Raid du colonel Kariaguine

Raid Kariaguine
Description de cette image, également commentée ci-après
Pont vivant de Franz Roubaud ç1897)
Informations générales
Date au
Belligérants
Drapeau de l'Empire russe Empire russe Perse qadjare
Commandants
Pavel Kariaguine (ru) Abbas Mirza
Pertes
90 tués
164 blessés
inconnues

Première Coalition


La Campagne de 1805 du colonel Kariaguine ou Raid Kariaguine est une opération de guerre menée par le 13e régiment de grenadiers d'Erevan de Sa Majesté le Tsar Mikhaïl Féodorovitch; sous les ordres du colonel Pavel Kariaguine (ru), durant la guerre russo-persane de 1804-1813, contre la Perse qadjare.

Antécédents

Le est signé le Traité de Kurakchay, aux termes desquels le Khanat du Karabagh faisait partie de l'Empire russe. Cependant, alors que l'attention de la Russie est occupée par la Guerre de la Troisième Coalition menée contre Napoléon Ier, le souverain persan qadjare Fath Ali Chah Qadjar décide de profiter de la situation pour reprendre le territoire du Karabagh. À cet effet, une armée de 30 000 à 40 000 hommes sous le commandement du prince héritier Abbas Mirza traverse la rivière Araxe par le passage de Koudaferine. Cette traversée est défendue par le 17e régiment de chasseurs sous le commandement du major Dmitri Lissanevitch (ru), mais qui s'était retiré à Chouchi. Le général d'infanterie Paul Tsitsianov ne disposant pas de forces suffisantes, envoie depuis Gandja à la rencontre des ennemis le deuxième bataillon du même régiment sous le commandement du colonel Kariaguine (soit 493 hommes) avec un convoi et deux canons. Le détachement de Kariaguine résiste à l'attaque de l'armée perse et sort honorablement de cette bataille inégale[1].

Raid

Le le deuxième bataillon quitte Gandja et prend la direction de Chouchi. La distance à parcourir est d'une centaine de kilomètres. Trois jours plus tard, le , aux abords de Chouchi, dans la région de Chahbulag, le bataillon tombe sur le détachement perse de Pir-Kouli-khan qui compte 3 000/4 000 hommes. Kariaguine réorganise le bataillon en carré d'infanterie et poursuit sa marche en avant, repoussant l'attaque de la cavalerie persane.

Au soir du les forces perses se sont resserrées et Kariaguine doit être soutenu à l'aide d'un fort de chariots dans la région d'Askeran sur les rives de la rivière Karkartchaï, à l'emplacement de l'ancien cimetière tatar. Du fait de rudes attaques le détachement russe subit des pertes importantes (197 soldats). A la suite de bombardements au fauconneau il ne reste bientôt plus que 150 hommes dans les rangs du détachement russes. Le le détachement du lieutenant Ladinski (ru) a fait une sortie pour trouver de l'eau. Il réussissent aussi à percer la batterie des artilleurs persans à la baïonnette. Envoyé au village le plus proche Pirlar pour trouver du fourrage le lieutenant Lissenko se rend aux Perses. La position du détachement assiégé devenait critique ; les cartouches et les vivres étaient épuisés.

Le il a été décidé de quitter secrètement le camp et d'attaquer la forteresse de Shakbulag par surprise. La forteresse a été prise, mais le détachement russe a été bloqué par l'armée persane pendant 13 jours[2]. Le guide arménien Yousbach a réussi à porter un message à Tsitsianov et à revenir avec la réponse. Pour gagner du temps Kariaguine commence à négocier une reddition avec les Perses.

Mais Kariaguine à la fin d'un ultimatum, quitta son emplacement et après être passé par Kousapat il prit le la forteresse de Mokhratagh, qui se trouvait à un emplacement imprenable proche de Gandja. En traversant le ruisseau Tartar le détachement a subi des pertes mais qui n'étaient pas dues aux Perses. Plusieurs soldats ont subi des lésions cérébrales lors de la traversée des canons sur un pont improvisé constitué des corps mêmes des soldats avec leurs fusils. Parmi eux se trouvait l'initiateur de cette entreprise Gavril Sidorov.

Le , le prince Paul Tsitsianov a vaincu l'armée perse puis a rejoint Martakert pour retrouver le détachement du colonel Kariaguine.

Kariaguine a reçu une épée d'or pour ce raid et tous les officiers et soldats ont été récompensés par des primes. Quant à Gavril Sidorov mort lors du passage des canons sur son corps il a été honoré d'une statue sur la place de la ville de Manglissi.

Galerie

Sur le tableau de Franz Roubaud Pont vivant, réalisé en 1897, les chasseurs sont représentés dans leurs uniformes des années 1810—1811.

Références

Biographie

  • (en) George A. Bournoutian, From the Kur to the Aras. A Military History of Russia’s Move into the South Caucasus and the First Russo-Iranian War, 1801—1813, Brill, coll. « Iran Studies, Vol. 22 », , 318 p. (ISBN 978-90-04-44516-1 et 978-90-04-44515-4, lire en ligne)
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