Violence des colons israéliens

Les Palestiniens sont la cible de violences de la part des colons israéliens et de leurs partisans, principalement en Cisjordanie, territoire sous occupation israélienne depuis 1967.
Beaucoup de ces attaques, qualifiées de « terroristes » par certains chercheurs israéliens[3],[4], sont menées par les colons résidant dans les avant-postes illégaux contre des civils palestiniens des villages voisins[5]. En outre, les colons responsables de la mort de civils palestiniens bénéficient d'une impunité quasi-absolue de la part d'Israël[6], et sont même parfois protégés et soutenus par l'armée israélienne, de plus en plus perméable à l’idéologie d’extrême droite du Grand Israël[7].
Il est interdit à la police palestinienne de réagir aux actes de violence perpétrés par les colons israéliens[8], ce qui diminue sa crédibilité auprès des Palestiniens[9].
La violence des colons comprend également les actes commis occasionnellement contre l'armée israélienne quand celle-ci entrave leurs projets, ou contre les Israéliens ou militants de gauche[10].
Historique
Au XXIe siècle, on assiste à une augmentation constante de la violence et de la terreur perpétrées par les colons israéliens contre les Palestiniens dans le territoire occupé de Cisjordanie[11],[8].

2008-2011

Entre janvier et , 515 poursuites pénales sont ouvertes par Israël contre des colons pour violences contre les Arabes ou les forces de sécurité israéliennes ; 502 d'entre eux impliquent des « radicaux de droite » tandis que 13 concernent des « anarchistes de gauche »[12],[13].

En 2008, le haut commandant israélien en Cisjordanie déclare qu’un noyau dur de quelques centaines de militants est impliqué dans les violences contre les Palestiniens et les soldats israéliens[14]. Certaines personnalités religieuses juives éminentes vivant dans les territoires occupés, ainsi que des responsables du gouvernement israélien, condamnent et expriment leur indignation face à un tel comportement[15], tandis que des justifications religieuses pour les meurtres de colons ont également été avancées[16]. Selon les médias israéliens, l’establishment de la défense a commencé à adopter une ligne plus dure contre les colons indisciplinés à partir de 2008[11]. En 2011, la BBC rapporte que « la grande majorité des colons sont non-violents, mais certains au sein du gouvernement israélien reconnaissent un problème croissant avec les extrémistes »[10].

Les chiffres de l'ONU de 2011 montrent que 90 % des plaintes déposées contre des colons par des Palestiniens auprès de la police israélienne n'ont jamais abouti à une inculpation[10].
2012-2021
En 2012, selon un rapport des chefs de mission de l’UE, la violence des colons a plus que triplé au cours des trois années précédant 2011[17]. Le taux annuel d’attaques de colons (2 100 attaques en 8 ans) a presque quadruplé entre 2006 et 2014, selon des chiffres du bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA)[18]. En 2021, une nouvelle vague de violence éclate après la mort d'un colon de 16 ans dans une course-poursuite avec la police israélienne après avoir lancé des pierres sur des Palestiniens. Jusqu'à présent, cela a donné lieu à 44 incidents en l'espace de quelques semaines, blessant deux enfants palestiniens[19]. La fin de l’année 2021 voit une augmentation marquée de la violence des colons envers les Palestiniens, condamnée au Conseil de sécurité des Nations unies.
2022-2026


La violence des colons s'intensifie après la nomination du trente-septième gouvernement israélien en , qui se distingue par la participation de politiciens d’extrême droite et son soutien à l’expansion des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés[20],[21]. La violence des colons s'accroît de nouveau après l'attaque du Hamas contre Israël le . Au cours des six premiers jours suivant l'attaque, B'Tselem enregistre au moins 46 incidents au cours desquels des colons ont menacé, attaqué physiquement ou endommagé les biens de Palestiniens[22]. Les responsables des Nations unies affirment que depuis le début de la guerre à Gaza, les forces de défense israéliennes et les colons armés ont tué plus de 120 Palestiniens en Cisjordanie, la plupart des décès étant survenus lors d'affrontements avec des soldats israéliens[21].
Pendant la guerre menée par Israël à Gaza depuis 2023, les attaques de colons israéliens en Cisjordanie occupée se sont encore accentuées[8]. Certains d’entre eux participent à la création de Tsav 9, une organisation visant à couper l’approvisionnement de Gaza, dans le contexte du génocide de Gaza.
Le , le mouvement de colons israéliens radicaux Jeunes des collines revendique avoir mené, en un seul mois, plus de 60 attaques dans 33 villages palestiniens en Cisjordanie occupée. Leur bilan évoque 12 maisons brûlées, 29 voitures incendiées, 40 Palestiniens blessés, ainsi que « des centaines de vitres de voitures brisées » et « des centaines d’oliviers arrachés »[23].
Terrorisme israélien
Les attaques des colons israéliens sur les civils palestiniens sont qualifiées de « terroristes » par certains chercheurs israéliens[3],[4], voire de « pogrom » par d'anciens officiers militaires[24].
Impunité

Les colons juifs responsables de la mort de civils palestiniens bénéficient d'une impunité quasi absolue de la part de la justice israélienne. Dans 93,6 % des enquêtes ouvertes entre 2005 et 2025, aucune peine n’a été prononcée[6]. Sur le terrain, l’armée israélienne continue de protéger les assaillants, quand elle ne tire pas elle-même sur des civils palestiniens désarmés[6].
Sanctions internationales

Dès , puis à plusieurs reprises au cours de l'année, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Union européenne, le Canada adoptent des sanctions contre des colons qui ont commis des actes de violence contre les Palestiniens dans le territoire occupé de Cisjordanie[27]. Entre , moment où a commencé la guerre à Gaza, jusqu'en , les colons ont tué au moins 8 Palestiniens et en ont blessé 84 autres en Cisjordanie, sur un total de 370 Palestiniens de Cisjordanie tués - les 362 autres Palestiniens tués l'ayant été par des soldats israéliens[27].
Entre février et , les États-Unis sanctionnent au total 17 individus et 16 organisations[28] ; dès , Donald Trump nouvellement élu annule toutes les sanctions prises par l'administration Biden.
Entre février et le Royaume-Uni sanctionne 7 organisations qui soutiennent la colonisation, dont Amana, « branche centrale du mouvement des colons israéliens », également sur la liste des entités visées par des sanctions canadiennes[29].
En avril puis en , l'Union européenne impose des sanctions à des colons qui commettent « des violations systématiques des droits des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem »[30]. Au total 14 colons et organisations sont concernés[31]. Les sanctions comprennent « l’interdiction de leur fournir des fonds directement ou indirectement »[30], « le gel des avoirs, l’interdiction de visas pour entrer dans l’Union européenne »[31]. Parmi les organisations figurent Lehava, « groupe suprémaciste juif d’extrême droite », et les Jeunes des collines[30].
En mai, juin et le Canada sanctionne également des colons israéliens : 4 individus en mai, puis en juin 7 individus et 5 organisations pour leur rôle consistant à faciliter, à soutenir ou à contribuer financièrement à des actes de violence commis par des colons extrémistes israéliens à l’encontre
de civils palestiniens et leurs biens[32]. En septembre, 4 colons et 3 organisations, Mount Hebron Fund et Shlom Asiraich, sont également visés pour avoir « participé à des actes de harcèlement et de violence, y compris des attaques contre des convois humanitaires, la dépossession de biens et le déplacement de collectivités palestiniennes »[33].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Israeli settler violence » (voir la liste des auteurs).
- « En Cisjordanie, l'accélération de la colonisation », sur France Culture, (consulté le )
- « Cisjordanie : à Masafer Yatta, les agressions et les démolitions de maisons relèvent d’un nettoyage ethnique », sur Médecins sans frontières, (consulté le )
- Michael Blum, « Des Israéliens décrient le « terrorisme juif » des colons en Cisjordanie », sur Le Devoir,
- (fr-CA) AFP, « Des Israéliens dénoncent le « terrorisme » des colons en Cisjordanie », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ (en) Amos Harel, « Settler Attacks on Palestinian Spike, Reflecting Israel's Systemic Failure », Haaretz, (lire en ligne, consulté le )
- Isabelle Mandraud, « En Cisjordanie, l’impunité absolue des colons israéliens ayant commis des crimes »
, sur Le Monde,
- ↑ Isabelle Mandraud, « En Cisjordanie occupée, les colons israéliens, protégés par l’armée, redoublent de violence », sur Le Monde, (consulté le )
- Isabelle Mandraud, « En Cisjordanie occupée, les colons israéliens, protégés par l’armée, redoublent de violence », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ (en) Daniel Byman, A High Price: The Triumphs and Failures of Israeli Counterterrorism, Oxford University Press/Saban Center, Brookings Institution, 2011 p. 292 : 'Palestinian police are barred from responding to settler violence. This policy reduces friction between settlers and Palestinian authorities, but it decreases the overall credibility of the PA, which cannot defend its people from settler harassment and violence.'
- (en) Jon Donnison, « Concerns over rising settler violence in the West Bank », BBC, (lire en ligne, consulté le )
- (en) Anshel Pfeffer,Top IDF officer warns: Settlers' radical fringe growing, Haaretz 20 October 2009.
- ↑ (en) « Violence by Extremists in the Jewish Settler Movement: A Rising Challenge », The Washington Institute for Near East Policy, (consulté le )
- ↑ (en) Constance B. Hilliard, Does Israel have a future?: the case for a post-Zionist state, Potomac Books, Inc., 2009 p. 59.
- ↑ (en) « 'Hundreds join' settler violence », BBC, (lire en ligne)
- ↑ (en) Efrat Weiss, « Rabbi slams Jewish 'hooligans' - Israel News, Ynetnews », Ynetnews.com, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Amitai Etzioni, Security First: For a Muscular, Moral Foreign Policy, Yale University Press, 2008 p. 119. : 'Others have justified violence against Arabs by citing the rule from the Talmud: "If a man comes to kill you, rise early, and kill him first."
- ↑ (en) James Hider, « Israel 'turning blind eye' to West Bank settlers' attacks on Palestinians », The Guardian, London, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Chaim Levinson, Gili Cohen et Jack Khoury, 'Palestinian mosque set on fire in suspected hate crime,' at Haaretz, 15 January 2014. 'The annual totals are up from 115 in 2006 to 399 in 2013..'
- ↑ (en) Times of Israel Staff. “5-Year-Old Palestinian Boy Hurt by Rock Thrown at Car in Reported Settler Attack.” The Times of Israel, 22 janvier 2021. Times of Israel
- ↑ (en) « Israel's far-right government fans the flames of vigilante settler violence », The Observer, (lire en ligne, consulté le )
- (en-US) « How a Campaign of Extremist Violence Is Pushing the West Bank to the Brink », The New York Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (en) « Palestinians under attack as Israeli settler violence surges in the West Bank », BBC News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Un mouvement de colons israéliens radicaux revendique des dizaines d’attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie », sur Le Monde,
- ↑ Luc Bronner, « « Des pogroms purs et simples » : l’indignation de quatre anciens hauts gradés israéliens concernant les exactions des colons en Cisjordanie »
, sur Le Monde,
- ↑ (en) « Swedish human rights worker viciously attacked by Jewish extremists in Hebron », (consulté le )
- ↑ (en) « Amnesty International's annual report on Israel and the Occupied Territories », (consulté le )
- « Conflit israélo - palestinien : Qui sont les colons israéliens extrémistes visés par les sanctions américaines et britanniques ? », sur BBC News Afrique, (consulté le )
- ↑ « Avant de plier bagage, l’administration Biden sanctionne la colonisation en Cisjordanie », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ (en-GB) Patrick Wintour et Patrick Wintour Diplomatic editor, « UK imposes sanctions on seven groups that support West Bank settlers », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- « L’UE sanctionne des colons israéliens pour “de graves violations des droits de l’homme” », sur Courrier international, (consulté le )
- « Colonies israéliennes – L’UE impose des sanctions contre les colons « extrémistes » », sur Tribune de Genève, (consulté le )
- ↑ Rania Massoud, « Nouvelles sanctions canadiennes contre des colons israéliens, dont le proche d’un ministre », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ Belga Belga, « Le Canada impose de nouvelles sanctions au Hamas, à des colons israéliens et à l'Iran », sur DHnet, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Collectif (préf. Zeev Sternhell), Le livre noir de l'occupation israélienne : Les soldats racontent, Éditions Autrement, , 400 p. (ISBN 978-2746735071, présentation en ligne)
Articles connexes
- Occupation israélienne des territoires palestiniens
- Colonies israéliennes
- Conflit israélo-palestinien
- Terrorisme sioniste en Palestine mandataire
- Terrorisme israélien
- Incursions israéliennes en Cisjordanie pendant la guerre de Gaza
- Apartheid israélien
Liens externes
- Law enforcement on Israeli civilians in the West Bank (October 2015). Yesh Din monitoring update 2005-2015 data sheet
- UN Map of Settler Violence Archived May 9, 2012, at the Wayback Machine (2011)
- Settler violence photo essay (2023)
- Politique des attaques du prix à payer (en)
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