Zilphia Horton

Zilphia Horton
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Biographie
Naissance
Décès
(à 45 ans)
Nashville
Sépulture
Summerfield Cemetery (d)
Nom de naissance
Zilphia Mae Johnson
Nationalité
Formation
University of the Ozarks (en)
Activité
Période d'activité
À partir de
Conjoint
Myles Horton (en) (de à )
Autres informations
Instrument
Genre artistique

Zilphia Horton, née le et morte le , est une musicienne, animatrice socioculturelle, enseignante, activiste des droits civiques et folkloriste américaine. Elle est surtout connue pour son travail avec son époux Myles Horton au Centre de recherche et d'éducation Highlander (Highlander Research and Education Center) où on lui attribue généralement le mérite d'avoir transformé de telles chansons comme We Shall Overcome, I Shall Not Be Moved ainsi que This Little Light of Mine d'hymnes religieux aux chants de révolte du mouvement américain des droits civiques[1].

Biographie

Zilphia Mae Johnson naît à Spadra, une ville d'extraction du charbon dans l'Arkansas[1]. Elle est le deuxième enfant de Robert Guy Johnson, directeur de la mine de charbon locale qu'il a ensuite possédée et exploitée, et d'Ora Ermon Howard Johnson, enseignante. Certaines sources la décrivent comme étant d'origine hispanique et amérindienne mixte, tandis que d'autres la décrivent comme étant blanche[2],[3].

Elle est diplômée de l'Université des Ozarks, où elle a été formée comme musicienne classique[4].

Après avoir été diplômée, Horton est déterminée à utiliser ses talents pour le bien de la classe ouvrière du Sud. Son intérêt pour la politique est réveillé par le pasteur presbytérien Claude C. Williams, ayant essayé d'organiser les ouvriers de son père pour le Syndicat des mineurs progressistes[5]. Elle se joint aux efforts de syndicalisation malgré la désapprobation de son père et est reniée par lui en conséquence[6].

En 1935, elle participe à un atelier à la Highlander Folk School, une école de formation au leadership en matière de justice sociale et un centre culturel situé à Monteagle (Tennessee). Horton arriva à la Highlander Folk School, aujourd'hui connue sous le nom de Highlander Research and Education Center, convaincue que la musique et l'art dramatique peuvent aider à organiser le travail[6]. Des mois après avoir participé à son premier atelier Highlander, elle épouse le fondateur de l'école, Myles Horton, et commence à travailler pour l'école folklorique des Highlanders.

Zilphia Horton occupe de nombreux postes à la Highlander Folk School, notamment celui de directrice de la musique et du théâtre de 1938 à 1956[7]. Elle met en valeur le pluralisme culturel de l'école en développant un programme d'études qui intégrait et mettait en valeur l'importance de la musique folklorique, de la danse et du théâtre[5]. Elle met en scène des productions théâtrales ouvrières, des camps syndicaux pour les jeunes et divers programmes communautaires ; organise des sections locales syndicales ; et anime des chants lors d'ateliers, de piquets de grève, de réunions syndicales et de concerts de collecte de fonds. Elle demande à ses étudiants de collecter des chants folkloriques, de la musique religieuse et des chants syndicaux dans le Sud, qu'elle réécrit ou remanie ensuite en chants de protestation destinés aux luttes politiques, notamment aux mouvements ouvriers ainsi que le mouvement américain des droits civiques.

Elle est peut-être surtout connue pour avoir enseigné à Pete Seeger une première version de We Shall Overcome, qui allait devenir un hymne important des droits civiques du XXe siècle[1]. À l'origine un vieux cantique baptiste, I Will Be All Right, la chanson est parvenue à Highlander grâce aux piquets de grève de 1945-1946 à l'usine de cigares de Charleston, menés par le syndicat des travailleurs de l'alimentation et du tabac CIO de Caroline du Sud à Charleston[8]. D'autres musiciens sont également crédités d'avoir transformé la chanson : Frank Hamilton, Guy Carawan, Candie Carawan, et Pete Seeger.

Le , elle meurt après avoir accidentellement bu un verre de liquide de nettoyage pour machines à écrire contenant du tétrachlorométhane, qu'elle a pris pour de l'eau[8].

Vie privée

Zilphia et Myles Horton eurent deux enfants.

Héritage

Les documents de Zilphia Horton sont déposés à la Bibliothèque et aux Archives de l'État du Tennessee (Tennessee State Library and Archives) à Nashville.

Une biographie intitulée A Singing Army: Zilphia Horton and the Highlander Folk School (Une armée de chanteurs : Zilphia Horton et l'école folk des Highlanders) écrite par Kim Ruehl paraît en .

Références

  1. (en) Chelsea Hodge, « The Coal Operator's Daughter : Zilphia Horton, Folk Music, and Labor Activism » [« La fille de l'exploitant minier : Zilphia Horton, la musique folk et l'activisme ouvrier »], The Arkansas Historical Quarterly, vol. 76, no 4,‎ , p. 291-307
  2. (en) Stephen A. Schneider, You Can't Padlock an Idea : Rhetorical Education at the Highlander Folk School, 1932-1961 [« On ne peut pas cadenasser une idée : l'enseignement de la rhétorique à la Highlander Folk School, 1932-1961 »], (ISBN 978-1-61117-382-6)
  3. (en) Elizabeth Cooper Davis, « Making Movement Sounds : The Cultural Organizing Behind the Freedom Songs of the Civil Rights Movement » [« Donner vie aux chants du mouvement : l'organisation culturelle derrière les chants de liberté du mouvement des droits civiques »] Accès libre,
  4. « Zilphia Mae Johnson Horton (1910–1956) » Accès libre
  5. (en) Vicki K. Carter, « The Singing Heart of Highlander Folk School » [« Le cœur chantant de l'école folklorique des Highlanders »], New Horizons in Adult Education, vol. 8, no 2,‎
  6. (en) Julia Schmidt-Pirro et Karen M. McCurdy, « Employing Music in the Cause of Social Justice : Ruth Crawford Seeger and Zilphia Horton » [« L'utilisation de la musique au service de la justice sociale : Ruth Crawford Seeger et Zilphia Horton »], Voices - The Journal of New York Folklore, vol. 31,‎ , p. 32-36
  7. (en) Alicia Ruth Massie-Legg, Zilphia Horton : A Voice for Change [« Zilphia Horton : une voix pour le changement »], , 768 p., p. 6
  8. (en) John M. Glen, Highlander : No Ordinary School [« Highlander : une école pas comme les autres »], , 413 p., p. 177

Liens externes

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