Saumur mousseux

Saumur mousseux
Image illustrative de l’article Saumur mousseux
Vue d'une partie du vignoble de Saumur.

Appellation(s) principale(s) saumur
Type d'appellation(s) mention au sein d'une AOC / AOP
Reconnue depuis 1938 (mousseux blancs) et 1957 (mousseux rosés)
Pays France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Anjou (Saumurois)
Localisation Maine-et-Loire, Deux-Sèvres et Vienne
Climat océanique
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 845 heures (à Angers)[1]
Sol siliceux, argileux, sableux et tuffeau
Superficie plantée 1 665 hectares (en 2024)[2]
Cépages dominants chenin B[note 1], sauvignon B et cabernet franc N
Vins produits 92 % mousseux blancs et 8 % rosés
Production 99 734 hectolitres (en 2024)[2]
Pieds à l'hectare 4 500 à 5 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 60 hl/ha (en 2024)[2]

Un saumur mousseux[note 2] est un vin effervescent du vignoble de la vallée de la Loire, produit autour de Saumur. Il s'agit d'un des produits vendus sous l'appellation saumur, ce dernier nom pouvant être complété de la mention « brut ». L'aire en production représente 1 600 hectares. Dix cépages différents sont autorisés, mais c'est le chenin blanc qui en domine généralement l'assemblage. Il est produit en blanc de blancs et en rosés. Il est parfois commercialisé avec la mention « fines bulles »[4].

Histoire

C'est au IVe siècle que la vigne se propage sous l'impulsion de saint Martin et ses disciples[5]. Au Xe siècle, grâce au développement des voies de communication, les vignobles de la Loire et donc de Saumur se développent[6]. Lorsque Henri II, comte d'Anjou, accède au trône d'Angleterre en 1154, le vignoble angevin connaît un véritable essor[6]. Du Moyen Âge au XVe siècle, le vignoble de Saumur est en pleine expansion de par l'action de la bourgeoisie[6]. À partir du XIIe siècle, Saumur devient une importante place de négoce des vins[7].

À partir de 1789, la Révolution française a des effets dévastateurs sur le vignoble angevin, à travers les guerres de Vendée[6]. La crise du phylloxera touche durement le vignoble à la fin du XIXe siècle. Création de l'AOC en 1957[8]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-70 qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis ces années (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, etc.).

Les différents vins de l'appellation sont reconnus officiellement par les décrets du (vins blancs), du (vins rouges et rosés), du (vins mousseux blancs) et du (vins mousseux rosés). Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [3].

Étymologie

Le nom vient du préceltique Sala, « le terrain marécageux » et de murus, « le fortin », selon les linguistes de l'école de Dauzat. Le mot apparaît en 958, date qui marque le début de l'histoire de Saumur. Une autre acception donne pour étymologie l'expression latin le Salvus murus, le « mur du salut ».

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

L'aire d'appellation du saumur mousseux (différente de celle des saumurs vins tranquilles) est répartie sur :

Ces dernières années, la production de saumur mousseux s'effectue sur une superficie d'approximativement 1 500 hectares, dont 90 % de blanc[2].

Géologie et orographie

La zone géographique se situe à l’extrême sud-ouest du Bassin parisien, où les formations mésozoïques et cénozoïques recouvrent le socle ancien du Massif armoricain. Elle se distingue par la craie tuffeau (« Anjou blanc ») par opposition à l’« Anjou noir » à l’ouest, qui est dominé par les schistes ardoisiers. Délimitée au nord par la Loire et traversée par la vallée du Thouet et la Dive, elle présente des coteaux variés entre 40 et 110 m d’altitude[3].

Les terrains ont pour particularité d'être sédimentaires, avec des terres blanches de craie tuffeau[9], siliceux, sableux et argileux[10].

Dans le détail on peut distinguer quatre secteurs principaux[3] :

La présence de tuffeau a amené la création de conditions d'élevage très favorables à l'élaboration des vins mousseux par la méthode traditionnelle.

Climatologie

Le climat est tempéré, avec principalement une influence océanique ; le Saumurois est plus continental que le reste de l'Anjou, donc un peu plus sec et chaud l'été. La station météorologique de Saumur (au jardin des Plantes, à 69 mètres d'altitude : 47° 15′ 06″ N, 0° 04′ 24″ O)[11] fournit les moyennes de température, gel et précipitations, tandis que celle d'Angers-Beaucouzé donne les moyennes d'ensoleillement (1 845,3 heures par an sur la période 1991-2020)[1].

Relevés à Saumur de 1981 à 2010
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 8,4 9,8 13,6 16,5 20,5 24,1 26,5 26,4 22,9 17,8 12,1 8,7 17,3
Moyenne 5,5 6 9 11,3 15,1 18,4 20,5 20,3 17,2 13,5 8,6 5,8 12,6
Minimale moyenne 2,5 2,3 4,3 6,2 9,8 12,7 14,5 14,2 11,5 9,1 5,1 2,8 7,9
Nombre de jours avec gel 9,1 9 3,6 0,7 0 0 0 0 0 0,6 3,3 8,8 35,1
Précipitations
Hauteur (mm) 55,9 45,7 44,2 52,5 53,4 35 48,6 35,5 49,3 66,6 62,8 64,7 614,2
8,4
2,5
55,9
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
9,8
2,3
45,7
fév.
13,6
4,3
44,2
mars
16,5
6,2
52,5
avril
20,5
9,8
53,4
mai
24,1
12,7
35
juin
26,5
14,5
48,6
jui.
26,4
14,2
35,5
août
22,9
11,5
49,3
sep.
17,8
9,1
66,6
oct.
12,1
5,1
62,8
nov.
8,7
2,8
64,7
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Le cahier des charges de l'appellation autorise un total de dix cépages différents pour produire du mousseux : le chenin B[note 1] (ou « pineau de la Loire »), le chardonnay B, le sauvignon B, le cabernet franc N, le cabernet sauvignon N, le gamay N, le grolleau gris G, le grolleau N, le pineau d'Aunis N et le pinot noir N[3].

Pour les blancs de blancs la proportion du chenin, présente dans les vins, est supérieure ou égale à 60 %, pour le sauvignon, la proportion est inférieure ou égale à 10 % et la proportion du cépage cabernet franc, pour les vins rosés, est supérieure ou égale à 60 %[13].

Méthodes culturales

Travail manuel

Ce travail commence par la taille. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Éventuellement des plantations de greffes. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[14]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments ; de trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants ; de labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes[14]. De désherbage. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.)[14]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Rendements

Les rendements sont de l'ordre de 67 hectolitres par hectare pour le rendement de base et de 76 hectolitres par hectare pour le rendement butoir[13].

Vins

Volumes

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[2], sont :

saumur (hors vins tranquilles de l'appellation)
Année mousseux blanc mousseux rosé
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 1 099 66 177 60 128 7 598 59
2023 1 441 102 695 71 174 12 182 70
2024 1 530 91 722 60 135 8 012 60

Titres alcoométriques volumiques

AOC Rosé Rosé Blanc Blanc
Titre alcoométrique volumique minimal maximal minimal maximal
Saumur (mousseux)[13] 9,5 % 11,6 % 10,5 % 11,6 %

En cas d’enrichissement du moût, le titre alcoomnétrique maximal est de 13 %, après prise de mousse et avant adjonction de la liqueur d’expédition.

Vinification en vin effervescent

Muselet, capsule et bouchon pour le saumur brut.

La récolte du raisin se fait en caisse percée, puis un tri de la récolte est réalisé. La vendange passe ensuite au pressurage ; lorsque le jus est en cuve, un débourbage est pratiqué. La fermentation alcoolique s'effectue après avec la même vinification qu'en blanc. La fermentation malolactique se passe après avec l'élevage du vin blanc (en cuve). À la fin de l'élevage, la champagnisation se déroule avec l'ajout de liqueur de tirage, puis la prise de mousse avec le remuage[15]. Une fois cette fermentation en bouteille faite, le dégorgement est effectué, suivi du dosage avec l'ajout de liqueur de dosage et le bouchage juste après[15].

Bouteille avec verre de saumur brut.

Gastronomie

Les sols de tuffeau, argileux, siliceux, sableux ou avec des schistes donnent des vins effervescents ayant pour particularités une robe cristalline, claire, avec des reflets qui tendent du gris au jaune paille avec des nuances dorées[16]. La robe pour les rosés va du saumoné à la couleur cerise[16]. Les arômes de fruits blancs, de mélisse, d'amande, de noisette et vanillé pour les bruts[16]... Arômes de petits fruits rouges pour les rosés[16]. Les bulles sont fines, la bouche élégante et fraîche pour les bruts, plus douce pour les demi-secs et légèrement tannique pour les rosés[16].

Les vins effervescent de cette AOC vont bien en apéritif et accompagnent des crustacés, des fruits de mer, des gâteaux, des poissons qui peuvent être en sauce, grillés ou rôtis, des viandes blanches et des volailles et se servent entre 6 et 8 degrés. La durée de garde va de 1 à 3 ans[8].

Économie

En 2023, le saumur mousseux est le sixième vin effervescent français en terme de volume, après (dans l'ordre décroissant) le champagne, le crémant d'Alsace, le crémant de Loire, le crémant de Bourgogne et le crémant de Bordeaux[2].

Commercialisation

La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés-hôtels-restaurants (CHR), dans les grandes et moyennes surfaces (GMS).

Structure des exploitations

Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les caves coopératives et leurs apporteurs sont des vignerons. Ces derniers peuvent leur amener leurs récoltes, ou bien la cave coopérative vendange elle-même (machine à vendanger en général).

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[17]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Listes des producteurs

Selon le site de l'INAO en 2011, il y avait 435 viticulteurs dont 183 qui vinifient leurs vins avec 167 domaines, quatre caves coopératives et douze maisons de négoce[18].

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin étant un nom commun (créé par antonomase), il ne porte donc pas systématiquement une majuscule ; cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

  1. « Fiche 49020001 Angers-Beaucouzé » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  2. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  3. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « SAUMUR » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  4. « Saumur Fines Bulles | Effervescents délicats de Loire », sur www.vinsdeloire.fr (consulté le )
  5. Charles Quittanson, Connaissance des vins et eaux de vie, p. 565.
  6. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde n° 5 (Loire : Saumur, Chinon, Sancerre), L'histoire, p.  26
  7. Site de Vins de Loire, page sur la Saumur rouge, consulté le 5 mars 2011
  8. Site de Passion Vin, page sur Saumur brut, consulté le 6 mars 2011
  9. « Les vignobles d'Anjou-Saumur », sur vinsvignesvignerons.com (consulté le ).
  10. Guide Vert Solar : Vins de France, page sur Saumur, no 248.
  11. « 49328001 – SAUMUR – J. DES PLANTES » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  12. « Fiche 49328001 Saumur » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  13. Site de Légifrance, Décret no 2009-1227 du 12 octobre 2009, consulté le 6 mars 2011
  14. Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  15. Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours d'œnologie du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  16. « Saumur Brut »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?), sur vinsdeloire.fr (consulté le ).
  17. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.
  18. Site de l'INAO, page sur le Saumur brut, consulté le 6 mars 2011

Voir aussi

  • icône décorative Portail de la vigne et du vin
  • icône décorative Portail de l’Anjou et de Maine-et-Loire