Phillippa Yaa de Villiers

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Phillippa Yaa de Villiers, née le à Hillbrow, Johannesbourg, est une écrivaine et artiste de performance sud-africaine.
Elle est connue pour ses poèmes, publiés dans des recueils et dans des magazines et anthologies, ainsi que pour son spectacle autobiographique solo, Original Skin, qui traite de la confusion qu'elle a ressentie à propos de son identité lorsqu'elle était jeune, en tant que fille métisse d'une mère australienne et d'un père ghanéen, adoptée et élevée par une famille blanche dans l'Afrique du Sud, durant l'apartheid. Elle a écrit : « Je suis devenue Phillippa Yaa lorsque j'ai retrouvé mon père biologique, qui m'a dit que s'il avait été présent à ma naissance, le prénom qui m'aurait été donné aurait été un prénom de jour, comme tous les bébés ghanéens, et que toutes les filles nées un jeudi s'appellent Yaa, Yawo ou Yaya. En changeant de nom, j'ai donc voulu inscrire un sentiment d'appartenance et de fierté en mon héritage africain » Comme le fait remarquer Tishani Doshi dans le The New Indian Express : « Une grande partie de son travail porte sur la race, la sexualité, la classe sociale et le genre dans le contexte sud-africain. »
Biographie
Adoption et enfance
Phillippa Yaa de Villiers est née à Hillbrow, à Johannesbourg, en Afrique du Sud, le [1]. Elle a passé les premiers mois de sa vie au Princess Alice Home, un foyer pour bébés adoptés. Moitié australienne par sa mère, moitié ghanéenne par son père[2], elle a été adoptée à l'âge de neuf mois, mais ses parents adoptifs blancs ne le lui ont révélé qu'à l'âge de 20 ans[3].
« J'ai commencé à écrire de la poésie quand j'étais enfant, mon premier poème a été publié quand j'avais 11 ans. J'ai été élevée dans une famille qui aimait la poésie et la littérature, en particulier la langue anglaise. Mais ce n'est que plus tard que j'ai réalisé que l'écriture était bien plus que des mots couchés sur une page. L'écriture reflète l'auteur, ses préoccupations, son contexte social et son histoire. Ma propre histoire est devenue un obstacle à ma créativité lorsque j'ai commencé à explorer mon identité de femme noire adoptée par une famille blanche dans l'Afrique du Sud de l'apartheid. J'avais l'impression que les colonisés et les colonisateurs se battaient dans mon cerveau. L'écriture continuait d'être importante pour moi, mais j'étais convaincue qu'il s'agissait simplement d'un processus thérapeutique, sans valeur pour personne d'autre.
Bien que leur relation ait été tumultueuse et marquée par de longues séparations, Phillippa Yaa de Villiers attribue à sa mère adoptive, Hertha Lilly Amalia née Graf, éminente anthropologue[4], son amour de la poésie et sa confiance en son talent d'artiste. L'histoire de leur relation, ainsi qu'une présentation plus large de l'identité raciale complexe de Yaa, figurent dans une étude de Christa Kuljian[5].
Formation et débuts professionnels
Elle a étudié le journalisme à l'université Rhodes de Grahamstown et a également obtenu une licence avec mention en art dramatique et écriture de scénarios à l'université du Witwatersrand. Elle est diplômée de l'École internationale de théâtre Jacques Lecoq à Paris[6], en France, où elle a étudié le mime et le théâtre. Elle a ensuite vécu quelque temps à Los Angeles[1] avant de retourner en Afrique du Sud en 1998 pour s'installer à Johannesbourg[7]. Elle a travaillé comme actrice pendant deux ans[7], jouant dans les productions telles que Kwamanzi, Horn of Sorrow et Elephant of Africa, puis, atteinte de la paralysie de Bell[7], elle a été amené à s'orienter vers l'écriture comme alternative de carrière. Elle a continué à participer au théâtre de rue, et a suivi des cours pour apprendre l'écriture de scénarios[3].
Au cours des huit années suivantes, elle a écrit des scénarios pour la télévision[3], et a participé à la création de Score, une mini-série de trois heures pour la télévision suédoise et la South African Broadcasting Corporation. En 2005, de Villiers a remporté un mentorat avec le poète anglais John Lindley dans le cadre d'un programme d'enseignement à distance « Crossing Borders » du British Council et de l'université de Lancastre[3]. Elle a écrit une pièce à deux personnages intitulée Where the Children Live, qui a été finaliste pour le prix du meilleur scénariste.
Publication
En 2006, son premier recueil de poésie, Taller Than Buildings est publié[7]. Son deuxième recueil, The Everyday Wife, a été lancé lors du Festival international des arts de Harare en [7]. Selon la critique de Tolu Ogunlesi pour le magazine Wasafiri, « les poèmes de Phillippa Yaa de Villierss, qui brisent le silence (rappelant en cela The World's Wife de Carol Ann Duffy), sont sensibles, n'ont pas peur d'être érotiques, parfois tragiques, et toujours irrévérencieux ». Son troisième recueil, ice cream headache in my bone, est paru en [8] et Kelwyn Sole en a dit dans sa critique : « Le recueil est parsemé comme de pierres précieuses de poèmes qui expriment la joie du monde, même si elle ne perd jamais de vue la réalité post-industrielle de la modernité dégénérée dans laquelle nous vivons... »[9].
Ses poèmes et ses textes en prose sont largement publiés dans des revues et anthologies locales et internationales, dont New Daughters of Africa (ouvrage collectif coordonné par Margaret Busby, une anthologie de textes écrits par des auteures d'origines africaines parue en 2019).
Performances
Phillippa Yaa de Villiers a créé un spectacle autobiographique solo, Original Skin[7], et l'a joué en Afrique du Sud et à l'étranger. Elle a joué cette œuvre de Cuba au Cap, de Berlin à Harare, ainsi que dans sa ville natale, Johannesbourg.
Elle a participé au Jozi Spoken Word Festival en 2006 et a été invitée par le poète national sud-africain Keorapetse Kgositsile à rejoindre James Matthews, Lebo Mashile et Khanyi Magubane pour représenter l'Afrique du Sud au 12e Festival international de poésie de La Havane, à Cuba.
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Phillippa Yaa de Villiers » (voir la liste des auteurs).
- (en) « Phillippa Yaa de Villiers biography », sur Lyrikline.
- ↑ (en) Tishani Doshi, « Poetry Beyond the Edge of Time », sur The New Indian Express, 4 octobre 2014.
- (en) « Poets on Adoption. Phillippa Yaa de Villiers », .
- ↑ (en) « A Woman in Science | », sur Center for the Advanced Study of Human Paleobiology | the George Washington University
- ↑ (en) Christa Kuljian, Darwin's Hunch : Science, Race and the Search for Human Origins, :2016 (ISBN 9781431424252 et 1431424250)
- ↑ « Phillippa Yaa de Villiers », sur The Conservation
- (en) « About Phillippa Yaa de Villiers », sur The Poetry Archive.
- ↑ (en) « ice-cream headache in my bone by Phillippa Yaa De Villiers », sur PEN South Africa,
- ↑ (en) Kelwyn Sole, « Abstract. Review of ice cream headache in my bone », New Coin Poetry, vol. 54, no 1, , p. 71–81. (lire en ligne)
Liens
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