Yann Serandour

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Artiste contemporain |
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Yann Sérandour est un artiste français né en 1974 à Vannes. Il vit et travaille à Rennes. Il est également maître de conférences[1] en arts plastiques à l'Université Rennes 2 où il codirige la galerie art & essai depuis 2024[2].
Démarche
Sa pratique s'appuie sur le livre, la bibliothèque, l'histoire de l'art et ses archives[3],[4]. À partir de documents, d'éditions et de publications existantes, il s'intéresse à ce qui se perd ou se transforme au fil des transmissions, entre les époques, les territoires et les milieux, accordant une place centrale à la reproduction, notamment imprimée.
Ses premières recherches, engagées au début des années 2000, dialoguent avec des figures de l'art conceptuel comme Ed Ruscha[5], Lawrence Weiner[6], Raymond Hains[7], Philippe Thomas[8] ou Félix González-Torres[9], par le biais de reproductions et de publications. Le livre d'artiste constitue alors son principal vecteur de diffusion et d'insertion, avant qu'il n'investisse l'espace d'exposition[10] à partir de 2007, passant de l'un à l'autre en inversant les rapports d'échelles et en multipliant les renvois[11].
Dans les années 2010, ses recherches prennent leur source dans des domaines plus inattendus, témoignant d'un rapport libre au savoir[12] et d'une attention portée à des sujets a priori éloignés du champ balisé de l'art conceptuel : le commerce des miroirs anciens, le suminagashi (technique japonaise d'impression sur eau), la cactophilie, l'histoire du clavecin, la cynologie, le roseau comme plante cosmopolite ou encore les techniques de piégeage. Ces domaines, aussi disparates qu'ils paraissent, partagent une même structure : ce sont des pratiques de classification et de standardisation du vivant — standard de race, nomenclature botanique, facture instrumentale, critères d'authenticité — où la transmission produit inévitablement des écarts avec la source originale, toujours perdue ou reconstituée. Ce sont aussi des pratiques d'amateurs, portées par des communautés de passionnés dont les savoirs circulent sans étiquette d'auteur. Dans chacun de ces territoires, Sérandour retrouve les mêmes questions qu'il posait à l'histoire de l'art : que devient une source quand elle se reproduit, se transmet, s'altère ?
À partir des années 2020, son travail explore, au gré d'invitations et de commandes, les contextes de production et de circulation des œuvres : systèmes de financement[13] et pratiques de collection[14], réseaux énergétiques[15] et affectifs[16], traversée des archives[17] et écriture de l'histoire[4]. Ces enquêtes, qui prennent la forme d'expositions ou de publications, témoignent d'une attention portée aux conditions matérielles à travers lesquelles les œuvres et leurs récits circulent, se transforment ou disparaissent.
Expositions individuelles
Depuis ses premières expositions personnelles en 2007 — au Cneai de Chatou (Vivement lundi !, 2007)[18], au Musée de l'Objet de Blois (Bien amicalement, 2007) — son travail a été présenté dans des institutions majoritairement françaises : le Module du Palais de Tokyo à Paris (Inside The White Cube, 2008), La Criée centre d'art contemporain à Rennes (Pièces pour clavecin, 2017)[19], le Parc Saint-Léger à Pougues-les-Eaux (Les eaux courantes, 2019)[20],[21], Interface à Dijon (Chaleureuses salutations, 2023)[15], ainsi qu'à la galerie Luis Adelantado à Valence (A Figure Four Trap, 2015 ; The Oak and the Reed, 2019). La galerie gb agency à Paris, qui l'a accompagné dès ses débuts jusqu'à sa fermeture fin 2023, a produit plusieurs de ses expositions : Weiss (2008)[22],[23],[24], Un temps nuageux avec la possibilité d'un rayon de soleil (2011), Cactus Cuttings (2014), Harpsichord Suites for Still Dogs (2017) et Ce devant quoi (2022)[16].
Éditions et publications
Ses publications et éditions d'artiste[25],[26] ont été produites en collaboration avec des éditeurs spécialisés parmi lesquels MOREpublishers (Belgique), Christophe Daviet-Théry (Paris), Laurel Parker Book (Paris) et Florence Loewy — books by artists (Paris). Le Frac Bretagne[26] et la Bibliothèque Kandinsky[25] du Centre Pompidou conservent un ensemble de ses publications. Il a également dirigé des ouvrages collectifs, notamment Une traduction d'une langue en une autre (Les presses du réel, Dijon, 2014)[27] avec Sébastien Pluot, et En parlant, en écoutant (Shelter Press / La Criée, Rennes, 2018)[28], imaginé avec les artistes Félicia Atkinson, Julien Bismuth et la curatrice Sophie Kaplan. Ses catalogues monographiques incluent Inside The White Cube, Édition palimpseste (JRP|Ringier, Zurich, 2009)[29] avec une conception graphique de Jérôme Saint-Loubert Bié, primé dans le cadre du concours « Les plus beaux livres suisses 2009 »[30], et HOWOHWHWOOWHWHOWOH (Parc Saint-Léger, 2020) avec une conception graphique de Coline Sunier & Charles Mazé et un texte de Yoann Thommerel.
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
Références
- ↑ « Yann Serandour | Pages personnelles Université Rennes 2 », sur perso.univ-rennes2.fr (consulté le )
- ↑ « la galerie art & essai – sans galerie » (consulté le )
- ↑ François Aubart, « Histoires d'archives », Zérodeux, 2009.
- Yann Sérandour, « Evergreen », Critique d'art, no 63, automne/hiver 2024, p. 191-208 (lire en ligne)
- ↑ « Thirty-Six Fire Stations – Yann Sérandour », sur DDA Bretagne (consulté le )
- ↑ « Supplement – Yann Sérandour », sur DDA Bretagne (consulté le )
- ↑ « Délire et rêves – Yann Sérandour », sur DDA Bretagne (consulté le )
- ↑ « Feux Pâles – Yann Sérandour », sur DDA Bretagne (consulté le )
- ↑ « Perfect Lovers – Yann Sérandour », sur DDA Bretagne (consulté le )
- ↑ Inside The White Cube, Documents d'artistes Bretagne. Le titre fait référence à l'essai de Brian O'Doherty, Inside the White Cube : The Ideology of the Gallery Space (1976).
- ↑ Un Vingtième : une exposition imprimée de Yann Sérandour par huit étudiants de la HEAR, La Chaufferie, galerie de la HEAR, Strasbourg, 1er avril–1er mai 2016. Documents d'artistes Bretagne.
- ↑ Vanessa Morisset, « Yann Sérandour », Zérodeux, n° 84, 2018.
- ↑ « The Gift, Mécènes du Sud × Art-o-Rama, Marseille, 30 août–1er septembre 2024 » Yann Sérandour est lauréat Mécènes du Sud Arles-Aix-Marseille 2015.
- ↑ Yann Sérandour, « D’une ressource l’autre », Les cahiers de Mariemont, no 44, , p. 121-136 (lire en ligne)
- « Chaleureuses salutations, Interface, Dijon, 13 mai–15 juillet 2023 »
- « Ce devant quoi, gb agency, Paris, 26 mars–7 mai 2022 »
- ↑ « Les Titres courants, IMEC, Abbaye d'Ardenne, 29 juin–22 septembre 2019 »
- ↑ « Vivement lundi ! – Yann Sérandour », sur DDA Bretagne (consulté le )
- ↑ Vanessa Morisset, « Yann Sérandour », Zérodeux, n° 84, 2018. Voir aussi la page de l'exposition sur le site de La Criée.
- ↑ Catherine Pavlovic, « page de l'exposition "Les Eaux courantes" sur le site du Parc Saint-Léger »
- ↑ Jean-Marc Huitorel, « Yann Sérandour, Parc Saint-Léger », Art Press, no 467,
- ↑ Jean-Marc Huitorel, « Yann Sérandour à gb agency », Art Press, no 353, , p. 87-88 (lire en ligne)
- ↑ (en) Lillian Davies, « Yann Sérandour at gb agency », Artforum International, vol. 47, no 6, , p. 204-205 (lire en ligne)
- ↑ Marjorie Micucci-Zaguedoun, « Yann Sérandour, un artiste peut en cacher un autre », Poptronics, (lire en ligne)
- « Éditions de Yann Sérandour dans les collections de la Bibliothèque Kandinsky »
- « Éditions de Yann Sérandour dans les collections du Frac Bretagne »
- ↑ Sébastien Pluot et Yann Sérandour (sous la direction de), Une traduction d'une langue en une autre, Dijon, Les Presses du réel, , 228 p. (ISBN 978-2-84066-690-5)
- ↑ En parlant, en écoutant, Rennes, Shelter Press/La Criée centre d'art contemporain, , 192 p. (ISBN 978-2-36582-029-5)
- ↑ Céline Chazalviel, « Feuilleté/er. Comme une matière façonnée pour en apprécier les strates, comme on parcourt un livre. À propos d’Inside the White Cube – Édition palimpseste, catalogue d’artiste de Yann Sérandour. », dans L'Expérience du récit, Lorient, EESAB, (lire en ligne), p. 16-29
- ↑ Liste des lauréats, Les plus beaux livres suisses 2009
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