Romualdo Rossi

Romualdo Rossi
Biographie
Naissance
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(à 91 ans)
Rome
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Parti politique

Romualdo Rossi, né le à Goro et mort le à Rome, est un journaliste, syndicaliste et écrivain italien.

Biographie

Jeune militant socialiste

Né à Goro dans une famille ouvrière, de Luigi et Caterina Branchi, Romualdo Rossi, après l'école primaire, partit travailler comme comme ouvrier en France, en Suisse et enfin en Belgique, période au cours de laquelle il reçut son éducation politique[1]. De retour en dans sa ville natale, il s'inscrivit au Parti socialiste italien (PSI) dont il devint un actif militant[1]. En 1910, il fut élu conseiller municipal de Mesola, dans la province de Ferrare, en 1910, et, quelques jours plus tard, dans la commune voisine de Codigoro[1].

Du syndicalisme révolutionnaire à la Grande guerre

S'orientant progressivement vers positions syndicalistes révolutionnaires, il collabora à différents journaux dont Diana, journal d'Italo Balbo[2], L'Internazionale et à La Scintilla, journal dont il devint rédacteur en chef en , année où il fut également appelé à diriger la Chambre du Travail de Ferrare[1]. Toujours en 1912, Rossi fut élu maire de Mesola mais dut s'exiler suite d'une condamnation à 9 mois de prison, d'abord en Suisse puis en France et enfin à Saint-Marin, ne parvenant à retourner à Ferrare qu'après l'amnistie accordée le [1].

Après avoir dirigé un groupe affilié à l'Unione Sindacale Italiana (USI), Rossi rouvrit La Scintilla en 1915[1]. Résolument neutraliste au début de la Première Guerre mondiale, sa position évolua et il devint un fervent soutien de l'intervention, allant jusqu'à signer un manifeste de collaboration avec les nationalistes, au nom du Faisceau d'action révolutionnaire interventionniste[1]. Avant d'être appelé à la guerre comme opérateur télégraphique, Rossi a collaboré avec le journal socialiste radical Il Fascio, dirigé par Giuseppe Longhi, tandis que pendant le conflit, il devint résolument antisocialiste[1].

L'après-guerre : fascisme, syndicalisme et activité littéraire

De retour de la guerre, il rejoignit, en 1919, l'Unione Italiana del Lavoro (UIL) dont il devint le principal dirigeant dans la capitale et dans toute la province de Ferrare[1]. Après la formation du Parti fasciste de Ferrare, il fonda une Union nationale des coopératives et rejoignit les structures syndicales fascistes qu'il quitta rapidement, avec Cassio Spagnoli et Pilo Ruggeri, à la suite de la nomination au poste de secrétaire de la Chambre du Travail fasciste de Ferrare de Edmondo Rossoni qu'il critiqua dans le journal Gioventù Sindicalista en 1921[1].

Rossi retourna bientôt dans les rangs fascistes, obtenant finalement le poste de secrétaire de la Chambre du Travail de Ferrare et, après son adhésion au Parti national fasciste (PNF), fut désigné chef de l'organisation syndicale de la province d'Udine (1925), mais après seulement cinq mois, il fut contraint d'abandonner son poste pour s'être rangé du côté des travailleurs qui réclamaient un ajustement des salaires[1]. Il retourna ainsi à Rome, où il prit la direction du périodique Patria et continua à beaucoup publier, autant des ouvrages que des articles dans les journaux notamment dans le périodique Italia - URSS e Oriente. Rassegna commerciale mensile, publié en 1930, et l'hebdomadaire L'Italia del lavoro. Giornale politico di Critica e di Battaglia.

En 1932, il publia Mazzini e il fascismo : sintesi critica e polemica, un essai de 91 pages avec une préface d'Emilio Settimelli, dans lequel il tentait de démontrer une continuité entre la pensée de Mazzini et la doctrine fasciste. En 1933, il publia Briciole di filosofia fascista, un ouvrage dans lequel il développait la rhétorique corporatiste et syndicaliste du régime. En 1944, Mussolini nudo alla meta fut publié par La Rinascita d'Italia, considéré par les critiques comme l'un de ses ouvrages les plus apologétiques envers le Duce. Le titre rappelait une expression célèbre attribuée à Mussolini.

Après la Libération, Rossi n'était plus actif en politique[1] mais publia, en 1956, Evoluzione del sindacalismo : Da Karl Marx a Giuseppe Mazzini, un essai historico-politique de 120 pages dans lequel il retraçait la généalogie idéologique du syndicalisme italien. Il mourut à Rome en .

Mazzini e il fascismo (1932)

Dans son livre de 1932 intitulé Mazzini e il fascismo : sintesi critica e polemica (Mazzini et le fascisme : synthèse critique et polémique) et préfacé le dannunzien et futuriste Emilio Settimelli, Romualdo Rossi va chercher à mettre en parallèle les idées et doctrines promues par Giuseppe Mazzini, l'un des pères du Risorgimento et de la nation italienne, avec les conceptions mussoliniennes (antilibéralisme et État fort, religion du devoir et du sacrifice, mission de Rome, etc.). Il écrit en effet :

« Pour les adversaires du Fascisme, il existe un abîme infranchissable entre la doctrine de Mazzini et la doctrine fasciste. On ne peut nier qu'il existe des points de désaccord entre les deux ; mais on ne peut nier non plus l'existence de points de contact fondamentaux. Sans compter que la doctrine fasciste est encore en phase d'élaboration et de développement »[3].

Ainsi, selon lui, il existe un parallèle évident entre les deux :

« Si l'on fait abstraction du préalable républicain — dont ses partisans font plus une question de forme que de substance — les deux doctrines, mazzinienne et mussolinienne, se ressemblent en grande partie. Mazzini, comme Mussolini, qualifie d'ignoble et d'immorale, en économie comme en politique, la formule libérale du « laisser-faire, laisser-passer ». La hiérarchie des valeurs, placée au fondement de la doctrine du fascisme selon la capacité réelle démontrée par les individus et les classes, n'est autre que la théorie mazzinienne. Les normes statutaires du fascisme — la foi, le devoir, le sacrifice, l'honnêteté, la loyauté et le courage — sont des normes purement mazziniennes. Et qu'est-ce que l'Italien de Mussolini, entendu au sens romain, héroïque et religieux, prêt à tous les défis et à toutes les batailles, sinon l'Italien de Mazzini ? »[3]

Le fascisme, selon Rossi, en limitant « la liberté pour substituer « une autorité véritable aux cadavres et aux mensonges d'autorité » du vieil État démo-libéral, « agnostique et lâche », est parfaitement mazzinien »[3]. De plus, le fascisme et le mazzinisme sont présentés comme tous deux opposés à la démocratie libérale :

« Il n'y a pas non plus de différences profondes entre la manière dont Mazzini conçoit la démocratie et celle dont Mussolini conçoit l'aristocratie. « La domination de la majorité, la tyrannie du chiffre sans réforme morale, sans garantie d'éducation nationale, usurpe le nom de démocratie. » De qui sont ces paroles ? De Mussolini ou de Mazzini ? De Mazzini ou de Mussolini ? »[3]

Sur la question nationale, « les fascistes, comme les mazziniens, sont les défenseurs de la nationalité » :

« Ainsi, « les nations libres », indépendantes dans le choix des moyens pour atteindre la fin commune et dans l'organisation de leurs forces internes, s'uniront par une foi et un pacte pour tout ce qui concerne la vie internationale. Qu'a dit Mussolini de différent dans ses discours sur la politique intérieure et étrangère, avant et après la Marche sur Rome ? »[3]

On trouve également, selon Rossi, une « quasi-identité de vues » sur les questions de politique internationale (la « Troisième Rome ») :

« Dans le document historique cité du Gouvernement fasciste, ne voit-on pas apparaître lumineusement le signe certain de la politique internationale de l'Italie qui fut le rêve de toute l'existence tourmentée du grand penseur génois (Mazzini) ? On ne peut pas encore en dire autant de la politique intérieure. Mais nous avons foi en Benito Mussolini, en évoquant son cri de guerre adressé aux Chemises noires : « Chemises Noires, vous pouvez avoir confiance en moi, je suis le défenseur inflexible, sévère, implacable de votre révolution ! » »[3]

Publications

Notes et références

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Romualdo Rossi » (voir la liste des auteurs).
  1. « Rossi Romualdo », sur Le origini del fascismo in Emilia-Romagna (1919-1922)
  2. Claudio G. Segrè, Italo Balbo : A Fascist Life, University of California Press,
  3. Romualdo Rossi, Mazzini e il fascismo : sintesi critica e polemica, Livorno , Massima editrice, (lire en ligne)

Liens externes

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