Temple de Domu de Orgia

Temple de Domu de Orgia
Domu 'e Urxia
Image illustrative de l’article Temple de Domu de Orgia
Le temple.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Province de Sardaigne du Sud
Commune Sassari
Coordonnées 39° 44′ 55″ nord, 9° 19′ 38″ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
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Temple de Domu de Orgia
Temple de Domu de Orgia
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Temple de Domu de Orgia
Temple de Domu de Orgia

Le temple de Domu de Orgia ou Domu 'e Urxia (« la maison d'Orgia » en italien ) est situé dans la commune d'Esterzili, dans la province de Sardaigne du Sud. C'est le plus vaste temple « à mégaron » de l'île. La fouille du temple a livré un important groupe de bronzes nuragiques.

Localisation

Le temple a été édifié sur les pentes du Monte Cuccureddi, qui s'élève à plus de 1 000 mètres d'altitude[1], à un important carrefour emprunté par de nombreuses populations transhumantes[2], à environ 20 km à l'est du sanctuaire nuragique de Santa Vittoria.

Historique

Les premières mentions sur cet édifice cultuel sont fournies en 1883 par Vittorio Angius et en 1840 par Alberto Della Marmora qui en attribuait la construction à l’époque romaine, l’interprétant comme un avant‑poste militaire. En 1981, l’archéologue Ferruccio Barreca compare la planimétrie du mégaron d’Esterzili au plan tripartite de type syro‑palestinien du temple de Jérusalem, en supposant des apports culturels directs du monde oriental et en situant la construction de l’édifice au Ve siècle av. J.-C.[1]

Les fouilles entreprises ces dernières années ont clarifié plusieurs questions laissées ouvertes par les évaluations antérieures, fondées uniquement sur l’examen des vestiges architecturaux alors encore enfouis sous un puissant niveau d’effondrement et modifiés par les bergers qui avaient utilisé le monument comme enclos à bétail[1].

Le site est l'un des 31 sites sardes qui sont candidats[3] pour entrer dans la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[4],[5].

Description

Le temple comporte un plan rectangulaire avec double in antis. Il mesure 22,50 m de longueur sur 8 m de largeur pour une hauteur maximale conservée de 2,40 m et couvre un espace de 180 m2. Le temple est orienté au sud. Il est accessible par un vaste vestibule carré (environ 5 m) doté d’une banquette composée de larges blocs posés à la base des murs latéraux. La maçonnerie est un appareil ordonné, constitué d’assises de très longs blocs de schiste local alternant avec des rangées de blocs plus petits qui, grâce à une mise en œuvre soignée, assurent une plus grande solidité à une structure faite d’un matériau très friable et vulnérable aux fortes variations thermiques du lieu. Des restes d’enduit ont été trouvés à l’intérieur des murs du côté gauche du premier espace. Ce type d'aménagement est également documentés dans les temples 1 et 2 de S’Arcu ’e is Forros et de Gremanu, soumis aux mêmes conditions altimétriques et climatiques[1].

L'existence à l'origine d’une couverture lithique en fort surplomb, formant ainsi un toit à double pente, est suggérée par la découverte dans le vestibule, composé de plusieurs blocs à extrémité oblique[1].

L’entrée du temple est marquée par une pierre de seuil et surmontée par un long linteau avec une ouverture de décharge. Elle donne accès à un espace rectangulaire (8 m × 4,50 m) comportant le long des murs des banquettes composées de larges dalles de schiste, interrompues sur le côté droit par une dalle orthostatique délimitant un réduit. Le second espace, de dimensions plus réduites (3,25 m de long sur 4,50 m de large), peut être interprété comme le naos, accessible uniquement aux officiants des rites. Les deux pièces comportaient un sol en terre battue[1].

Le temple est entouré d’un vaste téménos de forme elliptique (50 m × 30 m), délimité par un mur en pierres sèches dont subsistent quelques assises. La base du mur repose sur un groupe de cabanes appartenant à un habitat préexistant daté du Bronze récent (vers ), tandis que certaines cabanes ont été intégrées ou transformées en réutilisant une partie de la maçonnerie comme couloir d’accès à l’aire du temple[1].


Statuettes d'orants découvertes lors des fouilles.

Matériel archéologique

Les fouilles du vestibule ont mis au jour un groupe de dix bronzetti. Leur disposition en une composition intentionnelle, dépourvue des socles en pierre traditionnels, pourrait s’expliquer par leur insertion dans un sol de terre blanche (luzzana), conservé dans les angles du vestibule et sur la surface des bronzes[1].

Le groupe est composé de deux prêtresses orantes (hauteur 15 cm), aux longs cheveux lisses encadrant un visage aux sourcils épais et aux yeux presque clos. Elles portent une simple tunique et un ample manteau à bande décorée, soutenu sur les épaules par deux larges bretelles ; la main gauche tient un flambeau à quatre flammes, tandis que la main droite est levée en geste de prière. Un personnage masculin (hauteur 17 cm), coiffé d’un couvre‑chef, porte une tunique courte et une bandoulière munie d’un poignard à poignée en gamma. Il est représenté en prière, la main droite levée, tandis que son bras gauche offre une olla à collet, soutenue par une petite corde. Un autre personnage masculin (hauteur 14 cm), dépourvu de la tête et du bras droit, porte lui aussi une tunique courte, une bandoulière avec poignard à poignée gammée et, sur l’épaule gauche, une longue étole ornée d’un décor en relief au centre ; la main gauche offre une olla au col cylindrique distinct, tenue par une corde. Le groupe de bronzes comprend plusieurs animaux : un taureau (longueur 21 cm, hauteur 13 cm) avec une colombe posée au centre de ses larges cornes ; un mouflon debout au corps creux (longueur 11 cm, hauteur 13 cm), reproduisant avec précision les détails des cornes, des yeux globuleux et du museau effilé ; un oiseau au plumage soigneusement rendu (hauteur 5 cm)[1].

Le groupe des bronzetti semble s’organiser autour de la figure la plus importante : un orant (hauteur 19 cm) vêtu d’une tunique courte, d’une bandoulière avec poignard et d’une étole sur l’épaule gauche, représenté dans l’acte d’offrir un plat circulaire contenant de la nourriture ou des projectiles de fronde. Dans le bras de l'orant était parfaitement insérée, au moment de la découverte, la figurine d’un grand cerf mordu au cou par un chien portant un collier (longueur 22 cm, hauteur 12 cm). Un archer (hauteur 15 cm) complète le groupe. Il porte un casque, un protège‑joue, une cuirasse et d’un pagne de cuir orné de clous métalliques, laissant le dos découvert[1].

À l’intérieur du premier espace du temple reposait une autre figurine en bronze représentant un orant portant sur les épaules un mouflon aux pattes liées, prêt à être offert et sacrifié. Du même espace proviennent des céramiques comprenant des bols carénés, de petites ollette comportant de grosses excroissances perforées, ainsi que des vases miniatures que les pèlerins devaient apporter au sanctuaire avec de petites offrandes alimentaires[1].

Références

  1. Fadda 2017.
  2. (it) Maria Ausilia Fadda, « L'architettura dedicata al culto dell'acqua », dans Alberto Moravetti, Elisabetta Alba, Lavinia Foddai, La Sardegna nuragica : Storia e materiali, Carlo Delfino Editore, , 494 p., p. 88-92
  3. Les sites qui sont candidats selon l'Unesco [1].
  4. Reconnaissance de l'UNESCO : une grande opportunité pour la Sardaigne, site de l'association La Sardaigne vers l'UNESCO [2].
  5. Présentés et sélectionnés par la Fondation Barumini, l'association La Sardaigne vers l'UNESCO et la Région Sarde.

Voir aussi

Bibliographie

  • (it) Maria Ausilia Fadda, « I templi a megaron della Sardegna nuragica », dans Alberto Moravetti,Paolo Meli,Lavinia Foddai,Elisabetta Alba, La Sardegna nuragica : Storia e monumenti, Sassari, Carlo Delfino Editore, , 450 p. (ISBN 978-88-7138-995-0, lire en ligne), p. 241-246

Articles connexes

Liens externes

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