Yahya ben Omar

Yahya Ibn Omar
Fonction
Émir almoravide
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Biographie
Décès
Activité
Chef militaire
Famille
Fratrie
Autres informations
Grade militaire
Personne liée

Abu Zakariyya Yahya ibn Umar ibn Talagagin ibn Turgut ibn Wartasin, communément suffixé al-Lamtuni al-Sanhaji, (en arabe : يحيى إبن عمر) et en Tamazight : ⵢⴰⵀⵢⴰ ⵓ ⵄⵓⵎⴰⵔ ⵓ ⵜⴰⵍⴰⴳⴰⴳⵉⵏ ⵓ ⵜⴰⵔⴳⵓⵜ ⵓ ⵡⵔⵜⴰⵙⵉⵏ ⴰⵍⵎⵜⴰⵏ ⴰⵥⵏⴰⴳ') est un Émir des Lemtouna, une tribu de la confédération Sanhaja. Yahya ibn Umar est le second souverain de la dynastie des Almoravides, dirigé par l'imam Abdallah ibn Yasin.

Il succède à Yahya ben Ibrahim en 1048 et aide ibn Yasin à former une communauté malikite militaire. Lors du déclenchement du djihad en 1054, il participe aux campagnes et aux captures d'Aoudaghost et Sijilmassa. Il meurt au combat en 1056 contre une faction berbère dissidente dans l'Adrar près d’Azougui lors de la bataille de Tabfarilla. Yahya est remplacé par son frère, Abou Bakr ben Omar.

Biographie

Contexte

Au XIe siècle, les Sanhaja sont divisés en plusieurs tribus - les Lamtuna, les Massufa, les Banu Warith et les Gudala (ou Judala). Après leur conversion à l'islam au IXe siècle, les tribus Sanhaja s'unissent et mènent des campagnes contre les « Soudanese » ( peuples noirs païens d'Afrique subsaharienne)[1]. Le Xe siècle est quant à lui marqué par la désunion et les rivalités entre ces différents groupes[2].

Les chroniques retracent la lignée de Yahya jusqu'au chef Lamtuna Turgut ibn Wartasin (par dossier patronymique complet, Yahya ibn Umar ibn Ibrahim (alias Talagagin) ibn Turgut ibn Wartasin al-Lamtuni[3]. Yahya ben Ibrahim, son oncle, envisage de renforcer la foi et l'enseignement religieux des Goudala et fait appel à Abdellah ben Yassin afin de l'aider[4]. Celui-ci établit un premier ribat visant à former des élèves combattants, mais sa prêche d'un malikisme orthodoxe provoque des tensions et il est chassé par les Goudala en 1042 lorsque Yahya ben Ibrahim meurt. Il fuit et rejoint les Lemtouna, dirigés par Yahya ben Omar[5]. Les informations relatives à Yahya ben Omar ne sont retenues dans les sources qu'à partir de cette date[6].

Expansion militaire

Yahya ben Omar est choisi à la succession de Yahya ben Ibrahim et lui succède comme Émir de la confédération sanhadja[6]. La particularité de la fondation du mouvement Almoravides en fait un Imamat dirigé par Ibn Yassin qui agit en tant que chef religieux. Intégré au sein de la confédération Sanhadja, sa structure politique est dès lors bicéphale et Yahya ben Omar assure quant à lui les fonctions politiques et militaires liées à la confédération. Par ce rôle, il n'endosse toutefois pas celui d'Émir Almoravide. Cette structure prévoit également une hiérarchie spirituelle à laquelle il se soumet, à savoir que l'imam détient le pouvoir suprême et que l'émir conduit les opérations militaires et politiques qu'il lui demande d'exécuter[7],[8].

Le mouvement réformateur religieux s'achève en 1053 et entame sa transition vers le djihad en 1054[9]. Yahya ben Omar et son frère Abou Bakr ben Omar sont nommés pour diriger les armées. Les premières campagnes visent à soumettre les différentes tribus sahariennes puis à entamer une première conquête avec la ville marchande d'Aoudaghost disputée par l'Empire du Ghana et un groupe berbère[10],[11]. Le djihad trouve un nouveau prétexte de conquête dans un appel des oulémas du Tafilalet afin que les Almoravides se dirigent vers Sijilmassa pour libérer les habitants des Zénètes Maghraouas qui dirigent l'Émirat de Sijilmassa. L'expédition militaire est une importante victoire qui apporte un très importants butin ainsi que la conquête de territoires du Drâa et du Tafilelt[6],[12].

Après la capture de Sijilmassa, Yahya ben Omar fait supprimer les abus fiscaux et moraux et impose un rigorisme malikite à la population. Toutes les taxes qui ne relèvent pas de ce que prévoit le droit canon de l'islam sont également supprimées. Grâce au butin, il procède au recrutement de mercenaires afin de renforcée l'armée Almoravide[12].

Bataille de Tabfarilla

L'expansion doit s'interrompre après la prise de Sijilmassa à cause d'une révolte Goudala. Yahya fait appel au roi War Jabi de Takrur, pour le soutenir militairement et retourne à sa capitale Azuggi, dans le Plateau de l'Adrar[13],[14]. Cependant la situation tourne en défaveur et les Goudala mènent l'assaut sur Azuggi, menant à la bataille de Tabfarilla. L'armée que dirige Yahya ben Omar est détruite et il meurt au combat et ce malgré les renforts apportés par le roi de Takrur[14]. À sa mort, en 1056, son frère Abou Bakr ben Omar est nommé à sa succession[10].

Descendance

Les chroniqueurs rapportent que Yahya ibn Umar avait trois fils - Muhammad, Ali et Isa. Leur sort exact est inconnu, mais il semble que leur oncle, Abou Bakr ben Omar, ne les ait pas oubliés. Vers 1057, peu de temps après avoir récupéré la ville, Abou Bakr nomma son neveu Ali ibn Yahya gouverneur almoravide de la Sijilmassa, poste qu'il semble avoir occupé jusqu'en 1069[15]. À sa mort en 1087, Abou Bakr a divisé ses dominions (couvrant la moitié sud de l'empire almoravide) non seulement entre ses propres fils , mais aussi parmi les fils de Yahya[16].

Notes et références

  1. Lewicki (1988 : 160-61 ; 1992 : 308-09).
  2. Rivet 2012, p. 105.
  3. Voir N. Levtzion et JFP Hopkins, 2000, éditeurs, Corpus of Early Arabic Sources for West African History, Université du Ghana, p.409.
  4. El Fasi 1990, p. 367.
  5. G. Camps, « Gudâla/Guezula », Encyclopédie berbère, no 21,‎ , p. 3223–3224 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.1788, lire en ligne, consulté le )
  6. Abitbol 2014, p. 54.
  7. Pascal Buresi, « Les Almoravides », dans Gouverner en Islam, Xe-XVe s.,, Atlande, , 295 p. (lire en ligne)
  8. Rivet 2012, p. 105-107.
  9. El Fasi 1990, p. 373-374.
  10. Pascal Buresi et Mehdi Ghouirgate, « Chapitre 2. Les Almoravides », Cursus,‎ , p. 29–41 (DOI 10.3917/arco.bures.2021.01.0029, lire en ligne, consulté le )
  11. (en) David C. Conrad, Empires of Medieval West Africa: Ghana, Mali, and Songhay, Infobase Publishing, (ISBN 978-1-4381-0319-8, lire en ligne)
  12. Fatima-Zohra Oufriha, « Chapitre II. Les Almoravides : l’ascension du Maghreb (1056-1147) », Hors collection,‎ , p. 55–78 (lire en ligne, consulté le )
  13. Levtzion, 1973 : 44.
  14. El Fasi 1990, p. 376.
  15. Ibn Idhari affirme qu'Abou Bakr a nommé son propre fils, Ibrahim ibn Abi Bakr, comme gouverneur de Sijilmassa. Mais Ibn al-Athir affirme qu'il s'agissait d'un neveu, dont les preuves numismatiques suggèrent qu'il s'agissait d'Ali ibn Yahya, le troisième fils du premier commandant almoravide, Yahya ibn Umar. Il est peu probable qu'Abou Bakr ait ignoré les fils de son défunt frère aîné. Donc, ils l'ont probablement tous les deux tenu dans l'ordre - d'abord, Ali ibn Yahya de c. 1057 jusqu'en 1069, puis Ibrahim ibn Abi Bakr de 1069 à c. 1075 (comme confirmé par la monnaie). Voir Messier (2001, p.64-65).
  16. Levtzion, 1973 : 46.

Sources

  • Levtzion, N. (1973) Ancient Ghana and Mali. London: Methuen.
  • Levtzion, N. and J.F.P. Hopkins, editors, (1981) Corpus of Early Arabic Sources for West African History, Cambridge, UK" Cambrdige University Press. 2000 edition
  • Lewicki, T. (1988) "The Role of the Sahara and Saharians in relationships between north and south", in M. Elfasi, editor, General History of Africa, Africa from the Seventh to the Eleventh Century, UNESCO. 1992 ed., ch.11, p. 276-313.
  • Messier, R.A. (2010) The Almoravids and the Meanings of Jihad. Santa Barbara, Calif.: Praeger.
  • Mohammed El Fasi, « L'Afrique du VIIe au XIe siècle », dans Histoire générale de l'Afrique, vol. III, Jeune Afrique, (ISBN 978-92-3-201709-3). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Fayard, (ISBN 978-2-213-67465-0, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-03816-8, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Voir aussi

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