Sipan Hemo

Sipan Hamo
kurde : Sîpan Hemo
Sipan Hemo
Sipan Hamo en 2025

Origine Kurde syrien
Allégeance
Unité Forces démocratiques syriennes
Grade Commandant général
Commandement Unités de protection du peuple (YPG)
Conflits
Faits d'armes
Autres fonctions Membre du commandement général des FDS

Sipan Hamo (kurde : Sîpan Hemo) est un commandant militaire kurde syrien. Il est le commandant en chef des Unités de protection du peuple (YPG) et membre du commandement général des Forces démocratiques syriennes (FDS). En , il est nommé ministre de la Défense adjoint du gouvernement de transition pour la région du Nord-Est.

Biographie

Guerre civile syrienne

Sipan Hamo est un vieux compagnon de Mazloum Abdi, avec qui il s'est entraîné dans les monts Zagros au Kurdistan irakien. Il fait partie des membres fondateurs des Unités de protection du peuple (YPG) en 2011[1].

Durant la guerre de Syrie, Sipan Hamo est commandant en chef des YPG, qui font partie des Forces démocratiques syriennes[1]. Dès 2011, il occupe une place de première importance dans les opérations kurdes[2] et participe notamment à la traque des leaders de l'État islamique, dont Abou Bakr al-Baghdadi[3]. Il est également un des responsables de la distanciation des YPG du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) afin de leur donner une image plus modérée[1].

Sipan Hamo est responsable au sein des YPG des négociations avec d'autres groupes rebelles ou islamistes, notamment pour des cessez-le-feu temporaires ou la libération de prisonniers. L'un des groupes avec lequel il est en contact est le Front al-Nosra, qui deviendra Hayat Tahrir al-Cham, dirigée par Ahmed al-Charaa[1]. En , il se rend en Russie afin de s’entretenir avec le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et le chef d’état-major Valeri Guerassimov au sujet de l’avenir des régions de Deir ez-Zor et de Raqqa[4]. Il est alors le plus haut gradé des FDS à se rendre en Russie depuis le début de la guerre civile syrienne[5].

En , Sipan Hamo critique publiquement l’absence d’intervention russe face à l’entrée de l’armée turque dans le canton d'Afrine contrôlé par les FDS lors de l'opération Rameau d'olivier, qualifiant cette décision d’erreur stratégique[6],[1].

Négociations avec le gouvernement de transition

Immédiatement après la chute du régime Assad en , Sipan Hamo fait partie de l'équipe de hauts responsables kurdes chargés de négocier avec les nouvelles autorités de Damas, le gouvernement de transition syrien[2].

La première photographie publique de Sipan Hamo est publiée en par le média turc pro-kurde Nûmedya24, qui réalise également le premier entretien médiatisé avec lui[7]. Dans un entretien approfondi accordé au centre médiatique des FDS le , il affirme que les prochaines décisions du gouvernement de Damas constitueront le facteur déterminant pour l’avenir du processus d’intégration, lequel pourrait « s’accélérer, ralentir ou être totalement gelé »[8].

Ministre de la Défense adjoint

Le , plusieurs mois après une offensive gouvernementale ayant débouché le sur un accord entre les Kurdes et le gouvernement de transition, Sipan Hamo est nommé ministre de la Défense adjoint pour le Nord-Est, ce qui correspond à une position de numéro deux au ministère de la Défense syrien[1]. Sa mission principale est de travailler à l'intégration des troupes kurdes dans les Forces armées syriennes et de tirer profit de ses réseaux dans la région pour mieux la maintenir sous contrôle du pouvoir central et lutter contre une éventuelle résurgence de l'État islamique[1].

Sipan Hamo est choisi pour sa position en faveur d'une « réconciliation nationale », considérée comme plus conciliante que celle d'autres dirigeants kurdes syriens, notamment du point de vue de la Turquie. Lors du début de l'offensive de , il fait ainsi partie des acteurs appelant à éviter un embrasement généralisé pour lui préférer un retrait kurde. Il entretient aussi des liens avec une grande diversité d'acteurs, dont des milices chiites pro-iraniennes, Téhéran ou la Russie. Sipan Hemo est toutefois en conflit avec Hussein al-Salama, directeur du Service de renseignement général[1].

Quelques jours après sa prise de fonctions, Sipan Hamo doit faire face à des attaques de drones venues d'Irak visant cette région syrienne, imputées à des milices chiites irakiennes contrôlées par la république islamique d’Iran[1].

Références

  1. Fanny Alarcon et Théo Sou, « Syrie • Sipan Hemo, garant de la délicate intégration des Kurdes à la nouvelle Syrie », sur Intelligence Online, (consulté le )
  2. Fanny Alarcon, « Syrie • Les Kurdes négocient leur intégration dans l'appareil sécuritaire de Damas », sur Intelligence Online, (consulté le )
  3. « IRAK/SYRIE • Les Kurdes sur la piste d'al-Baghdadi - 29/08/2018 », sur Intelligence Online, (consulté le )
  4. (en) ((Kurdistan24)), « Syrian army bombards Kurdish-led forces in Deir al-Zor », Karzan Sulaivany, (consulté le )
  5. Sami Moubayed, « Syrian endgame is nigh as rival factions look to cut deals », sur Asia Times, (consulté le )
  6. « One Turkish soldier killed, military death toll hits 31 since Afrin operation », sur Rudaw, (consulté le )
  7. (tr) Nedim Türfent et Diyar Ciwan, « DSG’den ‘entegrasyon’ ve ‘silahsızlanma’ şartı — Sîpan Hemo: Elimizdeki silahlar, Suriye'nin ortak silahı olacak » [« SDF demands on 'integration' and 'disarmament' — Sîpan Hemo: The weapons we have will be Syria's common weapon »], Nûmedya24,
  8. « Sipan Hemo: The SDF Is Ready to Join Syria’s National Army — On the Condition of Preserving Its Identity », sur Kurdistan 24, (consulté le )
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