus dem Jahr 1940, Budrich UniPress (de), (ISBN 978-3-940755-60-5), p. 19-48
- (de) Undine Jung, « Frauen, Frauenpersönlichkeiten », sur research.uni-leipzig.de (consulté le )
- (de) « Künstlerinnen », sur STIGA Leipzig 2022 (consulté le )
- ↑ (en) Bailey Smith, No Lost Cause: Pacifist Activism in Munich, 1915-1933, Master thesis, (lire en ligne)
- ↑ « Register Pe-Pl zum Leipzig-Lexikon », sur www.leipzig-lexikon.de (consulté le )
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- (de) « Publications de et sur Philippine Wolff-Arndt », dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale allemande (DNB).
- Philippine Wolff-Arndt sur Artnet
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