Shai Davidai

Shai Davidai
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalités
Formation
Activité
Père
Eli Davidai (d)
Autres informations
A travaillé pour
Université Columbia ( - )
New School for Social Research (en) ( - )
Woodrow Wilson School (en) (depuis le )
Université de Princeton ( - )
Site web

Shai Davidai, né à Kiryat Ono (district de Tel Aviv), est un universitaire israélo-américain. Il devient après le 7 octobre 2023 l'une voix les plus virulentes de l'opposition aux mobilisations propalestiniennes sur le campus de Columbia, au point de faire l'objet de plusieurs procédures internes pour harcèlement et intimidation. Il quitte Columbia en .

Biographie

Shai Davidai naît à Kiryat Ono, dans la banlieue de Tel Aviv. Il est le petit-fils de Benjamin Davidai, ancien vice-président d'El Al impliqué dans l'enlèvement d'Adolf Eichmann en 1960[1]. Shai Davidai a servi dans l'armée israélienne, ce dont il se déclare « fier »[2]. Il choisit de servir comme médecin dans la marine pour éviter d'effectuer son service en Cisjordanie occupée[3].

Il réside aux États-Unis depuis 2009. Après des études doctorales en psychologie comportementale à l'université Cornell, il est recruté comme professeur adjoint à la New School en 2015. Il rejoint le département de management de la Columbia Business School en 2019[1]. Son cours porte sur la négociation managériale pour étudiants en MBA, et ses recherches portent sur la manière dont la pensée à somme nulle fait obstacle au progrès[3]. Son épouse, Yardenne Greenspan, est écrivaine et traductrice, diplômée de Columbia[1]. Il possède les nationalités israélienne et américaine[2].

Avant la guerre ayant lieu à Gaza depuis 2023, il participe aux manifestations contre le gouvernement Netanyahou en Israël. En , il affirme avoir été frappé au visage lors d'une manifestation à Tel Aviv par quelqu'un qu'il identifie comme un policier en civil[3].

Le jour-même de l'attaque du 7 octobre 2023, il exige que l'université Columbia interdise Jewish Voice for Peace et Students for Justice in Palestine, qualifiant leurs membres de terroristes et de nazis[3].

Une semaine plus tard, Davidai prend la parole lors d'une veillée de solidarité avec les victimes israéliennes organisée sur le campus principal de Columbia. Il appelle les parents juifs à ne pas envoyer leurs enfants dans les grandes universités américaines qu'il accuse de ne pas réprimer ce qu'il qualifie d'organisations étudiantes pro-terroristes. Il interpelle la présidente de Columbia, Nemat Shafik, la traitant de « lâche » pour son silence face aux manifestations ayant selon le Haaretz célébré l'attaque sur le même campus quelques jours plus tôt. Son intervention est diffusée sur les réseaux sociaux et dépasse ensuite dix millions de vues, faisant de lui une figure médiatique[1].

Campement propalestinien à l'université Columbia en 2024.

Au printemps 2024, lors des mobilisations propalestiniennes sur le campus de l'université Columbia, Davidai devient l'une des figures les plus visibles de l'opposition aux manifestations étudiantes[3]. Il est notamment célèbre pour ses vidéos dans lesquelles il confronte des étudiants. Il cible plusieurs étudiants pro-palestiniens en appelant à leur expulsion du territoire américain, avant leurs arrestations par l'ICE. Il fait par ailleurs partie d'un groupe WhatsApp réunissant alumni, parents et professeurs de Columbia, qui élabore des stratégies pour faire expulser des étudiants pro-palestiniens[4]. Il réclame l'intervention de la Garde nationale pour évacuer le campement de solidarité avec Gaza installé sur le campus. Ses prises de position sont relayées par Fox News et le compte officiel de l'État d'Israël sur les réseaux sociaux[3]. Des étudiants affirment avoir reçu des menaces après avoir été mentionnés par Davidai sur les réseaux sociaux ; l'université ouvre alors une enquête interne à son encontre par l'intermédiaire du Bureau de l'égalité des chances, qu'il dénonce comme un acte de représailles visant à le faire taire[2].

En , l'université désactive sa carte d'accès au campus principal et lui interdit l'entrée, invoquant notamment plus de 50 plaintes reçues contre lui[3]. En , Columbia l'exclut temporairement du campus, invoquant des comportements répétés de harcèlement et d'intimidation envers des employés de l'université. Parmi les faits lui étant reprochés figure une vidéo dans laquelle il suit le directeur des opérations de l'université pendant plusieurs minutes en lui posant des questions sur l'autorisation de manifestations pro-palestiniennes le jour du premier anniversaire de l'attaque du Hamas. Bien qu'il ne soit pas suspendu de son poste de professeur, Davidai se voit dans l'impossibilité d'accéder à son bureau ou de participer aux réunions de l'université[5],[6].

En , Davidai annonce son départ de l'université Columbia et publie sur les réseaux sociaux un document indiquant que le Bureau de l'équité institutionnelle de Columbia l'a blanchi des accusations déposées contre lui qui lui avaient valu une suspension temporaire pour harcèlement et intimidation d'employés de l'université. Le bureau clôt l'enquête sans conclure à une faute, conformément à une politique universitaire autorisant la clôture des dossiers lorsqu'un employé quitte l'établissement[4].

Références

  1. (en) Judy Maltz, « This Israeli Professor Is Warning Jewish Parents to Keep Their Kids Away From Elite U.S. Colleges » Inscription nécessaire, sur Haaretz, (consulté le )
  2. (en) Koh Ewe, « What to Know About Columbia’s Shai Davidai, the Professor Protesting the Protesters » Accès libre, sur Time, (consulté le )
  3. (en) Matt Stieb, « The Professor Protesting Columbia’s Own Students » Accès libre, sur Intelligencer, (consulté le )
  4. (en) Akela Lacy, « Pro-Israel Professor Shai Davidai Is Leaving Columbia » Accès libre, sur The Intercept, (consulté le )
  5. (en) Vimal Patel et Sharon Otterman, « Columbia Bars Vocal Pro-Israel Professor From Campus » Inscription nécessaire, sur The New York Times, (consulté le )
  6. (en) Sabrina Souza, « Columbia University suspends pro-Israel professor Shai Davidai » Accès libre, sur CNN, (consulté le )
  • icône décorative Portail du conflit israélo-arabe
  • icône décorative Portail d’Israël