Pierre-Vincent Bertin

Pierre-Vincent Bertin
Pierre-Vincent Bertin par Hyacinthe Rigaud.
Biographie
Naissance
Décès
(à 58 ans)
Paris
Activités

Pierre-Vincent Bertin, né à Reims le et mort à Paris le , est un financier et amateur d'art français.

Biographie

Pierre-Vincent Bertin, seigneur d’Armenonville, était le fils de Nicolas Bertin, avocat au Parlement, conseiller secrétaire du Roi, Maison et Couronne de France à partir de 1659 (v. 1626 – v. 1667) et de Catherine Vincent (décédée le ). Sa famille est issue des Bertin[1] et des Regnault de Reims. Il est le frère de Nicolas Bertin de Vaugien.

Il fut successivement trésorier général de la chancellerie en 1678, puis, à son tour après son père, conseiller secrétaire du Roi, Maison et couronne de France en 1691. receveur général des parties casuelles, le quart denier[2] de 1705 à 1711. À sa mort, en décembre 1711, il a pour successeur dans cette dernière charge l'ainé de ses fils, Pierre Nicolas Bertin, alors âgé de 19 ans[3].

« [...] il avoit encore cette charge en 1702, mais plus tard, sa fortune monta. Le Régent, dès son arrivée au pouvoir, le fit un de ses plus intimes conseillers en matière de finance. En 1697, il quitta la rue Neuve-Saint-Augustin pour la rue Saint-Honoré, où il avoit acheté, pour l'embellir encore, le bel hôtel du doyen des conseillers d'État, Henri Pussort [...] » (cf. l'article Armenonville).

Par cette citation du Livre commode des adresses de Paris[4], on sait que sa fortune permit à Bertin d’acquérir en 1697 l’hôtel de Noailles, qui fut revendu par son fils, Louis-Charles Bertin de Blagny (1695-1742) ; conseiller au Grand-Conseil, maître des requêtes de l'Hôtel, trésorier et receveur général des Casuels, sire des Coudrais-lez-Ethioles[5], père d'Auguste-Louis[6]), au duc Adrien-Maurice de Noailles.

Sous la Régence, sa fonction appela son fils à collaborer avec le duc d'Orléans, ce que le marquis de Dangeau rapporte dans son fameux Journal de la cour : « Vendredi . M. le duc d’Orléans travaille presque tous les jours ou avec les gardes du Trésor royal, chez qui à l’avenir tout l’argent sera porté, ou avec Bertin, trésorier des parties casuelles, et Couturier est toujours présent à ces audiences-là. Ce prince veut travailler tous les jours jusqu’à quatre heures après midi… ».

Sa descendance se transmit la charge de trésorier des parties casuelles jusqu'à la suppression de celle-ci, en 1788 [7].

Bertin, amateur d'art

Bertin était un collectionneur avisé. De son cabinet de curiosités, on ne connaît que peu de choses sinon qu’il contenait des tableaux qui font la gloire de plusieurs collections mondiales. Ainsi, aux côtés d'une Adoration des Mages de Véronèse on pouvait voir la Judith de Giorgione (Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage) ainsi que le Noli me tangere du Titien[8]. Bertin avait également acquis, du propre cabinet de Colbert de Seignelay, un Christ apparaissant à la Madeleine toujours par le Titien[9] ainsi que la Léda de Paul Véronèse que lui racheta le Régent[10].

« Les meubles et les curiosités qui se trouvent chez lui sont d’un choix extraordinaire ; mais les rares tableaux des plus fameux maîtres que l’on y a veu [sic] pendant quelques années ont passé depuis peu dans d’autres mains. Le Brun, riche marchand, qui demeure assez proche de la Monnoie, en a eu la plus grande partie, que l’on peut alles voir chez lui »

Effigies

  • Le portrait à mi-corps de Pierre-Vincent Bertin par Hyacinthe Rigaud a été peint en 1685, dans un environnement de palais imaginaire, à l'instar des effigies produites par Antoine Van Dyck que Rigaud admirait[11]. Bertin déboursa 300 livres ce qui correspond au tableau passé par le jeu des héritages dans l'ancienne collection Embrach puis dans l'ancienne collection Rau[12]. Ce portrait a été gravé en contrepartie par Pierre Drevet en 1688, « figure jusqu'aux genoux. L’estampe de moyenne grandeur. Elle est sans inscription […][13]. »
  • Quelques années plus tard, en 1689, Bertin revit ses prétentions à la baisse et ne sollicita de Nicolas de Largillierre qu'un modeste buste drapé devant un fond de paysage[14]. Ce tableau sera gravé par Cornelius Martinus Vermeulen (ca 1644-ca 1708) en 1694, en contrepartie, et agrémenté d'un rebord de pierre[15].

Mariage et descendance

Pierre Vincent Bertin épouse le 18 avril 1690 Jeanne Françoise Élisabeth de Sauvion (1674 - Paris, 20 juillet 1712), fille de Jean ou Jean-Baptiste de Sauvion (26 septembre 1643 - octobre 1729), trésorier général de l'extraordinaire des Guerres, conseiller secrétaire du Roi, Maison et Couronne de France en la grande chancellerie[16], et de Françoise Renouard de La Touanne[17]. Dont :

  • Pierre Nicolas Bertin (1692 - Paris, 19 décembre 1729), écuyer, receveur général alternatif triennal des parties casuelles de 1711 à 1729, marié par contrat passé le 26 avril 1723 avec Jeanne Delpech, fille de Jean Delpech, marquis de Méréville, conseiller au Parlement de Paris, et de Marie Anne Boisson. dont deux filles :
    • Jeanne Louise Bertin, mariée avec Pierre Paul d'Ossun, marquis d'Ossun, maréchal de camp, ambassadeur de France à Naples, puis à Madrid ;
    • Jeanne Madeleine Bertin, mariée en 1748 avec Philippe Antoine Gabriel Charles Victor de la Tour du Pin, marquis de Gouvernet, marquis de Méréville, lieutenant général des armées du Roi (1723-1794), dont postérité[18] ;
  • François Bertin, seigneur de Morançay, enseigne au régiment des Gardes françaises, teste en 1728, sans postérité[3] ;
  • Louis Charles Bertin de Blagny, sieur des Coudraies (à Étiolles), conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes de son hôtel, trésorier général des parties casuelles et dépenses extraordinaires de sa majesté de 1729 à 1742, après son frère ainé[19] (Paris, 27 mars 1695 - 23 octobre 1742, inhumé le 25 dans l'église d'Etiolles[20]), marié par contrat passé le 17 août 1724 avec Marie Anne Le Boulanger de Montigny. Dont :
  • Paul Isidore Bertin, sieur d'Antilly, lieutenant au régiment des Gardes françaises. Sans postérité[3].

Notes et références

  1. « Famille Bertin, p. 107-111 », sur Armorial général de la Noblesse de France, 5e registre, chez Pierre Prault, à Paris, 1764
  2. « On appeloit a parties casuelles les droits de finance que devoit payer annuellement tout détenteur d'un office vénal non héréditaire, s'il vouloir le conserver à sa veuve et à ses enfants. » Abraham du Pradel, Livre commode des adresses de Paris, Paris, 1692, I, p.108
  3. Thierry Claeys, Dictionnaire Biographique des Financiers en France au XVIIIe siècle, tome 1, Paris, S.P.M., , 1160 p., p. 229-231
  4. Abraham du Pradel, op. cit., p. 39. Voir aussi G. Brice, Description de Paris, 5e édit., 1701, in-12, p. 115-116.
  5. Louis-Charles Bertin de Blagny serait mort le 24 octobre 1742 aux Coudrais-lez-Ethioles : cf. Histoire du diocèse de Paris, t. XIII, par l'abbé Jean Lebeuf, p. 124. Le domaine des Coudrais en Etiolles passa plus tard au mari de Mme de Pompadour : cf. Madame de Pompadour et la société de son temps, par Jean Nicolle, Editions Albatros, 1980
  6. Auguste-Louis Bertin de Blagny (1725-), trésorier et receveur général des Revenus casuels, secrétaire du roi, acheta en 1772 aux Bauffremont-Scey la seigneurie du duché de Pont-de-Vaux (dont Gorrevod), où il fut l'initiateur en 1782/1783 du canal de navigation vers la Saône, dans le val de la Reyssouze (la Révolution arrêta les travaux en 1789, et ils ne reprirent qu'en 1810, avec mise en service en 1843 : cf. Canal de Pont-de-Vaux).
  7. Thierry Claeys, Dictionnaire Biographique des Financiers en France au XVIIIe siècle, tome 1, Paris, S.P.M., , 1160 p., p. 229-237
  8. v. 1514. Huile sur toile, 109 x 91cm. Londres, National Gallery)
  9. Londres, National Gallery
  10. Ajaccio, Musée Fesch
  11. Stéphan Perreau, Hyacinthe Rigaud, le peintre des rois, Les presses du Languedoc, Montpellier, 2004, p. 40, fig. 23
  12. Huile sur toile, H. 136 ; L. 104,2 cm. Vendu chez Sotheby's à Londres le 9 juillet 2008, lot. 78 pour 409250 livres.
  13. « Catalogue de l’œuvre gravé du sieur Hyacinthe Rigaud, rangé selon l’ordre des temps qu’ont été faits les tableaux d’après lesquels les estampes qui composent cette œuvre ont été gravées ; avec les noms du graveur de chacune, l’année qu’elle a été produite et les autres éclaircissements nécessaires », dans Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des Membres de l’Académie de Peinture et de Sculpture, Paris, II, 1854, p. 169-170. Sous le cadre, à gauche : Peint par Hyacinte [sic] Rigaud ; à droite : Graué par Deriuet [sic]. Au-dessus de la marque du cuivre, à gauche : A Paris chez Audran rue St Jacques aux 2. Piliers d’Or. Avec Privil. du Roy. H. 35 ; L. 25,6.
  14. Huile sur toile. H. 74 ; L. 64 cm. Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage
  15. Sous le trait carré, respectivement à gauche et à droite : N. de Largillère pinxit - C. Vermeulen sculpsit. ano 1694. Dessous : Petrus Vincentius Bertin. Voir Bibliothèque Nationale, département des Estampes, Fonds Sortais, Da 58, t.I. Reproduit dans Myra Nan Rosenfeld, Largillierre, portraitiste du dix-huitième siècle, Catalogue de l'exposition de Montréal, 19 septembre - 15 novembre 1981, p. 32, repr. fig V.
  16. Christine Favre-Lejeune, Les Secrétaires du Roi de la Grande Chancellerie de France - Dictionnaire biographique et généalogique (1672-1789), tome 2, Paris, Sedopols, , 1319 p., p. 1221
  17. Thierry Claeys, Dictionnaire Biographique des Financiers en France au XVIIIe siècle, tome 2, Paris, S.P.M., , p. 975-976
  18. Georges Martin, Histoire et Généalogie de la Maison de La Tour du Pin, Lyon, l'auteur, , 263 p., p. 91--95 & 101
  19. Michel Antoine, Le Gouvernement et l'Administration sous Louis XV - Dictionnaire Biographique, Paris, Editions du C.N.R.S., , 319 p., p. 34
  20. « Acte de sépulture de Louis Charles Bertin de Blagny, le 25 octobre 1742 dans l'église d'Etiolles, décédé d'avant-hier, âgé de 48 ans, vue 318/339 », sur archives.essonne.fr (consulté le )
  21. Neil Jeffares, « Dictionnary of Pastellists », sur pastellists.com (consulté le )
  22. « Jean-Baptiste Lefebvre, portrait d'Auguste Louis Bertin de Blagny (1725-1792) », sur lot-art.com, (consulté le )
  23. M. Prevost, Dictionnaire de Biographie Française, tome sixième, Paris, Letouzey et Ané, , col. 249
  24. Marjorie Jung, « Auguste Louis Bertin de Blagny », sur cths.fr, (consulté le )
  25. Benoit Melançon, « La ménagerie Bertin était-elle un salon littéraire ? Antiphilosophie et sociabilité au Siècle des lumières », sur books.openedition.org (consulté le )
  26. Thierry Claeys, Dictionnaire Biographique des Financiers en France au XVIIIe siècle, tome 1, Paris, S.P.M., , 1160 p., p. 233-236
  27. Thierry Claeys, Dictionnaire Biographique des Financiers en France au XVIIIe siècle, tome 1, Paris, S.P.M., , 1160 p., p. 236-237

Annexes

Bibliographie

  • Daniel Dessert, Argent, pouvoir et Société au Grand Siècle , Paris, Fayard, 1984, p. 537-538.
  • Christine Favre-Lejeune, Les secrétaires du roi de la grande chancellerie de France, dictionnaire biographique et généalogique (1672-1789), Paris, 1986, p. 207-208.

Lien interne

Liens externes

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