Unité des opérations spéciales

Unité des opérations spéciales
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Insigne de l'Unité des opérations spéciales

Création 1996
Dissolution 25 mars 2003
Pays Serbie
Branche Département de la sécurité de l'État (1996-2001)
Rôle Forces spéciales de police
Garnison Kula (Voïvodine)
Ancienne dénomination Garde des volontaires serbes
Surnom Bérets rouges
Frankies
Commandant Franko Simatović (1991-1998)
Milorad Ulemek « Legija » (1998-2001)
Dušan Maričić (2001-2003)

L'Unité des opérations spéciales (en serbe : Јединица за специјалне операције, Jedinica za specijalne operacije, JSO), dont les membres sont surnommés Bérets rouges (en serbe : Црвене беретке, Crvene beretke) ou Frankies (en serbe : Френкијевци, Frenkijevci, de Franko Simatović), est une unité paramilitaire de forces spéciales de police de la république de Serbie.

Fondée en 1996 à partir de la Garde des volontaires serbes et formellement sous l'autorité du Département de la sécurité de l'État jusqu'en 2001, la JSO conserve une grande autonomie. L'unité est impliquée dans des crimes politiques et plusieurs crises politico-militaires. Elle est dissoute en après l'assassinat de Zoran Đinđić.

Origines et fondation

Première partie de l'unité

Les origines d'une partie de l'Unité des opérations spéciales remonteraient à , très peu de temps avant la guerre d'indépendance croate, lorsqu'un groupe paramilitaire dirigé par Franko Simatović et Dragan Vasiljković quitte Belgrade pour Knin, capitale de la république serbe de Krajina. Quelques jours plus tôt, le , le dirigeant yougoslave Slobodan Milošević annonce « la préparation d'unités appropriées capables de défendre les intérêts de la Serbie et du peuple serbe hors de Serbie » lors d'une séance à huis clos avec les dirigeants des municipalités de Serbie[1].

La tâche de créer une telle unité est confiée à Jovica Stanišić, chef du Département de la sécurité de l'État (RDB). Celle-ci n'a aucun lien formel avec le pouvoir de Belgrade, tout est réalisé au sein du RDB, sans l'implication du ministère serbe de l'Intérieur. À Knin, Simatović et Vasiljković contactent Milan Martić, ministre de l'Intérieur de la république serbe de Krajina. Celui-ci constitue un groupe de combattants dont il confie le commandement à Dragan Vasiljković, qui leur donne une formation approfondie et impose la discipline[1].

L'unité se fait connaître sous le nom de Knindže (un mot-valise formé de « Knin » et « ninja »). Dragan Vasiljković prend le nom de guerre de « Kapetan Dragan »[2]. Le nom de « Bérets rouges » vient après la bataille de Glina, lorsque Vasiljković distribue ces bérets distinctifs à ses hommes[1].

Deuxième partie de l'unité

L'autre partie de l'unité aurait été formée en , en Slavonie orientale. Selon les informations parcellaires donnés par Franko Simatović, elle semble avoir été impliquée dans les massacres de Borovo Selo les 1er et , au cours desquels 12 policiers croates sont tués et plusieurs dizaines d'autres blessés. La date du est par la suite considérée comme l'anniversaire de l'unité. Selon plusieurs témoignages, Radovan Stojičić, dit « Badža », un fonctionnaire du ministère serbe de l'Intérieur, est responsable des opérations en Slavonie orientale[1],[3].

À son arrivée en Slavonie orientale, Željko Ražnatović, de son nom de guerre « Arkan », prend le commandement du groupe, connu sous le nom de Garde des volontaires serbes. Ses membres sont par la suite surnommés les « Tigres d'Arkan »[4]. Le , après avoir pris le contrôle de Laslovo aux forces croates, la Garde capture deux chars T-55 et commence à les utiliser au combat[5]. Elle prend ensuite part à diverses opérations en Bosnie : à Bijeljina en 1992, près de Bihać en 1994 et sur la rivière Sana en 1995. L'opération de Bihać, qui fait partie d'un plan plus vaste ayant pour nom de code « opération Araignée » (« Operacija Pauk »), est menée en coopération avec l'armée serbe de la Krajina (en) et l'armée de la république serbe de Bosnie. L'objectif est d'aider la jeune province autonome de Bosnie occidentale, une entité musulmane mais alliée des Serbes, en lutte contre le gouvernement central bosniaque. Au cours de cette opération, les membres de la Garde des volontaires serbes combattent sous le nom ad hoc de 3e groupe tactique[6]. En , sur la rivière Sana, l'unité aide l'armée de la république serbe de Bosnie à rétablir les lignes de défense contre l'offensive conjointe croato-bosniaque connue sous le nom d'opération Maestral[réf. souhaitée].

Fusion des deux groupes et création de la JSO

Ces deux groupes paramilitaires doivent constituer le noyau de la future Unité des opérations spéciales (JSO), car avec la fin des combats à la suite des accords de Dayton, l'utilité de ces unités est remise en question[7]. L'unité conjointe est officiellement créée en 1994, sous le nom d'Unité d'action antiterroriste (en serbe : Jedinica za antiteroristička dejstva, JATD), un an avant la fin des guerres en Bosnie et en Croatie[8],[9]. La JATD est initialement composée de troupes d'infanterie appuyées par de l'artillerie légère mobile. L'unité opère au sein du Département de la sécurité de l'État (RDB), qui fait alors partie du ministère serbe de l'Intérieur.

Les membres de l'unité se font connaître pour la première fois lors d'une prise d'otages en 1995, lorsque des membres du personnel de l'ONU sont retenus en otage par l'armée de la Republika Srpska. Les Bérets rouges assurent la protection de Jovica Stanišić, alors chef du RDB, qui, agissant en tant que médiateur, organise leur libération en toute sécurité[9],[10].

En 1996, un an après les accords de Dayton et la fin des conflits en Croatie et en Bosnie, la JATD est restructurée et rebaptisée Unité des opérations spéciales (serbe : Jedinica za specijalne operacije, JSO). Une ancienne caserne de l'Armée populaire yougoslave à Kula est choisie pour y abriter sa base d'opérations. La JSO se procure également deux hélicoptères de combat ukrainiens Mil Mi-24V au marché noir, probablement par l'intermédiaire du RDB[Selon qui ?].

Activités

Premières missions

Au tout début de la guerre du Kosovo, l'unité reçoit l'ordre d'établir une base d'opérations temporaire sur la montagne Goč, près du Kosovo. De là, la JSO lance plusieurs opérations visant l'Armée de libération du Kosovo (UÇK). L'une des premières actions de l'unité est l'assaut, en , contre la maison du commandant de l'UÇK Adem Jashari à Prekaz. L'assaut est planifié et coordonné avec l'Unité spéciale antiterroriste de la police serbe.

Radovan Stojičić, haut responsable de la JSO, est assassiné le à Belgrade. Ses assassins n'ont jamais été retrouvés[11].

De mai à , les hélicoptères Mi-24V de la JSO participent à un effort conjoint pour repousser l'UÇK hors de Kijevo, un village stratégique sur la route Pristina-Peć[12]. Le ministère serbe de l'Intérieur prend le contrôle de Kijevo le [13]. Plus tard en 1999, la JSO s'engage dans de violents combats à Peć et dans ses environs[14]. En raison des frappes aériennes de l'OTAN, les hélicoptères Mi-24 de l'unité doivent être cloués au sol. L'unité utilise divers véhicules blindés, notamment des Hummers de fabrication américaine achetés via Chypre, qui se révèlent efficaces lors d'opérations rapides sous les bombardements aériens de l'OTAN. Après l'accord de Koumanovo et la fin de la guerre, la JSO cesse d'opérer au Kosovo.

Željko Ražnatović, dit Arkan, ancien chef de la Garde des volontaires serbes, est assassiné le à Belgrade. Ses assassins, membres des cercles du crime organisé serbe, sont arrêtés et poursuivis mais des spéculations persistent sur l'existence de commanditaires politiques[réf. nécessaire].

Crimes politiques sous Milošević

Durant les années où Slobodan Milošević contrôle le pays, la JSO sert de « bras armé » au dirigeant nationaliste[15]. Elle est notamment employée pour menacer, enlever ou éliminer des opposants politiques.

Le , un convoi de deux véhicules transportant Vuk Drašković, le président du Mouvement du renouveau serbe (SPO), est victime d'un attentat alors qu'il circule sur la route de l'Ibar. Un camion à benne basculante se déporte sur la voie opposée et percute délibérément les deux voitures en mouvement. Plusieurs responsables du SPO, parmi lesquels Veselin Bošković, Zvonko Osmajlić, Vučko Rakočević et Dragan Vušurović, sont tués mais Vuk Drašković n'est que blessé, « miraculeusement »[16]. L'objectif des organisateurs de l'attaque est de faire croire à un accident. En , une nouvelle tentative d'assassinat vise Drašković à Budva au Monténégro, avec l'implication une nouvelle fois des Bérets rouges[17].

Le , Ivan Stambolić, ancien président de la Serbie et ex-rival de Milošević, qui l'a renversé en 1987, est arrêté par la police[18]. Peu après, il disparaît alors qu'il fait son jogging quotidien. Ses restes sont retrouvés le à Fruška gora ; l'ancien homme d'État a été exécuté[19]. Après un procès d'un an devant le tribunal spécial de Belgrade, un juge déclare Radomir Marković et Milorad Ulemek coupables d'avoir planifié et exécuté son assassinat[20].

À l'issue d'un jugement du tribunal de district de Belgrade en date du , qui conclut une série de procès et plusieurs années de procédures, l'ancien officier du RDB et commandant de la JSO Milorad « Legija » Ulemek est condamné à 15 ans de prison et l'ancien chef du RDB, Radomir Marković, à 8 ans de détention. Les Bérets rouges Duško Maričić, Branko Berček, Nenad Bujošević et Leonid Milivojević, qui ont mis en œuvre l'opération, sont eux condamnés à 14 ans de prison[21],[17].

Révolution des bulldozers

Le rôle de l'unité dans la Révolution des bulldozers qui renverse Slobodan Milošević en 2000 reste controversé. Le , le chef de l'opposition Zoran Đinđić rencontre Milorad Ulemek. Ce dernier conclut un accord avec lui prévoyant que son unité n'interviendra pas contre les manifestants à condition que la police ne soit pas attaquée[22]. La JSO avait probablement reçu l'ordre de réprimer les manifestations, qui débutent dans le centre-ville le Belgrade le . Cependant, peu après l'apparition des Hummers blindés caractéristiques de l'unité face aux manifestants, les véhicules retournent à leur base au lieu d'intervenir. Plus tard, dans son livre intitulé Peti oktobar (en français : « 5 octobre »), l'ancien chef du RDB Radomir Marković affirme être à l'origine de l'ordre de déploiement de l'unité à Belgrade[23].

Selon Vreme, la JSO « accueille avec enthousiasme » le renversement de Slobodan Milošević et en profite pour asseoir son autorité en montrant sa présence dissuasive dans les rues face aux manifestants tout en sympathisant avec la population qu'ils décident de ne pas réprimer[7].

Actions de déstabilisation et liens avec le crime organisé

Durant cette période, Milorad Ulemek s'implique également dans les activités criminelles du gang de Zemun, principal groupe criminel de Belgrade, lui fournissant renseignements et soutien. En 2001, le clan enlève plusieurs hommes d'affaires influents, parmi lesquels Milija Babović et Miroslav Mišković, largement considérés comme les hommes d'affaires les plus puissants de Serbie à l'époque ; le groupe exige des millions de rançon. Dans les deux cas, Milorad Ulemek propose son aide à la police, en sa qualité officielle, tout en transmettant des informations privilégiées au clan : ainsi, lorsqu'il découvre que la famille de Babović a rapidement et facilement collecté la rançon, il conseille aux membres du clan d'en exiger davantage. Finalement, tous les otages sont libérés, certains après avoir été violentés et torturés[24].

La politique du nouveau gouvernement serbe, mené par Zoran Đinđić, en particulier concernant l'inculpation des anciens chefs de guerre serbes par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, mécontente les commandants de l'unité. Le , la JSO entame une mutinerie, se positionnant sur l'autoroute entre Belgrade et Niš avec des blindés pour la bloquer[25],[26]. La raison souvent invoquée de la mutinerie est l'ordre donné à l'unité d'arrêter les frères Banović, recherchés par le TPIY, cependant les Bérets rouges n'ont pas été chargés de l'arrestation, contrairement à une idée répandue[27]. Après plusieurs jours de négociations, la mutinerie prend fin, mais ses organisateurs ne seront pas poursuivis[26].

Implication dans l'assassinat du Premier ministre et dissolution

Le , le Premier ministre Zoran Đinđić est assassiné à Belgrade. Le gouvernement déclare l'état d'urgence, lance l'opération Sabre et l'enquête révèle l'implication de membres de la JSO, qui font notamment partie de l'équipe ayant exécuté l'assassinat. Plusieurs combattants et commandants des Bérets rouges sont arrêtés[28].

La décision est par la suite prise de dissoudre l'Unité des opérations spéciales, qui est accusée de faire le lien entre les services d'État, les anciens cercles de Slobodan Milošević et la mafia serbe[28]. Le , 13 jours après les faits, elle est formellement démantelée[8],[29]. Ses membres restants sont licenciés ou transférés dans d'autres unités de la police serbe.

Le ministre de l'Intérieur serbe Ivica Dačić accuse d'anciens membres des Bérets rouges d'avoir pris part au vol en hélicoptère de Västberga (en) le [30].

Poursuites judiciaires

De nombreux membres de la JSO font l'objet de poursuites et de condamnations judiciaires après la chute du régime Milošević :

Dans la culture populaire

En 2024, les Bérets rouges sont au cœur de l'intrigue de la série télévisée serbe Opération Sabre, notamment en raison de l'implication de certains des membres de l'unité dans l'assassinat de Zoran Đinđić. Milorad Ulemek, dit Legija, est évoqué à de nombreuses reprises[15],[31].

Références

  1. (sr) Filip Švarm, « Feljton – Jedinica – neispričana priča o Crvenim beretkama:Dete Službe » [« Felton - Unité - L'histoire méconnue des Bérets rouges : Enfant du service »], Vreme (consulté le )
  2. ↑ (en) « Trial Watch : Dragan Vasiljkovic (Kapetan Dragan, Captain Dragan, Daniel Snedden) », sur trial-ch.org (consulté le )
  3. ↑ Milan Milosevic et Uros Komlenovic, « The Assassination of Radovan Stojicic Badza: The State And The Mafia », Vreme, (consulté le )
  4. ↑ (en) « ANALYSIS: Milosevic Indicted Over Croatian Crimes », sur iwpr.net, Institute for War and Peace Reporting (consulté le )
  5. ↑ (hr) Tomislav Šulj, « BITKA ZA LASLOVO (2/2) | Domoljubni portal CM | U vihoru rata », sur crnemambe.hr, (consulté le )
  6. ↑ (sr) Filip Švarm et Jovan Dulović, « Od Arkana do Gumara », Vreme, (consulté le )
  7. (sr) « Zvezdanove staze », Vreme, (consulté le )
  8. (en-GB) Gabriel Partos, « Serbia's 'elite' enemy within », news.bbc.co.uk,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. (sr) « О Јединици », sur crveneberetke.com,‎ (consulté le )
  10. ↑ (en) « How Jovica freed UN hostages », sur sense-agency.com, (consulté le )
  11. ↑ (en) « The policeman who knew too much? », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ (en) « Mi-24s still serving in Eastern Europe », sur dfnc.ru, New Defence Order. Strategy, (consulté le )
  13. ↑ (sr) « "Nasa Borba" - Policija preuzela kontrolu nad Kijevom i okolinom », sur yurope.com, (consulté le )
  14. ↑ (sr) Pišu Zagorka Uskoković et Srđan Kraljević, « **Tigar** zvani Ulemek », Novosti,‎ (lire en ligne)
  15. Pauline Boyer, « La série « Opération Sabre » sur les traces de la plus grande traque anti-mafia serbe », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  16. ↑ « L'attentat contre Vuk Draskovic: le camion parle », sur Le Soir, (consulté le )
  17. (sr) Tatiana Tagirov, « Justice for Milošević's criminal association », Vreme, (consulté le )
  18. ↑ (en) Nikola Barovic, « Detention and Disappearance of Ivan Stambolic », sur b92.net (consulté le )
  19. ↑ (en) « Ex-Serb president's body found », sur edition.cnn.com, (consulté le )
  20. ↑ (en) Nicholas Wood, « Milosevic Aides Found Guilty of Yugoslav Political Assassination (Published 2005) », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. ↑ (en) « Ibarska murder trial before Supreme Court », sur B92.net (consulté le )
  22. ↑ (en) Kathryn Stoner et Michael McFaul, Transitions to Democracy: A Comparative Perspective, JHU Press, (ISBN 978-1-4214-0813-2, lire en ligne)
  23. ↑ (sr) Zagorka Uskokovic et Srđan Kraljevic, « Legija izdao vođu », sur Novosti, (consulté le )
  24. ↑ (sr) « "BILI SU BRUTALNI, ŽELEO SAM DA ME UBIJU" Sve jezive otmice poznatih biznismena surovog ZEMUNSKOG KLANA - Blic », sur Blic.rs, (consulté le )
  25. ↑ (en) Danilo Lucic, « Serbian Special Forces on Trial for 2001 Mutiny », sur Balkan Insight, (consulté le )
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  29. ↑ (en) « Serbia Disbands Police Unit of Suspect in Prime Minister's Death », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  30. ↑ (en) « Officials: Serbs took part in Sweden chopper heist », Gloucester Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  31. Marie-Sarah Kaci, « « Opération Sabre » : une plongée haletante dans la plus grande traque anti-corruption de l'histoire de la Serbie », L'Humanité, (consulté le )
  32. ↑ (sr) « Oslobođeni Stanišić i Simatović - B92 Vesti », B92,‎ (lire en ligne, consulté le )
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  34. ↑ (en) Mike Corder, « UN appeals court increases sentences for 2 Serbs convicted of crimes in Balkan wars », sur AP News, (consulté le )

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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