Pierre André Mordret

Pierre-André Mordret
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean-Baptiste Thonnesse, Portrait de Pierre André Mordret, octobre 1816, pastel, collection particulière, photographie François Baglin.
Nom de naissance Pierre André Mordret
Naissance
Angers (Maine-et-Loire, France)
Décès (à 87 ans)
Angers (Maine-et-Loire, France)
Nationalité Française
Activité principale
Collectionneur, homme de lettres, notable
Autres activités
Membre de la Société industrielle d’Angers, de la Société d’agriculture, sciences et arts d’Angers et de plusieurs loges maçonniques

Pierre-André Mordret, est un collectionneur, homme de lettres, philanthrope et notable angevin du XIXe siècle.

Né le en la paroisse Saint Maurice d'Angers[1], il meurt dans cette même ville le [2] à l'âge de 88 ans.

Figure marquante de la bourgeoisie cultivée d’Angers, il s’est distingué par son intérêt précoce (dès ses 10 ans[2]) pour les arts médiévaux et de la Renaissance, ainsi que par son engagement social et républicain[3].

Biographie

Ascendance

La famille de Pierre-André Mordret est fortement marquée par son appartenance au milieu de l'artisanat : Le grand-père exerce le metier de gantier-mégissier (artisan du cuir spécialisé dans la préparation des peaux fines — mégisserie — et dans la fabrication de gants)[4]. Son père, quant à lui, est marchand d'eaux-de-vie et de vinaigre (au XVIIIᵉ siècle, un marchand d’eaux-de-vie et de vinaigre est un négociant spécialisé dans le commerce de liquides fermentés ou distillés, à usage alimentaire, médicinal et domestique. Ce métier est courant sous l’Ancien Régime et bien distinct de celui de cabaretier ou d’aubergiste)[4].

Si la famille semble heureuse, bien établie et à l'abri du besoin, elle est cependant marquée par le décès prématuré de la mère de Pierre-André en 1786[1].

Enfance

Mordret grandit d'abord rue de la Poissonnerie, puis dans un quartier populaire entre la cathédrale et la Maine[5] (rivière qui se jette dans la Loire au niveau de Bouchemaine).

Son enfance se déroule durant la Révolution, période qu’il évoquera plus tard dans plusieurs récits manuscrits, notamment à travers le personnage fictif de Bazille Godeau, témoin des événements de 1794 à Angers. Ces écrits traduisent son rejet de la terreur et son attachement à une conception modérée et humaniste de la République[6].

Mariage et descendance

En 1835, il épouse Marie-Thérèse-Eugénie Guyard, une femme de vingt sa cadette, fille d'un notaire de Corné. De cette union naît Eugène, leur unique fils, qui eut ensuite une carrière d'avocat à Saumur[1].

Domiciles et propriétés

Pierre-André Mordret posséda plusieurs biens immobiliers, notamment à Feneu dès 1815, puis à Angers, où il résida rue de la Croix-Blanche (actuelle rue de la Croix, parallèle à la rue Plantagenet entre la rue Bodinier (autre collectionneur angevin) et la rue Parcheminerie), puis à partir de 1840 dans un hôtel particulier du XVIIe siècle — l'hôtel de Villiers — situé 9 rue Saint-Georges (47° 28′ 21,7″ N, 0° 33′ 03,6″ O)[1]. C'est dans cet hôtel qu'il réunira l'essentiel de sa collection, conservée à l'abri du public, pendant presque 80 ans, « car il s'y donnait tout enfant »[2].

En 1844, il acquit également les bâtiments de l’ancien prieuré de Beaumont, dépendant de l’abbaye Saint-Aubin, à Pruniers, sur les hauteurs de la Maine[3].

Vie publique et philanthropique

Comme son grand-père avant lui, Pierre-André Mordret fit fortune dans le commerce d’étoffes[5].

Notable et érudit, il participa activement à la vie civique et associative de sa ville :

  • En 1815, il est brièvement nommé maire de Feneu, probablement pour des raisons politiques, mais n’exerce pas réellement la fonction[6].
  • En 1831, il est membre cofondateur du "Dépôt de mendicité" (œuvre de charité dont il resta membre jusqu’en 1867)[2].
  • En 1832, il prononce l’éloge du docteur Charles-Marie Billard (1800-1832)[4].

    « En 1833, c'est en qualité de membre du "Dépôt de mendicité" qu'il prononce un discours lors de l'inauguration du buste de Billard commandé par la municipalité à David d'Angers pour le musée des Beaux-Arts. Mordret rappelle le rôle de Billard dans la lutte contre l'indigence et la mendicité et remercie David de célébrer ainsi Billard, comme il l'avait fait pour Joachim Proust, La Revellière-Lépeaux, le grand Condé, le général Foy et Béclargo »[1].

  • En 1833, il devient également administrateur du "Mont de Piété"[1].
  • En 1859, il est le vice-président du "Dépôt de mendicité"[1].
  • En 1845, il prend l’initiative d’une souscription pour un buste du docteur François-Claude Garnier (1759-1844), médecin des pauvres, une nouvelle fois confié au sculpteur David d’Angers[3], artiste avec lequel il aura une riche correspondance entre 1838 et 1846[5].
  • En1858, il devient administrateur de la Caisse d'épargne[2].

Républicain convaincu, il fut également membre de plusieurs loges maçonniques et participa à la Société industrielle d’Angers ainsi qu’à la Société d’agriculture, sciences et arts, où il contribua à l’organisation d’expositions[5].

Pierre-André Mordret fut également actif dans la région, en particulier en Vendée :

  • En , il y prendra la tête d'une compagnie de la Garde nationale mobile[2].

Œuvres littéraires

Pierre-André Mordret est l’auteur de plusieurs textes littéraires, dont deux furent imprimés[5] :

  • Valentine (Paris, Rosier et Mame, 1829, 68 p.).

    « C'est son œuvre la plus ambitieuse ; le thème de la collection y apparait également. Surpris par un orage, le narrateur se réfugie près de Brissac chez un vieillard, avec lequel il évoque la Révolution. L'homme lui remet un coffret orné de reliefs de la Renaissance et un manuscrit, qui contient l'histoire de Valentine, fille d'un compagnon d'armes d'Henri IV, mariée par le Roi, qui avait eu la vie sauve grâce au père de la jeune fille. Le parallèle entre le règne d'Henri IV, époque d'apaisement après les guerres de religion et les années qui suivent la Révolution est évident. La figure d'Henri IV semble d'ailleurs avoir constitué pour P.-A. Mordret une référence importante »[1].

  • Le Hibou de Saint-Laurent (Angers, Ernest Lesourd, 1832, 31 p.). Roman dont les recettes ont été cédées au "Dépôt de mendicité".

« Cette fois, plusieurs récits très courts sont réunis, ainsi qu'une description moqueuse des concerts et de la promenade à Angers les jeudis et les dimanches soirs »[1].

Il est également à l'origine de[5] :

  • Récits poétiques (Paris, 1856).

À travers ces textes, Pierre-André Mordret apparait comme un homme plutôt acquis aux principes de la Révolution, mais partisan de l'ordre et profondément traumatisé par les déchaînements de haine et de violence de la Terreur (d'où son engagement dans le maintien de l'ordre dans les MaugesVendée — en 1832, au début de la monarchie de Juillet)[1].

Mais Pierre-André Mordret ne s'est pas contenté de ces récits manuscrits. Célestin Port a répertorié, dans la notice de son dictionnaire qu'il lui a consacrée[2], des articles parus dans les Affiches d'Angers et quelques opuscules. Les « éphémérides » (non signées) des Affiches d'Angers constituent un genre très anecdotique[1].

Collection et mécénat

L'eclectisme

Les zones d’ombre entourant ses premières années ne permettent pas de déterminer comment lui est venu le goût de la collection. Néanmoins, les témoignages font état d’une passion déjà affirmée pour cette activité, ce qui rejoint l’anecdote rapportée par Mordret dans son petit roman, où Bazille Godeau ramasse une montre en argent sur le Champ des Martyrs d’Avril[6].

Si Pierre André Mordret fut un collectionneur de manuscrits[7], il fut aussi et surtout l’un des premiers collectionneurs angevins d’objets médiévaux et Renaissance. Dans une époque marquée par la redécouverte du Moyen Âge et la dispersion des biens religieux à la suite de la Révolution – illustré à Paris par les collections d’Alexandre du Sommerard ou d’Edme Durand – Pierre-André Mordret se distingue par la précocité de son goût en province.

Selon le témoignage de Louis de Farcy recueilli en 1897 par Jean-Joseph Marquet de Vasselot, Pierre-André Mordret achetait « à vil prix » ses objets d’art malgré les protestations de sa femme, épousée en 1835[5] :

« M. Mordret était à peu près seul à Angers tout d’abord à s’occuper d’antiquités : c’est presque pour rien qu’il put acquérir ses émaux, etc. »[3].

L'évolution de sa collection

Sa collection, essentiellement composée d’œuvres d’origine angevine, mêlait objets médiévaux, vitraux, émaux peints limousins, faïences de Nevers, sculptures, manuscrits et curiosités locales. Mordret s’intéresse tout particulièrement aux « arts du feu », réunissant environ 270 émaux, dont plusieurs signés de Léonard Limosin, Pierre Reymond ou Jean de Court, exposés à Paris en 1865 à la demande d’Alfred Darcel[6].

Il possédait également un ensemble remarquable de vitraux issus d’églises du Maine-et-Loire, des portraits en cire d’abbesses du Ronceray, ainsi qu’un relief en cuivre doré représentant une tête de femme du XIIIᵉ siècle, aujourd’hui au musée des Beaux-Arts d’Angers, son pendant masculin se trouvant au Louvre[1].

Des catalogues manuscrits, conservés par ses descendants, permettent de suivre l'évolution de sa collection :

  • En 1825, elle compte déjà vitraux, émaux peints, tableaux et planches de cuivre.
  • En 1833, s’y ajoutent céramiques, ivoires et meubles.

Ses échanges avec d’autres collectionneurs, notamment à Tours (1846-1855), ainsi que les objets d’origine locale (le Ronceray, le Verger, etc.), témoignent d’un approvisionnement à la fois régional et national. Certains objets proviendraient des bouleversements révolutionnaires, intégrés très tôt à sa collection[1].

Autres collectionneurs angevins
Prêtre et bibliothécaire Commerçant d'étoffes Peintre, lithographe, dessinateur Diplomate
Toussaint Grille Pierre-André Mordret Lancelot-Théodore Turpin de Crissé
Guillaume Bodinier
Étienne de Saint-Genys

Les expositions angevines

  • Tout d'abord comme secrétaire des expositions de peinture et de sculpture de 1835 et 1838 (organisées par la Société d'agriculture, sciences et arts)[1].
  • Ensuite comme exposant en 1832, 1839 pour l’exposition rétrospective d’Angers, puis 1858 et 1864[1].
  • En 1877, soit 5 ans après sa mort, sa veuve confiera une dernière fois des objets de sa collection à une exposition[1].

Le décès

Après le décès de P.-A. Mordret en 1872, cette collection est restée plusieurs années dans l'hôtel de Villiers et la notice du dictionnaire de Célestin Port en 1876 se termine par le souhait de voir installer la collection Mordret à l'hôtel Pincé, propriété de la municipalité alors inoccupée. Mais en 1881, la famille Mordret organise deux ventes aux enchères, l'une à Paris, où sont mis à prix les objets d'art et les tableaux, l'autre à Angers, quelques mois plus tard, qui a comporté des sculptures et des gravures.

La municipalité, consciente de la valeur de la collection Mordret, a tenté en d'acquérir dans des conditions avantageuses, avant les ventes, les objets les plus intéressants et a finalement délégué à Paris Auguste Michel, adjoint alors débutant du conservateur du musée Saint-Jean, Victor Godard-Faultrier. La vente parisienne a attiré les plus grands collectionneurs et antiquaires de l'époque : Carrand, Duseigneur, Seligmann, Piet-Lataudrie, Desmottes, Ephrussi, Mannheim, Bois figurent parmi les enchérisseurs. Auguste Michel lui-même s'est montré assez actif pour son propre compte ; ses acquisitions pour la ville représentent une cinquantaine de numéros d'inventaire dans le registre du musée Saint-Jean[1].

Les objets aujourd'hui détenus par le Musée des Beaux-Arts d'Angers (autrefois Musée Saint-Jean[9]) sont essentiellement issus de la vente qui s'est tenue à Paris. A cette époque, il est fait référence des acquisitions réalisées au profit de la ville d'Angers en ces termes :

« La ville a acquis trois triptyques dont le premier est une œuvre d'art italien délicieuse. Il date du XVe siècle. Le panneau central représente la Vierge portant l'Enfant Jésus, lequel joue avec un chapelet. Sur le volet de droite figure un abbé, ayant au-dessus de lui ses armoiries. Sur le volet de gauche figure un guerrier cuirassé, tenant un étendard et une épée. Le deuxième triptyque représente un Christ nimbé montrant son coté sanglant. Sur le volet de gauche, on remarque un archevêque, crosse en main, un chapeau de cardinal à ses pieds. Le troisième triptyque date de 1633. Le panneau central représente un Christ sur la croix, au pied d e laquelle se trouve Madeleine ayant à ses cotés la Vierge et Saint Jean »[9]. « Voici enfin la pièce la plus rare parmi toutes ces curiosités : c'est un masque d'abbesse en cuivre doré et repoussé (XIIIe siècle). Il proviendrait de l'abbaye de Fontevrault. Le masque d'abbé qui lui faisait pendant a trouvé un autre acquéreur et ne viendra pas au Musée Saint-Jean, du moins en ce moment. Il est probable que ce masque a été découpé dans une statue tombale en cuivre. La ville en a fait l'acquisition moyennant la somme de 1 500 fr »[9].

Mordret n’ayant consenti aucun don à des institutions publiques, sa collection, conservée dans la discrétion de son hôtel de la rue Saint-Georges, a disparu presque entièrement après sa mort. Elle demeure néanmoins un témoignage majeur du goût érudit et patriotique des collectionneurs provinciaux du XIXᵉ siècle[6].

La collection « Pierre-André Mordret »

Œuvres actuellement exposées au Musée des Beaux-Arts d'Angers

Acquisitions du Musée des Beaux-Arts d'Angers lors de la vente à Paris en 1881

Les sources dénotent l'éclectisme stupéfiant de la collection Mordret[10] ; tous les matériaux y sont présents : bois, pierre, marbre, ivoire, cuivre, verre, céramique, émail. On y rencontre toutes sortes d'objets : tableaux, sculptures, objets d'art, tapisseries, émaux peints, estampes, vitraux, meubles. Son carnet d'échanges conserve le souvenir du "troc" qu'il a pratiqué avec une trentaine d'amateurs et d e marchands, à Angers dans plusieurs villes de France et jusqu'en Suisse. Chaque échange consiste généralement, pour Mordret, à céder plusieurs œuvres d e sa collection pour un objet plus important qu'il désirait s'approprier. Chaque objet est accompagné de son estimation chiffrée et Mordret s'efforce toujours, avec âpreté, d'être bénéficiaire »[1].

Titre de l’œuvre Auteur / École Datation Type / Technique Localisation Référence
Incendie de la cathédrale Saint-Maurice le 4 août 1831 Anonyme, école française XIXe s. Peinture Réserves MA 3 R 518
Vierge en majesté Anonyme XIIe s. Statue Réserves MA 3 R 499
Portrait de Jacques Hudoux Anonyme, école française XVIIIe s. Dessin Réserves MA 3 R 395
La Vierge Anonyme XVIIe s. Statue Réserves MA 3 R 512
Saint-Martin d’Angers Duchouchet Dessin Réserves MA 3 R 516
L’Enfant Jésus Anonyme, école française XVIIe s. Peinture Réserves MA 3 R 378
Claveau décoré du buste du roi David Anonyme XVe s. Sculpture lapidaire Réserves MA 3 R 531 B
Portrait de Charlotte de Grammont, abbesse du Ronceray Anonyme XVIIIe s. Médaillon, relief Réserves MA 3 R 400
Portrait de Jean, fils de Philippe le Hardi Anonyme, école française XVIe s. Peinture Réserves MA 3 R 392.4
Aiguière ornée de feuillage, anse en forme de couleuvre suite de Bernard Palissy Céramique Réserves MA 3 R 366
Allégorie à Monseigneur de Lorry Anonyme, école française XVIIIe s. Peinture Réserves MA 3 R 394
Gisant d’Aliette de Chemillé Anonyme XIVe s. Statue en pierre Réserves MA 3 R 612.1
Torse du Christ Sebastian-Johannes Leysner Statuette Réserves MA 3 R 407
Portrait de François Cacault Jacques-Louis David (?) XVIIIe s. Peinture Réserves MA 3 R 396
La Mort de la Vierge Anonyme XVe s. Bas-relief en pierre Réserves MA 3 R 528
Franciscain Anonyme XVe s. Statue Réserves MA 3 R 503
Les cadeaux de noces / Les redevances Pieter Brueghel (attribué) XVIIe s. Peinture, école flamande Réserves MA 3 R 393
Angers, amphithéâtre de Grohan Marie-Louis-Claude Coulet de Beauregard XVIIIe s. Peinture Exposition MA 3 R 477
Portrait d’Henri VIII, roi d’Angleterre Anonyme, école française XVIe s. Peinture Réserves MA 3 R 392.5
Adoration des bergers Anonyme, école angevine XVIe s. Peinture Réserves MA 3 R 382
Vierge à l’Enfant Anonyme XVIe s. Céramique, statuette Réserves MA 3 R 534
La Trinité Anonyme XVIe s. Sculpture Exposition MA 3 R 533.1
Esquisse des ruines de l’abbaye Saint-Aubin d’Angers A. Morillon XIXe s. Dessin Réserves MA 3 R 478
Le Christ en croix Pieter Fransz de Grebber XVIIe s. Peinture, triptyque Réserves MA 3 R 391
Mort de Beaurepaire, commandant du 1er bataillon de Maine-et-Loire Louis-Jules-Frédéric de Villeneuve XIXe s. Estampe Réserves MA 3 R 521
Portrait de Charles VII Anonyme, école française XVIe s. Peinture Réserves MA 3 R 392.1
Portrait de Louis XII Anonyme, école française XVIe s. Peinture Réserves MA 3 R 392.2
La Vierge et l’Enfant Jean Bellegambe XVIe s. Peinture, triptyque Exposition MA 3 R 389
La Vierge allaitant l’Enfant Jésus Jan Gossaert dit Mabuse XVIe s. Peinture, école flamande Réserves MA 3 R 403
Vue de la rive gauche d’Angers, près du pont des Treilles Anonyme XIXe s. Peinture Exposition MA 3 R 519
La Pentecôte – Descente du Saint-Esprit Anonyme, école angevine XVIe s. Peinture Exposition MA 3 R 406
Vénus demandant à Vulcain les armes d’Énée Anonyme XVIe s. Bas-relief lapidaire Réserves MA 3 R 537.4

Ces acquisition nous donnent une image un peu déformée de la collection en raison de l'absence d'émaux peints et de la faible présence de vitraux et de faiainces.

Source : Musée des Beaux-Arts d’Angers – Collection Pierre-André Mordret

Postérité

L’importance de la collection de Pierre-André Mordret, longtemps sous-estimée, est désormais reconnue comme un témoignage du goût précoce pour le Moyen Âge dans la société angevine du XIXe siècle[3].

En dépit de ses préoccupations philanthropiques, et contrairement à de nombreux amateurs de son temps, il ne fit preuve d’aucune libéralité, ni envers le musée d’Angers, ni envers aucune autre institution publique. Il conserva à sa collection un caractère strictement privé. Ayant presque seul profité de celle-ci, Mordret ne chercha pas à lui assurer une postérité après sa mort. Son entreprise demeure donc secrète, tant dans la manière dont il construisit sa collection que dans les motivations profondes qui l’inspiraient[6].

Notes et références

  1. Béatrice de Chancel, exposé sur Pierre André Mordret pour la société des études Angevines, 31.05.1990, consulté au service documentation du Musée des Beaux-Arts d'Angers le 29.10.2025.
  2. Célestin Port, Dictionnaire historique : Géographique et biographique, Imprimerie P. Lachèse, Belleuvre et Dolbeau, Angers n°13 chaussée Saint-Pierre., , p. 740-741
  3. Delphine Galloy. (Commissaire général de l'exposition.) (Catalogue d’exposition.), Curiosité(s) : un certain goût pour l’ailleurs : collectionneurs angevins du XIXe siècle. Catalogue d’exposition présenté par le Musée des Beaux-Arts d’Angers du 14 mars au 19 juillet 2015., vol. 1 vol. (388 p.) : ill. en noir et en coul., cartes ; 31 cm., Musée des Beaux-Arts d’Angers., Musées d’Angers ; Tourcoing : Invenit, impr., , 388 p. (ISBN 978-2-918698-80-7, EAN 9782918698807, SUDOC 185285279, lire en ligne), p. 331
  4. Dictionnaire le Grand Robert de la langue française, 92 avenue de France, 75013 Paris, Éditions Le Robert, , 6 volumes, 1342 pages (ISBN 2850366730)
  5. Dossier Pierre André Mordret, consulté au service documentation du Musée des Beaux-Arts d'Angers le 29.10.2025.
  6. Béatrice de Chancel, « Curieux et collectionneur : Pierre-André Mordret », 303, arts, recherches et créations, vol. 31,‎ , p. 39-51
  7. X. Barbier de Montault, Revue de l'Anjou, chronique locale, livres d'heures retrouvés de l'ancienne collection Mordret, 1885, consulté au service documentation du Musée des Beaux-Arts d'Angers le 29.10.2025.
  8. Revue de l'Anjou, Chronique locale, 1881, page 121, consultée au service documentation du Musée des Beaux-Arts d'Angers le 29.10.2025.
  9. Revue de l'Anjou, Chronique locale, 1881, page 329, consultée au service documentation du Musée des Beaux-Arts d'Angers le 29.10.2025.
  10. Musées d’Angers, « Collection de Pierre-André Mordret », sur Site des collections en ligne des musées d’Angers (consulté le )

Annexes

Témoignages

Liens externes

Pierre-André Mordret, le collectionneur éclectique

Collection de Pierre-André Mordret

Bibliographie

  • V. Godard-Faultrier, Catalogue du musée Saint-Jean, Angers, 1884.
  • Alfred Darcel, Rapports et notices sur les collections d’émaux et céramiques d’Angers, 1864–1865.
  • Archives municipales d’Angers, registres paroissiaux et délibérations municipales.
  • Béatrice de Chancel, « Curieux et collectionneur : Pierre‑André Mordret, notable et républicain », 303. Arts Recherches & Créations, n° 31, 1991, pp. 39‑51.
  • Béatrice de Chancel, exposé sur Pierre André Mordret pour la société des études Angevines, 31.05.1990, service documentation du Musée des Beaux-Arts d'Angers.
  • « Curiosité(s) : un certain goût pour l’ailleurs : collectionneurs angevins du XIXᵉ siècle », catalogue d’exposition présenté par le Musée des Beaux‑Arts d’Angers du au , Angers : musées & Lille : éditions Invenit, 2015, pp. 388 
  • X. Barbier de Montault, Revue de l'Anjou, chronique locale, livres d'heures retrouvés de l'ancienne collection Mordret, 1885, service documentation du Musée des Beaux-Arts d'Angers.
  • Delphine Galloy, Curiosité(s) : un certain goût pour l’ailleurs : collectionneurs angevins du XIXe siècle. Catalogue d’exposition présenté par le Musée des Beaux-Arts d’Angers du au .
  • Célestin Port, Dictionnaire historique, Géographique et biographique, Imprimerie P. Lachèse, Belleuvre et Dolbeau, Angers no 13 chaussée Saint-Pierre, 1876.


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