Premier répondant au Québec

Le premier répondant (PR) au Québec est une personne formée pour intervenir rapidement lors d'une urgence médicale afin de stabiliser l'état de santé de la personne avant l'arrivée des techniciens ambulanciers paramédicaux. Dans les municipalités où il est déployé, ce rôle est assuré par des pompiers ou des bénévoles rattachés aux services municipaux de sécurité incendie ou à des organisations locales.
Rôle
Un premier répondant reçoit une formation avancée en secourisme et est dépêché par un centre de communication santé (CCS) pour stabiliser l'état d'une personne en détresse en attendant l'arrivée des paramédicaux[1]. Dès que ces derniers prennent en charge la ou le patient, la responsabilité clinique leur revient[1],[2].
Il y a trois niveaux de compétence, qui autorisent des interventions graduées, de la prise en charge d'un arrêt cardiorespiratoire et de saignements graves jusqu'à des situations traumatiques complexes et certaines urgences particulières comme l'hypoglycémie, l'anaphylaxie ou des intoxications aux opioïdes. L'usage d'un défibrillateur externe automatisé (DEA) et l'administration de quelques médicaments d'urgence peuvent faire partie des actes permis selon le niveau de formation[1].
Historique
Sherbrooke est la première ville à intégrer formellement, en 1994, un service de premiers répondants au sein de son service de protection contre les incendies[3],[4],[5]. Ce modèle établit que l'ensemble des pompiers municipaux reçoit la formation requise et intervient sur des appels médicaux prioritaires en appui aux paramédicaux[3],[5]. Ce schéma d'organisation s'étend ensuite à plusieurs villes, notamment dans la grande région de Montréal, à Laval et Lévis, où les services de sécurité incendie (SSI) assument aussi la fonction de premiers répondants[2],[6]. À l'inverse, certains services ne sont pas intégrés à un SSI et reposent sur un organisme bénévole local, comme à Saint-Liboire[7].
Couverture
Le service repose sur l'adhésion volontaire des municipalités[3]. En 2024, 773 des 1 102 municipalités du Québec n'ont pas de service de premiers répondants, ce qui correspond à environ la moitié de la population non couverte[8]. En l'absence de premiers répondants, 45% des appels jugés très urgents dépassent dix minutes de réponse et la proportion atteint 59% en milieu rural[8],[9],[10]. Lorsque des premiers répondants sont en place, ils arrivent avant les services ambulanciers dans une forte majorité des cas, une donnée que le vérificateur général du Québec situe à 73% pour la période étudiée[8],[10].
Dans la région de Montréal, le temps moyen d'intervention rapporté est d'environ 5 minutes pour les premiers répondants contre plus de 12 minutes pour les ambulances. À Laval, des écarts comparables sont signalés depuis l'implantation du service en 2022[2].
Depuis 2014, un comité national recommande de rendre la présence de premiers répondants obligatoire sur tout le territoire[9]. Le gouvernement vise une couverture de 80% de la population d'ici 2028 et de 75% des municipalités d'ici 2030, mais ces objectifs restent à atteindre à mi-parcours des échéances[3],[9],[10]. En parallèle, Québec annonce une enveloppe de 92,7 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir l'implantation et la croissance des services, puis un financement triplé du programme de premiers répondants, de 11 à 32,7 millions de dollars, accompagné d'autres investissements préhospitaliers et d'un déploiement d'appareils de défibrillation[3],[11].
En date du , il existe environ 6 270 premières répondantes et premiers répondants répartis dans plus de 333 municipalités québécoises[1].
Notes et références
- (fr-CA) « Premier répondant »
, sur Gouvernement du Québec (consulté le )
- (fr-CA) Marie-Laurence Delainey, « Les premiers répondants arrivent deux fois plus vite que les ambulanciers »
, sur Le Journal de Montréal, (consulté le )
- (fr-CA) Jean-François Guillet, « Des premiers répondants dans 75 % des municipalités d’ici 2030, cible Québec »
, sur Le Droit, (consulté le )
- ↑ (fr-CA) Anthony Ouellet, « Les premiers répondants de Sherbrooke soufflent leurs 30 bougies »
, sur La Tribune, (consulté le )
- (fr-CA) Geneviève Proulx, « 30 ans de vies secourues grâce aux premiers répondants de Sherbrooke »
, sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ (fr-CA) Gabrielle Cantin, « La face méconnue des pompiers de Lévis »
, sur La Voix de l'Est, (consulté le )
- ↑ (fr-CA) Philippe Lanoix-Meunier, « Le service des premiers répondants sur la corde raide »
, sur Le Courrier, (consulté le )
- (fr-CA) Jérôme Labbé, « Au Québec, 70 % des municipalités n’ont toujours pas de premiers répondants »
, sur Radio-Canada, (consulté le )
- (fr-CA) Isabelle Porter, « Derrière les problèmes d’ambulances, le manque de premiers répondants »
, sur Le Devoir, (consulté le )
- (fr-CA) Caroline Plante, « La moitié des Québécois sans service de premiers répondants »
, sur Le Soleil, (consulté le )
- ↑ (fr-CA) « Québec débloque 36 millions pour bonifier les services préhospitaliers en région »
, sur Le Devoir, (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
- Urgences-Santé
- Service de sécurité incendie de Lévis
- Service de sécurité incendie de Montréal
- Sécurité civile au Québec
- Secouriste
Liens externes
- Portail des premiers secours et du secourisme
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