Robeyoncé Lima

Robeyoncé Lima
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Robeyoncé Lima est une avocate, militante et femme politique brésilienne née le à Recife. Elle est reconnue par l'Ordre des avocats du Brésil (pt) comme la première avocate transgenre des régions Nord et Nord-Est et la deuxième à obtenir son diplôme d'avocate au Brésil[1],[2],[3].

Diplômée en géographie de l'Université fédérale du Pernambouc (UFPE), elle s'est fait remarquer en 2016 en obtenant également une licence en droit dans cette même université. Sa promotion a alors été baptisée « Promotion Robeyoncé Lima » en son honneur[4]. Après avoir réussi l'examen du barreau, elle travaille bénévolement dans le domaine juridique, assistant les personnes LGBTQIA+ dans leurs démarches[5].

Lors des élections de 2018, elle présente au sein d'une candidature collective menée par Jô Cavalcanti, qui recueille plus de 39 000 votes, permettant à Robeyoncé d'obtenir un siège au sein du mandat collectif Juntas[6], un mandat collectif à l'Assemblée législative du Pernambouc[7],[8],[9],[10]. Après avoir acquis une reconnaissance internationale en tant que militante, elle fonde en 2019 le Global Equality Caucus pour l'égalité au siège des Nations Unies, un réseau international de parlementaires engagés dans la lutte contre la discrimination envers les personnes LGBTQIA+[11].

En 2022, elle présente aux élections de députée fédérale pour le Parti socialisme et liberté, obtenant 80 000 voix et terminant 21e du scrutin dans l'État de Pernambouc. Elle n'a cependant pas été élue en raison du système de quotient électoral. Durant la campagne, elle a été la cible d'attaques transphobes qualifiées de tentatives de « détournement du débat politique »[12],[13],[14].

Biographie

Parcours professionnel et reconnaissance

Née à Recife, Robeyoncé est élève dans le système scolaire public de l'État de Pernambouc. Durant son enfance, elle connaît des problèmes familiaux et se retrouve abandonnée par son père, toxicomane au crack. Sa mère est employée de maison et, en raison de sa charge de travail importante, ne peut pas passer beaucoup de temps avec elle, qui est gardée par sa grand-mère. Dans une interview, elle raconte qu'elle est souvent rejetée par les autres enfants à cause de sa différence, raison pour laquelle elle se réfugie dans la lecture et les études, se plongeant notamment dans les bandes dessinées pour passer le temps[4],[9].

Afro-brésilienne[15], elle obtient son diplôme de droit à l'âge de 27 ans à l'UFPE, une institution qu'elle décrit comme « un environnement aéré où elle peut se développer »[16]. Pendant ses études, elle effectue des stages dans diverses agences publiques, telles que la Cour fédérale et Petrobras[1],[9].

En 2016, la faculté de droit de Recife baptise la promotion « Promotion Robeyoncé Lima » en son honneur. Cet événement suscite un vif intérêt médiatique national, faisant connaître la jeune diplômée au grand public. Robeyoncé déclare alors que son diplôme constitue une exception, car elle a dû « affronter et surmonter les vulnérabilités et la marginalisation auxquelles sont confrontées les personnes transgenres au Brésil »[4],[17].

En 2017, elle réussit l'examen de l'Ordre des avocats (OAB) et devient la première femme transgenre à exercer le droit dans les régions Nord et Nord-Est du Brésil[15],[18]. Après l'obtention de son titre d'avocate, elle commence à offrir une assistance juridique bénévole aux personnes LGBTQ[5],[6].

Elle est la première à utiliser son nom choisi dans les registres de l'OAB[19] et change par la suite officiellement de nom à l'état civil[20].

Groupe de recherche-action Robeyoncé

Lorsqu'elle est étudiante en droit à l'UFPE, Robeyoncé participe à un « Groupe de recherche-action » créé au sein du Centre des sciences juridiques de l'université. Ce groupe a pour objectif de développer une recherche théorique sur les débats contemporains relatifs à la théorie critique (École de Francfort), au droit, au genre et aux questions LGBTQIA+[21]. Il étudie également le potentiel émancipateur des revendications de ces groupes sociaux, afin de proposer des stratégies d'intervention juridique pour la défense des populations marginalisées[22].

En 2018, deux ans après l'obtention du diplôme de Lima, les participantes rebaptisent le groupe « Groupe de recherche-action Robeyoncé », en hommage au parcours de l'ancienne membre[23],[24].

Militantisme et politique institutionnelle

Robeyoncé (à gauche) et d'autres membres du mandat collectif Juntas à l'Assemblée législative du Pernambouc (2019).

Mandat collectif Juntas

En 2018, elle lance sa campagne par le mandat collectif Juntas[25], mené par Jô Cavalcanti, élue députée à l'Assemblée législative de Pernambouc (ALEPE) après avoir recueilli 39 000 voix[26]. Grâce au succès de cette candidature collective, Robeyoncé devient la première femme transgenre à siéger dans un mandat collectif au niveau de l'État[27],[28],[29].

Bien qu'elle n'ait pas encore prêté serment comme députée, la presse la qualifie de « codéputée »[30]. Durant son mandat, elle déclare vouloir concentrer ses efforts sur l'amélioration de la sécurité publique à Pernambouc, afin de garantir l'intégrité des personnes LGBTQIA+ et, en particulier, la défense des personnes transgenres et travesties[5].

Une fois en fonction, le collectif s'attache à élaborer des politiques publiques en faveur des femmes, des personnes LGBTQIA+ et des mouvements sociaux à Pernambouc. Les décisions du mandat sont guidées par les cinq membres, représentés par Jô Cavalcanti, qui préside le Comité des droits humains et de la participation populaire de l'Assemblée législative du Pernambouc dans le but de renforcer les politiques antidiscriminatoires[31],[32],[33].

Critiques de Jair Bolsonaro et transphobie

En 2019, Robeyoncé dénonce les propos discriminatoires de Jair Bolsonaro à l'égard des minorités sexuelles et « l'intensification de l'oppression »[5] observée depuis l'arrivée au pouvoir de l'ancien président[9],[18]. Interrogée sur les commentaires désobligeants qu'elle reçoit sur les réseaux sociaux, Lima répond que ceux-ci témoignent de la banalisation des violences faites aux personnes transgenres, une situation qui n'affecte pas certaines personnes dans la société[34].

Dans des interviews, Lima souligne que le Brésil figure en tête du classement des agressions et des décès de personnes transgenres depuis plus de dix ans[32],[35] et que l'un des moyens de lutter contre la discrimination à l'égard des personnes transgenres est de renforcer l'éducation[1],[36],[37],[38]:

« Grâce à l'éducation, nous commençons à être considérés comme des personnes normales. Ce que nous voulons le plus, c'est le droit d'être [...] »

Impact international et création du Global Equality Caucus aux Nations Unies

Le , au siège des Nations Unies à New York, Robeyoncé cofonde le Global Equality Caucus, un réseau international de parlementaires engagés dans la lutte contre la discrimination envers les personnes LGBTQIA+[11]. Accompagnée d'une délégation de parlementaires de divers pays, Lima signe la « Déclaration de New York » en faveur des droits des minorités[39],[40],[41].

Compte tenu de l'impact de son militantisme, Robeyoncé est invitée par les médias internationaux à s'exprimer sur les causes qu'elle défend[5].

Le parcours et les interventions de Lima sont relayés par divers médias étrangers, tels que le magazine américain Ms. Magazine[15], l'agence de presse Reuters[18] et le quotidien argentin La Nación[42].

Vice-présidente de la Commission spéciale de vérité sur l'esclavage des Noirs au Brésil

En , Lima prête serment en tant que vice-présidente de la Commission spéciale de vérité sur l'esclavage des Noirs au Brésil, créée par l'Ordre des avocats du Brésil (OAB) à Pernambouc[43],[44],[45]. L'objectif de la commission est de discuter des responsabilités concernant les événements qui se sont déroulés pendant l'esclavage, afin de soutenir et de renforcer les politiques publiques en matière d'équité raciale[43].

Candidature au poste de députée fédéral

Lors des élections de 2022, elle se présente comme députée fédérale de Pernambouc et obtient environ 80 000 voix. Lima n'est pas élue en raison du quotient électoral[46],[12],[47],[48]. Pendant la campagne, Robeyoncé soulève des questions telles que la lutte contre le racisme, le sexisme, la LGBTphobie et les droits des travailleurs, entre autres causes[49],[50].

Références

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  4. (pt-BR) « Robeyoncé Lima, mulher trans, dará nome à turma da tradicional Faculdade de Direito de Recife », sur CLAUDIA (consulté le )
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  6. (es) « Brasil eligió a sus dos primeras diputadas trans de la historia », sur www.agenciapacourondo.com.ar (consulté le )
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