Wang Han (poète)

Wang Han (poète)
Naissance
Décès
(à 39 ans)
Nom dans la langue maternelle
王翰 (Wang Han)
Nom de naissance
王翰 (Wang Han)
Autres noms
prénom de courtoisie : Yunqing (子羽)
Nationalité
Activités
Autres activités
Mouvement
Œuvres principales
  • Poèmes :
    • Poème de Liangzhou (凉州词)
    • Ballade de la jeune femme du printemps (春女行)
    • Ballade de l’abreuvement des chevaux aux grottes de la Grande Muraille (饮马长城窟行)
    • Lamentation des sourcils en ailes de papillon (ancienne) (古蛾眉怨)

Note : Plusieurs sources disent que les dates de naissance et de décès de Wang Han sont inconnues. Les dates citées dans cet article proviennent des sites chinois Baidu, Gushiwen et de Biographies des Talents de la Dynastie Tang[1].

Wang Han (chinois : 王翰 ; chinois traditionnel : 王翰 ; pinyin : Wáng Hàn ; Wade : Wang2 Han4), prénom de courtoisie Ziyu (子羽), est un fonctionnaire et un poète chinois de la dynastie Tang. Originaire de Jinyang dans la province de Bingzhou (aujourd’hui Taiyuan, Shanxi), il occupe différentes postes de fonctionnaire au cours de sa vie[2],[3] vol. 156. Wang Han joue un rôle important dans le développement des poèmes en sept caractères du grand Tang[4].

Biographie

Wang Han (王翰), vient d’une famille aisée et mène une vie confortable[5]. Dès son jeune âge, il est exceptionnellement intelligent, doté d’un talent hors du commun. Il a un caractère franc, un comportement audacieux, libre et indomptable[2].

En 710 ou 711, après avoir réussi les examens impériaux pour devenir jinshi, Wang Han boit quotidiennement[6],[7] p. 43. Il fait preuve de franchise dans ses remontrances[3] et attire ainsi l’attention et l’estime du préfet de Bingzhou, Zhang Jiazhen[6],[note 1] qui apprécie grandement le talent de Wang Han et le traite avec beaucoup d’égards. Ce dernier en est touché et compose alors chansons et danse, avec une prestance majestueuse et une allure exceptionnelle. Pendant cette période, Wang Han n’occupe aucun poste officiel et réside dans sa ville natale de Taiyuan[8].

Zhang Suo succède à Zhang Jiazhen comme préfet de Bingzhou et les égards envers Wang Han deviennent encore plus grands ce qui marque un tournant dans sa carrière officielle[5]. Zhang Suo recommande Wang Han pour ses propos sincères et ses conseils audacieux, le promeut au-dessus de ses pairs selon les examens officiels et le nomme magistrat de Changle[6]. En 721, quand Zhang Suo est promu au gouvernement central comme chancelier, il recommande Wang Han comme correcteur principal au Secrétariat impérial[9]. Puis, Wang Han est promu au poste de fonctionnaire du Secrétariat chargé des communications[3] vol. 156. Ensuite, il est promu au poste de vice-directeur de bureau du Département de l’attelage impérial[note 2]. Au sein de cette fonction, il aurait été aussi responsable de l’acheminement des chevaux, des vivres et autres fournitures militaires vers le front[5].

Vers 726, Zhang Suo est démis de son poste de chancelier et Wang Han perd également son influence et il est rétrogradé comme préfet de Ruzhou avant d’être réaffecté comme gouverneur adjoint de Xianzhou[7] p. 47-48. Chaque jour, il boit et s’amuse à la chasse avec des héros audacieux et des lettrés de talent dont Zu Yong; il se livre aux banquets, joue du tambour pour le plaisir[10],[3] vol. 156. À cause de son comportement, Wang Han est rétrogradé au poste d’officier militaire de Daozhou, mais meurt en chemin avant d’atteindre Daozhou[10],[3] vol. 156. Quant à son année de décès, selon les recherches de l’érudit contemporain Fu Xuanzong, elle se situerait en 726[7] p. 47-48.

* * *

Wang Han possède une grande fortune, il a un caractère généreux et libre, sans contraintes, et se lie souvent avec des lettrés et des hommes de valeur. Les sources rapportent qu’il aime s’adonner à la boisson, qu’il a chez lui de nombreux chevaux fameux et qu’il entretient des musiciennes et des courtisanes, et dans ses paroles et gestes il se compare aux princes et marquis, ce qui lui attirait la haine d’autrui[10]. Le chancelier Zhang Shuo était aussi un poète accompli avec qui Wang Han échange beaucoup de poèmes et d’écrits[7] p. 40-52.

Poésie, ci (poème chanté)

Wang Han est un poète important du début du grand Tang. Son style poétique est vigoureux et énergique[11]. Il est capable d’écrire des paroles et de chanter et danser lui-même. Wang Han a activement développé le style de la poésie en sept caractères, introduisant des innovations, ouvrant ainsi la voie au développement des poèmes en sept caractères du grand Tang[4]. Ses poèmes sont empreints de passions débordantes, aux mots splendides et élégants, et appréciés par tous. La plupart de ses poèmes traitent de jeunes guerriers sur le champ de bataille, de femmes délicates ainsi que de chants et festins joyeux, exprimant une mélancolie face à la brièveté de la vie et une philosophie de profiter pleinement du présent. Ses poèmes contiennent souvent des vers audacieux et majestueux ; malheureusement beaucoup se sont perdus[2]. Il est considéré comme un poète de frontière[note 3].

Oeuvres

Selon la biographie de Ancienne histoire des Tang et de Nouvelle histoire des Tang, Wang Han avait rassemblé dix volumes d’œuvres, mais aujourd’hui il ne reste qu’un seul volume de poèmes.

  • 全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang), volume 156 : le volume 156 de cette anthologie comprend treize poèmes de Wang Han[3]
  • 全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang), volume 882 : le volume 882 de cette anthologie comprends trois vers supplémentaires de Wang Han[12] vol. 882.

Poème

Le poème ci-dessus Chant de Liangzhou est le plus largement connu et transmis. C’est un exemple typique de la poésie de frontière[13]. Il est compris dans l’anthologie Trois cents poèmes des Tang[14].

Chant de Liangzhou (凉州词)

Chinois

葡萄美酒夜光杯,
欲饮琵琶马上催.
醉卧沙场君莫笑,
古来征战几人回?

Traduction libre

Du vin exquis dans une coupe qui brille la nuit,
À peine veut-on boire que le pipa nous presse déjà au départ à cheval.
Ne riez pas si nous tombons ivres sur le champ de bataille,
Depuis l’Antiquité, combien de soldats sont revenus des combats ?

Notes et références

Notes

  1. ↑ L’Ancienne histoire des Tang mentionne le nom de Zhang « Huizhen », mais les historiens l’identifient généralement comme étant le célèbre ministre Zhang « Jiazhen ».
  2. ↑ Bureau chargé des voitures et attelages de la cour, de la garde rapprochée ou des services liés au palais et aux chevaux.
  3. ↑ Expression utilisée pour désigner les poètes chinois (souvent de la dynastie Tang) qui écrivaient sur la vie aux confins de l’empire, les paysages frontaliers, la guerre et les garnisons militaires.

Références

  1. ↑ (zh) Xin Wenfang, 唐才子传 (唐才子傳); (Biographies des Talents de la Dynastie Tang); wang Han,‎ (ISBN 978-957-8499-41-6)
  2. (zh) « 王翰 (Wang Han) », sur Baike.baidu, Pékin,‎ (consulté le )
  3. (zh) 王翰 (Wang Han), « 全唐詩(全唐诗) (Intégrale de la Poésie des Tang) »,‎ (consulté le )
  4. (zh) 潘鸣 (Pan Ming), « 王翰 及其诗歌考论 (Étude sur Wang Han et sa poésie) », Journal de l’Université des sciences et technologies de Nanjing (sciences sociales), Najing, vol. 25, no 01,‎ , p. 65-66
  5. (zh) Du Shaofu, 杜少府, « 王翰 :真才实学“富二代” (Wang Han : un « héritier fortuné » au savoir et au talent authentiques) », sur Sohu.com, Hebei,‎ (consulté le )
  6. (zh) Zhao Ying (赵瑩), Liu Xu (刘昫); Zhang Zhao (张昭), Jia Wei (贾纬), Zhao Xi (赵熙), et autres sous les Jin postérieurs, 舊唐書 (旧唐书) (Ancienne histoire des Tang), vol. biographie de Wang Han, Shuju,‎ ordonné en 941, achevé en 945
  7. (zh) Fu Xuanzong, 唐代诗人丛考 (Études approfondies sur les poètes de la dynastie Tang), Pékin, Zhonghua Shuju,‎ (ISBN 7101035965)
  8. ↑ (zh) « 王翰 (Wang Han) », sur Gushiwen.cn,‎ (consulté le )
  9. ↑ (zh) 丁放 (Ding Fang), 安徽师范大学文学院学术文库 中国诗学论集 (Anthologie académique de la poétique chinoise), Anhui, Presses de l’Université Normale d’Anhui#mois=septembre,‎ , p. 107
  10. (zh) Ouyang Xiu, Song Qi et d’autres (dynastie Song du Nord), 新唐書 (新唐书) (Nouvelle histoire des Tang),‎
  11. ↑ (zh) Guo Changbao, éditeur, 中国古代文学作品选 上 (Sélection des œuvres littéraires de la Chine ancienne, volume supérieur), Haikou, Nanhai Press,‎ , p. 182
  12. ↑ (zh) 王翰 (Wang Han), « 全唐詩(全唐诗) (Intégrale de la Poésie des Tang) »,‎ (consulté le )
  13. ↑ (zh) Shan Jigang et Zhang Guocai, éditeurs, . 武威历史文化研究 (武威歷史文化研究) (Études sur l’histoire et la culture de Wuwei), Chengdu, Presses du lecteur,‎ , p. 240
  14. ↑ John C. H. Wu, The Four Seasons of Tang Poetry, Vermont, Charles E. Tuttle (ISBN 978-0-8048-0197-3)

Liens externes

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