Régiment de Malte
| Régiment de Malte | |
Dessin d'un soldat du régiment. | |
| Création | 1777 |
|---|---|
| Dissolution | 1798 |
| Pays | |
| Origine | Italiens, Français, Maltais, Espagnols, Allemands |
| Type | Régiment |
| Rôle | Infanterie |
| Effectif | 1 000 |
| Garnison | La Valette, Floriana |
| Guerres | Invasion française de Malte |
Le régiment de Malte (italien : Reggimento di Malta) est une des unités militaires régulières de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Malte à la fin du XVIIIe siècle.
Création
En 1776, constatant la faible efficacité des régiments de milice maltais, et inquiétés par la révolte des prêtres un an plus tôt, l'Ordre ordonne la levée de deux corps réguliers, le régiment de Malte et le régiment des chasseurs. Le régiment est mis sur pied en 1777[1].
Le régiment de Malte est organisé comme un régiment d'infanterie de ligne français. Il doit regrouper 1 200 officiers et soldats, divisés en deux bataillons de chacun douze compagnies de fusiliers et deux compagnies de grenadiers[2]. En pratique, l'effectif varie autour de 1 000 hommes[3].
Recrutement
Les officiers sont tous des chevaliers de l'Ordre.
Ses hommes sont initialement recrutés à l'étranger. La majorité est recrutée en France ou dans les États italiens (y compris Avignon alors rattaché aux États pontificaux)[3] mais on compte aussi une minorité d'Espagnols et d'Allemands au cours de l'histoire du régiment. Certains des hommes sont protestants et d'autres tiennent des positions contraires à la foi catholique[4].
Les recrues se révèlent de très faible qualité, brutalisant la population sans que leurs officiers réagissent[1], et le régiment doit être repris en main par Gabriel-Jean-Baptiste de Freslon[5],[6], ancien major du régiment de Hainaut nommé colonel en 1779[7]. Le recrutement est alors ouvert aux Maltais[7], qui se portent volontaires pour obtenir un emploi stable[8]. Le recrutement maltais atteint 200 à 400 hommes selon les années[9], soit entre un cinquième et un tiers de l'effectif fluctuant du régiment[4].
Lors de l'invasion française
En 1796, l'effectif du régiment a chuté à 521 officiers et soldats[2]. Stationné à La Valette, le régiment déploie des détachements aux fort Manoel, Ricasoli, Saint-Elme et Saint-Ange[2].
Le régiment est engagé lors de l'invasion française et se porte à la rencontre de la colonne français du général Vaubois débarqué le dans la baie de San Ġiljan mais se replie rapidement vers La Valette[10]. L'Ordre capitule le .
Le général Bonaparte tente de faire entrer à son service le régiment de Malte mais seuls 24 militaires se portent volontaires. Sommés de parader le devant le fort Saint-Elme, les 356 soldats du régiment sont embarqués de force sur la flotte française. Une fois en Égypte, ils sont intégrés à la Légion maltaise qui est finalement dissoute un an plus tard et les soldats du régiment de Malte sont dispersés dans les demi-brigades françaises[11],[12].
Uniforme
Les soldats du régiment portent un habit blanc à parements et revers écarlate[13],[14],[15].
Annexes
Documents d'époque
- (it) Regolamenti militari per lo serviggio particolare del Reggimento di Malta [« Règlement militaire pour le service particulier du régiment de Malte »], Malte, (lire en ligne).
- Carlo Carasi, L'Ordre de Malte dévoilé ou Voyage de Malte: avec des observations historiques, philosophiques & critiques sur l'état actuel de l'ordre des Chevaliers de Malte & leurs moeurs: sur la nature, les productions de l'isle, la religion & les moeurs de ses habitants, (lire en ligne)[16].
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en) Frederick W. Ryan, "The House of the Temple": A Study of Malta and Its Knights in the French Revolution, Londres, Burns Oates and Washbourne, Limited, (lire en ligne).

- (en) Roderick Cavaliero, The Last of the Crusaders, Hollis & Carter, (lire en ligne).

- (en) Alison Hoppen, « Military priorities and social realities in the early modern Mediterranean : Malta and its fortifications », dans Victor Mallia-Milanes, Hospitaller Malta, 1530-1798: Studies on Early Modern Malta and the Order of St.John of Jerusalem, (ISBN 1870579259).
- (en) Stephen Spiteri, Fortresses of the Knights, Book Distributors Limited, (ISBN 978-99909-72-06-1, lire en ligne).
- (en) Fleur-Marie Brincat, The French connection in the defence of Hospitaller Malta (1722-1789) (thèse de doctorat en Histoire), , 413 p. (lire en ligne), p. 264-297.

Références
- Brincat 2024, p. 263.
- Spiteri 2001, p. 72.
- Brincat 2024, p. 279.
- (en) William Zammit, « De Rohan's Reggimento di Malta : a source of religious unorthodoxy in late eighteenth-century Malta », Sacra Militia, no 4, , p. 41-52 (lire en ligne).
- ↑ Ryan 1930, p. 107-108.
- ↑ Cavaliero 1960, p. 170.
- Brincat 2024, p. 265.
- ↑ (en) George Cassar, « Military life within Malta of the Knights : a brief analysis », Sacra Militia : the Journal of the History of the Order of St Joh, no 1, , p. 4-9 (lire en ligne).
- ↑ (en) William Zammit, « Melitensia Curios: Accounts of the Malta Regiment 1779-97 », Treasures of Malta, Fondazzjoni Patrimonju Malti, vol. 21, no 62, , p. 49 (ISSN 1028-3013, lire en ligne).
- ↑ Cavaliero 1960, p. 224-225.
- ↑ (en) M. E. S. Laws, « The Maltese Legion in the French Service, 1798–99 », Royal United Services Institution. Journal, vol. 100, no 598, , p. 267–271 (ISSN 0035-9289, DOI 10.1080/03071845509436372, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Noel Grima, « Coerced and abandoned », sur www.independent.com.mt, (consulté le ).
- ↑ Émile de Toulgoët, « De l'ordre de Saint-Jean », Le Héraut d'Armes: Revue illustrée de la Noblesse, vol. 1, no 13, , p. 390 (lire en ligne).
- ↑ Nicolas Viton de Saint-Allais, L'Ordre de Malte: ses grands maîtres et ses chevaliers, Delaunay, (lire en ligne), p. 207.
- ↑ (en) « 18th century military men at Palace Armoury », sur Times of Malta, (consulté le ).
- ↑ Alain Blondy, « Un pamphlet scandaleux contre Malte et l'ordre de St. Jean: "L'Ordre de Malte devoile" du pseudo CARASI », Melita Historica, Malta Historical Society, vol. 11, no 1, , p. 59-75 (lire en ligne).
Liens externes
- (en) Clara Farrugia, « The Reggimento di Malta – the force set up by the Knights to defend the country », sur TVM, .
Articles connexes
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