Royaume Gajapati
(or) ଗଜପତି ସାମ୍ରାଜ୍ୟ
| Capitale | Kataka |
|---|---|
| Langue(s) |
Odia[2],[3] Sanskrit (langue liturgique)[4] |
| Religion |
Hindouisme Vishnouisme |
| 1458 | Bataille de Devarakonda (en) |
|---|---|
| 1461 | Invasion Gajapati du Bidar (en) |
| 1434-1467 | Kapilendra Deva (en) |
|---|---|
| 1467-1497 | Purushottama Deva (en) |
| 1472-1476 | Hamvira Deva (en)[5] |
| 1497-1540 | Prataparudra Deva (en) |
| 1540-1541 | Kalua Deva |
| 1541 | Kakharua Deva |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
Le royaume Gajapati, aussi appelé empire Gajapati[7], était une monarchie hindoue médiévale du sous-continent indien, originaire de la région d'Odisha, qui régna d'environ 1434 à 1541. Succédant aux Gangas orientaux, il fut fondé par Kapilendra Deva (en), de la lignée Suryavamsa (en), après la mort du dernier souverain de la dynastie Ganga orientale, Bhanu Deva IV. À son apogée, il s'étendait d'une partie du Bengale-Occidental actuel jusqu'à Tiruchirappalli (actuel Tamil Nadu)[8]. Les Gajapatis furent de grands mécènes des arts, de l'architecture et des lettres, qui connurent un essor considérable sous leur règne. Ils dominaient un vaste territoire et entretenaient une rivalité constante avec l'empire Vijayanagara[7]. Leur capitale était Kataka[9].
Les rois Gajapati étaient des protecteurs de l'hindouisme vishnouite et de fervents dévots du dieu Vishnou. Ils commanditèrent également la construction de nombreux temples dédiés à ce dieu[10]. Ils ont établi le culte de Jagannath sur le Kalinga.
Étymologie
En odia, « Gaja » signifie éléphant et « Pati » signifie maître ou époux. Ainsi, étymologiquement, Gajapati (en) signifie roi à la tête d'une armée d'éléphants ou maître des éléphants. Gajapati était l'un des quatre titres adoptés par les rois qui régnaient dans l'Inde précoloniale, les autres étant Narapati (par exemple, les empereurs de Vijayanagara), Aswapati (par exemple, les sultans bahmanides) et Chhatrapati[11].
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Histoire
La région connue sous le nom de Kalinga (l'actuel Odisha) était gouvernée par les Gangas orientaux. Les premiers Gangas orientaux régnaient depuis Kalinga-nagara (actuellement Mukhalingam, près de Srikakulam, dans l'Andhra Pradesh). Ils transférèrent leur capitale à Cuttack au XIIIe siècle. Le philosophe hindou Ramanujacharya exerça une grande influence sur le Raja Choda Ganga Deva, qui rénova le temple de Puri. Narasingha Deva Ier fit construire le temple du Soleil à Konark et le temple Varaha Lakshmi Narasimha, Simhachalam, à Visakhapatnam. Les Gangas furent remplacés par les monarques Gajapati. Deux plaques de cuivre datant du début de la dynastie Pallava ont été découvertes dans le lac Kolleru ; elles sont attribuées à Gajapati Langula Narasimha Deva, un souverain oriya (raja odia). Selon la légende, le fort Gajapati se situait à Kolleti Kota, sur l'une des îles orientales du lac, et protégeait les forces oriya. Le général ennemi établit son camp à Chiguru Kota, sur les rives du lac, et tenta de creuser un canal dans l'actuel Upputeru afin de déverser les eaux du lac dans la mer et de permettre ainsi une attaque contre le fort Gajapati[9].
Au XVe siècle, à l'apogée de leur puissance, les Gajapatis régnaient sur un empire s'étendant du Gange au nord, près de l'Hooghly, jusqu'à la Kaveri au sud, sous l'empereur Kapilendra Deva[8]. Mais au début du XVIe siècle, ils perdirent une grande partie de leur domination méridionale au profit du royaume de Vijayanagara et du sultanat de Golconde[12].
Cette période fut marquée par l'influence de Chaitanya Mahaprabhu et par l'expansion du temple de Jagannath à travers tout l'empire. L'une des causes du déclin du militarisme au sein de la population est attribuée au mouvement Bhakti initié par Sri Chaitanya Mahaprabhu, arrivé dans l'empire sous le règne de l'empereur Prataparudra Deva et qui séjourna dix-huit longues années à Puri[13]. Fortement influencé par les œuvres de Chaitanya Mahaprabhu, l'empereur Prataparudra Deva renonça à la tradition militaire des empereurs du Kalinga[14]. Il se retira dans une vie d'ascète, laissant l'avenir de l'empire incertain. Govinda Vidyadhara (en) profita de l'occasion pour assassiner les fils de l'empereur et usurper le trône en fondant la dynastie Bhoi[12].
Armée des Gajapati

Les archives des Gajapati de Suryavamsi offrent un aperçu de leur administration militaire, héritée des souverains des Gangas orientaux. Les Gangas disposaient d'une armée vaste et bien organisée, perfectionnée par Kapilendra Deva. L'empire était bâti sur le modèle d'un État militaire, la protection et l'expansion de l'État incombant à la fois à l'État et à la population. Le militarisme imprégnait toutes les couches de la société et l'empereur disposait d'une importante armée permanente, composée de nombreux soldats et de miliciens locaux. Par ailleurs, les États tributaires féodaux des Gajapati fournissaient également un nombre déterminé de soldats en temps de guerre, lesquels devaient combattre pour le Gajapati sur le champ de bataille[6].
Titres militaires
Certains des titres militaires incluent[6] :
Senapati, Champati, Routray, Sundaray, Paikaray (commandant de la cavalerie), Sahani (commandant de la force des éléphants), Dandapata, Dandasena, Paschimakavata, Uttarakavata (gardien des marches), Samantray, Bidyadhara, Bhramarabara, Harichandana, Jagadeva, Mardaraja, Samantasimhara, Raya, Singha, Mansingha, Baliarsingha, Pahadasingha, Nayaka, Pattanayaka, Dandanayaka, Gadanayaka, Patra, Mohapatra, Behera, Dalabehera, Jena, Badajena, Pradhana, Samala, Routa, Khuntia, Parichha, Parija, Padhihari, padhy, Dandapani
Divisions militaires de Gajapati
Le poète odia Sarala Das, qui vécut sous le règne de Kapilendra Deva, décrit les divisions militaires dans son Mahabharata en odia[6]. Les divisions mentionnées sont les suivantes :
- Hantakaru Dala : La première division de l’armée. Elle se trouvait en tête de la marche et était chargée de la reconnaissance, du débroussaillage et du balisage des routes. Elle était l’équivalent du génie militaire dans les armées modernes.
- Aguani Thata : Les unités d’avant-garde, premières à marcher ou à charger au sein des formations de combat. Cette division marchait en avant du gros de l’armée.
- Dhenkiya : Les groupes d’attaque.
- Banua/Dhanuki : Les archers.
- Cavalerie.
- Pradhana Vala : La division principale de l’armée, avec la plus forte concentration de soldats.
- Dhenkiya : Guerriers maniant l’épée et le bouclier. Ils formaient la première ligne du bataillon. Banua : Tireurs d'élite utilisant des flèches empoisonnées et des arcs composites d'une précision redoutable.
- Phadikara : Combattants équipés principalement d'armes de corps à corps. Ils portaient des armures de cuir.
- Cavalerie
- Corps d'éléphants
- Itakara : Principalement chargés de galvaniser l'armée par des chants et des danses guerrières accompagnés de ghumura. Ils transportaient divers instruments de musique et rendaient compte à l'officier de grade Bahubalendra, responsable des non-combattants.
- Pachhiani Thata : La quatrième et dernière division, assurant la protection des flancs.
- Angavala : Groupes comprenant les principaux gardes du corps des monarques, des autres membres de la famille royale, du commandant, des généraux et des officiers.
- Paridhana : Détachements avec officiers supérieurs et officiers de service chargés des territoires et forts conquis. Le grade de l'officier affecté à cette division est Nayak ou Gadanayak.
- Dhenkiya
- Banua
- Phadikara
- Prahari : Gardes de service, assurant également la police militaire au pays.
Unités d'infanterie Gajapati
Les unités d'infanterie de l'armée Gajapati sont les suivantes[6] :
- Dala : Troupe de 27 Paikas, originaires pour la plupart de la même localité et commandée par un officier du grade de Dalabehera.
- Bhuiyan : Section de 70 Paikas commandée par un officier du grade de Paikaray.
- Vahini : Brigade composée de plusieurs sections de Bhuiyan et commandée par un officier du grade de Vahinipati.
- Chamu : Régiment entier de l'armée composé de plusieurs Vahinis et commandé par un officier du grade de Chamupati ou Champati.
Instruments et armes militaires
Instruments de musique utilisés pour motiver les soldats pendant les marches et les combats. Les noms des instruments de musique incluent Damalu, Damame, Tamaka, Bizighosa, Daundi, Ghumura, Bheri, Turi, Ranasingha etc. Les noms d'armes utilisées par l'armée Gajapati sont également mentionnés comme Dhanu, Trona, Sara, Asi, Parigha, Pattisa, Kunta, Jathi, Buruja, Saveli etc. Des informations concernant la rupture des portes et des murs des forts à l'aide de chevaux, d'éléphants et d'instruments en fer sont également trouvées dans le même texte[6].
Sources contemporaines
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D'autres sources contemporaines révèlent également des détails sur les caractéristiques de l'armée Gajapati. Des textes musulmans comme le Buhan-m-Mansir rapportent que l'empereur Kapilendra Deva disposait d'une armée d'éléphants de deux cent mille hommes. Un tel nombre d'éléphants de guerre est tout à fait inhabituel, même comparé aux armées des royaumes indiens contemporains de Kapilendra Deva[6]. Nizzamuddin écrit que le Gajapati campa sur les rives du fleuve Godavari avec une infanterie de 700 000 hommes. Fernão Nunes (en), voyageur judéo-portugais qui séjourna trois ans à Vijayanagara, capitale de l'empire du même nom, estime la taille de l'armée de l'empereur Prataparudra Deva à 13 000 éléphants et 20 000 chevaux lors de ses combats contre le royaume de Vijayanagara et note également que les soldats Odia étaient d'excellents combattants. Rayavachakamu donne également des récits intéressants sur les exploits et les exercices pratiqués par les soldats Gajapati dans leur capitale Cuttack[6].
Liste des souverains
| Image | Ruler | Reign (CE) | Notes |
|---|---|---|---|
|
Kapilendra Deva (en) | 1434–1467 | Fondateur et premier souverain de la dynastie |
|
Purushottama Deva (en) | 1467–1497 | Second souverain de la dynastie |
|
Prataparudra Deva (en) | 1497–1540 | Troisième souverain de la dynastie |
| Kalua Deva | 1540–1541 | Quatrième souverain de la dynastie | |
| Kakharua Deva | 1541 | Cinquième et dernier souverain de la dynastie |
Culture
Les Gajapatis, fervents dévots de Vishnou, furent les protecteurs de l'hindouisme vishnouite et agrandirent le temple de Jagannath à Puri. Sous leur règne, ce temple devint un centre d'épanouissement pour le théâtre, la danse (Odissi) et d'autres formes d'art[17]. Le temple hindou shivaïte de Kapilesvara (en) fut construit à Bhubaneswar sous le règne de Kapilendra Deva. Le bassin de Narendra, situé dans l'enceinte du temple de Jagannath à Puri, fut également construit par Kapilendra Deva, où se déroule le festival Chandan Yatra (en) en l'honneur de Jagannath[10],[8],[9].
Les Gajapatis se considéraient comme les serviteurs de Jagannath et commençaient leur journée par des prières et des bénédictions[8].
Héritage
Sous le règne des Gajapatis, l'Odisha connut un important renouveau social, culturel, linguistique, religieux et artistique. La langue odia y acquit une grande importance. L'Odisha connut son apogée sous le règne des Gajapatis. Ces derniers furent de grands mécènes des arts et des lettres et firent construire de nombreux temples célèbres.
En 1464, l'empire Gajapati était l'un des plus puissants de l'Inde médiévale, notamment sous le règne de Kapilendra Deva, maître incontesté d'un empire s'étendant du Gange au nord jusqu'à Tiruchirappalli au sud, le long de la côte[18]
Les Gajapatis étaient de fervents vishnouites et popularisèrent le culte de Jagannath dans tout leur royaume.
Galerie
-
Divinités vénérées dans le temple de Jagannath. -
Les fortifications murales de Meghanada du temple de Jagannath à Puri. -
Réservoir Narendra à Puri.
-
Fort Kurumbera (en) dans le village de Gaganeshwar. -
Fort Barabati (en) à Cuttack.
-
Fort Udayagiri -
Temple de Kapilesvara. -
Temples de Ekamra Kshetra (Vieux Bhubaneswar).
-
Inscription du temple de Lingaraj de Kapilendra Deva. -
Donation sur plaque de cuivre du XVe siècle de Purushottama Deva.
Notes et références
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Gajapati Empire » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Joseph E. Schwartzberg, A Historical atlas of South Asia, Chicago, University of Chicago Press, (ISBN 0226742210, lire en ligne), p. 148, map XIV.4 (c).
- ↑ (en) Kunjabihari Tripathī, The Evolution of Oriya Language and Script, Utkal University, (lire en ligne), p. 19.
- ↑ (en) Mayadhar Mansinha, History of Oriya Literature, Sahitya Akademi, (lire en ligne), p. 50.
- ↑ (en) G. K. Srichandan, « Classicism of Odia Language », Orissa Review, (consulté le ), p. 54.
- ↑ (en) « Hamvira Deva Mohapatra: The great Gajapati warrior from Odisha who hammered the Bahmani Sultanate », sur Hindu Post, (consulté le ).
- (en) Brajabandhu Mahanta, « The Suryavamsi Gajapatis », sur History of Odisha, (consulté le ).
- (en) Patit Paban Mishra, The Encyclopedia of Empire, John Wiley & Sons, Ltd, , 1–4 p. (ISBN 978-1-118-45507-4, DOI 10.1002/9781118455074.wbeoe402, lire en ligne), « Eastern Ganga and Gajapati empires ».
- (en) R.C. Majumdar, A.D. Pusalker et A.K. Majumdar, The History and Culture of the Indian People, The Delhi Sultanate, vol. 6, Bharatiya Vidya Bhavan, , 366 p. (lire en ligne).
- (en) Annapurna Bhuyan, Kapilendra Deva and his times, Université Utkal, , 31 p..
- (en) B. Hemalatha, Life in Medieval Northern Andhra: Based on the Inscriptions from the Temples of Mukhalingam, Srikurmam, and Simhachalam, Navrang Publishing, (ISBN 9788170130864, lire en ligne), p. 81 :
.« The study of Gajapati temples reveals that they patronized Vaishnavism. Purushottama Gajapati called himself Parama - Vaishnava in an undated inscription found at Draksharama. »
- ↑ (en) Ashok Kumar Bal et Karan Singh, Gajapati: a king without a kingdom, New Delhi, Konark Publishers Pvt Ltd, (ISBN 978-81-949286-2-1).
- (en) Kallidaikurichi Aiyah Nilakanta Sastri, A History of South India from Prehistoric Times to the Fall of Vijayanagar, Oxford University Press, coll. « Oxford India paperbacks », (ISBN 978-0-19-560686-7, lire en ligne), p. 255.
- ↑ (en) Hermann Kulke, Kshatriyaization and social change: A Study in Orissa setting, Popular Prakashan, (lire en ligne), p. 402.
- ↑ (en) H.C. Das, Sri Chaitanya in the Religious Life of India, Punthi Pustak, (ISBN 978-81-85094-22-9, lire en ligne), p. 145.
- ↑ Subrahmanyam 1957, p. 56-58.
- ↑ (en) Sailendra Sen, A Textbook of Medieval Indian History, Primus Books, , 121–122 p. (ISBN 978-9-38060-734-4).
- ↑ (en) « Sanskrit Poets and Scholars of Orissa », (consulté le ).
- ↑ (en) Ramesh Chandra Majumdar, Achut Dattatraya Pusalker et Alak Kumar Majumdar, The History and Culture of the Indian People, vol. VI: The Delhi Sultanate, Bombay, , 365–372 p..
Notes
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- Collectif sous la direction de Claude Markovits, Histoire de l'Inde moderne, Paris, Fayard, , 740 p. (ISBN 2-213-59203-9), pages 64-65.
Liens externes
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