René Pellet

René Pellet
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Biographie
Naissance
Décès
(à 32 ans)
Lyon
Nationalité
Activités
Conjoint
Marguerite Pellet (à partir de )
Enfant
Jacques Pellet (d)
Autres informations
A travaillé pour
Cité scolaire René-Pellet (d)
Membre de
Éclaireurs de France (d)
Réseau Marco Polo
Conflit
Lieu de détention
Distinctions

René Pellet, né le à Lyon[1] où il est mort fusillé le , est un pédagogue, spécialiste de l'enseignement aux sourds, et un héros de la Résistance intérieure, membre puis chef du réseau de renseignement Marco-Polo, lié au BCRA, service secret de la France libre.

Enseignant à l'Institut des sourds-muets et aveugles de Lyon à partir de 1933 (directeur à partir de 1941), aux côtés de son épouse Marguerite, il s'implique aussi dans le mouvement scout laïque des Éclaireurs de France. Il entre dans le réseau Marco-Polo, créé à la fin de 1942 par Pierre Sonneville, missionné par le BCRA, peu après l'occupation de la zone libre par l'armée allemande (). Il devient chef du réseau après l'arrestation de Paul Guivante de Saint-Gast en .

Alors que René Pellet est parti pour Londres (), le réseau est victime d'une vague d'arrestations en novembre, notamment celle de Marguerite Pellet. Rentré à Lyon en , il reprend la direction du réseau, s'installant dans la banlieue de Lyon à Chaponost, où il est arrêté le . Il est fusillé quelques jours avant la libération de Lyon.

Biographie

Origines familiales et formation

Il est le fils d'Irénée Pellet (1878-1951[2]), instituteur à Lyon, et de son épouse Marie-Antoinette André (1883-1972), institutrice[3].

En 1936, René Pellet obtient un DES de pédagogie, avec une thèse intitulée Des premières perceptions du concret à la conception de l’abstrait chez l’enfant. Essai de l’analyse de la pensée et de son expression chez l’enfant sourd-muet.

Carrière dans l'enseignement (à partir de 1933)

À partir de 1933, il enseigne à l’École municipale des Sourds-Muets et Aveugles de Lyon[4], située à Villeurbanne[5].

Il y rencontre Marguerite Baud (1904-1945), elle aussi institutrice, qu'il épouse le [1].

Il est également commissaire de district des Éclaireurs de France pour la région de Lyon. Il s'agit d'un mouvement scout laïque (aujourd'hui appelé Éclaireuses Éclaireurs de France)

Seconde Guerre mondiale

Dans la zone libre (juin 1940-novembre 1942)

Après l'armistice du , Lyon fait partie de la zone libre (non occupée par l'armée allemande), dont elle est la ville principale, bien que le gouvernement français du maréchal Pétain réside à Vichy.

En , René Pellet est nommé directeur de l'institut.

Occupation allemande (11 novembre 1942) et entrée dans le réseau Marco-Polo

Le , à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, la Wehrmacht envahit la zone libre, amenant avec elle les services du RSHA (Sipo-SD), dont le plus connu est la Gestapo, dirigée à Lyon par Werner Knab, secondé par Klaus Barbie. Peu après cet événement majeur, Pierre Sonneville, officier de marine envoyé en France par le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) du colonel Passy[6], crée le réseau Marco-Polo, dont l'objet est le renseignement militaire dans le Sud-Est de la France occupée.

René Pellet entre par l'intermédiaire des Éclaireurs[pas clair] dans ce réseau[7], dirigé non pas par Pierre Sonneville, assez vite reparti à Londres, mais par Pierre Montrose, lui aussi officier de marine, puis par Paul Guivante de Saint-Gast.

Par ailleurs, le couple Pellet accepte d'héberger dans l'école des enfants juifs pris en charge par l'Œuvre de secours aux enfants (OSE), en attendant leur placement dans des familles d'accueil.

Répression de la Résistance à Lyon en 1943

Au printemps 1943, la Gestapo lance une grande opération pour démanteler la Résistance dans la région lyonnaise. Le , elle réussit à arrêter Jean Moulin, représentant du général de Gaulle en France et président du Conseil national de la Résistance.

Un peu plus tard, Paul Guivante est arrêté à son tour[8]. René Pellet prend alors la relève, avec l'aide de son épouse et de ses frères Paul, étudiant en médecine, et André, dentiste.

Départ de René Pellet à Londres (octobre 1943) et arrestation de son épouse (novembre)

Début octobre, il part à Londres pour transmettre des renseignements sur le combustible employé pour les essais des fusées Vl et V2[9].

Le , la Gestapo intervient à l'école des sourds-muets et arrête 62 personnes, dont Marguerite et Paul Pellet, ainsi que Madeleine Dreyfus, de l'OSE, venue ce jour-là chercher un enfant[10].

Incarcérée à la prison Montluc, Marguerite Pellet est déportée au camp de Ravensbrück en , puis transférée à Mauthausen, en Autriche. Elle meurt le lors d'un bombardement américain à Amstetten, alors qu'elle était au travail sur une voie ferrée.

Paul et André Pellet sont également enfermés à Montluc, le second à partir du .

Retour de René Pellet à Lyon (décembre 1943)

Malgré les risques, René Pellet est de retour à Lyon le et reprend la direction du réseau.

Il transfère le quartier général du réseau à Saint-Genis-Laval, puis à Chaponost, communes situées au sud-ouest de Lyon.

Mort et funérailles (1944)

Arrestation (30 juillet) et exécution (23 août)

Sur dénonciation d’un membre du réseau[réf. nécessaire], il est arrêté le à Chaponost, au domaine agricole du Milon[11], et emprisonné à Montluc, où il est interrogé et torturé, puis condamné à mort.

Il est fusillé en compagnie de deux de ses compagnons[Qui ?] sur le pont Pasteur le , veille de la libération du fort[réf. nécessaire]. Son corps est ensuite jeté dans le Rhône.

Inhumation

Il est retrouvé deux jours plus tard en aval de Vienne, à Saint-Pierre-de-Bœuf[12], commune du département de la Loire située le long du Rhône.

Il est aujourd'hui inhumé au cimetière de Feyzin, aux côtés de ses parents et de son épouse[2]

Distinctions

Il est reconnu « Mort pour la France » et « Interné résistant »[13],[7].

Hommages

Le nom de « René Pellet » a été donné à une cité scolaire à Villeurbanne, située au n° 32 de la rue de France.

Le nom de « René et Marguerite Pellet » a été donné à une rue de Lyon (située dans le quartier Grange Blanche, non loin de l'institut Lumière) et à un square de Villeurbanne[15].

Notes et références

  1. Ville de Lyon, « Acte de naissance n°1159 du 31/08/1911 », extr. du registre d'état civil de Lyon 3e, cote 2E 2944, image 30, sur Archives municipales de Lyon (consulté le ), p. 209v.
  2. Photographie de la tombe de la famille Pellet, en ligne sur le site des Français libres.
  3. Acte de naissance de René Pellet et photographie de la tombe familiale.
  4. L'École des Sourds-Muets et Aveugles de Lyon
  5. « Vaincre la nuit et le silence » sur le site du magazine Viva, de la ville de Villeurbanne.
  6. Au départ, pour prendre contact avec des officiers de la flotte de Toulon. Mais celle-ci se saborde le 27 novembre 1942.
  7. « Titres, homologations et services pour faits de résistance - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
  8. Paul Guivante de Saint-Gast
  9. La collaboration des postiers français avec le service de renseignement
  10. Sabine Zeitoun, Histoire de l'OSE : De la Russie tsariste à l'Occupation en France (1912-1944) - L'Œuvre de Secours aux Enfants du légalisme à la résistance, L'Harmattan, , 2e édition revue et augmentée éd., p. 248
  11. Selon le Maîtron : [1]
  12. "René Pellet", dans Le Maitron
  13. « Base des militaires décédés pendant la Seconde Guerre mondiale - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
  14. « Base des médaillés de la résistance - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
  15. « Square Pellet » sur le site de la ville de Villeurbanne.

Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Régis Le Mer et Jacques Pellet (d) (préf. Jacques Walter), René et Marguerite Pellet, de la pédagogie à la résistance : réseau Marco-Polo, Lyon, 1942-1944, Paris, Éditions Tirésias, coll. « Ces oubliés de l'histoire », , 382 p. (ISBN 978-2-91529397-5 et 2-91529397-X, OCLC 1038052983)

Liens externes

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