Tullio Masotti

Tullio Masotti
Tullio Masotti en 1908.
Biographie
Naissance
Décès
(à 62 ans)
Milan
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Parti politique

Tullio Masotti, né le à Falerone et mort le à Milan, est un journaliste et militant syndicaliste révolutionnaire italien.

Biographie

Premières années de militantisme syndical

Ouvrier très jeune, n'ayant pas pu achever l'école primaire, Tullio Masotti s'engage rapidement au sein du cercle socialiste de Florence. En 1905-1906, il représente le groupe socialiste de la jeunesse locale lors du IIIe Congrès des jeunesses socialistes (Bologne, mars 1907)[1]. En mai 1907, il est nommé vice-secrétaire de la Chambre du Travail de Parme, collaborant avec Alceste et Amilcare De Ambris en tant que propagandiste syndicaliste révolutionnaire, où il se distingue vite par son fort antimilitarisme[1].

À la suite des condamnations liées aux grèves agricoles du printemps 1908, Masotti se réfugie en juin à Nice, où il partage un appartement avec Edmondo Rossoni et Pulvio Zocchi, puis à partir de juillet à Lugano, où il collabore jusqu'en mai 1909 à La Guerre Sociale de Gustave Hervé[1]. Correspondant pour plusieurs journaux syndicalistes italien, il poursuit son activité militante à travers toute la Suisse avec Alceste De Ambris et publie un pamphlet antipatriotique et antimilitariste intitulé Il nostro irredentismo (1909)[1].

Le syndicalisme révolutionnaire entre 1911 et 1913

De retour en Italie, Masotti effectue son service militaire et, en janvier 1911, redevient un propagandiste actif du syndicalisme révolutionnaire dans tout le nord de l'Italie, remplaçant également Amilcare De Ambris, alors détenu, au secrétariat de la Chambre du Travail de Parme à la fin de 1911[1]. Après un bref séjour à Lugano, il retourne à Parme en mars 1912 où il occupe le poste de secrétaire général du Comité provisoire d'Action Directe, épaulé par Livio Ciardi et Giovanni Bitelli. Ayant intégré le comité central de l'Unione Sindacale Italiana (USI)[1], en novembre 1912, il s'engage dans une intense propagande contre la guerre en Libye.

L'interventionnisme et la guerre

Interventionniste en octobre 1914, il s'enrôle comme volontaire en septembre 1915 et, après une période au front, est nommé instructeur de recrues à l'école militaire de Parme en décembre 1916[1]. Après la défaite de Caporetto, Masotti entame une collaboration avec Il Popolo d'Italia et participe au congrès de l'USI à Rome en mai 1918. En avril 1919, , alors secrétaire de la Chambre du Travail de Parme, il quitte ses fonctions en mai ainsi que ses collaborations au journal L'Internazionale pour accepter la direction du journal local Il Piccolo di Parma[1]. À l'été 1923, il se fait le promoteur de l'érection d'un monument à la mémoire de Filippo Corridoni avec l'appui de l'avocat socialiste et ancien combattant Ildebrando Cocconi[2].

Rapprochement avec le régime fasciste

Rapproché du socialisme maximaliste vers novembre 1925, il travaille alors à la rédaction d'Il Mondo. Dans une lettre envoyée à Mussolini le 1er novembre 1928, Masotti explique qu'il s'était éloigné du mouvement fasciste entre 1921 et 1925, mais que depuis cette date, il travaillait « silencieusement » pour le nouveau régime par le biais d'articles de presse et de publications[1].

En mai 1926, la police rapporte que Masotti vivait à Milan, s'est éloigné de la politique active et est employé à l'Institut National pour les Exportations à l'Étranger. En juillet 1928, un autre rapport de police indique que Masotti est rédacteur en chef de la revue L'Esportazione Italiana et employé à Il Lavoro d'Italia (renommé Il Lavoro Fascista), journal des syndicats fascistes, dans lequel il est correspondant jusqu'à la chute du fascisme, en plus de collaborer à d'autres périodiques du régime[1] et d'écrire des essais historico-biographiques dont une biographie de Corridoni, livre très bien reçu par la critique. L'écrivain et journaliste fasciste Giovanni Alberto Castellani parle du livre comme « le plus vrai qui soit apparu jusqu’à ce jour sur le héros de Macerata » tandis que l'enseignant et ancien socialiste Dante Dini loue la « documentation de cet exemple de vie, de cette cohérence de vie entre la pensée et l’action, entre l’ardeur et l’acte, entre la théorie et l’application ». Décrite comme un « roman de chevalerie », Dante Dini, en tant qu'enseignant, la vie de Corridoni, « héritage très lumineux et sacré », doit être transmise « aux jeunes de la milice fasciste » qui se nourriront « à l’école de cette sincérité, de cette honnêteté idéale et pratique de vie, de cet héroïsme moral et actif qui est le couronnement de tout un exemple ».

Déjà titulaire d'une carte du Parti national fasciste (PNF) en mai 1930, un rapport de police indique qu'il est alors chef de la section de presse du Syndicat des agriculteurs en mai 1931 et, au printemps 1937, employé à la mairie de Milan[1]. Certains rapports de la police politique du printemps 1937 mentionnent un Masotti critique envers l'intervention italienne en Espagne et l'alliance avec l'Allemagne, tout en soulignant qu'il était un « fasciste sincère »[1]. En 1942, il publie un article dans Il Periodico de Ferrare dans lequel, après avoir exposé la différence entre syndicalisme fasciste et syndicalisme socialiste, dénonce la bureaucratisation de l'organisation syndicale à travers le développement du « fonctionnarisme », phénomène qu'il cherche à éviter en appelant à la mise en avant des syndicats communaux[3]. À l'été de la même année, il écrit à Mussolini pour lui annoncer la mort de son fils en Yougoslavie. Mussolini lui réponds personnellement, soulignant « l'amitié de trente ans » qui les liait, et lui remet une subvention pour faire face à ses difficultés économiques[1].

Il décède le 2 janvier 1949 à l'âge de 62 ans.

Publications

  • Il nostro irredentismo, Pistoia, Ciattini, 1909.
  • Corridoni, Milano, Casa Editrice Carnaro, 1932 ; 1933.
  • Il delitto di Katokin, Milano, La Prora, 1937.

Notes et références

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Tullio Masotti » (voir la liste des auteurs).
  1. Steven Forti, El peso de la nación : Nicola Bombacci, Paul Marion y Óscar Pérez Solís en la Europa de entreguerras, Universidade de Santiago de Compostela, (lire en ligne), p. 44-45.
  2. Ubaldo Delsante, « Alla ricerca di un difficile equilibrio sociale », Parma negli anni : società civile e religiosa, Quaderno, no 28,‎ (lire en ligne)
  3. « Segnalazioni Stampa », Critica fascista,‎ , p. 112 (lire en ligne)

Bibliographie

Liens externes