Santé et apparence de Michael Jackson

Michael Jackson à la Maison-Blanche en 1984.

La santé et l'apparence physique de Michael Jackson ont été abondamment commentées durant une longue partie de sa carrière, notamment à cause de sa très grande notoriété et des modifications notables à celles-ci qui ont été remarquées par le public. C'est surtout à partir des années 1980, et des premiers changements d'apparence de Jackson, que les médias (en particulier la presse à scandale) commencent à s'intéresser au sujet. La couleur de sa peau et la forme de son nez ont ainsi fait l'objet de nombreuses polémiques[1],[2]. Le chanteur a en effet eu recours à divers opérations de chirurgie esthétique au cours du temps, dont on a parfois attribué la cause aux maltraitances de son père en lien avec son apparence physique et à ses problèmes de santé, notamment son vitiligo. Paradoxalement, Jackson est probablement l'artiste le plus observé et le plus discuté de son vivant et, en même temps, le moins bien compris.

Couleur de peau

Michael Jackson en 1977.

La peau de Jackson est de couleur noire tout au long de sa jeunesse. Cependant, à partir du milieu des années 1980, elle devient de plus en plus pâle. Le public apprend dans les années 1990 que Jackson souffre d'une maladie auto-immune, le vitiligo[2],[3],[4]. Lorsque Jackson reçoit son diagnostic de vitiligo au milieu des années 1980, l'infirmière de son dermatologue et future épouse Debbie Rowe lui apporte informations médicales et soutien émotionnel[5].

Les changements physiques de Jackson sont largement couverts par les médias et provoquent des critiques de la part du public[2],[6]. Longtemps mal compris et perçus comme étant le résultat d'un choix de la part de Jackson, ces changements feront affirmer à certains psychologues afro-américains qu'il est « un piètre modèle pour la jeunesse noire ». On le soupçonne de renier, à travers ses changements d'apparence, son appartenance à la communauté noire[7]. Dans un contexte de ségrégation raciale persistant, le Dr Halford Fairchild déclare que Jackson et d'autres célébrités afro-américaines essayent « de ressembler davantage à des Blancs afin de pouvoir participer à des films »[8]. Jackson est également confronté à la réaction des gens autour de lui. Le réalisateur John Landis, qui réalise deux vidéoclips pour lui, déclare que lorsque ce dernier lui a montré sa poitrine blanchie, il lui a dit que le médecin qui avait fait ça était un criminel[9].

Michael Jackson en 1988.

Cependant, en 1993, Jackson confie à l'animatrice de télévision Oprah Winfrey : « à ma connaissance, le blanchiment de la peau n'existe pas. Je ne l'ai jamais vu, je ne sais pas ce que c'est ». Il déclare qu'il souffre d'une affection cutanée héréditaire, le vitiligo, et qu'il se maquille pour uniformiser son teint irrégulier. « C'est quelque chose que je ne peux pas empêcher », déclare alors Jackson. « Quand des gens inventent des histoires d'après lesquelles je ne veux pas être qui je suis, ça me fait mal. C'est un problème pour moi. Je ne peux pas le contrôler. Mais qu'en est-il de tous les millions de personnes qui s'assoient au soleil pour devenir plus sombres, pour devenir différentes de ce qu'elles sont. Personne ne dit rien à ce sujet »[10]. L'interview de Jackson par Winfrey est regardée par 62 millions d'Américains. Celle-ci lance également un discours public sur le sujet du vitiligo, alors une maladie relativement inconnue[6],[11],[12],[13].

Jackson shielded from the sun by a black umbrella wearing a black shirt with long sleeves, black pants and sun glasses. The legs are not visible.
Jackson protégé du soleil par un parapluie (Paris, juin 2006).

Jackson déclare publiquement qu'il est fier d'être noir[14]. Il écrit également une lettre au photographe William Pecchi Jr. en 1988 où il déclare : « Je regarde peut-être le monde à travers des lunettes roses, mais j'aime les gens du monde entier. C'est pourquoi les histoires de racisme me dérangent vraiment. [...] Parce qu'en vérité, je crois que TOUS les hommes sont créés égaux, on m'a enseigné cela et je le croirai toujours. Je ne peux tout simplement pas imaginer comment une personne pourrait en détester une autre en raison de la couleur de sa peau. J'aime toutes les races sur la planète Terre. Le préjugé est l'enfant de l'ignorance. Nus nous venons au monde et nus nous allons en sortir. Et une très bonne chose aussi, car cela me rappelle que je suis nu sous ma chemise, quelle que soit sa couleur »[15].

Après son interview télévisée de 1993, Jackson communiquera relativement peu sur les pathologies qui l'affectent et sur ses changements d'apparence physique. Durant son entretien de 1995 avec Diane Sawyer et en présence de son épouse, Lisa Marie Presley, Jackson est de nouveau interrogé sur la couleur de sa peau. Lorsque la journaliste lui demande d'où ces changements proviennent, il répond tout d'abord : « Je pense qu'ils se créent eux-mêmes, qu'ils viennent de la nature ». Sous l'impulsion de sa compagne, qui tente de lui apporter son soutien, il ajoute qu'il est un artiste et un interprète. Ils adoptent ensemble une stratégie de communication présentant ces changements comme étant au moins en partie le résultat de décisions artistiques[16].

Beaucoup, y compris parmi certains de ses plus proches collaborateurs, douteront jusqu'au bout de la véracité de sa maladie et le soupçonnent de haïr sa couleur de peau d'origine[17]. Certains professionnels de la santé font l'hypothèse que Jackson souffrait d'un trouble dysmorphophobique du corps, une affection psychologique dans laquelle le patient n'a aucune idée de la façon dont son apparence physique est perçue par les autres[1]. D'autres, comme le Pr Mark Anthony Neal, interprètent les changements d'apparence de Jackson comme une volonté politique de sa part de n'appartenir à aucune communauté raciale pour mieux abolir ce concept, toujours très présent dans la réalité nord-américaine de son époque[18]. Dans son autobiographie, Jackson relate qu'alors qu'aux Etats-Unis ses frères et lui sont cantonnés à la catégorie « musiciens noirs », ils réalisent très tôt, lors de leurs tournées mondiales, que la musique n'a pas de couleur et se fixent pour objectif d'unir tous les peuples par la musique[19].

Le gant à strass de Jackson exposé au Musée de la culture pop de Seattle en 2011.
Vitiligo sur peau noire.

Peu de temps après la mort de Jackson, des tubes de Benoquin et d'hydroquinone sont trouvés dans sa maison. Les deux crèmes sont couramment utilisées pour traiter le vitiligo. Le Dr David Sawcer déclare que certains patients atteints de cette maladie dépigmentent les zones sombres de la peau lorsque la plus grande partie de leur peau est devenue pâle. Assombrir la peau dépigmentée est par ailleurs extrêmement difficile[20]. Une autre façon courante de gérer les effets du vitiligo consiste à utiliser du maquillage pour camoufler les zones dépigmentées[21]. Jackson cache son trouble de la peau avec des accessoires, tels que des pansements, son gant iconique, des vêtements à manches longues et des pantalons longs. Ceci est notamment visible dans le clip vidéo de Remember the Time, où tous les danseurs et acteurs, à l'exception de Jackson, sont légèrement vêtus à l'instar des anciens Égyptiens[22]. D'après son styliste, Jackson évite généralement de porter des vêtements à motifs pour éviter d'attirer l'attention sur sa maladie[23]. Lors de ses apparitions en public, le visage de Jackson est régulièrement recouvert de lunettes de soleil, d'un masque chirurgical et son nez d'un pansement qui, en l'absence de maquillage, servent également à camoufler la dépigmentation progressive de sa peau[24]. Le biographe J. Randy Taraborrelli déclare que Michael Jackson avait commencé à réduire son nez au moment même où les taches de vitiligo apparaissaient[25]. Des clichés privés de l'artiste publiés en 2026 par le Daily Mail, sur lesquels on peut le voir sans maquillage au début des années 1990, confirment la dépigmentation partielle de son nez et de ses bras[26].

L'autopsie de Jackson confirme qu'il souffrait du vitiligo[27],[28]. Le rapport indique une « dépigmentation focale de la peau », soit une dépigmentation se produisant sur une ou plusieurs zones du corps[29]. Dans le cas de Jackson, quatre zones étaient particulièrement touchées[30]: la poitrine, l'abdomen, le visage et les bras.

Érrythème facial typique, en « aile de papillon », dont souffre Michael Jackson au début à partir de 1982.

Autour de la sortie de son album Thriller, Jackson, qui présente un érythème facial "en aile de papillon", avait également reçu un diagnostic de lupus discoïde du Dr Arnold Klein, son dermatologue[31],[32]. Il s'agit d'une maladie inflammatoire chronique de la peau, auto-immune et souvent concomitante au vitiligo, qui touche particulièrement le visage et le cuir chevelu[33]. Elle peut provoquer l'autodestruction de certains tissus (peau, articulations), des cicatrices, des lésions hyperpigmentées et une alopécie des zones touchées[24],[34]. Les lésions cutanées survenant principalement sur les zones de la peau exposées au soleil, cette maladie pourrait également expliquer l'usage fréquent de casquettes, chapeaux puis d'un parapluie pour protéger Jackson lors de ses sorties[24],[31]. L'autopsie de Jackson ne confirme ni ne réfute l'affirmation selon laquelle il était atteint de lupus[27],[28].

Procédures cosmétiques et traitements dermatologiques

Black & white photo of Jackson as a chubby-cheeked teenager with afro hairstyle. He has a wide nose.
Jackson adolescent en 1974. Dans le documentaire de 2003 Living with Michael Jackson, il parle de son père Joe Jackson qui pendant son enfance se moquait de lui et le surnommait « gros nez ».

Au fil du temps, la structure du visage de Jackson change également et cela donne lieu à de nombreuses spéculations. Dans son autobiographie de 1988, Moonwalk, Jackson affirme avoir subi, en plus de deux rhinoplasties, une chirurgie visant à se créer une fossette au menton[35]. Il nie les allégations selon lesquelles il aurait altéré la forme de ses paupières[36]. Il attribue les modifications de la structure de son visage à la puberté, à un régime végétarien strict, à la perte de poids, à un changement de style de coiffure et à un éclairage de scène[35]. En 2003, dans la version non éditée du documentaire Living With Michael Jackson, lorsqu'il est interrogé sur ses changements physiques, Jackson déclare de nouveau qu'il n'a subit que deux rhinoplasties, et ce afin de pouvoir mieux respirer[37]. Quand il est interrogé sur ses joues, Jackson répond : « Ces pommettes ? Non, mon père a la même chose. Nous avons du sang indien »[38].

Dans l'édition originale de la biographie semi-autorisée de Jackson publiée en 1991, Taraborrelli déclare qu'il a subi six chirurgies du nez, dont deux opérations secondaires (retouches de cicatrices)[39],[40]. Toujours selon Taraborrelli, Jackson a eu sa première rhinoplastie en 1979 après s'être cassé le nez lors d'une séance de répétition en dansant[41]. Sa sœur, La Toya Jackson, qui avait elle-même subi une rhinoplastie, démentira les affirmations de Michael en affirmant que celui-ci était obnubilé par l'apparence de son nez et qu'il avait inventé ce prétexte pour justifier sa décision de subir une rhinoplastie[42]. L'opération n'est pas un succès complet et Michael se plaint de difficultés respiratoires pouvant affecter sa carrière. Il est référé au Dr Steven Hoefflin, qui effectue sa deuxième rhinoplastie en 1981[43]. Le nez du chanteur parait plus fin au niveau du dorsum nasal et des narines qui ont été raccourcies sur la largeur[44].

Michael Jackson en 1986, après avoir commencé à suivre des traitements corticostéroïdes pour soigner son lupus.

À partir de 1984, Jackson est un client régulier du Dr Arnold Klein, dermatologue spécialisé dans l'injection de produits de comblement dermique, une procédure cosmétique non chirurgicale[32]. Celui-ci le suit également pour son vitiligo et un lupus discoïde. Pour traiter le lupus, de l'hydroxychloroquine est injectée directement dans le cuir chevelu de Jackson. Il utilise également du Solaquin, du Retin A et du Benoquin et doit éviter plus que jamais l'exposition au soleil. Les corticostéroïdes utilisés dans le traitement du lupus, tel que le prednisone, ont pu participer à modifier temporairement l'apparence de Jackson et contribuer à l'aspect "lunaire" (rouge et arrondi) de son visage autour de 1985 puis de nouveau au tout début des années 2000, au moment de la sortie d'Invincible[24],[45],[46]. Des injections de Kenalog, un corticostéroïde utilisé pour réduire les tissus cicatriciels après une intervention chirurgicale, sont également évoquées pour expliquer le changement d'apparence de son nez[47]. Une utilisation prolongée de ces traitements médicamenteux est susceptible de fragiliser la peau et retarder la cicatrisation. Le Dr Klein affirmera en juillet 2009 que les procédures cosmétiques effectuées au fil des ans sur Jackson, et notamment les injections d'acide hyaluronique, visaient principalement à reconstruire son visage et, plus tard, à restaurer l'intégrité de son nez[32],[47].

Michael Jackson en 1990.

Au début des années 1980 et suivant la mode de l'époque, Jackson perd son afro iconique encore visible sur la couverture de l'album Off the wall et adopte une coiffure jehri curl, une permanente défrisante qui donne aux cheveux un aspect mouillé et ondulé. A partir de la fin des années 1980, autour de la sortie de son album Bad, Jackson porte les cheveux longs et fait usage de prothèses capillaires et d'extensions, qui lui permettent notamment de couvrir les cicatrices des brûlures subies durant le tournage d'une publicité pour Pepsi en 1984 et de varier les coiffures[48]. Associé à une forme plus arrondie de son visage et à un changement de teinte de sa peau, ce nouveau style capillaire contribue à le rendre presque méconnaissable sur la couverture de l'album Bad et dans le court métrage de la chanson.

Jackson fait également usage de maquillage tel que du fard à paupières, et plus tard de techniques de contouring, qui camouflent les irrégularités pigmentaires dues à son vitiligo et les retouches régulières des tissus cicatriciels de son nez. Ceci, ainsi que le maquillage permanent qu'il adoptera par la suite, contribue à lui donner une apparence androgyne. A partir de 1988, la forme de ses yeux, la finesse de son nez et parfois de ses sourcils donnent un aspect féminin au haut de son visage, alors que le bas de son visage, et particulièrement sa fossette au menton, lui donne un aspect masculin[47]. En plus de brouiller les frontières entre les identités raciales, l'apparence de Jackson brouille les frontières entre les identités de genre[49]. D'après l'un de ses photographes, avant d'avoir des enfants et de s'identifier comme leur père, Jackson pouvait être caractérisé par une fluidité de genre[50]. L'adoption régulière de coiffures à cheveux raides à partir des années 1990 et jusqu'aux années 2000, pourtant iconiques d'autres artistes afro-américains tels que James Brown à la même époque, contribuera à alimenter le sentiment que Jackson tente de renier son appartenance à la communauté noire, ce qu'il niera à plusieurs reprises, y compris à travers ses oeuvres[51]. A partir des années 2000, Jackson porte régulièrement des perruques dites «en dentelle » qui recouvrent la totalité de sa chevelure naturelle.

En , le Daily Mirror publie une page de couverture complète, présumée du visage de Jackson, décrit comme « hideusement défiguré » par la chirurgie plastique. Jackson poursuit le tabloïd en justice et, en 1998, les parties conviennent d'un règlement à l'amiable. Un avocat du Daily Mirror soutient que l'image n'a pas été altérée. L'ancien rédacteur en chef du journal reconnaît qu'après avoir rencontré Jackson en personne, il était convaincu que Jackson n'était ni honteusement défiguré ni balafré[52].

En 2003, des chirurgiens supposent, sur la base de photographies, qu'il a eu recours à un lifting du front, une chirurgie des pommettes et une altération des lèvres[53].

Jackson au Festival de Cannes 1997.

L'autopsie de Jackson révèle une cicatrice à côté de chacune de ses narines, une cicatrice derrière chacune de ses oreilles et deux cicatrices au cou, « probablement » de la chirurgie esthétique[54] ainsi que des tatouages cosmétiques sur les sourcils et les lèvres, et à la lisière frontale, en recul, de son cuir chevelu.

Maltraitances durant l'enfance

Michael Jackson en 1969.
Joseph Jackson en 2007.

L'enfance de Michael Jackson est un autre aspect de sa vie privée qui fait l'objet de discussions publiques, en particulier ses relations avec son père, Joseph. Bien que Jackson ait reconnu que la discipline stricte de son père avait joué un grand rôle dans son succès[55], certains de ses frères et sœurs déclarent qu'ils avaient été maltraités physiquement et mentalement par Joseph dès leur plus jeune âge lors de répétitions incessantes, de châtiments corporels et d'utilisation de noms péjoratifs tels que « gros nez » pour Michael. Dans un épisode décrit plus tard par Marlon Jackson et alors que Michael n'a que trois ans et tient tête à Joseph, celui-ci réagit en l'attrapant par la jambe, tête en bas, et en le «frappant à plusieurs reprises sur le dos et les fesses ». Toute réaction de Jackson entraîne une nouvelle escalade de la violence de la part de son père. Vindicatif, Joseph enferme son fils dans un placard pendant des heures, le fait trébucher ou le pousse contre les murs en représailles de bêtises qu'il n'a pas encore commises, le faisant vivre dans un état d'insécurité et d'hypervigilance permanente. Une nuit, alors que les garçons sont endormis, Joseph entre dans leur chambre par la fenêtre en criant et en portant un masque effrayant. Son objectif : leur apprendre à ne pas laisser la fenêtre ouverte pendant la nuit. Michael et Marlon en restent traumatisés. Pendant plusieurs années après, Jackson fera des cauchemars rêvant qu'il avait été enlevé de sa chambre[56].

Jusque dans les années 1960 et du fait de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, les musiciens afro-américains ne se produisent que dans les établissements où ils sont tolérés, et notamment sur le Chitlin' Circuit. Avant de signer un contrat avec la Motown et alors que Jackson n'est encore qu'un enfant, il arrive à Joseph Jackson de faire chanter les Jackson Five dans des boîtes de nuit et des clubs de strip-tease[57],[58].

Au début des années 1980, Jackson est profondément malheureux et montre des signes de dépression. Il dit : « Même à la maison, je suis seul. Je m'assieds parfois dans ma chambre et je pleure. C'est tellement difficile de se faire des amis... Je me promène parfois dans le quartier la nuit, dans l'espoir de trouver quelqu'un à qui parler. Mais je finis par rentrer à la maison »[59].

Bien que Jackson ait subi des maltraitances durant plusieurs années de son enfance, il en parle d'abord ouvertement dans son entretien avec Oprah Winfrey en 1993. Il fait la grimace en parlant des abus subis pendant son enfance par son père, reconnaissant qu'il pleurait souvent de solitude[6],[11],[12]. Dans le même entretien, parlant de son père, Jackson déclare : « Parfois, il venait me voir, je tombais malade... Je commençais à régurgiter. [En s'adressant à son père à travers la caméra] Je suis désolé... S'il te plaît, ne sois pas en colère contre moi... Mais je l'aime malgré tout »[60]. Dans un entretien avec Martin Bashir pour le documentaire Living with Michael Jackson (2003), Jackson se couvre le visage avec une main et se met à pleurer en parlant des abus qu'il a subi durant l'enfance[56]. Les enfants Jackson ont répété et que « Si vous ne faisiez pas les choses correctement, il vous battait »[61]. La même année, Joe reconnaît qu'il battait régulièrement Michael dans son enfance, mais lui et sa femme, Katherine, contestent les allégations de mauvais traitements, affirmant que leur façon d'éduquer leurs enfants était cohérente avec les pratiques de l'époque en matière de discipline[62],[63].

Lors d'une conversation téléphonique privée avec son amie Glenda Stein enregistrée à l'insu de Jackson dans les années 1980, celui-ci aurait affirmé être satisfait des résultats de la chirurgie esthétique car il ne souhaitait pas ressembler à son père[64].

Autres problèmes de santé

Brûlures au cuir chevelu

Le 24 janvier 1984, Jackson est soigné pour des brûlures au cuir chevelu après que ses cheveux ont pris feu à la suite d'erreurs pyrotechniques pendant le tournage d'une publicité pour la marque Pepsi[65]. Il subit des brûlures au troisième degré et ne se remettra jamais complètement de la blessure et de la douleur persistante. Il subira plusieurs opérations de reconstruction et notamment des chirurgies d'expansion cutanée visant à réparer son alopécie post-traumatique[66]. La pause de prothèses gonflables seraient d'ailleurs à l'origine du port constant de son Fédora au début des années 1990. Les chirurgies successives se révèleront infructueuses et forceront Jackson à camoufler ses blessures à l'aide de prothèses capillaires et plus tard de perruques[48].

Annulation de concerts et problèmes de santé en tournée

Au fil des ans, Jackson souffre de divers problèmes médicaux qui sont relayés par les médias. En , il est par admis dans un hôpital de Santa Monica avec des douleurs à la poitrine[67]. Selon le Dr Mark Zatzkis, « les tests de laboratoire et de radiographie du cœur et des poumons de Jackson n'ont révélé aucune anomalie » ; les douleurs « ont été causées par des côtes meurtries lors d'une pratique de danse vigoureuse »[68].

Plusieurs de ses concerts sont annulés pour cause de maladie. Le , Jackson annule un spectacle à Saint-Louis, qui est reporté au . Le , il joue à Saint-Louis alors qu'il combattait un rhume. Le rhume progresse vers la laryngite et le spectacle du est également annulé[69]. Trois spectacles à Tacoma, programmés du au , sont aussi annulés sur l'avis de son médecin, car Jackson avait la grippe[70]. Deux spectacles à Los Angeles ont été annulés en raison de cordes vocales enflées[71]. Trois spectacles à Los Angeles prévus les 20, 21 et sont également annulés. Ces cinq concerts sont reportés à [72].

En , un concert à Londres, en Angleterre, est reporté en raison d'une infection virale. Quatre jours plus tard, Jackson se produit à Cardiff, au pays de Galles[73]. En , un concert à Gelsenkirchen, en Allemagne, est annulé parce que Jackson a contracté la grippe[74]. À Lausanne, en Suisse, une ambulance ramène Jackson à son hôtel après le spectacle du [75]. Un autre spectacle, à Bâle, prévu pour le [76] est également annulé[77]. En , deux concerts en Turquie, à Istanbul et Izmir, et un autre à Athènes en Grèce[78],[79], sont annulés en raison d'une perte de voix causée par un rhume. Son médecin privé se rend à Istanbul pour le rencontrer. Selon les organisateurs, les « cordes vocales de Jackson étaient irritées »[80]. Ces concerts étaient censés être les trois derniers spectacles de la tournée européenne de la tournée. Jackson est examiné par un spécialiste de la gorge à Londres et il a été conseillé de se faire soigner à Los Angeles[81].

En , deux spectacles de la tournée Dangerous Tour de Jackson en Thaïlande sont annulés pour cause de déshydratation[82]. Le , Jackson « retourne au stade de concert »[83]. Le , un spectacle à Singapour doit être annulé en raison de nausées et d'un grave mal de tête. De l'avis de son médecin, le Dr David Forecast, Jackson « n'était pas en état de monter sur scène ». Un spécialiste en neurologie s'occupe alors de Jackson. Le spécialiste confirme le diagnostic de « migraine d'apparition tardive » de Forecast, et des médicaments lui sont prescrits. Il subit également des tests dans un hôpital de Singapour[84]. Le spectacle a lieu deux jours plus tard[85]. Jackson consomme beaucoup d'eau[86] prévenant ainsi la déshydratation et les problèmes de voix.

Le premier concert à Santiago du Chili, prévu pour le , est annulé en raison de problèmes lombaires. Deux jours plus tard, Jackson se produit à l'Estadio Nacional[87]. Un autre concert à Lima, au Pérou, prévu le , est annulé en raison d'une déchirure d'un muscle au cours d'une représentation au Brésil[88]. Plusieurs concerts à Mexico sont annulés en raison de problèmes dentaires[89]. Deux abcès aux molaires sont retirées[90]. Cependant, il y avait cinq spectacles à Mexico[91]. Le dernier concert de la tournée Dangerous a lieu à Mexico le [92].

En , Jackson annonce l'annulation du reste du Dangerous Tour, en raison d'une dépendance aux analgésiques prescrits après une récente opération chirurgicale au cuir chevelu[93]. Il est également rapporté que Jackson a annulé des concerts en Russie et en Israël[89]. Cependant, ces deux concerts ont eu lieu[94],[95]. Le report du concert en Israël n'était pas dû à des problèmes de santé[96].

À la fin de 1995, Jackson est transporté à l'hôpital après s'être effondré lors de répétitions pour une représentation télévisée. Les médecins font état de battements irréguliers, d'une inflammation gastro-intestinale, d'une déshydratation et d'irrégularités des reins et du foie[97].

Durant la tournée HIStory, un seul concert est reprogrammé suite à l'accident fatal de la princesse Diana. Lors d'un concert de charité à Munich en 1999, Jackson se blesse au dos après l'effondrement d'une scène[98]. Il est emmené à l'hôpital à l'issue du concert. Le promoteur de Jackson, Marcel Avram, déclare qu'il [Jackson] avait souffert de brûlures mineures et de quelques contusions[99]. Jackson quitte l'hôpital le lendemain matin[100]. Sa maquilleuse, Karen Faye, affirmera qu'il souffrira par la suite de douleurs lombaires chroniques[101].

Anorexie et problèmes de santé lors de son procès (2005)

En 2003, Jackson est accusé d'abus sexuel sur mineur et encourt une peine de près de 20 ans de prison. Il est déclaré non coupable et acquitté deux ans plus tard à l'issue d'un procès, très médiatique, qui se déroulera du 31 janvier au 13 juin 2005[102]. Son acquittement ne sera pas contesté et aucune procédure en appel ne sera engagée après le procès[103].

Photo d'identité de Michael Jackson prise lors de sa détention provisoire en 2003.

La photo d'identité de Jackson prise lors de sa mise en examen le 29 novembre 2003, après plusieurs mois d'enquête des services de protection de l'enfance et du bureau du procureur de Santa Barbara, indique un poids de seulement 54kg (120lb) pour une taille d'1m80 (5′11″)[104],[105],[106].

Au cours du procès, Jackson souffre de maladies liées au stress et d'une perte de poids importante[107]. Il est brièvement hospitalisé à plusieurs reprises[108].

Le , Jackson est admis au centre médical Marian à Santa Maria avec « des symptômes ressemblant à la grippe. » Selon le Dr Chuck Merrill, il est dans un état stable et se rétablira au bout de quelques jours[109]. Jackson quitte l'hôpital le . Le Dr Todd Bailey déclare que Jackson « continue d'avoir besoin de soins pour certains symptômes viraux persistants, mais qu'il est sinon de bonne humeur »[110]. Une semaine plus tard, le procès le visant reprend en sa présence[111].

Le , Jackson comparaît tard au tribunal après avoir été soigné à l'hôpital en raison d'un problème de dos[112]. Pendant le procès, Jackson a parfois besoin d'aide pour se rendre à son siège[113]. Le , il est emmené aux urgences de l'hôpital Santa Ynez Valley Cottage pour y être soigné. La porte-parole de Jackson, Raymone Bain, déclare que « le stress contribue à ses problèmes de dos ».

Son avocat, Tom Mesereau, confie à la BBC que Jackson a été hospitalisé juste après que le verdict des jurés a été rendu publique, souffrant notamment d'anorexie et de déshydratation[114].

Un professionnel de la santé mentale, le Dr Stan Katz, qui aura passé plusieurs heures avec l'accusateur de Jackson, déclare que son profil psychologique n'est pas cohérent avec celui d'un pédophile, mais plutôt celui d'un enfant régressif de dix ans[115].

Dépendance aux analgésiques opioïdes et toxicomanie

Dans son autobiographie, parue en 1988, Jackson affirme que, trop conscient de leur potentiel destructeur, il n'a jamais consommé de drogues : « pas de cannabis, pas de cocaïne, rien ». Etant donné les brûlures et les chirurgies qu'il a subies, ainsi que les injections douloureuses de corticostéroïdes liées à son lupus discoïde, des analgésiques sont prescrits à Jackson dès les années 1980[116]. Les médicaments contre la douleur à base d'opioïdes, qui sont alors couramment prescrits et qui aboutiront à la crise des opioïdes qui ronge les Etats-Unis et le monde depuis les années 1990, peuvent provoquer un état de dépendance physique et de tolérance, entraînant une consommation de plus en plus élevée.

En 1993, quelques semaines après la plainte pour agression sexuelle sur mineur déposée contre lui et largement médiatisée, son biographe relate que Jackson, qui souffre d'anxiété, d'insomnie, et de douleurs suite à une chirurgie dentaire et à une chirurgie de reconstruction de son cuir chevelu, prend plusieurs analgésiques et des tranquillisants tels que du Valium, du Xanax et de l'Ativan[117].

Les 9 et , alors qu'il est interrogé sur une affaire de droit d'auteur, Jackson semble manquer de concentration. Il montre des difficultés à se souvenir des dates de sortie de ses albums précédents et des noms de personnes avec lesquelles il a travaillé[118]. Les avocat des plaignants avaient été informés, avant de prendre sa déposition, que Jackson « prenait des analgésiques à la suite d'une chirurgie buccale récente »[119],[120].

Le 15 novembre 1993, l'avocat de Jackson, Bertram Fields, déclare que celui-ci débute un traitement intensif d'un mois et demi à deux mois pour soigner son addiction aux analgésiques dans une clinique à l'extérieur des Etats-Unis[121],[122]. Le porte-parole du chanteur confie aux journalistes que Jackson est « à peine capable de fonctionner correctement sur le plan intellectuel ». Quelques jours plus tôt, le 13 novembre 1993, Jackson avait déclaré qu'en raison de la pression causée par la plainte pour abus sexuel sur mineur, qui avait d'après lui entraîné sa dépendance aux analgésiques, il était « physiquement et émotionnellement épuisé »[89]. Jackson est emmené à la Charter Nightingale Clinic où il est fouillé à l'entrée pour des médicaments ; des flacons de médicaments sont trouvés dans une valise. On lui a prescrit du Valium IV pour le sevrer des analgésiques[123]. À la clinique, Jackson prend part à des séances de thérapie de groupe et individuelles[124].

En , Jackson rentre aux États-Unis pour faire face à la plainte pour abus sexuel sur mineur portée contre lui[125]. Il se soumet à un examen corporel complet, y compris de ses organes génitaux, qu'il décrira dans une allocution télévisée comme une expérience déshumanisante et humiliante[126]. Etant donné la loi californienne et l'âge de la victime présumée, Jackson est confronté simultanément — et dans cet ordre — à une procédure civile accélérée, visant à déterminer le montant de l'indemnisation d'une victime de préjudice, puis à une procédure pénale, décidant de la culpabilité ou de l'innocence de l'accusé[127]. Cette situation est défavorable à Jackson, car elle le force potentiellement à dévoiler sa stratégie de défense en amont du procès pénal, la seule des deux procédures pouvant aboutir à une incarcération en cas de condamnation. D'après Tom Mesereau, son avocat au procès de 2005, il est conseillé à Jackson de trouver un accord à l'amiable pour clore la procédure civile[128]. Jackson dénonce une tentative d'extorsion de la part des plaignants et fait figurer dans l'accord qu'il n'a commis aucun méfait. Il verse une somme considérable, estimée plus tard à $20 millions, à la victime présumée et à ses parents, et met ainsi fin à la procédure civile[129]. La procédure pénale se poursuit, mais après une année d'enquête, elle sera suspendue par le bureau du procureur de Los Angeles, suite au retrait des plaignants et faute d'autres preuves ou témoignages suffisants pour une mise en examen de Jackson[130],[131]. Elle sera cependant rouverte en 2003, suite à la diffusion de Living With Michael Jackson et à une nouvelle accusation d'agression sexuelle sur mineur qui se serait produite quelques semaines après la diffusion du documentaire[132]. Cette procédure pénale aboutira à un procès à l'issue duquel Jackson sera jugé non coupable et acquitté[133]. Selon Taraborrelli, en , à l'approche de son procès, Jackson est devenu dépendant à la morphine et au Demerol et est traité pour cette dépendance par l'herboriste Alfredo Bowman dans le Colorado[134].

Durant le procès pour négligence intenté par Katherine Jackson contre AEG live en 2013, on apprend grâce au témoignage de David Fournier, infirmier anesthésiste, que Jackson a porté, au début des années 2000, un implant abdominal visant à neutraliser les effets du Demerol et d'autres opiacés, et à l'aider à surmonter son addiction[135].

D'après sa styliste capillaire, Carol LaMere, qui voyage avec Jackson et son équipe au Moyen-Orient après son procès, celui-ci continue de se battre avec son addiction, avec des périodes de rechute, notamment lors du décès de son garde du corps et ami de longue date, Bill Bray en novembre 2005[48].

Dans un entretien avec Aphrodite Jones, Patrick Treacy, un chirurgien esthétique qui traite Jackson entre et le début de 2007, ainsi que peu de temps avant sa mort, déclare qu'il aurait su s'il avait été traité par un autre médecin et qu'il n'avait jamais vu de drogue dans sa maison. Il déclare également que Jackson n'avait pas d'insomnie et ne lui avait jamais demandé de stupéfiants. Treacy déclare qu'il était en bonne santé physique et ajoute qu'il avait toujours insisté sur la présence d'un anesthésiste lors de l'administration de Propofol[136].

Il a été établi qu'au cours des derniers mois et dernières semaines de sa vie, Jackson a rendu de nombreuses visites au Dr Klein, dont les traitements cutanés et injections de produits de comblement étaient accompagnés de doses importantes d'analgésiques et notamment de Demerol[137]. Pendant près de deux décennies, Jackson aura régulièrement été entouré de professionnels de santé, aussi bien dans le cadre professionnel que dans sa vie privé, en mesure de lui prescrire, de lui procurer ou de lui administrer des antidouleurs.

Après la mort de Jackson, un mandat de police émis contre son médecin traitant, le Dr Conrad Murray, indiquait que ses nombreux médecins avaient utilisé dix-neuf pseudonymes distincts, tels que « Omar Arnold », « Josephine Baker », « Fernand Diaz », « Paul Farance », « Peter Madonie », « Faheem Muhammad », « Roselyn Muhammad », « Blanca Nicholas », « Jimmy Nicholas », « Bryan Singleton », « Frank Tyson » et « Rob Kaufman » tout en prescrivant des médicaments à Jackson. Il prend également des ordonnances en tant que « Prince », « Michael Amir » et « Kai Chase », les noms de l'un de ses fils, son porte-parole et son ancien chef personnel, respectivement[138]. La police trouve un CD mentionnant le pseudonyme « Omar Arnold » lors d'une perquisition au domicile et au bureau de Conrad Murray, le médecin personnel de Jackson, à Las Vegas[139]. L'utilisation de pseudonymes par les médecins de célébrités est une pratique courante pour préserver la confidentialité des antécédents médicaux des patients[140].

A la fin de sa vie, Jackson mesurait 5,9 pieds (1,75 m) pesait 136 livres (62 kg), ce qui le situerait dans une plage de poids normale, bien qu'il soit mince, a déclaré le Dr Rogers au tribunal[141]. Selon son styliste, Michael Bush, il perdait tellement de poids lors d'un concert que les costumes qu'il portait à la fin du spectacle devaient être plus petits que ceux qu'il portait au début. Il avait généralement une taille de 28 pouces[142]. Selon le Dr Nader Kamangar, expert en sommeil à UCLA, des médicaments tels que le Demerol peuvent provoquer une insomnie. Dans le cas de Jackson, l'insomnie aurait également pu être causée par l'anxiété de monter sur scène[143]. Des troubles du sommeil sont également associés au lupus[144], maladie dont souffrait Jackson d'après le Dr Arnold Klein[32], et constituent un effet secondaire fréquent des corticothérapies.

Santé mentale

Alors que durant son enfance il est parfois surnommé le « nain de 45 ans » du fait de sa précocité et de la maturité des textes qu'il interprète, Jackson est souvent décrit comme un adulte fragile et vulnérable, qui a grandi sans tout à fait mûrir[145]. Au début des années 1990, lors d'un dîner d'affaires visant à discuter de sa carrière cinématographique, Jackson s'effondre et pleure de manière incontrôlée[121].

Lors de la première interview de Jackson en 14 ans, en 1993, Suzanne de Passe confie à Oprah Winfrey que dès l'âge de 12 ans et suite au triomphe national et international des Jackson Five, Michael Jackson ne peut plus se déplacer librement sans des gardes du corps pour « le protéger de son propre succès ». La tristesse et la solitude engendrées par cette situation, et notamment l'absence d'ami.es et de moments de loisirs, sont abordées par Jackson dans le même entretien et plus tard dans le documentaire Living with Michael Jackson (2003). En tant que témoin de Jehovah, Jackson a grandi dans un foyer où des fêtes telles que Nöel et les anniversaires n'étaient pas célébrées. La perte de l'enfance devient un thème récurrent pour caractériser Jackson et tenter de saisir la singularité de ses comportements et de son mode de vie[145],[146],[147].

Michael Jackson à Bucarest en 1992 (Dangerous World Tour).
Stephanie Mills, ancienne petite amie de Michael Jackson, en 2017.

On sait relativement peu de choses sur les relations affectives de Jackson, au point qu'on le décrira parfois comme asexuel[18]. Son style vestimentaire considéré par certains comme « flamboyant  » et son apparence androgyne alimentent les spéculations autour de son orientation sexuelle. Jackson nie à plusieurs reprises être homosexuel[148]. Dans les années 1970, il sort avec l'actrice Tatum O'Neal, ce qu'il décrit comme sa première relation amoureuse. La ségrégation raciale aux Etats-Unis n'étant abolie que depuis 1964, cette relation mixte choque et Jackson sera victime de racisme. En 1978, l'agence artistique de la jeune actrice lui interdira d'accompagner « un nègre » à la première de son film, The Wiz[149]. Vers la fin des années 1970, on lui connaît également une relation avec Stéphanie Mills, qui incarne Dorothy dans la comédie musicale The Wiz[150]. Dans plusieurs entretiens, Jackson évoque son amour pour Diana Ross, qui est de 14 ans son aînée et qu'il a rencontrée durant son enfance[145]. En décembre 1982, à 24 ans, Jackson déclare au magazine Ebony qu'il souhaite l'épouser. Dans sa biographie, Jackson raconte que cela a été particulièrement difficile pour lui lorsqu'elle se marrie avec un autre en 1986. Il évoque de nouveau ses sentiments pour elle en 1993, lors de son entretien avec Winfrey. Dans son testament, Jackson confie à Ross le soin de ses enfants en cas d'incapacité de sa mère, Katherine Jackson. Dès les années 1980, Jackson est proche de Debbie Rowe, assistante du Dr Klein, qui lui administre régulièrement des traitements dermatologiques. Il l'épousera en seconde noce en 1996 et elle sera la mère de deux de ses enfants. Au printemps 1993, Jackson et Lisa Marie Presley, la fille d'Elvis Presley, assistent discrètement à une collecte de fonds organisée par Jimmy Carter à Atlanta[151],[152]. D'après Taraborrelli, ils se fréquentent de manière intermittente durant toute l'année 1993. Beaucoup, et notamment ceux qui doutent de l'hétérosexualité de Jackson, perçoivent cette union comme un coup de publicité après les ennuis judiciaires de Jackson à l'été 1993 et dans l'année qui suivra. Ils se marient en 1994. Ils continueront de se fréquenter après leur divorce, jusqu'au début des années 2000. En 2010, lors d'un entretien avec Oprah Winfrey, Presley confirme de nouveau que leur relation était sincère et qu'il s'agissait d'un mariage d'amour[153],[154].

Jackson se décrit lui-même comme un perfectionniste, jamais satisfait de son apparence et très mal dans sa peau dès l'adolescence du fait notamment de problèmes d'acné[145]. S'il évoque publiquement les maltraitances qu'il a subies durant l'enfance, Jackson s'exprime peu sur le contrecoup psychologique de ses brûlures et des deux maladies auto-immunes avec lesquelles il vit, le vitiligo et le lupus érythémateux discoïde, ainsi que des traitements médicamenteux associés (y compris les analgésiques opioïdes), qui affectent significativement son apparence et son bien-être à l'âge adulte. D'après des articles de presse parus en 1987, on apprend qu'il tente d'acheter le squelette de Joseph Merrick, mieux connu sous le nom d'« Elephant Man » (« l'homme éléphant »). Merrick, qui est décrit comme « grotesquement déformé » et est présenté durant sa vie comme un phénomène de foire, souffre du syndrome de Protée, une maladie génétique qui affecte la croissance des tissus et produit des déformations[155],[156]. Durant son entretien de 1993 avec Oprah Winfrey, Jackson admet s'intéresser à Merrick mais nie avoir tenté d'acheter son squelette : « J'adore l'histoire d'Elephant Man. Elle me rappelle beaucoup ma propre histoire, vous savez. Je peux comprendre son histoire, elle m'a fait pleurer. Je me suis reconnu dans son histoire. (...) Mais où est-ce que je rangerais des os ? »[145]. Au début des années 2000 lors de conversations enregistrées avec le Rabbin Shumley Boteach, Jackson aurait affirmé : « Je ne veux pas vieillir. Je ne veux jamais me regarder dans le miroir et voir ça » et « Je ne veux plus être vu, car je ressemble à un lézard. C'est horrible »[157].

D'après ses propres termes, Jackson a grandi « dans un bocal à poissons rouges »[158]. Peter Weir se serait inspiré de Jackson lors de la réalisation du film The Truman Show, centré sur un personnage qui grandit et vit en permanence devant les caméras et sous l'oeil du public[159]. En contrôle permanent de son image, Jackson est perçu par certains medias comme un manipulateur, qui fait parfois circuler de fausses informations pour faire parler de lui. D'après Lisa Marie Presley, il s'agit pour lui d'une stratégie de survie[153]. Le Pr Robert Thompson de l'Université Syracuse à New York aurait expliqué qu'il est « le parfait exemple de quelqu'un qui a été détruit par le niveau de gloire qu'il avait atteint »[160].

Jacko et Jumpo Kinkytail - Les drôles de petits singes.
Le ranch de Neverland (Californie).

Jackson donne peu d'interviews, protège jalousement sa vie privée et entretient une relation complexe avec la presse, notamment anglo-saxonne, qui le surnomme dès les années 1980 « Wacko Jacko » (« Jacko le barjo »)[161],[162]. Plusieurs de ses chansons évoquent cette relation, le biais négatif qu'il l'accuse d'adopter à son égard et les émotions que cela suscite chez lui : Leave me alone, Scream ou encore Tabloid Junkie. Lors de son entretien télévisé de 1997 avec Barbara Walters, à la suite du décès de la princesse Diana, Jackson lui confie la profonde peine qu'il a ressentie en apprenant la nouvelle. Il évoque sa propre peur de mourir. Il explique qu'il vit depuis toujours sous la pression des paparazzi et de la presse tabloïd. Jackson affirme qu'il doit lui aussi « courir pour sauver sa peau », que ses déplacements sont limités, qu'il est épié jusque dans les endroits les plus intimes et qu'il se sent emprisonné. Il dénonce les termes péjoratifs dont il est affublé par les tabloïds, notamment britanniques : « Vous ne devriez pas dire "c'est un animal", vous ne devriez pas dire qu'il s'appelle "Jacko". Je ne suis pas un jacquot (jocko). Je m'appelle Jackson ». Walters lui répond qu'on pourrait lui reprocher que son propre comportement contribue à attirer l'attention : « Enfin, les masques que vous portez, les comportements mystérieux que vous adoptez... ». Jackson nie tout comportement mystérieux et insiste sur une distinction claire entre sa vie publique, notamment ses concerts, et sa vie privée. Il explique que c'est pour cette raison qu'il a aménagé Neverland de cette façon, pour pouvoir s'amuser : « Je ne peux pas aller au parc, donc je crée mon propre parc, mon propre parc aquatique, mon cinéma, mon parc d'attraction ». Walters, qui précise que ses propos ne visent pas à l'insulter, l'interroge sur sa propre responsabilité dans l'intérêt que lui portent les paparazzi : « mais vous êtes quelque peu excentrique, c'est le moins qu'on puisse dire. La façon dont vous vous habillez, votre apparence physique, tout cela attire l'attention ». Dans la réponse qu'il lui fait, en s'appuyant notamment sur la fin tragique de la princesse Diana, Jackson appelle à un traitement plus humain des célébrités[158].

Même en l'absence de procès et de condamnation, la plainte pour agression sexuelle sur mineur — hautement médiatisée — dont il fait l'objet en 1993, et la révélation de sa dépendance aux analgésiques endommagent durablement sa réputation et sa carrière : Pepsi met fin à leur collaboration et il doit se retirer de projets cinématographiques en cours[121],[129],[163]. D'après Dieter Wiesner, manager et ami de Jackson, les accusations de 2003 viendront également entraver des projets professionnels de longue date de l'artiste visant à lui permettre de se reconvertir dans l'industrie du cinéma et du divertissement et de quitter enfin la scène et les tournées[164],[165]. Jackson lui aurait confié qu'il « ne souhaitait pas devoir faire le Moonwalk à 50 ans »[166].

A la fin des années 1990 et dans les années 2000, l'image de Jackson est durablement écornée et on le décrit comme ayant perdu confiance en lui[167]. En 2002, il présente son bébé à ses fans en le tenant au-delà de la balustrade de la fenêtre d'une chambre au quatrième étage de l'Hôtel Adlon à Berlin. Son comportement choque et est perçu comme de la négligence. Une enquête est demandée auprès des services de protection de l'enfance pour déterminer si ses enfants sont en danger[168]. Jackson est qualifié dans la presse de « mauvais père » et de « fou »[169],[170]. Celui-ci admettra avoir commis « une terrible erreur » et s'être laissé entraîner par « l'enthousiasme du moment ». Il affirme également : « Je ne mettrais jamais intentionnellement la vie de mes enfants en danger »[171]. Il est ridiculisé dans des émissions de variété et de sketchs telles que Saturday Night Live, où on le décrit comme « un pédophile homosexuel », et l'objet de parodies dans des clips vidéo populaires tels que Just lose it d'Eminem[172],[173]. Dans son entretien de 2005 avec Geraldo Rivera, Jackson declarera à ce sujet : « Je n'ai jamais rencontré Monsieur Eminem. Je l'ai toujours admiré. Qu'il fasse ça à un autre artiste, j'ai trouvé ça assez douloureux. C'est triste (...). J'ai été un artiste la plus grande part de ma vie et je n'ai jamais attaqué un autre artiste.»

Macauley Culkin en 1991.

A partir des années 1980, Jackson est régulièrement vu entouré d'enfants, y compris lors d'évènements très médiatisés tels que les American Music Awards de 1984, où il est accompagné de Brooke Shields et d'Emmanuel Lewis[174]. Ce dernier, alors âgé de 13 ans, l'accompagne sur scène et Jackson le présente au public comme une de ses sources d'inspiration. On les voit également ensemble en 1993, lors d'une collecte de fonds organisée par Jimmy Carter, et où Lisa Marie Presley, sa future épouse, l'accompagne. Lewis a alors 22 ans[175]. Certains de ses projets tels que Captain EO, une attraction futuriste des parcs Disney, ont pour cible le jeune public. Jackson fait monter des enfants sur scène à la fin de ses concerts et certains l'accompagnent durant ses tournées. On le voit également jouer avec des enfants à leur domicile ou à Neverland, souvent en présence de leur famille ou de membres de la sienne[46]. Certains de ces enfants sont, comme lui, des enfants stars — c'est le cas de Macauley Culkin — d'autres sont inconnus du grand public. Il arrive également à Jackson de recevoir à son ranch des enfants malades et leur famille, des groupes scolaires et des associations provenant de quartiers défavorisés[176]. En 1991, Jackson dédie sa chanson Gone too soon à Ryan White, un jeune garçon hémophile originaire comme lui d'Indiana, contaminé par le virus du sida lors d'une transfusion sanguine et décédé le 8 avril 1990 des suite de la maladie. Après la plainte très médiatisée de 1993 et sa résolution à l'amiable, la relation entre Jackson et les enfants interroge. Des soupçons de pédophilie subsistent et sont alimentés par les incompréhensions autour de son apparence et ses excentricités. Il est interrogé sur le sujet par Diane Sawyer en 1995 et nie toute dimension sexuelle à sa relation avec les enfants[16]. En 2002, il accepte d'être suivi pendant près d'une année par un journaliste, Martin Bashir, auquel il donne accès à sa vie quotidienne et familiale dans le cadre de la réalisation du documentaire Living with Michael Jackson. Bashir interroge Jackson sur la réaction des gens lorsqu'ils entendent que des enfants qui ne lui sont pas affiliés séjournent chez lui et dorment parfois dans sa chambre. Jackson répond : « très peu d'enfants, en fait ». Bashir poursuit en lui demandant si cela est vraiment approprié pour un homme adulte. Jackson lui répond qu'il est désolé pour eux et que cela revient à juger quelqu'un qui veut vraiment aider les gens. Il ajoute : « Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas partager son lit ? C'est la chose la plus aimante qu'on puisse faire ». Bashir lui demande s'il en est vraiment convaincu. Jackson répond alors : « Oui, bien sûr. Tu dis : "tu peux prendre mon lit si tu veux. Dors dedans, je dormirai par terre. Il est à toi". Je donne toujours mon lit à mes invités »[177]. La réponse de Jackson et le fait qu'un adolescent en rémission de cancer qu'il accueille chez lui dans le cadre de l'entretien lui tienne la main et ait la tête sur son épaule durant cet échange choquent le public. Dans la suite de cette séquence, Jackson élabore sur le fait qu'en général les enfants qui lui rendent visitent à son ranch souhaitent séjourner dans sa chambre plutôt que dans les appartements réservés aux invités. Il ajoute qu'il ne les a jamais invités à dormir dans sa chambre, mais qu'ils peuvent le faire malgré tout, avec l'autorisation de leurs parents. Dans une autre séquence, Bashir interroge de nouveau Jackson sur ce sujet et s'il est approprié qu'à 44 ans il partage une chambre avec un enfant. Jackson continue de décrire cela comme quelque chose de parfaitement innocent et n'y voit rien de choquant : « Pourquoi est-ce que les gens devraient s'inquiéter ? Qui est le criminel ? Qui est Jack l'Eventreur dans cette chambre ? Ecoute, j'essaie d'aider cet enfant à guérir, je dors dans un sac de couchage sur le sol et je donne mon lit à l'enfant ». A la diffusion du documentaire en Grande-Bretagne, Jackson se sent trahi par ce qu'il considère être des « insinuations sensationnalistes » et porte plainte contre Bashir auprès des autorités de régulation de l'audiovisuel britanniques[178]. Aux Etats-Unis, la réaction initiale des autorités californiennes est que ceci n'est pas suffisant pour inculper Jackson, puisque « simplement dormir avec des enfants sans conduite clairement offensante n'est pas considéré comme un acte criminel »[177]. Le procureur du district de Santa Barbara, qui engagera des poursuites contre Jackson quelques mois plus tard et plaidera le dossier à charge contre lui en 2005, ajoute que les autorités doivent recevoir la coopération d'une victime présumée pour initier une procédure pénale[103]. Très influencé par l'éducation chrétienne qu'il a reçue, Jackson affirme durant un entretien avec Geraldo Rivera en 2005, quelques jours après le début de son procès : « Quand je vois des enfants, je vois le visage de Dieu. C'est pour ça que je les aime tant. C'est ce que je vois »[179]. A l'issue de son procès, Jackson quittera les Etat-Unis sur les conseils de Tom Mesereau, son avocat, qui craint des représailles de la part des autorités qui sont en charge de son dossier depuis 1993 et qui n'ont pu le faire condamner sur aucun des 14 chefs d'accusation retenus contre lui dans cette affaire[180],[181]. Jackson ne considèrera plus jamais Neverland, perquisitionné par des dizaines de policiers durant l'affaire, comme sa maison[182],[183]. Après le décès de Jackson, en 2009, Bashir déclarera : « Lorsque j'ai réalisé ce documentaire, une petite partie a suscité la controverse concernant sa relation avec des jeunes gens. Mais la réalité, c'est qu'il n'a jamais été condamné pour aucun crime. Je n'ai jamais vu de comportement répréhensible de sa part et bien que son mode de vie ait pu être peu orthodoxe, je ne crois pas qu'il était criminel »[184].

Michael Jackson aux World Music Awards en 2006. Il s'agit de sa première apparition sur scène en Occident après son procès et la dernière fois qu'il monte sur scène devant un public.

D'après Carol LaMere, sa styliste capillaire, Jackson s'effondre au décès de son garde du corps et ami de longue date, Bill Bray, en novembre 2005, alors qu'il vit au Moyen-Orient[48]. En 2006, il est décrit comme n'ayant pas d'adresse fixe et relativement isolé de sa famille et ses amis[185]. Après son procès, Jackson apparait pour la première fois sur scène en Europe en novembre 2006 aux World Music Awards à Londres. Il y reçoit le très prestigieux Chopard Diamond Award ainsi qu'une distinction du Guinness des records pour avoir vendu plus de 100 millions de copies de son album Thriller à l'échelle mondiale[186]. D'après Raymon Bain, son attachée de presse, Beyoncé sera à cette époque l'une des rares artistes à accepter d'associer son image à celle de Jackson et de lui remettre un prix. Jackson, qui n'a pas prévu de chanter ce soir-là et qui d'après LaMere ne souhaite plus vraiment monter sur scène, est décrit comme terrorisé par un accueil potentiellement négatif du public et est mal à l'aise à l'idée d'apparaître sur scène auprès d'adolescents[48],[187]. Ce sera la dernière fois que Jackson monte sur scène devant un public.

A la fin de sa vie et à quelques semaines du début de sa dernière tournée, This is it, Jackson est décrit comme paranoïaque et se croyant en danger[188]. On rapporte également qu'il souffrait de dépression[189]. Bien qu'il ait dû faire face à de nombreuses dettes, Jackson est, depuis 1995, propriétaire à 50% d'une importante et lucrative société d'édition musicale en collaboration avec son label discographique, Sony[190],[191],. En 2002, Jackson est ouvertement en conflit avec le directeur de celui-ci, qu'il accuse publiquement d'être raciste et de saboter la promotion de son dernier album studio, Invincible, pour le forcer à vendre ses parts dans la société. Jackson confie à ses proches qu'il craint qu'on ne tente de l'éliminer pour récupérer ses actifs financiers[164],[192]. On rapporte qu'il craignait également d'être abattu sur scène et qu'il souhaitait porter durant sa tournée un gilet pare-balles[193]. Les relations avec les promoteurs de This is it sont tendues et on apprendra lors du procès qui leur est intenté par la famille de Jackson pour négligence qu'elles sont parfois abusives[194]. Jackson est désigné dans des communications internes à l'entreprise par le terme « the freak » (« le monstre ») en amont de la signature de son contrat[195]. Un haut responsable, décrivant Jackson dans un courrier électronique comme « un désastre émotionnel paralysé et empli de haine de lui-même », admet lui avoir crié dessus « si fort que les murs en ont tremblé » et l'avoir giflé peu avant son apparition à Londres pour annoncer sa tournée finale[196],[197].

Mort

Michael Jackson en 1990.

Le décès de Michael Jackson survient le , des suites d'une surdose de propofol, un anesthésiant utilisé par l'artiste, âgé alors de 50 ans, comme somnifère. Celle-ci lui a été administrée à son domicile par son médecin personnel, le Dr Conrad Murray. Le Dr Murray sera jugé en 2011 et condamné à 4 ans de prison pour homicide involontaire. Sa condamnation sera confirmée en cour d'appel le 15 janvier 2014. On lui reproche notamment d'avoir méprisé la santé et la sécurité de l'artiste en lui administrant un grand nombre de produits dangereux en l'absence de matériel ou de personnel approprié, ainsi que d'avoir laissé son patient sans surveillance. Durant son procès, il a été établi que le Dr Murray avait fait de fausses déclarations autour du décès de Jackson, lui avait administré un massage cardiaque sur son lit et donc de manière inefficace, et avait fait des efforts pour nettoyer la chambre avant l'arrivée de la police[198],[199].

Durant le procès, on apprend que Cherilyn Lee, une infirmière ayant fourni à Jackson des conseils nutritionnels, l'avait prévenu des dangers associés à l'emploi du propofol. Elle déclare que le , Jackson lui avait demandé des « produits pour le sommeil ». Le , il lui aurait affirmé que le propofol était le seul médicament qui pourrait l'aider. Lee refuse d'accéder à sa demande, en lui disant : « Michael, le seul problème avec ce médicament que tu prends... c'est que tu vas le prendre et que tu ne vas pas te réveiller ». Jackson réfute l'avertissement, lui disant que le médicament lui avait déjà été administré auparavant par injection intraveineuse et que son médecin lui avait dit que c'était sans danger, sans toutefois nommer ce médecin[200]. Une surdose de propofol peut provoquer l'arrêt de la respiration du patient, ce qui entraîne une pénurie d'oxygène et une accumulation de dioxyde de carbone dans le corps, pouvant entraîner des arythmies et un arrêt cardiaque[201]. Ce sera leur dernière rencontre[202]. Lee affirme qu'elle a reçu, le , un appel désespéré d'un assistant de Jackson rapportant qu'il se sentait malade. Lee aurait entendu Jackson se plaindre qu'un côté de son corps était chaud et l'autre côté froid. Croyant qu'on lui avait administré un produit affectant son système nerveux central, elle conseille à l'assistant d'emmener Jackson à l'hôpital[200].

Après sa mort, le rapport d'autopsie montre que Jackson avait un cœur en « assez en bonne santé » pour une personne âgée de 50 ans. Selon la BBC, son poids était dans la fourchette acceptable pour un homme de sa taille, mais il avait eu les bras perforés[203] et souffrait de lésions aux poumons et d'arthrite. Le document montre que le problème de santé le plus grave de Jackson était ses poumons enflammés de manière chronique, mais que cela n'était pas assez grave pour contribuer à sa mort. L'autopsie n'a révélé aucun problème physique. « Sa santé générale était bonne », déclare alors le Dr Zeev Kain de l'université de Californie, qui a examiné le rapport pour AP mais n'a pas participé à l'examen post mortem. « Les résultats sont dans les limites normales ». Le Dr Christopher Rogers déclare pendant le procès de 2011, que, selon lui, Jackson « était en meilleure santé que la moyenne des personnes de son âge »[204]. Le Dr Rogers affirme que les artères entourant le cœur de Jackson étaient exemptes de graisse et de cholestérol, ce qui est inhabituel pour une personne de 50 ans[141]. Le Dr Rogers contredit par ailleurs la théorie de la défense selon laquelle Jackson se serait réveillé et que, bien qu'il ait été sous l'influence de médicaments sédatifs, il ait réussi à se donner une dose supplémentaire et fatale de propofol[204].

Durant le procès qui oppose la famille Jackson à AEG live en 2013, on apprend que l'état de santé de Jackson avait été jugé satisfaisant quelques mois avant son décès. Dans le cadre de la souscription d'une assurance annulation pour la tournée This is it par AEG Live, il avait été recommandé à la compagnie de lui faire passer un examen médical. Celui-ci sera effectué par le Dr David Slavit, de New York, en . Un courtier d'assurance déclarera par la suite au vice-président d'AEG, que Jackson avait réussi l'examen « avec brio ». Un deuxième examen médical devait avoir lieu le [205]. Le Dr Christopher Rogers, qui avait déjà témoigné lors du procès contre le Dr Murray affirme que Jackson « ne présentait aucun signe de dépendance aux drogues de rue, comme des marques d'aiguilles ou une maladie »[27].

Les ayants droit de Jackson reprochent à AEG live d'avoir exercé une trop grande pression sur l'artiste, contribuant à « ruiner sa santé physique et mentale » et attaquent la compagnie pour négligence lors de l'embauche du Dr Conrad Murray[194]. Le 2 octobre 2013, un jury de Californie rejette la plainte déposée par la famille Jackson, jugeant que Murray ne pouvait pas être considéré comme incompétent pour remplir la mission pour laquelle il avait été embauché[206]. AEG live avait pour sa part plaidé n'avoir jamais engagé le Dr Murray et donc n'assumer aucune responsabilité pour le décès du chanteur. Le jugement sera confirmé en appel en janvier 2015[207].

En 2020, des détails supposément restés cachés de l'autopsie de Jackson, notamment son estomac rempli de médicaments, son extrême maigreur (55 kg pour 1,75 m) témoignant d'un comportement anorexique ou encore son corps couvert de marques de piqûres, sont révélés par la presse[208]. Ceci contredit cependant les informations figurant dans le rapport d'autopsie rendu publique par le Comté de Los Angeles[209],[210] et les témoignages scientifiques recueillis durant les procès qui ont suivi le décès de Jackson[27],[204].

Notes et références

Notes

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  204. (en) « Conrad Murray trial: Medical examiner says Michael Jackson was in good health | ABC7 Los Angeles | abc7.com », sur ABC7 Los Angeles (consulté le )
  205. ↑ Michael Jackson a réussi l'examen médical « avec brio », Corina Knoll, 22 mai 2013.
  206. ↑ « La famille Jackson perd son procès contre le promoteur AEG », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  207. ↑ « La mère de Michael Jackson déboutée en appel dans le procès contre le producteur AEG », sur Le Point.fr (consulté le )
  208. ↑ « Michael Jackson : les détails inquiétants de son autopsie », sur RTL (consulté le )
  209. ↑ (en) Richard J. Levy, « The Michael Jackson Autopsy: Insights Provided by a Forensic Anesthesiologist », Journal of Forensic Research, vol. 2, no 8,‎ , p. 1–7 (ISSN 2157-7145, DOI 10.4172/2157-7145.1000138, lire en ligne, consulté le )
  210. ↑ « Documents in Michael Jackson's Death », sur www.nytimes.com (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

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  • J. Randy Taraborrelli, Michael Jackson The Magic And The Madness, Headline, (ISBN 0-7472-3880-4)
  • Joseph Vogel, Man in the Music, Sterling, , 89 p. (ISBN 978-1-4027-7938-1)

Articles connexes

Liens externes

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