Service des Antiquités de l'Algérie
| Service des Antiquités de l'Algérie | |
| Situation | |
|---|---|
| Création | 1923 |
| Dissolution | Années 1960–1970 (réorganisation post-indépendance) |
| Type | Service administratif patrimonial |
| Domaine | Archéologie ; conservation du patrimoine |
| Siège | Alger |
Le Service des Antiquités de l'Algérie (également appelé Direction des Antiquités de l'Algérie selon les périodes) est une administration créée en 1923 durant la période coloniale française, chargée de l'étude, de la protection et de la gestion du patrimoine archéologique et historique de l'Algérie. Il a joué un rôle central dans l'organisation des fouilles archéologiques, la conservation des monuments antiques et la production scientifique sur l'Antiquité nord-africaine jusqu'à sa réorganisation après l'indépendance.
Création et cadre institutionnel
La création du Service des Antiquités de l'Algérie en 1923 s'inscrit dans un processus de structuration administrative du patrimoine archéologique, amorcé dès la fin du XIXe siècle par des commissions et des musées locaux. Le Service est placé sous l'autorité du Gouvernement général de l'Algérie et rattaché à la Direction de l'Intérieur et des Beaux-Arts[1].
Ses missions comprennent la surveillance des sites classés, la lutte contre les fouilles clandestines, l'organisation des fouilles officielles, la conservation des monuments, la gestion de musées archéologiques et la publication des résultats scientifiques.
Histoire
Période de Louis Leschi
Au cours des années 1930 et 1940, le Service est dirigé par Louis Leschi, qui contribue à renforcer son rôle scientifique et administratif. Sous sa direction, de grands chantiers archéologiques sont menés sur des sites majeurs, et la documentation scientifique est systématisée.
Direction de Jean Lassus
À la suite du décès de Louis Leschi, Jean Lassus prend la direction du Service au milieu des années 1950. Dans un rapport officiel présenté à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1956, il décrit l'organisation du Service, structuré en circonscriptions archéologiques, et expose les difficultés matérielles et institutionnelles rencontrées[2].
Jean Lassus publie également une synthèse sur l'activité du Service pour la période 1957–1967, mettant en évidence le rôle scientifique de l'institution et ses relations parfois complexes avec l'architecture des Monuments historiques[3].
Fin et réorganisation
Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, le Service des Antiquités de l'Algérie est progressivement réorganisé. Ses missions sont reprises par de nouvelles institutions nationales algériennes chargées du patrimoine et de l'archéologie, marquant la fin du cadre administratif hérité de la période coloniale.
Personnalités clés
- Louis Leschi – directeur du Service des Antiquités.
- Jean Lassus – directeur à partir du milieu des années 1950.
- Albert Ballu et Marcel Christofle – architectes des Monuments historiques ayant exercé une influence importante sur la conservation et la restauration des sites.
Travaux archéologiques
Le Service des Antiquités de l'Algérie est responsable ou co-responsable de nombreux chantiers majeurs, parmi lesquels :
- Timgad (Thamugadi) – fouilles de la forteresse byzantine (1938–1956)[4].
- Tipasa – fouilles et conservation du site antique.
- Cherchell – études archéologiques et gestion muséale.
- Hippone et Lambèse – recherches et conservation des monuments antiques.
Publications
Le Service des Antiquités de l'Algérie contribue à la diffusion des recherches archéologiques par des publications scientifiques, notamment :
- la revue Libyca, fondée en 1953, consacrée à l'archéologie et à l'histoire ancienne de l'Afrique du Nord ;
- des rapports de fouilles, guides de sites et monographies publiés sous l'égide de la Direction de l'Intérieur et des Beaux-Arts.
Héritage
L'action du Service des Antiquités de l'Algérie a profondément marqué l'archéologie nord-africaine. Les données collectées, les plans, les photographies et les publications produites constituent encore aujourd'hui une base essentielle pour l'étude et la conservation des sites antiques en Algérie.
Notes et références
- ↑ « Algérie. Service des antiquités », Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ Jean Lassus, Rapport du directeur des Antiquités de l'Algérie, (lire en ligne)
- ↑ Jean Lassus, « Le Service des Antiquités en Algérie (1957–1967) », Journal of Roman Studies, (JSTOR 299610)
- ↑ Jean Lassus, La forteresse byzantine de Thamugadi : Fouilles à Timgad 1938–1956, Paris, Centre national de la recherche scientifique, (lire en ligne)
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