Robert Gauger

Robert Gauger
Fonctions
Commissaire-résident français aux Nouvelles-Hébrides

(2 ans et 10 mois)
Prédécesseur Robert Langlois
Successeur Bernard Pottier
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bastia
Date de décès (à 70 ans)
Lieu de décès Saint-Tropez
Nationalité français

Robert Gauger, né le 2 à Bastia[1] et mort le à Saint-Tropez[2], est un administrateur colonial français.

Biographie

Un temps conseiller à l'ambassade de France en Mauritanie, il est ensuite délégué français pour les îles du Nord du condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides, en Océanie, de 1961 à 1965. De 1965 à 1967 il est le directeur du cabinet du gouverneur de la Polynésie française, Jean Sicurani. De 1969 à 1971 il est chargé de mission pour les affaires africaines auprès du président Georges Pompidou. De 1971 à 1972 il travaille auprès de Pierre Messmer, le ministre d'État chargé des DOM-TOM. De 1972 à 1974, il est haut commissaire adjoint de la République dans le Territoire français des Afars et des Issas (c'est-à-dire Djibouti)[1].

En il est nommé commissaire résident français aux Nouvelles-Hébrides, c'est-à-dire chef de la moitié française du gouvernement de cette colonie conjointe franco-britannique. Il arrive aux Nouvelles-Hébrides en , et son pendant est le commissaire-résident britannique Roger Du Boulay (en), puis John Champion. Robert Gauger a alors à composer avec le Parti national des Nouvelles-Hébrides, parti politique indépendantiste fondé en 1971 par des autochtones anglophones, ainsi qu'avec la tenue en 1975 des premières élections municipales et des premières élections législatives de l'histoire de la colonie[1],[3],[4]. Robert Gauger rencontre à plusieurs reprises les responsables des partis considérés comme francophones - l'Union des communautés des Nouvelles-Hébrides de Rémy Delaveuve, le Mouvement autonomiste des Nouvelles-Hébrides de Michel Thévenin et Aimé Maléré, et le Nagriamel de Jimmy Stevens - pour les presser à faire front commun contre le Parti national, et ne pas présenter de candidats les uns contre les autres. De le même temps, il tente de mobiliser politiquement les enseignants des écoles francophones, sans grand succès, et de concilier à la France des électeurs autochtones en leur restituant des terres expropriées par la Société française des Nouvelles-Hébrides[5]. Les élections législatives sont remportées par le Parti national, et Robert Gauger s'entretient alors avec son homologue britannique John Champion pour lui demander de permettre à la France d'empêcher l'Assemblée représentative de siéger avec une majorité indépendantiste. Prétextant la nécessité d'un délai pour permettre d'inclure à l'Assemblée des représentants de chefs coutumiers, Robert Gauger obtient l'assentiment de son homologue pour reporter sine die les sessions de l'Assemblée[6]. En , dans une atmosphère de tension entre le Parti national et les partis francophones, il prononce la dissolution de l'Assemblée en vue de nouvelles élections[7].

Il quitte ses fonctions aux Nouvelles-Hébrides en et est nommé sous-directeur des affaires politiques et de l'administration générale des territoires d'outre-mer au secrétariat d'État aux DOM-TOM, succédant à Robert Langlois[1].

Références

  1. « M. ROBERT GAUGER SOUS-DIRECTEUR DES AFFAIRES POLITIQUES DES TOM », Le Monde, 15 décembre 1977
  2. « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
  3. (en) "France's new man in New Hebrides", The Pacific Islands Monthly, avril 1975, p.6
  4. (en) "Wooing the Church in the New Hebrides with elections in mind", The Pacific Islands Monthly, juillet 1975, p.1-2
  5. (en) "Before Vanuatu: Final bankruptcy of plans for pro-French majority", The Pacific Islands Monthly, septembre 1982, p.27
  6. Zorian Stech, Une confrontation comme nulle autre dans le Pacifique : la France, la Grande- Bretagne et la vie politique au condominium franco-britannique des Nouvelles- Hébrides (1945-1980), thèse de doctorat, université de Montréal, avril 2017, pp.180-182
  7. (en) "New Hebrides - of storms and High Commissioners", The Pacific Islands Monthly, mai 1977, p.11


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