Réseau Marco-Polo

Réseau Marco Polo
Cadre
Type
Réseau ou mouvement de la Résistance française
Pays
Organisation
Membres
900

Le réseau Marco-Polo[1] est, pendant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de la France par l'armée allemande (1940-1944), un réseau de renseignement de la Résistance intérieure française, relevant du BCRA, service secret de la France libre dirigée à Londres par le général de Gaulle.

Ce réseau basé à Lyon, est créé à la fin de 1942 par l'officier de marine Pierre Sonneville, missioné par le BCRA, et opère dans le Sud-Est de la France, soumis à l'occupation à partir du 11 novembre 1942. Il a compté jusqu'à 900 membres et été successivement dirigé par Pierre Montrose, Paul Guivante de Saint-Gast (arrêté en par la Gestapo de Lyon), René Pellet (arrêté en et fusillé) et Julien Steyaert.

Le nom du réseau renvoie à Marco Polo (1254-1324), célèbre voyageur vénitien du Moyen Âge.

Histoire du réseau

Création par Pierre Sonneville (fin 1942)

Ce réseau est fondé par le capitaine de corvette Pierre Sonneville (1911-1970), officier sous-marinier qui rallie la France libre dès 1940 et poursuit d'abord le combat dans la marine. Puis il sollicite le Bureau central de renseignements et d'action du colonel Passy pour effectuer une mission en France auprès des marins de la flotte de Toulon, restés au service du régime de Vichy.

Cette mission devient sans objet du fait du sabordage de cette flotte le , à la suite de l'invasion de la zone libre par la Wehrmacht, réaction au débarquement des Alliés en Afrique du Nord (). Pierre Sonneville décide alors de créer un réseau de renseignement opérant de la région de Lyon à la mer Méditerranée, donc dans l'ancienne zone libre.

Débuts

Le réseau est initialement dirigé[2] par Pierre Montrose, lui aussi officier sous-marinier, puis par Paul Guivante de Saint-Gast (1906-1952).

Un lieu important est l'école des Sourds-Muets de Lyon, dirigé par René Pellet (1911-1944) et son épouse Marguerite, qui font tous deux partie du réseau.

Répression de 1943 par la Gestapo de Lyon

L'armée allemande amène avec elle les organes du RSHA, notamment la Sipo-SD, dont le service le plus connu est la Gestapo. Au printemps 1943, la Gestapo de Lyon, dirigée par Klaus Barbie, déploie une intense activité contre la Résistance, arrêtant notamment Jean Moulin, délégué du général de Gaulle en France occupée et président du Conseil national de la Résistance (), puis Paul Guivante[3], chef du réseau Marco-Polo.

René Pellet prend alors la relève, avec l'aide de son épouse Marguerite et de ses deux frères, Paul, étudiant en médecine, et André, dentiste. Il est le troisième dirigeant du réseau, sous les pseudonyme de Promontoire, et d'Octave.

Début octobre, il part pour Londres donner des renseignements sur le combustible employé pour les essais de fusées V1 et V2. Le couple Pellet accepte par ailleurs d'héberger dans leur école des enfants juifs pris en charge par l'Œuvre de secours aux enfants (OSE), en instance de placement dans des familles d'accueil.

Le , à l'initiative de Charles Spitz, le central téléphonique de la Gestapo, installé dans un camion garé quai du Docteur-Gailleton, explose[4].

Le , la Gestapo envahit l’école des Sourds-Muets et arrête 62 personnes, dont Marguerite et Paul Pellet, ainsi que Madeleine Dreyfus, de l'OSE, venue chercher un enfant[5].

Le réseau en 1944

René Pellet revient à Lyon en , malgré le danger. Il établit le centre du réseau à Saint-Genis-Laval, puis à Chaponost.

Il est arrêté à Chaponost le et fusillé le , quelques jours avant la libération de Lyon le .

Le « groupe des ingénieurs » et les fusées V1 et V2

Quelques scientifiques, comme Alfred Eskenazi, pionnier de la cybernétique[6], Jacques Bergier, alias « Jacques Verne » et André Helbronner, forment le « groupe des Ingénieurs », qui étudie les avancées des Allemands dans les domaines militaire et scientifique.

Ce groupe met au jour[pas clair] les travaux de recherche des Allemands sur les fusées V1 et V2.

Serge Foiret et François Le Lionnais, chimiste et mathématicien, arrêtés puis déportés à Dora, faisaient partie du service de contrôle sur la V2 et en organisaient le sabotage[7].

Membres importants du réseau

Chefs successifs

  • Pierre Montrose, officier sous-marinier
  • Paul Guivante de Saint-Gast (1906-1952)

Paul Guivante de Saint-Gast[8] est arrêté durant l'été 1943 à Lyon et remplacé par René Pellet.

  • René Pellet (1911-1944), alias « Promontoire », « Octave »

René Pellet[1] enseigne à partir de 1933 à l’École municipale des Sourds-Muets et Aveugles de Lyon[9]. Il y rencontre Marguerite Baud, elle aussi institutrice spécialisée, qu'il épouse. En , il est nommé directeur de l'École. Il entre dans le réseau par l'intermédiaire des Éclaireurs[pas clair].

Parti à Londres en , il revient à Lyon en décembre. Il est arrêté le et fusillé le .

  • Julien Steyaert, alias « Sauterelle ».

Autres membres

Le photographe Georges Brun, d'Aix-Les-Bains, grâce à ses appareils photographiques et son laboratoire de développement, fournit des faux papiers aux membres du réseau.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Notes et références

  1. Le Mer et Pellet 2018.
  2. François Moreau de Balasy, Un cauchemar français, Éditions L'A Part Buissonnière, 2010 (ISBN 2360350013).
  3. Paul Guivante de Saint-Gast
  4. La collaboration des postiers français avec le service de renseignement. Voir chapitre VI, "Lyon : ".
  5. Sabine Zeitoun, Histoire de l'OSE  : De la Russie tsariste à l'Occupation en France (1912-1944) - L’œuvre de Secours aux Enfants du légalisme à la résistance, 2e édition, Paris, L'Harmattan, 2012, p. 248.
  6. Il n'était pas une légende.
  7. France Culture, diffusé le 27/04/2022, Nuit de l’Oulipo 1/2 (2/11) : "François Le Lionnais avait une curiosité universelle servie par une mémoire proprement fantastique, quasiment pathologique"
  8. « Paul Guivante de Saint-Gast » sur le site Les Français libres, de 1940 à 1943.
  9. L'École des Sourds-Muets et Aveugles de Lyon
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