Thomas Gell

| Membre du parlement d'Angleterre de 1642-1648 |
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Thomas Gell, né en 1594 et mort en 1656, est un officier de l’armée parlementaire et député pour Derby de 1645 à 1648, avant d’être exclu lors de la purge de Pride. Frère cadet de John Gell (1er baronnet), il sert comme colonel sous le commandement de ce dernier dans l’armée parlementaire pendant la première révolution anglaise[1].
Jeunesse et carrière
Issu de la famille Gell, l’une des plus riches du Derbyshire, Thomas nait en 1594 à Hopton Hall, à Hopton, fils de Thomas Gell (1532-1594) et de Millicent Sacheverell (1571-1618). Il est baptisé à l’église St Margaret de Carsington le [2].
Son père meurt peu avant sa naissance ; sa mère se remarie peu après avec John Curzon (1552-1632), de Kedleston Hall, où Gell vit jusqu’en 1614. En 1611, Gell est admis à l’Inner Temple et appelé au barreau en 1620.
En 1632, il est nommé, avec son frère aîné John Gell (1er baronnet), receveur et arpenteur du duché de Lancastre pour le Derbyshire et le Staffordshire, domaine privé du souverain. À ce titre, il est chargé de percevoir les revenus de la Couronne dans les années précédant la guerre civile anglaise, notamment en appliquant l’impôt très controversé dit « Ship Money »[1].
Parmi les méthodes employées par les frères Gell figure notamment la saisie de biens afin de recouvrer les arriérés de rentes dus au duché de Lancastre, ce qui suscite un vif ressentiment local[3].
John Stanhope est l’une des personnes visées ; à son décès en 1638, sa veuve Mary et son cousin Philip Stanhope, 1er comte de Chesterfield, portent l’affaire devant le Conseil privé. Leur requête est rejetée, mais le différend se poursuit pendant la première guerre civile anglaise, au cours de laquelle Chesterfield prend le parti des cavaliers[4].
Première révolution anglaise

Presbytériens, les Gell se rangent du côté du Parlement malgré les efforts infructueux de Charles Ier pour obtenir leur appui[5]. Lorsque la guerre éclate en , Thomas Gell reçoit l’ordre de rejoindre le régiment de son frère, avec pour mission de sécuriser le Derbyshire pour le Parlement[6].Les Gell deviennent alors les chefs de file du camp parlementaire dans le Derbyshire, et Oliver Cromwell séjourne à plusieurs reprises à Hopton Hall pendant le conflit[7],[8].
Il sert pendant toute la première guerre civile anglaise sous le commandement de son frère aîné, John Gell, et est promu colonel en 1645[9]. Les frères Gell consolident leur réputation de brutalité, notamment en faisant défiler dans les rues de Derby le corps du comte de Northampton après la bataille de Hopton Heath[10],[11].
Élection comme député et exclusion ultérieure
En 1645, Gell remplace le royaliste William Allestry comme député pour Derby et aide son frère à obtenir du Parlement en une subvention de 1 200 livres sterling en règlement de ses arriérés[12].
L’élection partielle est particulièrement controversée. Compte tenu de l’influence déjà exercée par son frère sur la vie militaire et civique du Derbyshire, ainsi que du ressentiment local envers la famille Gell, la candidature de Thomas Gell est contestée par le capitaine Robert Mellor, représentant le corps des freemen de Derby (bourgeois de la ville)[13],[14].
Les Gell auraient pénétré dans le Guildhall de Derby, accompagnés de soldats en armes, auraient tenté de dresser la liste électorale et auraient fait encercler le bâtiment afin d’intimider les partisans de Mellor, contestant notamment le recours au vote par procuration des soldats absents et des freemen de Derby[14],[13].
En outre, John Gell aurait ordonné à Mellor de se retirer à Chatsworth la veille du scrutin afin de l’empêcher de faire campagne[15].
Deux procès-verbaux de scrutin sont transmis au Parlement : l’un, officieux et non signé, proclame l’élection de Thomas Gell ; l’autre, officiel et scellé, donne Robert Mellor vainqueur[13]. Saisie de l’affaire, la Chambre des communes tranche et, au terme d’une longue controverse, déclare Gell élu[14].
Gell siège aux côtés de Nathaniel Hallowes comme député pour Derby de 1645 à 1648, jusqu’à son exclusion lors de la purge de Pride, car la famille Gell a soutenu la faction modérée, opposée à la New Model Army[15].
Dernières années et décès
Parmi les mentions ultérieures de Thomas Gell figure une pétition, accueillie favorablement en 1651, visant à soustraire son frère à des poursuites pour haute trahison, en raison d’une implication présumée dans des intrigues royalistes[15].
De nombreux documents le concernant sont aujourd’hui conservés au Derbyshire Record Office[14].
Il meurt en 1656 à Hopton Hall, Hopton, demeure ancestrale de la famille Gell, et est inhumé le à Wirksworth[16].
Références
- (en) Trevor Brighton, « Gell, Sir John, first baronet », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press (lire en ligne
)
- ↑ « Derbyshire Family History Society - Carsington - Baptisms », www.dfhs.org.uk (consulté le )
- ↑ Wood, « Beyond Post-Revisionism? The Civil War Allegiances of the Miners of the Derbyshire 'Peak Country' », The Historical Journal, vol. 40, no 1, , p. 23–40 (ISSN 0018-246X, lire en ligne)
- ↑ Charles Carlton, Going to the wars; the experience of the British civil wars 1638 to 1651, Routledge, (ISBN 0-415-03282-2)
- ↑ (en-US) JuliaH, « Sir John Gell - Parliamentarian », The History Jar, (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Derbyshire », www.civilwarpetitions.ac.uk (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Hopton », Derbyshire Heritage (consulté le )
- ↑ (en) « History & Heritage », Hopton Hall (consulté le )
- ↑ « Colonel Thomas Gell (1594-1656), 1645 (c) », National Army Museum, London (consulté le )
- ↑ Cox, « Memorials of Old Derbyshire, by Cox, J. Charles », Project Gutenberg (consulté le )
- ↑ Keep Your Powder Dry, « Earl of Northampton’s Regiment of Horse », (consulté le )
- ↑ Sir John Gell’s Regiment, « Sir John Gell’s Regiment of Foot », BCW Project (consulté le )
- (en-GB) « Freemen of the City of Derby », Freemen of the City of Derby (consulté le )
- « Overview of Collection: Thomas Gell Esq », calmview.derbyshire.gov.uk (consulté le )
- Derbyshire Archaeological Society, Derbyshire Miscellany, Vol. VII: Part II, , 66 p. (lire en ligne)
- ↑ « 'Baptisms, Marriages and Burials', WIRKSWORTH Parish Records 1600-1900 », www.wirksworth.org.uk (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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