Saint-Laurent de Grandin
| Saint-Laurent de Grandin | ||
Le bac à quai sur la Saskatchewan-Sud | ||
| Administration | ||
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| Pays | ||
| Province | ||
| Constitution | aucune | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 52° 50′ 00″ nord, 106° 05′ 02″ ouest | |
| Divers | ||
| Fuseau horaire | UTC-6 | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Saskatchewan
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Saint-Laurent de Grandin est un ancien village métis et francophone de la province de la Saskatchewan, au Canada. Il se situe au bord de la rivière Saskatchewan-Sud dans la municipalité rurale de Duck Lake n° 463. Le sanctuaire dédié à Notre Dame de Lourdes y est un important lieu de pèlerinage catholique.
Toponymie
La Petite Ville, établissement qui précède Saint-Laurent de Grandin, 20 km au sud, est placée sous le patronage de Saint Laurent par le frère André en 1871. En 1873, lors du déménagement, il devient le nom de la nouvelle colonie. Au moment de la création du bureau de poste, Grandin est ajouté, d'après l'oblat Vital-Justin Grandin, premier évêque de Saint-Albert, en Alberta[1],[2].
Histoire
L'interfluve des deux branches de la Saskatchewan est d'abord connu comme le territoire des Amérindiens Gros-Ventres depuis le coude de la Saskatchewan-Nord jusqu'à la confluence. La compagnie de la Baie d'Hudson établit en 1821 un poste de traite à Fort Carlton où elle commerce avec les Cris, Assiniboines, Maskegons et Saulteaux et parfois les Pieds-Noirs. Le poste est fréquenté par les missionnaires catholiques à partir de 1838[2].
À la fin des années 1860, la colonisation du Manitoba par des anglophones ontariens pousse les Métis à migrer vers l'Ouest. Un groupe, mené par Gabriel Dumont, fonde, en 1870, Petite-Ville sur la Saskatchewan-Sud, 20 kilomètres au sud de l'actuel Saint-Laurent de Grandin. En 1873, lors d'une visite de l'évêque Grandin, sous l'impulsion du Frère André, le déménagement vers le site actuel est acté ainsi que la création d'une mission permanente. Le sol y est pauvre mais une source se situe à proximité et l'escarpement qui borde la rivière sert de piège pour la chasse aux bisons. En 1875, l'évêque Grandin s'installe à Saint-Laurent qui devient dès lors un centre missionnaire. Le Père André, frère de la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée se distingue, il fonde d'abord en 1876 la mission du Lac-aux-Canards, puis en 1877, il part pour Battleford devenue la capitale des Territoires du Nord-Ouest nouvellement organisés, enfin il crée une mission à Prince-Albert, alors simple hameau. Il revient définitivement à Saint-Laurent qu'en 1882. D'autres missions sont fondées sur la rive gauche où affluents de nouvelles familles venues du Manitoba, d'abord à Batoche en 1880 et à Saint-Louis en 1882. En attendant la fondation des nouvelles paroisses et la construction de leurs églises les paroissiens franchissent régulièrement le fleuve pour se rendre à Saint-Laurent[3],[2],[4],[5].
Cependant, l'influence des religieux sur la population métisse n'est pas sans accrocs. En 1875, le père André fonde une école à Saint-Laurent mais en 1877, les Métis la détruise pour la reconstruire sur la rive opposée. L'arrivée d'une institutrice certifiée : Onésime Dorval, en 1881, permet à l'école de prospérer. En 1883, est fondé le couvent du Sacré Cœur de Jésus où s'installent huit religieuses des Fidèles Compagnes de Jésus à demeure. Elles se consacrent à l'éducation, accueillant une cinquantaine d'élèves dont une vingtaine de pensionnaires[2].
L'effervescence gagne la colonie à partir de 1884 quant les Métis réclament l'arpentage de leurs terres et des titres fonciers sans obtenir de réponse favorable du gouvernement. Les deux dernières récoltes sont mauvaises et les bisons ont disparu. Louis Riel est rappelé des États-Unis. L'évêque Grandin soutient les réclamations mais s'oppose à la rébellion du Nord-Ouest. Tandis que s'installe le Gouvernement Provisoire prônant l'apostasie, sous la direction de Louis Riel à Batoche, à Saint-Laurent, les religieuses s'enfuyant vers Saint-Albert sont arrêtées ainsi que les religieux. Le village vidé de sa population est menacé d'être brulé[2].
Après l'écrasement du soulèvement, en 1885, l'évêque Grandin prône la réconciliation avec les révoltés. La période qui suit est marquée par une baisse de la ferveur religieuse. Toutefois le caractère sacré de la source et du village s'affirme progressivement. En 1885, Charles Nolin, un notable résidant près du village, fait érigé une statue de la vierge, en remerciement de la guérison de sa femme l'année précédente. Dès 1879, le frère Jean-Pierre Piquet, originaire de la région de Lourdes en France et ayant connu Bernadette Soubirous, se recueille près de la source, y revenant régulièrement même après avoir quitté la mission de Saint-Laurent. Une image de la vierge est installée près de la source puis rapidement remplacée par une statuette. En 1890, l'ombre d'une croix portant le Christ apparait, miraculeusement, dans le grenier du couvent. En 1893, le Frère Guillet de la mission du Lac-Caribou entreprend un pèlerinage à la source, à la suite duquel il est guéri d'une blessure à la jambe. La mission est maintenue jusqu'en 1894 lorsque le Père Vachon est rappelé à Saint-Albert, marquant l'abandon du site qui s'accompagne de la création de l'école résidentielle Saint Michel au Lac-aux-Canards[2],[6].
Quelques années plus tard le frère Guillet s'installe à l'Anse-aux-Tourond (Fish Creek) au sud de Saint-Laurent, sur la rive droite du fleuve. Il se rend régulièrement à l'ancienne mission pour restaurer la grotte aménagée près de la source. Le , jour de l'Assomption il organise le premier pèlerinage à Saint-Laurent auquel participent 500 personnes venues des paroisses voisines : Bellevue, lac Vermillion, l'Anse-aux-Tourond, le Lac-aux-Canards. L'année suivante, le R. P. Ovide Charlebois déplace la date du pèlerinage annuel au , afin de commémorer la dernière visite de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous en 1858, à Lourdes. Un second pèlerinage, moins important, subsiste au [3].
Pèlerinage aujourd'hui
Le principal pèlerinage a lieu chaque année les 15 et et attire entre 4 000 et 6 000 personnes, tandis qu'environ 2 000 personnes se rendent au second pèlerinage organisé le . Des centaines de personnes des Premières Nations se rendent encore à pied jusqu'à Saint-Laurent à partir des réserves One-Arrow et Beardy's, situées à quelques kilomètres de la mission. Pendant le pèlerinage de juillet, une messe est célébrée en français et une autre en anglais[3].
L'organisation des pèlerinages est assurée par les fidèles de la paroisse Saint-Sacrement de Duck Lake. Dans les années 1970, l'abbé Gilles Doucet, curé de la paroisse, a fait renaître l'intérêt pour le site et le pèlerinage[3].
Le cimetière de la mission abrite les sépultures de quatre Métis tués lors de la bataille de Duck Lake en mars 1885, dont Isidore Dumont, frère de Gabriel Dumont[3].
Géographie
Saint-Laurent de Grandin est une localité canadienne de la province de Saskatchewan entre Prince-Albert et Saskatoon. Elle se situe sur la rive ouest de la Saskatchewan-Sud sur la municipalité rurale de Duck Lake n° 463[a], anciennement Lac-aux-Canards. Les altitudes s'étagent entre 480 m et 440 m en bordure du fleuve. La municipalité rurale de Saint-Louis n° 431, avec le site de Batoche un peu en amont lui font face sur la rive opposée. De nombreuses réserves des Cris des Saules se trouvent dans les environs appartenant aux Une-Flèche (One Arrow) ou aux Beardy's et Okemasis enclavées dans les municipalités rurales de Duck Lake et Saint-Louis. Saint-Laurent est desservi par la route municipale 783 qui relie Duck Lake (Lac-aux-Canard) et la route 11 à Saint-Louis en traversant le fleuve à Saint-Laurent grâce à un traversier. Le sentier transcanadien passe par Saint-Laurent mais aussi par les sites historiques voisins de Batoche ou de l'Anse-aux-Tourond (Fish Creek)[7],[8].
Le site du village de Saint-Laurent de Grandin est classé comme Propriété du Patrimoine Municipal (Municipal Heritage Property) par la municipalité rurale de Duck Lake n° 463 sur une surface de 32,5 ha. Les vestiges classés comprennent : l'église en rondin, dont l'originale construite entre 1936 et 1938 a été détruite par un incendie criminel en 1990, et reconstruite en 1995 grâce à un effort collectif de la communauté et du diocèse[3] ; le presbytère datant de 1883, seule construction datant de l'époque de la mission ; le cimetière où sont enterrés plusieurs des membres de la rébellion du Nord-Ouest. À proximité de la source figure la statue originelle de la Vierge de 1885, la dernière reconstruction de la grotte date de 1951. À l'inverse, l'église originelle, l'école et le couvent ont disparu[9].
Notes et références
- ↑ On notera toutefois que Toporama positionne le toponyme Saint-Laurent sur la municipalité rurale de Saint-Louis, au carrefour au débouché du bac, sous la désignation St-Laurent-Grandin tout en figurant le sanctuaire sur la rive gauche mais sans toponyme. Les autres références situent clairement la localité sur la rive gauche, en particulier Lieux patrimoniaux du Canada.
- ↑ Le Conseil des archives et archivistes de la Saskatchewan, « St. Laurent Grandin », sur Main Street, Saskatchewan
- (en) « Shrine St. Laurent: Our Lady of Lourdes Shrine – St. Laurent de Grandin », sur Saskatchewan History Album (consulté le )
- Laurier Gareau, « Pèlerinage de Saint-Laurent en Saskatchewan », sur Encyclopédie du patrimoine culturel de L'Amérique française (consulté le )
- ↑ « Des lieux : Saint-Louis », sur Musée Virtuel Francophone de la Saskatchewan (consulté le )
- ↑ Aurélie Lacassagne, « La vie de Gabriel Dumont », Dumont homme d’action politique : formation d’un gouvernement autonome et pétitions, sur Centre national des Arts, Ottawa (consulté le )
- ↑ (en) « St. Michael’s Indian Residential School | Duck Lake : The Hidden History of Indian Residential Schools in Saskatchewan eBook », sur Shattering the Silence (consulté le )
- ↑ Les Contributeurs d'OpenStreetMap, « Saint-Laurent de Grandin, Duck Lake No. 463, Saskatchewan, Canada », sur OpenStreetMap (consulté le )
- ↑ « Saint-Laurent-Grandin, 16-44-1-W3, Saskatchewan (Lieu non organisé) », sur Toporama (consulté le )
- ↑ (en) « St. Laurent Shrine », sur Lieux patrimoniaux du Canada (consulté le )
Liens externes
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