Tables de Tolède

Tables de Tolède
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Les Tables de Tolède, ou Tables tolédanes (en arabe : الزيج الطليطلي, Al Zīj At Ṭulayṭali[1]), sont des tables astronomiques qui ont été utilisées pour prédire le mouvement du Soleil, de la Lune et des planètes par rapport aux étoiles fixes. Elles ont été compilées vers 1080 par un groupe d'astronomes de Tolède (Espagne) et sont le résultat d'ajustement de tables préexistantes pour la latitude de Tolède, d'où elles tirent leur nom[2].

La question de l'origine de ces tables est sujet à discussion. La plus ancienne mention des Tables de Tolède qui nous soit parvenue est une traduction en latin composée par Raymond de Marseille, composée en 1141. Raymond de Marseille attribue l'original au mathématicien et astronome arabe « Azarchiel », une cinquantaine d'années plus tôt[3]. Cependant, Ernst Zinner estime que cette attribution ne porte probablement que sur une table de déclinaison et une table sur les éclipses de Lune, et que les autres tables proviennent d'autres auteurs[4]. Fritz Pedersen considère quant à lui que plusieurs versions des Tables de Tolède ont existé en arabe. Cependant, seules les traductions latines nous sont parvenues[5].

Sur la base des canons préservés en latin, on identifie aujourd'hui trois versions principales des Tables de Tolède. Les canons Ca, préservés dans 18 manuscrits, semblent être principalement basés sur une compilation de l'astronome al-Battānī. Les canons Cc, quant à eux, préservés dans 5 manuscrits, semblent correspondre à une version augmentée du Zīj al-Sindhind du mathématicien al-Khwārizī, mélangée à d'autres sources également dérivées des travaux d'al-Battānī. Enfin, la version la plus répandue correspond aux canons Cb, préservés dans 112 manuscrits. Il s'agit vraisemblablement d'une compilation plus tardive, qui a connu le plus fort de son succès à l'université de Paris vers la fin du XIIIe siècle[6]. La figure de Gérard de Crémone (1114–1187) est souvent associée à la traduction de cette dernière version[7], notamment en raison du fait que la ville de Crémone est mentionnée dans le texte. Cet argument semble cependant peu solide : la ville de Crémone a pu n'être citée que pour sa latitude remarquable de 45°, et aucun autre élément ne permet d'attribuer à cet auteur ce qui ressemble plutôt à une compilation de matériaux déjà traduits[8].

Les Tables de Tolède, en particulier dans la version Cb, s'imposent comme l'un des principaux supports pour l'enseignement de l'astronomie dans les manuscrits universitaires en latin jusqu'au tournant du XIVe siècle, lorsque la version « parisienne » des Tables alphonsines les remplacent progressivement[9].

Bibliographie

  • Fritz S. Pedersen, The Toledan tables: a review of the manuscripts and the textual versions with an edition, C. A. Reitzel, coll. « Historisk-filosofiske Skrifter », (ISBN 978-87-7876-263-4, 978-87-7876-266-5 et 978-87-7876-267-2)

Articles connexes

Notes et références

  1. (ar) Ghulam Qadar, Muslim Scientists: Achievements for Knowledge, Urdu-Books (lire en ligne)
  2. (en) Thomas F. Glick, Medieval science, technology, and medicine : an encyclopedia, New York, Thomas F. Glick, Steven John Livesey, Faith Wallis eds., , 478–481 p. (ISBN 978-0-415-96930-7, lire en ligne), « Toledo ».
  3. Fritz S. Pedersen, The Toledan tables: a review of the manuscripts and the textual versions with an edition, C. A. Reitzel, coll. « Historisk-filosofiske Skrifter », , 14 p. (ISBN 978-87-7876-263-4, 978-87-7876-266-5 et 978-87-7876-267-2), p. 14
  4. (en) Ernst Zinner, « Die Tafeln von Toledo (Tabulae Toletanae) », Osiris, vol. 1,‎ , p. 747–774 (ISSN 0369-7827 et 1933-8287, DOI 10.1086/368453, lire en ligne, consulté le )
  5. Pedersen 2002, p. 11.
  6. Pedersen 2002, p. 13.
  7. Zinner 1936, p. 770.
  8. Pedersen 2002, p. 337–339.
  9. (en) Olaf Pedersen, « The Corpus Astronomicum and the Traditions of Medieval Latin Astronomy », dans Owen Gingerich, Jerzy Dobrzycki, Colloquia Copernicana. Proceedings of the Joint Symposium of the IAU and the IUHPS cosponsored by the IAHS Astronomy of Copernicus and its background, Worcŀaw, Zakład Narodowy Imienia Ossolińskich : Wydawnictwo Polskiej Akademii nauk, , p. 57–96

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