Hopton (Derbyshire)

Hopton
Géographie
Pays
Région
Comté cérémonial
Comté non métropolitain
Derbyshire (d)
District non métropolitain
Coordonnées
53° 04′ 37″ N, 1° 37′ 01″ O
Démographie
Population
104 hab. ()
Fonctionnement
Statut
Identifiants
Code postal
DE4
Carte

Hopton est à la fois un hameau et une paroisse civile, voisins du village de Carsington, dans le parc national du Peak District, dans le comté de Derbyshire, en Angleterre[1]. Il se trouve à 3,2 km de Wirksworth et à 11,2 km de la ville d’Ashbourne.

La localité est surtout connue pour Hopton Hall, la résidence historique de la famille Gell, dont l’influence, au cours de six siècles, a façonné le développement agricole, industriel et social de la région[1],[2].

Selon le recensement britannique de 2021, le village de Hopton compte 104 habitants[3].

Histoire

La découverte d'une hache acheuléenne du Paléolithique moyen à proximité donne la preuve de présence humaine lors de la période interglaciaire.

Hopton est mentionné pour la première fois dans le Domesday Book en 1086 sous le nom de berewick (ferme de soutien) de la ville et du manoir de Wirksworth et ses deux principales industries de l'Antiquité sont l'agriculture et l'extraction du plomb.

Le village était le fief de la famille Gell depuis 1327. Ses membres avaient de vastes propriétés minières de plomb dans la région de Wirksworth et vivaient à Hopton Hall

Hopton Hall et la famille Gell

Le village entretient des liens anciens avec la famille Gell, qui y possède des biens depuis 1327 ; leur présence est attestée au moins depuis Robert Gyll en 1209[1],[4]. Après l’acquisition de Hopton Hall par Ralph Gell, la famille Gell s’y établit en 1553[5].

Par ailleurs, la famille détenait d’importants intérêts dans l’extraction de plomb dans la région de Wirksworth, principale source de sa fortune[6]. Créé en 1642 en faveur de Sir John Gell, le titre de baronnet portait la désignation de la hundred « de Hopton »[7].

La famille Gell fit édifier Hopton Hall, où elle s’établit. Une part importante des éléments architecturaux visibles aujourd’hui est due aux travaux de Thomas Gell aux XVe et XVIe siècles. L’édifice fut remanié au début du XIXe siècle par Philip Gell[8].

« Vase romain » devant l’entrée de Hopton Hall, rapporté de Pompéi par Sir William Gell.

Parmi les membres notables de la famille figurent Sir John Gell, baronnet et personnalité du camp Têtes-Rondes pendant la première révolution anglaise, son frère et colonel, Thomas Gell, et Sir William Gell, archéologue. La famille Gell est demeurée propriétaire d’une grande partie des terres de Hopton pendant près de six siècles, faisant édifier des maisons de charité, des glacières et d’autres aménagements dans le hameau et ses environs, notamment la Via Gellia[2],[1].

Au-delà de Hopton, la famille a joué un rôle de premier plan dans la société locale. À différentes périodes de sa possession de Hopton, ses membres ont porté le titre de baronnet, exercé les fonctions de Membres du Parlement, de hauts-shérifs de comté, de juges de paix et d’officiers paroissiaux[9].

Hopton Quarry et Hopton Wood Stone

Hopton Quarry et histoire ancienne

Vue de l’intérieur de la carrière dans les années 1920, avec l’embranchement ferroviaire visible. Des blocs, dont du Hopton Wood Stone, sont entreposés en attente d’expédition.

Le Hopton Quarry (carrière de Hopton) est située directement au nord du village, le long de la Via Gellia Hopton, et produisait principalement le Hopton Wood Stone (calcaire provenant de Hopton Wood, parfois appelé Hopton-Wood Stone ou Hoptonwood Stone) calcaire[10],[11].

Cette pierre, développée à l’origine par la famille Gell, puis par la société Hopton-Wood Stone Firms Ltd., elle fut qualifiée de «pierre décorative de premier choix en Angleterre » et décrite comme un « calcaire d’une pureté remarquable et exceptionnelle, presque identique au marbre », avec un taux « d’impureté extraordinairement bas, de 0,02 % »[12],[13].

En 1870-1872, The Imperial Gazetteer of England and Wales de John Marius Wilson décrivait Hopton comme ayant « du bon calcaire de construction, largement exploité, qui a été utilisé pour la construction de Chatsworth House et du château de Belvoir. Du minerai de plomb est également présent »[14].

Usage et histoire ultérieure

Après la Première Guerre mondiale, la société Hopton Wood Stone fut mandatée par l’Imperial War Graves Commission pour fournir des pierres tombales ; plus de 120 000 furent ainsi réalisées et envoyées dans les cimetières militaires de France, de Belgique et de Grande-Bretagne[15],[16],[17]. On dit que ce calcaire aurait été utilisé conjointement avec une pierre noire locale (aujourd’hui disparue) pour créer le premier sol en damier d’Angleterre[18]. Il a également été utilisé pour plusieurs projets de travaux décoratifs, notamment le palais du Parlement, la Banque d’Angleterre, la Tour de Londres, l’abbaye de Westminster, Big Ben, Chatsworth House, Hopton Hall, l’université d’Oxford, plusieurs cathédrales, ainsi que la tombe d’Oscar Wilde, entre autres[19],[20],[21].

En 1947, la société Hopton-Wood Stone Firms Ltd. commanda un livre consacré à la Hopton Wood Stone, publié par Fanfare Press[22].

Longtemps liés à la carrière de Middleton, située à proximité de Middleton-by-Wirksworth, les deux sites ont été exploités à partir du XVIIIᵉ siècle, extrayant jusqu’à 120 000 tonnes de calcaire par an, jusqu’à l’arrêt définitif des opérations en 2005[23].

Hopton Quarry Nature Reserve

Hopton Quarry Nature Reserve de nos jours[24]. Des orchis odorants y sont visibles.

Depuis l’arrêt de l’exploitation, le site de Hopton Quarry a été transformé en réserve naturelle, gérée par Derbyshire Wildlife Trust[24]. Le réaménagement écologique des trois carrières est décrit comme « abritant une grande variété de fleurs sauvages locales et d’habitats… (les) planchers plats des carrières soutenant une riche diversité de plantes calcicoles »[24],[25].

Hopton Quarry Nature Reserve (réserve naturelle carrière de Hopton) couvre 8 hectares sur le site et abrite plusieurs orchidées, notamment l’ophrys mouche, l’orchis grenouille, la gymnadénie odorante et l’orchis tacheté, ainsi que des prairies de fleurs sauvages et de jeunes boisements[25],[26]. La réserve est ouverte au public, en accès libre, et est classée « Rouge» par Derbyshire Wildlife Trust, qui précise : « la faune y est sensible toute l’année. Restez sur les sentiers et redoublez de prudence »[24].

Aujourd'hui

Le village de Hopton, au carrefour de Via Gellia Hopton et de Main Street. À l’arrière-plan, on aperçoit les jardins formels de Hopton Hall.

Selon le recensement britannique de 2021, le village de Hopton compte 104 habitants[3].

Hopton se trouve juste à côté de la route principale B5035 d'Ashbourne à Wirksworth, à l'extrémité nord du Carsington Water (en).

Aujourd’hui, les boisements de Doglow et de Carsington Woods, au milieu des champs, séparent Hopton de Carsington, deux villages qui seraient autrement contigus[27]. Une grande partie des terres basses de Hopton et de ses champs a été acquise et aménagée par Severn Trent dans les années 1960 et 1970 en vue de la création du réservoir Carsington Water, et est aujourd’hui submergée[28].

Voir aussi

Références

  1. (en-GB) « Hopton : Peak District Online », Peak District Online,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  2. (en-GB) « Hopton », sur Derbyshire Heritage (consulté le )
  3. « Parish Profiles », sur www.nomisweb.co.uk (consulté le )
  4. « Country house rescue », The British Country House Revival,‎ , p. 178–196 (ISBN 978-1-80543-288-3, DOI 10.1017/9781805432883.013, lire en ligne)
  5. « Gell Family History, 14th cent-20th cent », sur calmview.derbyshire.gov.uk (consulté le )
  6. « Documents of the Gell family of Hopton Hall, Wirksworth - Catalogue Description », sur calmview.derbyshire.gov.uk (consulté le )
  7. Gell family of Hopton Hall, Derbyshire, (lire en ligne)
  8. « Aditional Files: Hopton & The Gells. Catalogue Description », sur calmview.derbyshire.gov.uk (consulté le )
  9. « Gell Family Papers Series A-D - Catalogue Description », sur calmview.derbyshire.gov.uk (consulté le )
  10. « Bright Stone: Hopton Wood » [archive du ], sur www.bgs.ac.uk (consulté le )
  11. « WIRKSWORTH-Parish Records-Hopton Wood Stone », sur www.wirksworth.org.uk (consulté le )
  12. (en-GB) Canterbury Historical and Archaeological Society, « Hopton Wood Stone » (consulté le )
  13. (en-GB) Buxton Architectural, « Hopton-Wood Natural Stone », sur Architectural Paving & Stone, (consulté le )
  14. « A Vision of Britain through time: Hopton, Derbyshire », sur A Vision of Britain through time
  15. Derek Grindell, The Elusive Hopton--Wood StoneWood Stone: Part One, North East Derbyshire Industrial Archaeology Society, (lire en ligne)
  16. Thomas Ian A., Hopton Wood Stone – England's premier decorative stone, English Stone Forum, (lire en ligne)
  17. (en-GB) « Memorial marks Hopton Wood Stone's graves contribution to WWI », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. (en-US) « Hopton Wood Limestone », sur Ethical Stone (consulté le )
  19. « Hopton-Wood Stone », sur www.hoptonwoodstone.co.uk (consulté le )
  20. « WIRKSWORTH-Parish Records 1608-1899-Hopton Stone », sur www.wirksworth.org.uk (consulté le )
  21. « Stones of the Birmingham Trail - Hopton Wood Stone », sur bcgs.info (consulté le )
  22. Hopton-Wood Stone Firms Ltd., « The Book » (consulté le )
  23. (en-US) « Middleton & Hopton Limestone Mine, Derbyshire - March 2010 », sur Derelict Places, (consulté le )
  24. (en) « Hopton Quarry | Derbyshire Wildlife Trust », sur www.derbyshirewildlifetrust.org.uk (consulté le )
  25. (en) « LENS at Hopton Quarry », (consulté le )
  26. (en) « Orchid Hunting 2019: Hopton Quarry », sur Through a Forest Wilderness, (consulté le )
  27. (en-US) « Carsington and Hopton | Carsington Water | Brassington », sur Discover Derbyshire - Peak District (consulté le )
  28. (en) « Carsington Water | Our Visitor Sites | Severn Trent Water », sur www.stwater.co.uk (consulté le )
  • icône décorative Portail de l’Angleterre