Seheqaenrê Sânkhptahi

Seheqaenrê Sânkhptahi
Image illustrative de l’article Seheqaenrê Sânkhptahi
Détail de la stèle de Nebsoumenou représentant Seheqaenrê Sânkhptahi offrant de l'huile ms.t au dieu Ptah, Musée archéologique national de Madrid.
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XIIIe ou XVIe dynastie
Fonction principale roi
Famille
Père Un roi non identifié, Sé...karê ?
Fratrie ♀ Minèmâes
♀ Sat...

Seheqaenrê Sânkhptahi est un roi de la XIIIe ou de la XVIe dynastie égyptienne.

Attestations

Stèle de Nebsoumenou représentant Seheqaenrê Sânkhptahi faisant des offrandes aux dieux Ptah et Anubis.

Attestations contemporaines

Le roi n'est attesté pendant son règne que par une stèle de donation du « directeur des scelleurs » Nebsouménou ; la stèle est datée de la première année de son règne et représente le roi offrant de l'huile au dieu Ptah « Celui qui est au sud de son mur » (rsy-snb=f) et Nebsouménou offrant également à Anubis « Neboutiou » (nb wtyw). L'origine de la stèle n'est pas connue avec certitude, la stèle ayant été acquise en 1999 par le Musée archéologique national de Madrid auprès d'un collectionneur privé[1].

Une seconde stèle, lacunaire et conservée au Musée égyptien de Caire (CG 20600), montre le roi en tant que « fils du roi » ; avec lui sont représentés d'autres membres de sa famille (la majorité des légendes des figures de la stèle sont lacunaires), dont ses sœurs Minèmâes et Sat..., portant chacune le titre de « fille du roi »[2].

Ryholt désigne enfin un sceau cylindre en stéatite bleu-vert de provenance inconnue et portant le nom d'Horus d'or Sekhâenptah, S.ḫˁ-n-ptḥ, « Celui que Ptah fait apparaître », comme appartenant peut-être à Seheqaenrê Sânkhptahi. Percy Edward Newberry date simplement le sceau de la fin du Moyen Empire sans autre identification de son propriétaire. Le sceau est probablement perdu : à l'origine, il se trouvait dans la collection de Timmins, au Metropolitan Museum of Art, mais il aurait maintenant disparu du musée[3].

Attestations ultérieures

Sur le Canon royal de Turin, à la position 8.25, le nom est lacunaire : il ne reste en effet que le texte ...qenrê. Kim Ryholt[4], Darrell D. Baker[3] et Detlef Franke[5] associent ce nom au roi Seheqaenrê Sânkhptahi, faisant ainsi de ce roi l'un des derniers de la XIIIe dynastie, successeur d'un certain Sé...karê selon ce même papyrus ; Kim Ryholt indique en effet que Seheqaenrê Sânkhptahi est le seul roi attesté de la période dont le nom correspond. Julien Siesse réfute cepenant cette identification, arguant que la stèle où est représentée le souverain est typique de la XVIe dynastie[6] ; il est de plus fort possible qu'un certain nombre de rois de cette période ne soient pas encore attestés dans le registre archéologique (nombre d'entre eux sont en effet attestés par uniquement quelques documents).

Datation

Dans les publications du XXe siècle, le roi était placé dans la XIIIe dynastie sans position particulière[7],[8].

L'étude de Kim Ryholt publiée en 1997 appuya cette position, en le plaçant à la toute fin de la dynastie (position suivie par Darrell D. Baker[3] et Detlef Franke[5] en 2008) :

  • il l'associe au nom lacunaire ...qenrê du Canon royal de Turin, placé à la toute fin de la dynastie[4],
  • les épithètes de Ptah et Anubis, respectivement « Celui qui est au sud de son mur » et « Neboutiou », seraient typiques de Memphis, montrant que le roi contrôlait toujours cette ville, et indiquant donc qu'il ne pouvait faire partie des dynasties suivantes[9],
  • le nom théophore du souverain, basé sur Ptah, montrerait que le roi serait originaire de cette ville de Memphis[9].

Julien Siesse réfute l'analyse de Ryholt et préfère placer le roi pendant la XVIe dynastie[6] :

  • le nom ...qenrê du Canon royal de Turin est trop lacunaire pour pouvoir être associé à Seheqaenrê Sânkhptahi,
  • la stèle de Nebsouménou est stylistiquement datée de la XVIe dynastie, notamment parce que le roi et le haut fonctionnaire sont représentés avec la même taille, représentation impossible pendant la XIIIe dynastie mais typique des XVIe et XVIIe dynasties, époque où la figure royale semble avoir perdu de son prestige,
  • un nom théophore avec Ptah et les épithètes de la stèle n'indiquent pas de manière certaine une origine memphite,
  • la stèle est une forme prototypique de stèle de donation, type inconnu pendant la XIIIe dynastie mais attesté pendant les XVIe et XVIIe dynasties.

Titulature

Notes et références

  1. ↑ Ryholt 1997, p. 358.
  2. ↑ Ryholt 1997, p. 238 et 358.
  3. Baker 2008, p. 349.
  4. Ryholt 1997, p. 73 et 238-239.
  5. Franke 2008, p. 286.
  6. Siesse 2019, p. 105.
  7. ↑ von Beckerath 1999, p. 106-107.
  8. ↑ Vandersleyen 1995, p. 661.
  9. Ryholt 1997, p. 69 et 79.

Bibliographie

  • (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
  • Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
  • (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
  • (en) Detlef Franke, « The Late Middle Kingdom (Thirteenth to Seventeenth Dynasties): The Chronological Framework », Journal of Egyptian History, no 1 (2),‎ , p. 267-287 (DOI 10.1163/187416608786121310) ;
  • (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs : Volume I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, , 587 p. (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
  • Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674).
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